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20/06/2012

La première reconnaissance posthume de Vincent van Gogh, par le critique Julien Leclerc.

Par Bernard Vassor

citée pigalle,van gogh,exposition

 La toute première exposition des toiles de Vincent envisagée par son frère fut organisée non pas comme il est dit dans l'article chez le père Tanguy, mais dans un appartement que Théo avait loué, 6 cité Pigalle au premier étage, son logement du 8 de la même cité étant trop petit. C'est avec l'aide d'Emile Bernard que l'accrochage avait été organisé. Nous n'avons pour le moment peu d'informations sur la date et la fréquentation de cette exposition., bien que de nouvelle informations m'aient été communiquées, sans toutefois avoir eu de confirmation....

Julien Leclercq qui était était à l'origine, avec Alfred Valette de la fondation du "Mercure de France" l'année précédente fit la première annonce de cette exposition.
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C'est à Georges Albert Aurier que nous devons le premier article publié en France sur l'oeuvre de Vincent.
Paru en janvier 1890, cet article perturbe Vincent qui va prier son frère de demander avec insistance à Aurier de ne plus écrie d'articles sur sa peinture. Mais pour le remercier tout de même il lui fait donner une étude de Cyprès qui fut exposée au salon des Indépendants de 1890. La première rencontre d'Aurier et de Vincent eut liueu chez Théo 8 cité Pigalle quelques jours avant le suicide de Vincent à Auvers-sur-Oise. Dans deux lettres à Emile Bernard, il donne des nouvelles du monde de l'art parisien. La première datée du 30 juin 1890 : "Van Gogh (Théo) a fait une exposition Raffaelli (..) je n'ai pas vu Gauguin depuis deux siècles". Dans la deuxième lettre est relative à la mort de Vincent : "Théodore Van Gogh m'écrit et me parle de l'exposition des oeuvres de son frère qu'il a l'intention d'organiser chez Durand-Ruel" Nous savons qu'après bien des tergiversations, celui-ci refusa. C'est donc cité Pigalle dans un appartement loué pour l'occasion qu'eut lieu la première exposition mondiale Vincent Van Gogh. Agé de vingt sept ans, Aurier meurt de la fièvre typhoïde. Gauguin toujours aussi égocentrique se désola : "Aurier est mort,. Nous avons décidément de la déveine. Van Gogh (Théo, pas Vincent !), puis Aurier, le seul critique qui nous soit favorable et qui un jour aurait été utile"

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14/06/2012

Inauguration sur le mur "des impôts" du sixième arrondissement du poème d'Arthur Rimbaud : LE BATEAU IVRE.....

jacqueline  tessier rimmbaud,louis-claude Paulic,Rimbaud

Jacqueline Tessier-Rimbaud lors de l'inauguration de la plaque indiquant le lieu de la première lecture dusemble-t-il....

C'est au numéro 4 de la rue Férou que sera inaugurée sur un mur "Le Bateau ivre" à l'initiative de l'ambassade de Hollande  Mrs  H.M. Schaapveld, Ministre plenipotentiaire, Néerlandais et  mon ami Louis-Claude Paulic, président des Amis d'Arthur Rimbaud procéderons au dévoilement du mur peint....

 

   Ce  serait là selon certains, que Rimbaud aurait à quelques encablure, récité son célèbre poème lors d'un dîner des Mauvais garçons.  

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2010/06/17/le-devoilement-d-une-plaque-en-hommage-a-arthur-rimbaud.html

 

09/06/2012

Une bande de voyous, les racailles de la rue des Martyrs.....

Par Bernard Vassor

Courbet après trois verres d'absinthe.jpg
Gustave Courbet, tel que l'on peut le voire après l'absorption de trois verres d'absinthe
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Une bande de voyous, "bien connus des services de police"se livre chaque jour et chaque nuit à des désordres insupportables dans la brasserie de la rue des Martyrs, qui communique avec la rue Notre Dame de Lorette, et qui se trouve juste en face de la rue du pornographe Hyppolite Lebas. Rappelons que celui-ci, avant de faire bâtir l’église Notre Dame de Lorette, a provoqué l’érection du symbole phallique de la place de la Concorde.

Le chef de la bande de cette brasserie, est un guadeloupéen noir, natif de Sainte-Rose nommé Privat d’Anglemont. Il fréquente tous les lieux mal famés de Paris et de sa banlieue. Le sous-chef est un gros homme aviné, Gustave Courbet qui boit ses six litres de vin rouge chaque jour, et qui barbouille des toiles qui sont la risée de tout Paris. C’est un repris de justice en puissance ! Un autre barbouilleur, Edouard Manet,  fils à papa celui-là se trouve toujours en compagnie  d’un original aux mains manucurées, les cheveux teints en vert qui se fait appeler Baudelaire Charles.

Il y a aussi un certain Alphonse Daudet qui attend toujours du courrier de son midi natal, qui finira sans doute sa vie comme les poires (on dit qu’elles pourrissent toujours par la queue). Sans parler d’un jeune homme prétentieux, Pierre Larousse qui à l’ambition d’écrire un dictionnaire dont jamais personne n’entendra sans doute jamais parler. Un certain docteur Gachetqui ne faisait rien pour relever le lot se retrouvait avec un peintraillon nébuleux, Claude Monet, Renoir et Eugène Boudin complétaient le tableau avec Pierre Dupont le chansonnier, immortel compositeur des «Bœufs».

Il est temps qu’une loi mette fin à ce phénomène de bandes, qui a tendance à se propager dans tout Paris !

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Mise à jour le 09/06/2012

Contrairement à ce que mentionne "le Hillairet" la Brasserie des Martyrs était au nulméro 9, et non au 75.....

30/05/2012

La vente après décès en faveur de la veuve du père Tanguy.

Par Bernard Vassor 

Plédran,la touche jaguay

Lieu de naissance de Julien Tanguy.

Nous savons que c'est à une initiative d'Octave Mirbeau et de Maxime Maufra (ou plutôt de Maxime Maufra reprise par le généreux Octave Mirbeau au coeur fidèle)  que fut organisée la vente apès décès en faveur de Rénée Tanguy née Briend, la veuve de Julien Tanguy.

 Voici l'article que fit paraître le biographe d'Auguste Blanqui,  Gustave Geffroy : 

 

Dans quelques jours aura lieu, chez Georges Petit, la vente Tanguy. Qu’est-ce que la vente Tanguy ? C’est un exemple nouveau de la solidarité des artistes. Octave Mirbeau, dans l’Echo de Paris, puis Roger Milès , dans le Figaro ont raconté comment un vieux marchand de couleurs de la rue Clauzel « le Père Tanguy » mourait dans un dénuement absolu. Mirbeau donna son éloquence, sa passion à cette humble cause. Il écrivit un article improvisé, il montra le bonhomme dans sa boutique, le marchand devenu apôtre, croyant au génie et à l’avenir des peintres débutants qui achetaient chez lui leurs couleurs et le payaient quand ils pouvaient.(…). Il s’est trouvé que le Père Tanguy eut raison pour plus d’un, que nombre de ses anciens clients sont devenus célèbres. La médiocre situation du vieux ménage était de celles qui n’apparaissent  pas. Le bonhomme et la bonne femme continuaient paisiblement leur commerce, et voilà tout. C’est lorsque la mort fit son entrée que la vérité fut connue.

Mirbeau fit plus qu’un artiste. Il prit l’affaire à cœur, ne l’abandonna plus, réunit un comité dont Puvis de Chavannes accepta la présidence et qui fut composé de Rodin, Claude Monet, Renoir, Eugène Carrière, Raffaëlli, Camille Pissarro, Georges Petit, Philippe Gille, Henri Fouquier*, Cazin, Bergerat, P.Chevalier, Roger Milès, Roger Marx, Arsène Alexandre, etc…(…).

Le résultat fut tel qu’on pouvait le souhaiter. Hier, Roger Milès énumérait les peintures déjà réunies chez Georges Petit et citait les noms de Claude Monet, Rochegrosse,  Maurice de Lambert, Angrand, Signac, Edmond Cross, Carrier-Belleuse, Delpy, Berthe Morisot, Wagner, Petitjean, Lauth, Barillot, Schuller, Cabrit, Chudant, Jean Benner, Rodolphe Ernst, Jeanniot, Sisley, Léandre, Camille Georges et Lucien Pissarro, Dauphin, Dagnaux, Vauthier, Maximilien  Luce, Kaplan, Victor Vignon, Prouvé, Guillemet, Nozal, Detaille, Renoir, Moutte, Raffaëlli, Eliot, Gyp, Duez, Bethune.

