Référencement gratuit

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/11/2012

ILS ONT TUE ZOLA ! A propos du superbe documentaire diffusé sur France 2

Par Bernard Vassor

Conférence d’Alain Pagès, professeur de littérature à l’Université de Paris III donnée le 25 mars 2005.

Dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902medium_zola_21_bis_rue_de_bruxelles.jpg

Alain Pagès s’est interrogé sur les circonstances de la mort de Zola, en développant le contenu d’un dossier biographique dont il a exposé les grandes lignes dans son Guide Emile Zola, publié aux Editions Ellipses en 2002, en collaboration avec O. Morgan.

Il a retracé notamment l’existence d’Henri Buronfosse, ce fumiste qui a vraisemblablement bouché la cheminée de la chambre à coucher de l’écrivain dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902, provoquant ainsi sa mort. Entrepreneur de fumisterie dans le 4e arrondissement de Paris, Buronfosse était membre de la Ligue des Patriotes (et même l’un de ses "commissaires", c’est-à-dire l’un des responsables de son service d’ordre).

À un siècle de distance, il n’est pas possible d’avoir une certitude absolue sur la réalité de l’acte que Buronfosse a pu commettre. Mais il est fort probable que cet esprit exalté, ce nationaliste farouche, ait voulu enfumer dans sa tanière Zola le « cochon », donner une "leçon" à Zola le pornographe, qui, dans son esprit, avait gravement porté atteinte à l’honneur de l’armée en écrivant « J’accuse », en 1898…


Relevé d’une main courante aux archives de la Préfecture de police :

La première constatation après une description de l’état de la chambre et la mention de la mort du chien des époux Zola qui avait passé la nuit dans la même chambre. Sur la table de nuit, une bouteille pharmaceutique d’un cinquième de litre remplie à moitié d’un liquide incolore étiqueté « Eau chloroformée » provenant de la pharmacie du 81 boulevard de Clichy [1]. 
Le rapport de police conclut à une mort accidentelle. Ce sont les domestiques des époux Zola, inquiets de ne pas les voir sortir de leur chambre à coucher, qui ont frappé et appelé à la porte de cette chambre. Ne recevant pas de réponse, ils ont appelé un nommé Lefèvre et l’ouvrier Beaudart, qui, n’ayant pas plus de réponse à leurs cris, ont enfoncé la porte à coups d’épaule. Cette porte était fermée à clé avec une targette (porte à 2 ventaux). Le corps de l’écrivain en chemise, gisait aux pieds du lit. Alexandrine était couchée sur le lit sans connaissance, et seule a pu être ramenée à la vie.

Les docteurs Bermann , 2 rue Nouvelle ( ? illisible), Main, 19 rue Chaptal, Rosemblite, 14 rue de Milan et Lenormand, 43 rue de La Rochefoucauld, appelés, n’ont pu que constater le décès.

Le chien qui avait passé la nuit dans la chambre a subi le même sort.

Le commissaire enquêteur Geoffroy a constaté que dans la cheminée des restes de « boulets Bernot » étaient encore chauds, et qu’une grille d’évacuation obstruée par la suie, laissait passer un gaz de combustion inodore… 
L’embaumement du corps par Jumelin préparateur en pharmacie, 9 rue de l’Ecole de Médecine, commencée à 4 heures du soir, terminée à 8 heures le 30 septembre.

L’enquête continue !