Il y aura d’autres  noms, et probablement une autre liste pourra être publiée dans quelques jours. Le fonds de Madame Tanguy contient aussi des toiles infiniment curieuses, maintenant recherchées, de Cézanne, de Gauguin…et enfin, le présent article, comme ceux de mes camarades , porte le fait à la connaissance des artistes qui l’ignoreraient, qu’ils préviennent Georges Petit, on ira chercher leur toile, leur pastel, leur dessin, et, grâce à eux, la vieillesse sera réconfortée, l’exemple de bonne humanité aura été donnée une fois encore.

Gustave  Geffroy.

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De l'avis de "la mère Tanguy" cette vente fut un fisco en raison de l'attitude des marchands de tableaux (Vollard en premier) qui se sont entendus pour ne pas faire monter les enchères afin de s'approprier les toiles à vil prix.

 Curieusement le nom de Maxime Maufra n'apparaît pas dans cette liste ?

Je saurai trop vous conseiller la lecture du site des Amis de Octave Mirbeau

présidée  par Pierre Michel :

http://mirbeau.asso.fr/

14/05/2012

Un charcutier Strasbourgeois de passage, Une femme empoisonnante, la rue du Bouloi et la rue de la Jussienne.

PAR BERNARD VASSOR

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Vers 1860,au premier plan la rue du Bouloi vers la rue Coq-Héron, au fond, la rue de la Jussienne 
1) LA RUE DU BOULOI et LE PASSAGE VERO-DODAT
Ce nom lui vient d'une maison au XIVème siècle qui exploitait un jeu de boules. Elle s'appelait alors la rue des Bouliers ou du Bouloir. En 1656, c'est une colonie de carmélites qui remplaça le jeu de boules. Selon madame de Sévigné, ces saintes femmes "recevaient en visite jusqu'aux maitresses du roi, qui arrivaient les mains pleines de bouquets" Dîte aussi rue Basile, elle fut transformée en hôtel par Jean de Ferriere, ami de Coligny, Jeanne d'Albret, reine de Navarre, "y mourut en odeur d'empoisonnement" le 8 juin 1572. La maison passa dans les mains de Françoise d'Orléans, puis à Henri de Bourbon, duc de Montpensier, ensuite, ce fut le lieutenant général de Police Gabriel-Nicholas La Reynie. Ensuite, c'est le chancelier Séguier qui en fit l'acquisition, l'agrandit d'une portion du cimetière Saint-Joseph en échange d'un terrain de l'église qui avait été construite tout exprès. Le chancelier recevait dans ces lieux ses collègues de l'Académie française. Les Fermiers généraux achetèrent l'hôtel Séguier vers 1688 pour leur usage. Ce qui entraîna de nombreux bouleversements, les bureaux des Fermes donnant sur la rue du Bouloi, les écuries et les magasins recevaient le passage des rouliers. L'électeur ayant droit à l'entrée principale rue de Grenelle (partie de la rue Jean-Jacques Rousseau). Il y avait à l'époque 24 maisons. Sous Louis XVI, il y eut un jeu de paume. Pendant la révolution les bureaux du domaine établi étaient tenu par : un certain docteur Guillotin qui avec les citoyens Duchâtel et Renesson, adjugeaient les biens confisqués aux nobles et à l'église.
Au temps de Balzac, des bureaux de chemin de fer et d'omnibus et les messageries Laffitte-et-Gaillard occupaient une grande partie de cette voie. De 1838 à 1842, la grande Rachel vécut passage Véro-Dodat 2 rue du Bouloi, (du nom de Véro, marchand de saucisses truffées et du charcutier Dodat qui s'associèrent en 1826 pour ouvrir et exploiter  le passage qui porte leurs noms réunis.)
En réalité, celui que l'on a nommé Véro s'appelait Véra et son associé Dada ! Craignant le ridicule, ils transformèrent leurs noms en Véro et Dodat. Véra ammassa une immense  fortune, et se fit construire à Brunoy un immense château "à l'Italienne"
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C'est dans un café, à l'angle du passage et de la rue du Bouloi que Charles Asselineau fut le dernier à rencontrer Gérard de Nerval vivant.
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C'était sur l'emplacement de l'hôtel D'Antoine Dreux d'Aubraymedium_antoine_DREUX_D_AUbret_05_CADRE.2.jpg
qui y eut sa résidence jusqu'à ce que sa fille, une certaine marquise de Brinvilliers, abrégea ses jours avec l'aide d'un poison qui l'a rendu célèbre et lui a donné son surnom "l'empoisonneuse". Elle s'en prit ensuite à ses deux frères pour ne pas partager l'héritage, qui furent empoisonnés par les soins de son laquais.
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Le musée de la Police possède les documents du procès et des gravures d'époque.  
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2) LA RUE COQ-HERON 
Avertissement : 
Que les balzaciens ne lisent pas sans précaution le nom du propriétaire de la première maison à gauche :
Le comte de Marçay  
Dans cette propriété était mort le maréchal de Coigny,  vainqueur de Parme et de Gustalia, (...) Les Delessert y avaient déjà leur comptoir de banque au moment de la grande révolution. Avant le Maréchal qui avait eu comme secrétaire Gentil-Bernard. Le duc de Gesvres avait résidé sous le même toit. 
Sur le côté droit,  il y avait la Ferme générale des Postes. A l'emplacement  des actuels numéros 3, 5 et 7,  L'imprimeur Paul Dupont était installé sur le terrain de l'hôtel Chamillard qui s'étendait jusqu'à la rue des Vieux-Augustins. Casimir Périer (celui qui est mort du choléra morbus en 1832) y habitait encore sous Louis-Philippe.
Partant de la rue Coquillère, elle fut amputée par le percement de la rue du Louvre en 1854, la construction de l'hôtel de la poste, puis de l'ouverture de la rue Etienne Marcel qui remplaçait la rue Pagevin et la rue des Vieux-Augustins. Il ne reste de la rue que 20 numéros....Le dernier étant l'hôtel construit par le baron Thoinard de Vougy, fermier-général le grand hôtel qui sert aujourd'hui de siège de à la caisse d'épargne à l'angle de la rue du Louvre. L'immeuble avait anexé une maison dans laquelle était venue loger Charlotte Corday. Pendant le directoire, l'hôtel Thoinard, fut occupé par la maison de banque des quatre frères Enfantins, dont l'un d'eux eut un fils qui fut "Le Père Enfantin" de l'église Saint-simonienne.
Il y eut également dans les lieux, le président de la Chambre Dupin.
Disparu l'hôtel de Flandres dans l'espace entre les rues Jean-Jacques Rousseau, et rue des Vieux-Augustins (disparue aussi) L'hôtel que Gui de Dampierre comte de Flandres, avait acquis vers 1292 à un sieur Coquiller, L'impasse était déjà une rue en l'an 1315, son nom était : Quoque héron.
Voici les noms de quelques habitants en l'an 1315 :
Jehannette des filles--Galienne-- Jehan le Saunier--Raul le Chaoelier--Gautier le vacher--Denise de liane--Hébert le vilain--Pierre le vilain--Morise l'anglois--Jehan de ville neuve--Aubinet-- Gautier gale... 
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RUE DE LA JUSSIENNE 
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2 BIS RUE DE LA JUSSIENNE
Une grande partie de cette rue fut aussi amputée. Le 2 bis que nous voyons ici, était le numéro 16, l'hôtel Dubarry. Sa façade décorée de ferrures et de sculptures d'époque n'est pas ordinaire. En 1861, on signale déjà la disparition de 4 maisons. Sous Louis IX, il y avait une chapelle Sainte-Marie-l'Egyptienne à l'angle de la rue Montmartre. Cette église détruite au début de la révolution attirait en secret les jeunes filles qui craignaient d'être enceintes. Une prière suffisait parfois à contribuer à opérer une action inverse de celle du Saint-Esprit.  
Mise à jour le 14/05/2012
 

20/04/2012

Le "Casino*" au 120 Champs-Elysées de la grande cocotte italienne Guilia Bénini dite La Barucci


Par Bernard Vassor 
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Cette célèbre coutisane née en Toscane vers 1837 morte phtysique comme beaucoup de ses consoeurs ( la belle Rosalie Sergent la reine Pomaré, la sentimentale Marie Duplessis, et Esther Duparc l'aînée de cinq soeurs toutes vouées à la galanterie)  après le siège de Paris en 1871.. Son appartement somptueux du 120 Champs Elysées contribua grandement à sa célébrité. D'une "beauté saine et plantureuse, sa gorge haut placée, son corps de déesse, son teint chaud, ses yeux magnifiques. En 1863, elle était la maîtresse (de coeur ?) d'Aurélien Scholl. Le Journal des Goncourt note à la date du 8 novembre :
"Il (Scholl) tient à nous démontrer sa nouvelle maîtresse, La Barucci, et nous invite, de manière à ne pouvoir refuser à  dîner ce soir chez elle :
-Vous verrez mon cher, un luxe... (...) C'est dans le quartier des grandes filles au n° 120 de l'avenue des Champs Elysées qu'elle demeure à un premier dont les volets laissent filtrer les lumières d'une fête. Le luxe, le faste s'annoncent dès la loge du portier."
Beaucoup d'éléments de décoration et de mobilier démontrent l'ancienne liaison avec l'empereur des lettres N gravées sur des coupes d'argent, des velours avec la même marque et sur une pièce d'argenterie de Froment-Meurice, la mention Napoléon III................
 Les Goncourt poursuivent :
"La Barucci est une femme assez grande, mince et svelte. Elle a de grands yeux noirs, un air de bonté vive, les traits de la petite beauté italienne, ce joli parler d'une étrangère qui estropie le français. (..) Après le dîner la Barrucci qu'on pourrait baptiser bête eet bonne, nous mène voir sa chambre à coucher. C'est une grande boite toute capitonnée, ouvragée, frangée--un de ces prodigieux ouvrages de tapissier dont on ne peut imaginer le prix. (...)
Puis on rentre au salon et comme on ne sait trop que faire, on demande à visiter, comme lieu historique, le lieux où s'est déroulé l'affaire Cazaldo. (...) Enfin les goncourt concluent :
"Et pourquoi toutes ces adorations ? Voilà quelques hautes courtisanes qu'il m'est donné de connaître. Aucune pour moi ne sort de la classe des prostituées. Elles ne vous donnent pas autre chose qu'une femme de bordel. Aucune, jusqu'ici ne m'a paru d'une race supérieure à celle de la femme du trottoir. Je crois qu'il n'y a plus de courtisanes et que tout ce qui en reste sont des filles" 
..........................
*A l'origine, le casino était une maison de plaisir doublée d'une maison de jeux clandestins (un tripot) à Venise au début du XVII° siècle.
Son surnom était parfois orthographié "Barrucci"
Mise à jour le 20/04/2012

14/04/2012

Le grand jeu sino-Américain, un livre de Bernard Maréchal, présenté par Gaëlle Charbonnier.

Par GAËLLE CHARBONNIER

 Gaëlle Charbonnier,Bernard Marécvhal

Au 21ème siècle, seule la Chine pourrait dominer le monde, après les Etats-Unis, l'Europe étant d'ores et déjà marginalisée, faute d'unité. L'affirmation de la nouvelle puissance de la Chine se manifeste par une approche plus agressive dans les relations internationales. Cette montée en puissance va nourrir un nationalisme déstabilisateur pour une jeunesse en quête d'idéal, et pouvant se traduire par une volonté de confrontation avec les USA. Toutefois, et simultanément, le pays aspire à prendre ses responsabilités dans la mondialisation avec des implications fortes dans tous les domaines sensibles de la planète : environnement, non prolifération des armes nucléaires (Iran, Corée), médiation des conflits divers, etc. Pour conclure sur le grand jeu sino-américain, un article récent du « New York Times » disait : « Les ambitions actuelles de la Chine sont aussi fortes que celles des Etats-Unis il y a un siècle, mais pour des raisons totalement différentes. La Chine n'a pas une approche missionnaire, ne cherche pas à répandre une idéologie ou un système de gouvernement. Ses actions sont plutôt motivées par le besoin de se procurer des ressources énergétiques, des métaux, minerais, afin de continuer à améliorer le niveau de vie de son énorme population ».

couv le grand jeu 8 fevrier.pdf

 

01/04/2012

1° avril : Hommage à Hégésippe Simon (tous à Poil)

PAR BERNARD VASSOR
medium_hegesippe_SIMON_cadre.jpg 
 
 
 

 Les ténèbres s'évanouissent

quand le soleil se lève

Hégesippe SIMON 

C'est pour le centenaire de sa naissance que fut érigé ce monument à la gloire de cet illustre prédécessseur de la République le 1 avril 1914.

Nous devons à la sagacité et à l'obstination du libraire éditeur-imprimeur Paul Birault la redécouverte de ce grand homme à qui la République doit tant. Le lieu de naissance est controversé, né en 1814, les registres paroissiaux ayant été détruits lors de la fuite des restes des armées napoléoniennes, plusieurs villes se disputent l'honneur d'être le berceau de ce grand homme. Mais, c'est certainement un village de l'extème sud du Morvan qui en a cet honneur. Située sur la départementale 92 cette cité rattachée à Laroche-Millay comptait environ 180 habitants ce hameau sans compter les vaches  et les cochons qui porte le nom de Poil.

Paul Biraut, après avoir créé un « Comité d’initiative du centenaire d’Hégésippe Simon » envoya cette missive à une centaine d'élus radicaux-socialistes :

 

« Monsieur le Député,

 

Grâce à la libéralité d’un généreux donateur, les disciples d’Hégé-

 

sippe Simon ont enfin pu réunir les fonds nécessaires à l’érection

 

d’un monument qui sauvera de l’oubli la mémoire du précurseur.

 

Désireux de célébrer le centenaire de cet éducateur de la démocratie avec tout l’éclat d’une fête civique, nous vous prions de vouloir

 

bien nous autoriser à vous inscrire parmi les membres d’honneur

 

du Comité.

 ..................

 

Paul Birault qui tenait une librairie sur les vestiges d'un ancien couvent de la rue de Douai, à l'emplacement approximatif de l'actuel numéro 67, habitait rue Durantin. Il décida d'organiser le centenaire de ce précurseur de la République, qui fut parmi les principaux créateurs du parti radical. 

De nombreux élus de ce parti furent conviés à cette cérémonie d'inauguration. Parmi les nombreux orateurs, plusieurs ayant bien connu Hésésippe Simon en firent un éloge vibrant !

Nous pouvons citer un député des Pyrénées-Orientales Victor Dalbiez et Camille  Chautemps alors député d'Indre-et-Loire qui fut plus tard plusieurs fois ministre et président du Vonseil en 1930.

Cet évènement n'a aucun rapport avec les évènements qui survinrent quelques mois plus tard dont firent les frais de millions de poilus.

Mise à jour le premier avril 2012

29/03/2012

Ironie(s) de l'histoire (de l'art)

Par Bernard Vassor

Clauzel

Ce  pastel de Toulouse-Lautrec, actuellement au Van Gogh Muséum a été encadré par un bien-nommé Clauzel, encadreur au 33 rue Fontaine-Saint-Georges.

L'ami de Vincent, mort à 36 ans a été inhumé au cimetière de Verdelais ! Il avait également habité plusieurs adresses de la rue Fontaine. Nous savons qu'il n'abusait pas de cette eau, sauf pour détremper le sucre qui s'écoulait sur la "fée verte" dont il abusait sans modération.

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Gustave Courbet

Certains racontent que pour le punir d'avoir déboulonné la Colonne Vendôme (ce dont il n'était pas responsable) lorsque le corps de Gustave Courbet fut tranféré de La-Tour-de-Peiltz (en Suisse) au cimetière d'Ornans dans le Doubs sa dépouille fut encadrée par celles de deux gendarmes...

http://www.paperblog.fr/3959536/cette-chute-de-la-colonne...

22/03/2012

Van Gogh, pas Van Gogh, Van Gogh… : Par Benoit Landais

 Un article de notre ami Benoit Landais.

Benoit Landais, spécialiste de Vincent, nous a adressé quelques lignes sur les attributions, changeantes ou non.

 vincent van gogh,musée kroller-Muller,Bruno Landais

http://www.kmm.nl/news/307/Flower-still-life-by-Vincent-van-Gogh-rediscovered-

Polémique

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“ La vérité ne triomphe jamais,

mais ses ennemis finissent par mourir.

My present adress is, Mr Vincent van Gogh, 54 Rue Lepic, Paris.”