A lire également : 
Alain Pagès, Owen Morgan, : Guide Emile Zola Paris Ellipses 2002, et Émile Zola, un intellectuel dans l’affaire Dreyfus, Paris Séguier 1991. 
Colette Becker, la liste de ses travaux est impressionnante, signalons : avec Gina Gourdin-Servenière et Véronique Lavielle : Dictionnaire d’Emile Zola, Paris Robert Laffont 1993. 
Évelyne Bloch-DanoMadame Zola, Paris Grasset 1997. Agrégée de lettres, journaliste écrivain, auteur de nombreuses biographies et d’articles sur les Maisons d’Ecrivains. 
Philippe Hamon : Le système des personnages dans les « Rougon-Macquart, Genève Droz 1983. Directeur de l’ITEM Zola. Cette page ne suffirait pas à établir ses oeuvres et la direction de travaux qu’il a dirigé. 
Archives de la préfecture de police : André Lecudennec
Et, bien sûr, Henri Mitterand, oeuvres, 3 tomes Paris Gallimard 1995

. [1] Emplacement aujourd’hui du lycée Jules Ferry

http://www.fabula.org/actualites/ils-ont-tue-zola_10508.php

Remerciements particuliers à Nadia Prete.

Mise à jour le 7 novembre 2012

04/11/2012

Une vacation "extra-ordinaire" à l'Hôtel Pourtalès le 27 mars 1865

 Par Bernard Vassor

thiers,pourtalès,nieuwerkerke,lenormand,longperrier,Manaheim,rue Tronchet

 Le retentissement qu’obtint cette vente fut presque universel. L’Europe entière envoya ses représentants les plus riches pour obtenir à prix d’or des œuvres de l’art antique et de la Renaissance amassées par un amateur pendant toute une vie.  Jamais autant d’hommes fortunés de Russie, d’Italie, d’Allemagne de Prusse de Hollande, de Russie et d'Angleterre, de Belgique; s’étaient retrouvés réunis dans un combat titanesque pour la possession de ces chefs-d’œuvre hors de prix.  Comme indiqué sur cette annonce, le correspondant à La Haye était Heindrik Vincent van Gogh, marchand d'estampes, l'oncle Henri de notre Vincent van Gogh préféré.

L’Hötel de Pourtalès, 7 rue Tronchet, avait été choisi de préférence à la salle Sylvestre du 28 de la rue des Bons-Enfants trop petite, et l’Hôtel Drouot estimé moins prestigieux. La salle de la place de la Bourse  fut également écartée. Voici la liste complète des « officiants » : Eugène Escribe (Commissair-priseur.)Ferdinand Laneuville (Expert.)Roussel (Expert.)Rollin (Expert.)Feuardent (Expert.) Roussel (Expert.),Charles Mannheim (Expert.) Assis à gauche de Charles Pillet et Roussel l’expert assistant avec ses rouflaquettes.

Sur notre gravure, c’est maître Charles Pillet*, commissaire-priseur, debout sur l'estrade qui tient le maillet …, pardon le marteau. Les habitués reconnaitront le père Jean, le type même de crieur public, qui ^pointe un doigt vers le public à sa droite. Il avait été débauché de l’Hôtel Drouot pour la circonstance. A côté de lui, une main posée sur le pupitre du crieur, c’est Nieuwerkerke, l'amant de la princesse Mathilde, intendant des Beaux-Arts.

file:///C:/Users/Bernard/Documents/images%20cle%20usb%20n...

Au premier plan de face, un (colet rouge confrérie indépendante de savoyards) magasinier, présente des médailles au public. Dans l’assistance, se trouvent le comte de Longperrier, M. Triquetti, M. Lenormand et Adolphe Thiers, collectionneur compulsif et ayant un très mauvais goût si l’on en croit les frères Goncourt. 

Londres,Vienne,francfort sur le main,saint-petersbourg,bruxelles, La HAYE?Van gogh

*Charles Pillet(  qui sera l'objet d'une notice séparée) fut pendant plus de vingt ans l’officier ministériel choisi pour les plus grandes et prestigieuses ventes. Parmi lesquelles la vente après décès du duc de Morny, celle également de l’atelier de Delacroix, la  fameuse vente Sedelmayer. Vooici un dialogue savoureux entre Pillet Mannheim et le père Jean : 

L'Hôtel Drouot charles pillet et son crieur en 1881 Paul Eudel ;.pdf

 

Le premier championnat du monde de boxe.