Cela figure dans l'unique lettre au peintre Horace Livens, désormais référencée 569 disponible sur le site de la nouvelle édition de la correspondance. Des incertitudes demeurent sur la date de ce courrier, automne 1886 ou automne 1887, mais une chose est sûre Vincent décrit pour son ami rencontré à Anvers des fleurs : “I have made a series of colour studies in painting simply flowers, red poppies, blue corn flowers and myosotys. White and rose roses, yellow chrysantemums – seeking oppositions of blue with orange, red and green, yellow and violet, seeking THE BROKEN AND NEUTRAL TONES to harmonise brutal extremes. Trying to render intense COLOUR and not a grey harmony.” autrement dit : “j'ai peint une série d'études de couleur, simplement des fleurs, coquelicots rouges, bleuets, myosotis ; des roses blanches et roses, des chrysanthèmes jaunes; cherchant des oppositions de bleu avec l'orange, de rouge avec le vert, de jaune avec le violet, cherchant les tons rompus et neutres pour harmoniser la brutalité des extrêmes, essayant de rendre des couleurs intenses, et non une harmonie en gris.” (http://vangoghletters.org/vg/letters/let569/letter.html) Ces fleurs se retrouvent dans la nature morte du musée Kröller-Müller d’Otterlo donnant à penser qu’elle fut peinte rue Lepic. Étrangement,  la radiographie révèle sous le Bouquet deux lutteurs que Vincent avait peints à Anvers et que Livens avait très probablement vus : “ J'ai fait la connaissance de deux gars, deux Hollandais, qui dessinent bien, me semble-t-il. Cette semaine, j'ai peint une grande toile représentant deux bustes – deux lutteurs, une pose de Verlat. Ce travail me plaît à merveille.” 555

 (http://vangoghletters.org/vg/letters/let555/letter.html)

Le bouquet avait été rejeté en 2003 par le Musée d’Otterlo en accord avec le Musée van Gogh, mais, coup de théâtre, il est de nouveau déclaré authentique.

 

http://www.kmm.nl/news/307/Flower-still-life-by-Vincent-van-Gogh-rediscovered-

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“Une grande victoire de la science !”. Nombreux sont les médias du monde ravis par l’annonce de l’authentification d’un Bouquet de Vincent conservé au musée Kröller-Müller d’Otterlo.

Plus prosaïque, la réalité impose un rappel. Que s’est-il passé en 2003 quand ce Bouquet a soudain cessé d’être le Van Gogh qu’il était depuis un siècle ? La petite équipe de chercheurs du musée, supervisée par le Musée d’Amsterdam, connaissait pratiquement tout ce que nous savons aujourd’hui : une toile signée, repeinte sur une étude, signalée par une lettre de Vincent et identifiée par radiographie, montrant Deux lutteurs peints à Anvers et fleurs du bouquet détaillées dans une lettre à Horace Livens peintre rencontré… à Anvers.

Ce qui, en 2003, a faussé le regard est un doute émis dix ans plus tôt par l’ancien conservateur de Mannheim Roland Dorn et le marchand zurichois Walter Feilchenfeldt reprochant au bouquet son “esprit français” et sa touche, et sa ressemblance avec les œuvres de Georges Jeannin, assurant qu’il n’y avait sans doute plus personne, pas même à Otterlo, pour croire à son authenticité. La spécialiste canadienne Bogomila Welsh-Ovcharov avait au contraire suspecté la main d’un artiste allemand.

On pourrait croire à un accident collectif, les experts adorent se tromper ensemble, ou à une exception remarquable si d’autres Vincent n’avaient pas subi le même outrage. Ainsi les spécialistes ont réadmis deux autres toiles, appartenant à des collections publiques néerlandaises, qu’ils avaient d’abord récusées. Le Portrait de Gauguin a été réhabilité en 2002 en raison de son support de jute et le très typique Moulin de Blute-fin a été déclaré authentique il y a deux ans par ses anciens ennemis en 2010, sauvé par une étiquette au dos.

Ces repêchages, pour des raisons techniques, qui suffisent à bousculer le mythe de l’infaillibilité  de l’œil expert ,  avaient connu un précédent lorsque le musée Van Gogh d’Amsterdam avait été contraint de déclasser la Vue d’amsterdam achetée par lui à la galerie Nathan de Zurich en 1982.

Les méprises ne s’arrêtent pas là, le musée Van Gogh a déclarées fausses, à tort, de nombreuses œuvres authentiques comme les Harengs du Musée d’Art et d’histoire de Genève, deux toiles une Bouteille de vin et une Assiette, droit venues de Vincent et de son frère Theo, ou encore le (superbe) Portrait d’homme, de Melbourne déclaré faux 2007.

Les déclassements sont toujours le produit d’une même approche :  on ignore la provenance première, on craint les mélanges et les faussaires et le regard se met à loucher. Dorn et Feilchenfeldt se sont particulièrement distingués à ce jeu en condamnant sur cette seule base trois autoportraits (évidemment authentiques), les deux natures mortes parisiennes du musée Van Gogh ou encore le tableau donné par Vincent au médecin de l’Asile de Saint-Rémy et aujourd’hui au musée d’Orsay, sans être capable d’aligner d’arguments permettant d’identifier la main de Vincent et transformant les attributions en loterie.

L’histoire des anciennes méprises expertes dans l’authentification des Van Gogh de 1900 à 1970, bien retracée par  le sociologue Henk Tromp (A Real Van Gogh: How the Art World Struggles with Truth) nous enseigne pourtant qu’impéritie, prestige, jalousies, intérêts, confusion des genres entre commerce et étude, auto-proclamation d’experts, privés comme publics, ont été les moteurs des erreurs récurrentes qui se reproduisent aujourd’hui.

Les experts croyaient que… Ils croyaient fermement et ensemble que la trentaine de faux de la collection Wacker – qui fait aujourd’hui sourire – étaient authentiques, comme dans un bel ensemble, ceux qui viennent de se déjuger en ré-acceptant le Bouquet  continuent à garantir l’authenticité de toutes les œuvres de la collection du docteur Gachet (une quinzaine de faux, dont le terrible Portrait du musée d’Orsay , ou les Branches de Marronniers de la collection Buhrle de Zurich) ou encore l’invendable Jardin à Auvers (monument historique français), la copie des Tournesols, de Tokyo, du Jardin de Daubigny de Bâle, pour ne citer que trois des nombreuses singeries produites par Emile Schuffenecker Schuffenecker. Pire, on fait mine d’avoir trouvé la trace des œuvres dans la correspondance de Vincent qui, par force, les exclut ou les ignore, selon les cas.

Depuis qu’un “Van Gogh”, malheureusement faux, est devenu le tableau le plus cher du monde, avec la vente des Tournesols par Christies’s en 1987, depuis la trop critiquable certification en 2002 de cette toile par le Musée Van Gogh (sponsorisé par le propriétaire de la toile pour près de 20 millions de dollars), depuis les grandes polémiques de la fin des années 1990, l’œuvre de Vincent est sous haute surveillance, mais la parole demeure confisquée par des spécialistes de la communication qui transforment leurs échecs en victoires, tiennent les œuvres authentiques pour fausses, regardent comme équivalents chefs-d’œuvre et fantaisies dépourvues d’intérêts. La quête du savoir, l’ambition de comprendre, la haute critique sont réduites au silence et il faudrait s’en remettre à des experts omniscients, des oracles. Il suffit pourtant de prendre les deux versions du Jardin de Daubigny en se demandant laquelle des deux versions on choisirait si une nous était offerte, pour commencer à voir combien l’autre est fausse. L’art est d’abord une affaire de plaisir.

Trop d’intérêts empêchent cependant que la vérité voie le jour et il est à craindre que, de délai en délai, il finisse par se passer ce qui a présidé à la cure d’amaigrissement imposera au corpus de Rembrandt, comme pour illustrer le mot de Max Planck “ La vérité ne triomphe jamais, mais ses ennemis finissent par mourir.

 

20/03/2012

L'exécution des accusés de complicité du meurtre du Président Lincoln

Par Bernard Vassor

article écrit le 03/11/2008

On y voit l'échafaud dressé avec la potence qui attend les suppliciés.
Dans ce temps là, la peine de mort existait aux Etats-Unis......
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Cette image d'Alexander Gardner le pionnier du reportage journalistique, fait suite à une série où il a portraituré tous les protagonistes de l'affaire. Il est rare de trouver des photographes ayant un tel regard. Toutes ses images sont empreintes d'humanité et présente sous lmeur meilleur jour les sujets, que ce soit le Président Lincoln qui n'a jamais paru aussi jovial, que la superbe image presque romantique de Lewis Payne, menottes aux poignets semblant avec courage braver la mort.
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Là, on voit les préparatifs, le réglage de la corde autour du cou.
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C'est fini, à droite Mary Surratt.
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Deux fosses ont été creusées. On ne voit que trois cercueils, le quatrième, celui de Mary Jenkins Surratt a été mis à l'écart, même dans la mort, on ne fait pas de mixité....
Mary Surratt 05 cadre.jpg
Marie Jenkins
Gardner lewiw payne 05 sepia hauteur.jpg
Lewis Payne ou Paine ( il semblerait que son nom véritable soit Lewis Powell ????).
Au cours du procès Payne a toujours soutenu que Mary Jenkins Surratt n'était pour rien dans l'affaire, mais rien n'y fit.