Par Bernard Vassor

John Camel Heenan,Tom Sayers

Il y a  quelques-uns des combats mémorables  dans les annales de la boxe. Un de ceux-ci, opposa  dans la banlieue de Londres, le boxeur Américain John Camel  Heenan à l’Anglais Tom Sayers pour la possession de la ceinture de la « champion’s belt ». Le combat fut annoncé six mois à l’avance, et tous les journaux en parlèrent comme l’un des évènements les plus importants de l’année. Les Anglais, petits et grands s’intéressèrent à cette compétition. Des milliers de spectateurs accoururent de tous les coins les plus reculés du pays pour voir ces deux hommes s’assommer avec l’espoir, et même la conviction que l’Anglais  ne ferait qu’une bouchée de l’Américain, et réciproquement les Américains ayant traversé  l’Atlantique dans le seul but de regarder l’Anglais mordre la poussière. Enfin, le combat se livra à Londres devant une foule survoltée. Les pickpockets et les carotteurs avaient aussi répondu présent.

Le jour tant attendu, les deux adversaires se dépouillent de tous leurs vêtements à l’exception d’une culotte courte. Après s’être cordialement serré la main les combattants tombent l’un sur l’autre. On entend le bruit sourd des coups, comme le celui que fait le merlin d’un boucher sur le crâne d’un boeuf. Le combat qui s’engagea fut d’une violence inouïe. Au septième round, on crut que la rencontre allait se terminer, Tom Sayers ayant le bras droit fracturé, mais, l’Anglais poursuivit malgré sa douleur, la conquête du premier titre de champion du monde. Au quatrième round, c’est Heenan qui se casse la main droite, et ne voit plus que d'un oeil, l'autre en oeuf de pigeon étant tuméfié. Les boxeurs, après deux heures de boucherie, les visages ne sont plus que des amas inertes de chairs sanguinolentes, comme de la viande hachée. L’arbitre qui veut arrêter la tuerie est désavoué violemment par le public qui s’introduisit sur le ring. L’arbitre décide alors, de peur d’être lynché, de quitter le ring, laissant deux fauves se massacrer. Heenan tenta alors d'étrangler Tom Sayers en le coinçant entre la deuxième et troisième cordes. Sur l'intervention d'un spactateur (Anglais sans doute ?) les cordes furent coupées. Le combat durerait peut-être encore si la police n’était pas intervenue pour interrompre la rencontre. L’Américain reprit le bateau sans la ceinture, et l’Anglais mourut peu après des suites de ses blessures. 

Il resta en Angleterre jusqu’à la fin de la guerre de sécession en 1865, il retourna chez lui à New-York pour poursuivre une nouvelle carrière dans les paris plus ou moins légaux. Il est mort atteint de la tuberculose en 1873.

03/11/2012

La pension de François et Rose Laveur de la rue du Gros-Pet....un cénacle improbable !