20:23 Publié dans HISTOIRE | Tags : alexander gardner | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

L'assassinat du Président Lincoln

Par Bernard Vassor

 
assassinat lincoln gravure retournee largeur.jpg
 
Le 14 avril 1865 au "Ford's Théâter" à Washington
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La nouvelle arrivée en France, annonce également la mort du sécrétaire d'Etat William Seward, la nouvelle est erronée pour ce qui concerne Seward.
C'est un comédien John Wilkes Booth, armé d'un pistolet "Derringer" et d'un poignard, qui a tiré à bout portant une balle dans la tête au niveau de la nuque du Président Lincoln.
Son forfait accompli, Booth saute du balcon sur la scène, et en comédien consommé, il prononce avec emphase une phrase vengeresse.
 
Puis, il s'enfuit dans la rue laissant tomber son pistolet devenu inutile lincoln gardner pistolet Derringer très comp largeur.jpg et disparaît dans la foule sans chapeau (détail important car à l'époque tous les hommes portaient un couvre-chef).
Les informations en France sont assez confuses (tout comme "l'affaire" elle même le deviendra).
Les journaux annoncent l'arrestation de Jefferson Davis ancien Président des Etats Confédérés capturé en Géorgie, pour participation à un complot visant l'assassinat du Président Lincoln. Les journaux annoncent qu'un procès visant les conjurés et de la mise en accusation de Davis, qui fut conduit dans la forteresse Monroë  du Capitole à Washington, puis transféré dans un navire militaire ancré sur le Potomac. 
 
 
Après une enquête, on arrête des présumés complices :

Samuel Arnold, Michael O'Laughlen, John Surratt, Lewis Paine ou Payne), George Atzerodt, David Herold. le docteur Samuel Mudd  et  Mary Surratt

 

 
Mary Surratt et ses co-accusés arrivant dans la prison du pénitencier.
Pour la suite, un des premiers (et plus grands ) reporters photographes de l'histoire Alexander Gardner nous a laissé des images à la fois des batailles, des personnages illustrant cette histoire, et la fameuse série des photographies de l'exécution des condamnés à la potence.
Des questions se posent encore aujourd'hui sur la culpabilité de certains accusés, et de nombreuses thèses de "complots" sont encore évoquées, des plus farfelues ou nauséabondes aux plus sérieuses parfaitement documentées.
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17/03/2012

LA FOLIE CENDRIN, OU FOLIE SANDRIN, RESIDENCE "SECONDAIRE" DE GÉRARD DE NERVAL

PAR BERNARD VASSOR

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AU XVIIIème SIECLE, AU SOMMET DE LA BUTTE, LA FOLIE SANDRIN EST
 LA MAISON A TROIS FENETRES AU CENTRE
DE L'IMAGE.
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MAXIMILIEN LUCE, VUE DE SON ATELIER 16 RUE CORTOT EN 1894.
Située au sommet de la butte Montmartre, cette rue fut le seul chemin carrossable de Paris à Montmartre, jusqu'à l'époque de Louis XVI. L'actuelle place Jean Baptiste Clément s'appelait alors place des Fêtes ou place du Palais lieu-dit de l'emplacement mal défini entouré d'une muraille visible depuis la capitale. André Roussard* nous apprend que la maison luxueuse au milieu de pauvres masures construite au XVIIIème siècle sur un arpent et demi de terre avait été achetée le 12 mars 1774 par un sieur Cendrin qui la revendit un an plus tard à un nommé Pruneau, marchand de vin. En 1805, c'est un médecin, le docteur Pierre Antoine Prost qui en fit l'acquisition.  Lors de l'occupation de Montmartre par les russes, Le général comte de Laugeron inféodé à l'armée cosaque  y établit son campement. Après le départ des armées étrangères, le docteur Prost  ajouta une aile à sa maison. Après sa mort en 1820, c'est le docteur Esprit Blanche qui prit la direction de la maison de santé sise 4 rue Trainée, aujourd'hui rue Norvin . Dans cette maison on traitait indistinctement toutes sortes de maladies, mais le docteur Blanche qui en était le médecin principal, s'était principalement attaché au traitement des maladies mentales. La maison de Montmartre acquit rapidement une solide réputation en raison des guérisons (réélles ou supposées) de bien des malades. La "maison des fous de Montmartre" eut bientôt une réputation européenne et fut citée comme un modèle du genre.
"On arrivait à la maison Blanche par deux chemins, l'un pour les voitures, la grande côte, l'autre pour les piétons, la petite côte. Au milieu de celle-ci, se trouvait un banc de pierre creusé à son sommet en forme de cintre sur lequel les habitants du quartier ou les passants fatigués venaient s'asseoir. Ces deux chemins sont aujourdh'hui la rue Lepic et la rue Ravignan. Pour pénétrer dans la maison, élevée sur un tertre qu'environnaient plusieurs moulins, on gravit un petit monticule protégé par une rampe en bois et à la droite duquel on été taillées sept marches, on franchit la grille, et l'on se trouve dans la cour qui à cette époque, était ombragée de quelques arbres et ornée de deux bouquets de chaque côté de la grande porte d'entrée. La façade blanche, très simple, dont le style permet de bien distinguer la construction de cette maison typique de la fin du XIIIème siècle, qui comprend un rez-de-chaussée et deux étages, deux ailes latérales présentent la même disposition
Gérard de Nerval a consacré à la maison "Blanche", un chapitre dans "La Bohème galante"
Jacques Arago, interné un certain temps raconte dans une partie du livre "Paris ou  le livre des cent et un",(tome IV) son expérience dans la maison de la rue Trainée  : paris ou les cent et un T IV maison de fous Jacques Arago extrait.pdf

André Roussard, dictionnaires des lieux à Montmartre, édition Roussard Paris 2001.  

Mise à jour le 17/03/2012

14/03/2012

La destruction de l'ancien atelier de Renoir, le 23 mai 1918 rue Saint-Georges

PAR BERNARD VASSOR

Les ravages de "La grosse Bertha"

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Curieusement, seul l'immeuble où se trouvait  35 rue Saint Georges, le célèbre atelier de Renoir fut atteint.
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Ce jour là, les allemands envoyèrent un maximum d'obus sur Paris. C'est avec ce gigantesque canon de marine surnommé Bertha, lançait des obus qui après être monté à 35000 mètres et parcouru en 183 secondes une distance de 150 kilomètres, tombait à la vitesse de 700 mètres à la seconde.
Les obus étaient marqués de la couronne impériale. Le corps avait un diamètre de 21 centimètres et 50 centimètres de longueur, surmonté d'une fausse ogive en tôle, coiffe conique servant de coupe-vent, la longueur totale était de 1 mètre. Le corps de l'obus présentait deux ceintures de cuivre, et entre celles-ci2 séries de rayures destinées à guider la progression dans l'âme du canon. L'épaisseur était de 7 centimètres à la base et 5 centimètres près du bouchon qui servait à rendre hermétiquement close la chambre à explosif sur laquelle se vissait l'ogive pointue. L'intérieur renfermait 10 kilos de poudre jaune, très tassée dans deux chambres séparées par un diaphragme à évent.
Il ne semble pas que l'ogive ait explosé. Seul l'ancien atelier de Renoir fut entièrement dévasté, l'explosion aurait pu provoquer l'effondrement et l'incendie de l'immeuble heureusement il n'en fut rien .

adolphe thiers-rastignac,san martin,georges rivière,bertha, Carnets Cormon

Je dois ce document à l'amabilité du service documentation de la fondation Taylor, extrait des carnet que Fernand Cormon rédigea pendant la guerre de 14-18. Les victimes furent au nombre de 18 mort et une centaine de blessés  ce jour là dans tout Paris.

Un autre obus tomba ce jour là sur l'immeuble du 15 boulevard Montmartre qui était surmonté d'un bèlvédère, le réduisant en poussière.
Ironie de l'histoire, c'est sur l'immeuble qui avait été occupé par le premier historien de l'impressionniste Théodore Duret Pendant le siège et la Commune de Paris !
!.............
Dans cet atelier, Auguste Renoir y vivait avec son frère. Il prenait ses repas dans la petite crémerie juste en face.
C'est là qu'il rencontra une jeune fille qui allait devenir sa femme. C'est bien sûr dans cet atelier qu'il réalisa le célèbre "Atelier de la rue Saint-Georges" ________ATELIER RUE SAINT GEORGES RENOIR hauteur.jpg
Cet immeuble fut la propriété du général San Martin, et celui mitoyen ( le 37 actuel ) avait été acheté par madame Dosne pour son gigolo Adolphe Thiers-Rastignac qui allait épouser sa fille et devenir son gendre.
D'après le témoignage de Georges Rivière, le père Tanguy montait quelques fois les cinq étages avec sa "pacotille" sur le dos, pour proposer des fournitures diverses à Renoir, bien qu'il ne fut pas son fournisseur attitré qui était Mullard 8 rue Pigalle.
 
 
 
 
MISE A JOUR LE 14/03/2012

13/03/2012

Compte rendu de la cérémonie pour l'inauguration du baptème de la rue Jean-et-Marie-Moinon par l'association : Histoire et Vies du 10e arrondissement de Paris.

 Le 10 mars 2012 la rue "Jean-Moinon" est devenue la rue "Jean-et-Marie-Moinon", ci-dessous le compte rendu d'Odile Mercier, auteur de toute la recherche sur la destinée du couple Jean-Moinon et en particulier de Marie, voir Bulletin d'Histoire et Vies n° 7 (2009) : "Le 10e dans les guerres" et à plusieurs pages du site d'HV10

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La nouvelle plaque de la rue, © Michel Tiard

Le 10 mars, une émouvante cérémonie s’est tenue dans le 10e arrondissement de Paris : La rue "Jean Moinon" du nom d’un résistant mort en décembre 1944, a été rebaptisée rue "Jean-et-Marie-Moinon". Marie Moinon était née Marie Tible à Trizac (Cantal) en 1899. En 1927, elle avait épousé à Paris Jean Moinon et ils avaient repris en 1930 un petit restaurant au 19 de la rue du Buisson-Saint-Louis.  C’est là qu’ils seront arrêtés par la Gestapo le 22 janvier 1944. En effet,  en juillet 1943, Jean était entré dans le  mouvement de Résistance anglais initié par Churchill (le SOE) ; Jean avait pour mission de réceptionner messages et armes, Marie le secondait. Des réunions se tenaient dans le restaurant et c’est lors de l’une d’elles que le petit  groupe de 4 personnes qui était présent  sera  arrêté. Ils furent conduits à la prison de Fresnes. En juillet 1944, Jean sera dirigé vers le camp de Compiègne/Royallieu d’où il sera déporté à Neuengamme (près de Hambourg), un camp de travail (construction d’une base sous-marine) où il  mourra de dysenterie le 9 décembre 1944.Marie transitera par le Fort de Romainville puis par le camp allemand de Neue Bremm (Sarrebruck) avant d’être dirigée vers Ravensbrück, à l’origine un camp de travail pour femmes, mais qui devant l’approche annoncée de l’Armée Rouge, se transformera en camp d’extermination, toute preuve devant être effacée. Elle y sera gazée le 5 mars 1945.

Quand, en juin 1946, le nom de "Jean-Moinon" sera donné à une rue toute proche de celle de leur domicile, on ne savait pas ce qu’est devenue Marie. On ne le saura avec certitude que près de 10 ans après. L’histoire ignorée de ce couple a interpellé HISTOIRE ET VIES DU 10ème qui, après recherche l’a publiée dans son bulletin. Rémi Féraud, maire du 10ème, a alors souhaité que justice soit faite. Soixante-six  ans après, Marie a rejoint son mari sur la plaque d’une rue.

Les portraits de Jean et Marie Moinon, © Michel Tiard

La cérémonie a débuté avec un discours du maire du 10ème, puis de la présidente d’Histoire et Vies du 10ème, suivis des interventions d’Odile Mercier, l’historienne qui a effectué la recherche et de Sylvie Feltesse, petite-nièce de Marie Moinon. La première adjointe au maire de Paris, Anne Hidalgo a ensuite rendu hommage au couple de résistants. Pour clore la cérémonie, un poème d’une jeune déportée à sa mère a été lu puis deux élèves du conservatoire de l’arrondissement, un trompettiste et une choriste, ont interprété  "le Chant des partisans". La famille de Marie Moinon, dont Simone Feltesse qui avait été élevée dans le 10e jusqu'à l'âge de 10 ans par Marie étaient présente, ainsi que de nombreux habitants du quartier et du 10e ont assisté à la cérémonie et au dévoilement de la nouvelle plaque. Un pot d'honneur a ensuite été offert par la mairie et l'association "Les Quatre Horizons" dans son local.

L'assistance écoutant Odile Mercier © Baptiste de Ville d'Avray

HV10 tient à remercier très vivement la mairie de Paris, la mairie du 10e, Odile Mercier, la famille de Marie Moinon, Les Trizachois, Les Quatre-Horizons, les habitants du quartier, ceux du 10e et d'ailleurs.


Tout un symbole : Les roses blanches comme à Ravensbrück,

 les orties comme les barbelés du camp, © Baptiste de Ville d'Avray

 

 

12/03/2012

Quelques précisions et rectifications sur l'installation de l'exposition Vincent van Gogh 6 cité Pigalle

Par Bernard Vassor

ZoBuBUGa

cité Pigalle,van gogh,Brocq,

D'après un document qui m'avait été donné par le Van Gogh muséum, il est fait état d'un compromis de bail signé le 2 août 1890, soit trois jours après l'enterrement de Vincent à Auvers :

"Il a été dit fait et arrêté ce qui suit: Mr. Mironde fait par ces présentes, bail et donne à loyer à Mr.Van Gogh, qui accepte pour trois, six ou neuf années à la volonté réciproque des parties commençant le premier octobre, mille huit cent quatre-vingt dix;  à la charge par celle des parties qui voudra faire cesser le présent bail, de prévenir six mois d´avance de l´expiration de chaque période" (....) 

"D´un appartement sis au 1er étage à gauche, numéro 6 Cité Pigalle et composé d´uneantichambre, salle à manger, salon, chambre à coucher, cabinets noirs, cuisine, aisance, cave."

Ce bail fut signé le 27 octobre 1890, avec la clause suivante :

"Fait double et de bonne foi à Paris le 2 août, mille huit cent quatrevingt dix

En cas de décès de Monsieur ou Madame Van Gogh le bail pourra être résilié.

Lu et approuvé

P. Mironde

T van Gogh

27 octobre 1890"

Le nommé P.Mironde était le mandataire de monsieur Brock, propriétaire des 6 et 8 cité Pigalle demeurant 73 rue Pigalle. 

...............

L'intention première avait été de pouvoir réunir et d'accrocher les toiles de son frère en attendant d'organiser une exposition dans une galerie (chez Georges Petit rue de Sèze qui après avoir accepté se desista)

En septembre il avait écrit à sa soeur Will que ses problèmes de santé étaient révolus. Les gouttes que lui avaient donnés le docteur Ter Mate (?)"m'ont rendu si malade que je serai devenu fou. Elle m'ont aidé à m'anesthésier la nuit si bien que je ne toussais plus, mais elles me donnaient nuit et jour des cauchemars et des allucinations, ce qui fait que si je n'avais pas arrêté, j'aurai sauté par la fenêtre ou je me serai suicidé d'une manière ou d'une autre" 

L'occupation de l'appartement si elle eut lieu le 27 octobre (? ) fut de toutes façons de très brève durée. Le 3 octobre,  Théo fit un voyage en Hollande avec Johanna et son fils. Le 6 octobre,il s'effondra "moralement et physiquement" d'après son beau-frère. Il était de retour à Paris le 16 du même mois.

La toute première exposition des toiles de Vincent envisagée par son frère fut organisée non pas comme il est dit dans l'article chez le père Tanguy, mais dans un appartement que Théo avait loué, 6 cité Pigalle au premier étage, son logement du 8 de la même cité étant trop petit. C'est avec l'aide d'Emile Bernard que l'accrochage avait été organisé. Nous n'avons pour le moment peu d'informations sur la date la durée et la fréquentation de cette exposition et si vraiment elle se tint bien cité Pigalle ? Ce qui, compte tenu des dates indiquées dans le bail semble peu probable.
Le 12 octobre, Théo fut admis  à la maison de santé Dubois rue du faubourg Saint-Denis, mais devant la gravité de la situation, on le transféra dans la clinique du docteur Meuriot 17 rue Berton.
Théo était atteint de démentia paralytica, le stade ultime de la syphilis.
Le 28 ocotre Théo fut conduit dans une clinique d'Utrecht, où il eut une douloureuse agonie
qui prit fin le 25 janvier.
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Julien Leclercq était à l'origine, avec Alfred Valette de la fondation du "Mercure de France" l'année précédente.
.......
 
................
C'est à Georges Albert Aurier que nous devons le premier article publié en France sur l'oeuvre de Vincent.
Paru en janvier 1890, cet article perturbe Vincent qui va prier son frère de demander avec insistance à Aurier de ne plus écrie d'articles sur sa peinture. Mais pour le remercier tout de même il lui fait donner une étude de Cyprès qui fut exposée au salon des Indépendants de 1890. La première rencontre d'Aurier et de Vincent eut liueu chez Théo 8 cité Pigalle quelques jours avant le suicide de Vincent à Auver-sur-Oise. Dans deux lettres à Emile Bernard, il donne des nouvelles du monde de l'art parisien. La première datée du 30 juin 1890 : "Van Gogh (Théo) a fait une exposition Raffaelli (..) je n'ai pas vu Gauguin depuis deux siècles". Dans la deuxième lettre est relative à la mort de Vincent : "Théodore Van Gogh m'écrit et me parle de l'exposition des oeuvres de son frère qu'il a l'intention d'organiser chez Durand-Ruel" Nous savons qu'après bien des tergiversations, celui-ci refusa. C'est donc 6 cité Pigalle dans un appartement loué pour l'occasion que devait se tenir la première exposition mondiale Vincent Van Gogh (si toutefois elle eut bien lieu ?)
..............
 
. Agé de vingt sept ans, Aurier est mort de la fièvre typhoïde. Gauguin toujours aussi égocentrique se désola : "Aurier est mort,. Nous avons décidément de la déveine. Van Gogh (Théo, pas Vincent !), puis Aurier, le seul critique qui nous soit favorable et qui un jour aurait été utile"

 

04/03/2012

Ernest Quost, PEINTRE MONTMATROIS, un habitué de la boutique du père Tanguy, très apprécié de Vincent van Gogh.

PAR BERNARD VASSOR

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"Si Quost était là !"
Vincent van Gogh
Né à Avalon en 1844, mort en 1931. Peintre de fleurs, céramiste à la fabrique de porcelaine de Sèvres. Il est également aquafortiste, a fréquenté l'Académie Jullian et la boutique du père Tanguy. Il refusa catégoriquement de se laisser enfermer dans une école par esprit d'indépendance. A Paris, il s'installa d'abord un atelier rue Norvin, puis, se rendit à Saint- Ouen chez un cultivateur pour y étudier les plantes. Pendant le siège de Paris et la Commune, il se rendit en Belgique, puis vint prendre un atelier 74 rue Rochechouart. Tous les vendredi, il tenait chez lui des réunions où l'on parlait art et littérature, sa préférence allant aux naturalistes et à Emile Zola. Ensuite, il déménagea juste à côté, rue de Dunkerque. Il se rendit quelques fois à Auvers-sur-Oise, et le docteur Gachet lui acheta un tableau. Vincent Van Gogh (qui l'aurait rencontré chez Tanguy) dans une lettre à son frère lors de son séjour à Arles, exprima toute son admiration pour le peintre de fleurs et le recommanda à Georges-Albert Aurier
Il aimait peindre les paysages de Montmartre. Nous pouvons admirer certaines de ses oeuvres au musée Marmottan.
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A l'île du Châtelier à Saint-Ouen. C'est dans cette île que se déroule l'épisode dramatique dans Thérèse Raquin. C'est également là que la grand-mère "Charlotte" de Jean Baptiste Clément posédait le "Moulin-Joli", célèbre moulin de la galette de Saint-Ouen.
Ernest Quost fut également le conseillé d'un autre peintre montmartois: Alfred Renaudin.

L'épisode dramatique du dimanche 6 juillet 1890 cité Pigalle.

Ce que nous pouvons connaître de cette journée fatidique pour Vincent van Gogh :

Vincent avait emprunté le premier train du matin en gare d'Auvers-sur-Oise (celui de 6 heures 10) afin de passer plusieurs jours chez son frère.

Document communiqué par Alain Rohan, archives de l'Office de tourisme d'Auvers-sur-Oise) d'après le beau livre de Madame Claude Millon : Vincent van Gogh et Auvers-sur-Oise :

Hor.trains 1890.pdf

Comme il fallait une heure à l'époque entre Auvers et Paris gare Saint-Lazare (il faut compter, on n'arrête pas le progrès, une heure trente aujourd'hui) il arriva donc vers sept heures trente au 8 cité Pigalle où il vit pour la première fois sa belle soeur et son neveu, nouveau-né, qui dans le futur sera le fondateur du musée d'Amsterdam.

Le temps de prendre un café, d'embrasser son neveu, Théo le conduisit chez le père Tanguy et constata que ses toiles étaient entreposées dans une remise, dont le sol était en terre battue. Il parla plus tard de "trou à punaises".

Nous croyons savoir que Vincent avait échangé une de ses toiles avec Ernest Quost. Il emporta donc ce tableau trouvé rue Clauzel, pour l'accrocher cité Pigalle chez Jo et Théo. Avant de rentrer chez eux, Théo conduisit Vincent chez un antiquaire brocanteur de la rue Pigalle, certainement Phiippe Sichel dont parle Edmont de Goncourt dans "Le Journal". A peine arrivé dans le logis du troisième étage de la cité, Vincent voulut accrocher la toile de Quost,

puis, Vincent voulu déplacer "La femme au chien", une toile de Charles-Eugène Prévost mais, premier accroc, Johanna s'y opposa fermement ce qui provoqua un début de colère chez Vincent. Les deux frères se rendirent ensuite chez Toulouse-Lautrec que Vincent n'avait pas revu depuis plus de deux ans. Les trois amis revinrent ensuite chez Théo pour le déjeuner que Johanna avait préparé. La journée s'annonçait joyeuse...Georges Albert Aurier était déjà là, Vincent le remercia pour l'article du "Mercure". Puis, arrivèrent Dries et Annie le frère et la belle-soeur de Johanna. Soudain, une conversation orageuse opposa Jo et Annie au sujet de l'appartement plus vaste que Théo souhaitait occuper au premiier étage du 6 cité Pigalle, afin de pouvoir accrocher toutes les toiles de Vincent. Puis Johanna reprocha à Théo de vouloir quitter la galerie Boussod et Valadon du boulevard Montmartre. C'en fut trop pour Vincent qui voyait s'éloigner l'espoir de recevoir les 150 francs par mois que Théo lui allouait. Il prit sa valise, et sans attendre Guillaumin qui devait passer, il repartit aussitôt pour Auvers sans préavis.

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Après la mort de Vincent, Théo voulant à tout prix exposer toutes les toiles de Vincent, loua donc le premier étage du 6 cité Pigalle et organisa donc la première exposition mondiale des oeuvres Vincent van Gogh. 


29/02/2012

Anne Piestre, dit Fernand Cormon le père la rotule....

Par Bernard Vassor

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L'Académie de peinture de  Cormon, 104 boulevard de Clichy.
 
La verrière à droite comprenait une fenêtre amovible sur toute la hauteur pour pouvoir faire passer les toiles démesurément grandes de Cormon.  

Catherine Aventurier,atelier Cormon,boulevard de Clichy

Photo Catherine Aventurier.

Il avait pour nom à l'état-civil Fernand-Anne Piestre, mais il prit le pseudonyme de Cormon, nom de sa grand-mère. Son père Etienne-Pierre, fut le co-auteur avec Adolphe d'Ennery des "Deux Orphelines" sous le nom d'Eugène Cormon. Anne Pièstre avait été surnommé par ses élèves "Le père la rotule" en raison de son obsession à inculquer à ses élèves l'importance de la précision anatomique des articulations de ses personnages et des animaux représentés en peinture. D'autres disent que c'est en raison de son extrème maigreur ? Né à Paris au 13 bis boulevard Saint-Martin, dans l'ancien sixième arrondissement, le 22 décembre 1845, il est mort, également à Paris, le 20 mars 1924 des suites d'un accident de la circulation, renversé par un chauffeur de taxi (alsacien) en 1924. Le malheur qui s'abatit sur sa famille fut augmenté avec l'assassinat de sa femme par des malfaiteurs venus cambrioler son appartement du 33 bis rue de Moscou peu de temps après. C'est sa fille Madeleine et son mari Emmanuel Couderc qui furent chargés de la vente de la succession au bénéfice des artistes pauvres.

La carrière de Cormon fut considérable, bien "qu'académique" il a été bien meilleur peintre que certains historiens de l'art ne le disent. Pendant de nombreuses années, il se mit à la recherche de l'homme primitif avec de nombreuses récompenses depuis 1877 jusqu'à sa mort. De nombreux musées s'arrachèrent ses oeuvres. Il décora le Musée d'Histoire Naturelle de Paris. Son succès fut éclatant, on lui confia la décoration du Petit Palais. Elu membre du comité des Artistes français dont il devint le président en 1912. Il exécuta aussi avec amour des portraits de sa femme et de sa fille chérie.

Voici une petite liste non exhaustive des différents domiciles et ateliers de Anne Pistre : vers 1870 il s'installe au 40 rue Fontaine, ensuite  au 189 rue Ordener. En 1882 il s'installe 10 rue Constance  il habitait au 38 rue Rochechouart, puis il achète un atelier au 13 rue d'Aumale, 104 boulevard de Clichy. Après son départ du boulevard de Clichy (entrée et date indéterminée) il va au 159 rue de Rome, puis au 4 rue Jouffroy (dans l'ancienne maison de la Guimont proxénète de son état)

Enfin, il passa les dernières années de sa vie au 33 bis rue de Moscou.

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Publicité de l'exposisition à la fondation Taylor du 22 avril au 22 mai 2012.

(merci Mathilde)

26/02/2012

Histoires anecdotiques : les procès de luxure bestiale et autres condamnations animales

Par Bernard Vassor

Procès de bestialité largeur.jpg
Gargouille de Notre-Dame en Beaujolais symbolisant la luxure. 
"Si un homme couche avec une bête, il sera puni de mort;
et vous tuerez la bête.
Si une femme s'approche d'une bête pour se prostituer à elle,
tu tueras la femme et la bête;
elles seront mises à mort, leur sang retombera sur elles"
Lévitique XX.15-16).........
De nombreux procès mêlant l'horreur, les vices, confondant la sodomie, le viol, la flagellation et toutes les perversions concernant des rapports avec des animaux, vaches, cochons, juments et même des poules*.On relève qu'en 1550, un nommé Giron s'était perché sur un fagot pour commettre le crime de bougrerie avec une vache. Le fagot servit à allumer le bûcher qui consuma le sieur Giron et sa vache.
Un an plus tard Jacques Prenault qui avait abusé d'une vache noire subit un châtiment identique. Jean de la Soille au cours d'un procès reconnut avoir abusé d'une façon abominable d'une ânesse qu'il avait pourtant choyée plus que les autres. A Baugé en 1698, Antoine Batailles fut convaincu de crime de sodomie et de péché contre nature pour habitation charnelle avec une jument. La même année, Sébastien Barillet, avait abusé de sa femme volage qui refusait depuis longtemps le devoir conjugal, l'avait fort préssé contre l'ordre de la nature à se laisser connaître charnellement. Elle avait d'ailleurs consenti aux infâmes volontés maritales, tout en s'en plaignant à son confesseur. Barillet fut brûlé vif en 1699.
* Au cour d'un procès, Vijon un maître d'école parisien, valet de chambre du duc de Gramont, fut pendu et brûlé vif en place de Grève pour avoir abusé d'une poule blanche, ce qui donna lieu à cette chanson satyrique :
"Lorsque Vijon vit l'assemblée
Qui l'assistoit dans son malheur
D'une voix haute et troublée
Il luy dit : vous me faîte honneur...
Vraiment ! voilà bien de la foule
Pour un simple fouteur de poules
..................
En 1266, un pourceau fut brûlé à Fontenay-aux-Roses pour avoir dévoré un enfant, en 1394, c'est à Mortain qu'un porc fut condamné pour les mêmes raisons à la pendaison. En 1040, trois petits cochons furent suppliciés à Rouvres en Bourgogne pour avoir dévoré un bébé dans son berceau.
Des dizaines d'autres condamnations pendant le moyen-âge furent prononcées sur la race porcine. Parfois, on revêtait en habits d'homme les animaux avant leur exécution.
A Moisy-le-Temple, un taureau fut pendu pour avoir transpercé un homme de ses cornes en 1314.
A Montbar (vville natale de Buffon) c'est un cheval qui fut pendu pour avoir "occis" un homme. Accusé de sorcellerie, un coq fut mis au bucher, avec son oeuf ! Selon la croyance populaire, des oeufs malformés  était pondus par des coqs. Des insectes furent excommuniés. Les rats, les souris et même des limaces ont éété aussi l'objet de jugements ecclésiastiques. Au Portugal, ce sont des fourmis qui subirent le même sort.
On raconte que Saint-Bernard,inaugurant une abbaye à Frogny, fut interrompu par une invasion de mouches faisant un bruit assourdissant, mais, Bernard, sans se troubler prononça la phrase suivante : "Je les excommunie" alors aussitôt les mouches tombèrent mortes à terre, si bien qu'il fallut les évacuer avec des pelles. Une expression naquit de cette histoire : "Tomber comme des mouches à Frogny".
Au onzième siècle, à Aix-les-Bains, des paroissiens se plaignirent à l'évèque de l'invasion de serpents dans leur ville. L'évèque pronça aussitôt l'excommunication des reptiles qui ne moururent pas, mais, cessèrent d'être venimeux.
..........
A SUIVRE

D'après Roland Villeneuve

http://www.babelio.com/auteur/Roland-Villeneuve/20296

et Emile Agnel et l'abbé Lebeuf

Réouverture de l'auberge Ravoux à Auvers-sur-Oise

Par Bernard Vassor

http://www.maisondevangogh.fr/

C'est le 1 mars, que l'auberge Ravoux fait sa réouverture annuelle dans le cadre historique des derniers jours de Vincent van Gogh.

Auberge Ravoux dite Maison de Van Gogh

Place de Mairie
95430 Auvers-sur-Oise 
Tel. : 33-(0)1.30.36.60.60
Fax : 33-(0)1.30.36.60.61
Ouverture hebdomadaire : du mercredi au dimanche inclus et vendredi et samedi soir
Ouverture saison 2012 :1mars - 28 novembre inclus

 

25/02/2012

L'ASILE SAINTE-ANNE : une création de Georges Eugène Haussmann

par bernard vassor

ASILE SAINTE ANNE vue générale.jpg
ASILE SAINTE-ANNE, VUE GENERALE
Il y avait déjà à Paris, au moment de la création de cet asile (en 1867) de nombreux asiles privés, en plus de Bicètre, Charenton et la Salpétrière.
Le surpeuplement de ces hôpitaux conduisit à l'ouverture d'un nouvel établissement psychiatrique. Haussmann a voulu que son Paris moderne eut un asile moderne. La construction a commencé en 1864, sur l'emplacement d'une ferme dont elle a pris le nom, située à gauche de la gare de Sceaux. Après trois ans de travaux,l'asile a été inauguré le premier mai 1867. Il occupait une superficie de 14 hectares.
Le service médical a été assuré par monsieur Girard de Cailleux.
ASILE SAINTE ANNE hydrothérapie.jpg
Le traitement par l'hydrothérapie.
L'endroit qui se voulait résolument moderne avait une salle de concert pour les malades pas trop agités. Un salle d'hydrothérapie, des cours de promenade.
ASILE SAINTE ANNE lcour de promenade.jpg
ASILE SAINTE ANNE lla salle de bain.jpg
 
 
L'asile pouvait recevoir plusieurs centaines de malades. Le service était assuré par les soeurs de Saint-Joseph.
Il y avait des cellules capitonnées pour les malades suicidaires.
Mise à jour le 25/02/2012
 

22/02/2012

Vient de paraître : Par Alain Rohan : Vincent van Gogh Aurait-on retrouvé l'arme du suicide ?

Par Bernard Vassor

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Ce livre est le fruit d'un travail commencé il y a environ 25 ans ppar Madame Claude Millon, membre fondateur de l'Office de tourisme d'Auvers-sur-Oise.

Elle confia à Alain Rohan le soin de poursuivre les recherches concenant l'arme retrouvée dans un champ de blé, derrière le château d'Auvers  en 1959-1960.

Méticuleuement, Alain Rohan va se livrer à une véritable enquête policière pendant plus de 3 ans, enquête historico-journalistique et scientifique.

Avec prudence, Alain Rohan évoque toutes les hypothèses émises depuis l'origine jusqu'à nos jours concernant la mort de Vincent. Il n'est pas question de la dernière version des écrivains américains, le livre ayant été achevé il y a plusieurs mois. J'en avais d'ailleurs fait parvenir un exemplaire au Van Gogh muséum en septembre 1970 en vue d'une publication, demande étant restée sans réponse.

L'ouvrage comprend une étude historique sur l'histoire des révolvers pendant la période des années 1850 à 1890. L'étude médico-légale de la blessure par le docteur Mazery et le docteur Gachet.

Les différents témoignages souvent contradictoires des témoins du drame, 20, 30 ou 60 ans après les évènements sont mentionnés.

Ce qu'il y a de passionnant, c'est que l'auteur n'est pas péremptoire, et laisse au lecteur le soin de conclure. J'ai entendu maintes fois dire : "on ne saura jamais la vérité". Pour ma part, ma religion est faite : il y en a assez de tous ces révisionnistes en quête de publicité et des mille versions fantaisistes à ce sujet. 

L'article qui avait mis le feu aux poudres si l'on peut dire, est celui du docteur Doiteau, bien méprisable à certains égards, un mélange de vérités et de racontars scabreux.

La maquette a été réalisée par

Madame Marie-Claude Delahaye, directrice du MUSEE DE l'ABSINTHE

à Auvers-sur-Oiise

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ISBN 978 2 7466 4251 5

Pour tous renseignements :

www.lemysterevangogh.com