PAR BERNARD VASSOR

Nicolae Grigorescu Alphonse Daudet, Léon Cladel,François Coppée,Arthur Ranc,

"Tante Rose, soeur du patron et dame caissière,
les traits tranquilles d'une statue Grecque
 collés à une face de paysanne romaine
qu'éclaire une bonté maternelle, digne d'attitude,
 adorée et respectée par les pensionnaires"
ANDRE GIll
La Parodie 1869
Située dans la rue des Poitevins, dans une partie de l'Hôtel de Thou, l'autre partie étant occupée par les extraordinairement prolifiques éditeurs imprimeurs, la famille Panckoucke, dont nous donnerons une notice un peu plus tard. En 1235, la rue portait le nom de Gui-le-QueuxGuidoni ad Pictavina en 1288, Grimaud ad Pictavinas puis la rue dite des Poitevins. On ne sait trop pourquoi, au quinzième siècle, on la nomma rue du Pet...comme cela ne semblait pas suffire, en 1560 elle est remplacée par la rue du Petit-Pet, et en 1636, comble d'ironie :... rue du Gros-Pet.  Cela laissait supposer que comme le disait Montaigne : Paris avait une odeur de putréfaction !!!!
..............
La largeur de la voie fut fixée à 6 mètres en l"an VII, puis à 10 mètres en 1844. Une partie fut supprimée par l'ouverture de la rue Danton en 1895.
Revenons à notre père François Laveur qui avait fondé une pension rue de la Harpe dans les années 1830, qu'il avait en 1855 transportée rue des Poitevins. C'était un sacré caractère que ce père Laveur, il jugeait les gens au premier coup d'oeil, et celui qui ne lui plaisait pas, quelque soit l'état de sa fortune, ne faisait pas long feu entre ses murs. Il avait une forte sympathie pour les idées républicaines, et c'est ainsi que l'on voyait se coudoyer des gens aussi différents que le jeune Gambetta, son ami Eugène Spuller, un certain Jules Ferry, les frères
anarchistes Reclus : Onésime Elie et Elysée. Un jeune peintre dessinateur caricaturiste  Louis Gosset de Guines à qui son ami Nadar donna le nom d'André Gill, en le prenant dans son journal : "Le Journal Amusant" pour y faire ses premières armes, il avait à peine dix neuf ans. Jules Vallès était attablé avec son ami Courbet et Jean Gigoux, l'amant de madame Balzac, si l'on en croit Octave Mirbeau, pendant que Victor Hugo rendait une dernière visite à "l'illustre écrivain" "madame était occupée au premier étage avec son amant".
Madame Rose Laveur (que l'on appelait tante Rose), soeur de François, était une petite bonne femme sautillante, toujours le sourire aux lèvres, trônant derrière la caisse avec son petit bonnet de dentelles.. Elle survécut à son frère, et tint la pension jusqu'en 1895. Les deux garçons de salle étaient les neveux du patron. Parmi les habitués, des peintres, des écrivains, les même d'ailleurs que ceux de la Brasserie des Martyrs sur la rive droite : le peintre roumain Nicolae Grigorescu Alphonse DaudetLéon CladelFrançois CoppéeArthur Ranc (qui fut un temps maire du neuvième arrondissement), Charles Garnier, (le peintre, pas l'architecte son homonyme) et bien d'autres qui fréquentaient aussi les maîtres de l'Ecole de Barbizon.
pension laveur 05 sepia.jpg
Mise à jour le 03/11/2012

02/11/2012

Une petite histoire du Boulevard du Crime : Première partie

Par Bernard Vassor

boulevard du crime,du temple,château d'eau, Mario Proth

LE BOULEVARD S'EN VA !

Né en 1670, le boulevard du Temple est mort en 1861, presque deux fois centenaire. C'est Louis XIV, un roi envers qui l'histoire, vous le verrez, finira par garder quelque indulgence parce qu'il sut réunir à la France l'Alsace et la Lorraine, c'est Louis XIV qui fit combler, puis planter d'arbres le fossé, de la Porte-Saint-Antoine à celle du Temple. D'où une promenade où affluèrent bientôt petits rentiers du Marais et peuple du faubourg. Avec les promeneurs accoururent les bateleurs, paradeurs, montreurs de marionnettes, mimes et autres menus amuseurs, lesquels seuls faisaient concurrence au seul théâtre autorisé de l'époque, le Théâtre-Français. Le temps marcha et avec lui le goût du public pour la comédie. Vers 1760, un arlequin fameux doublé d'un singe omni-savant, comblait chaque soir la salle de son théâtre des Grands Danseurs, le premier des théâtres du boulevard du Temple. Cet arlequin n'était autre que Nicolet, Nicolet en personne, celui chez qui, comme chacun sait et saura tant qu'il y aura des proverbes au monde, «c'était toujours de plus en plus fort». La preuve, c'est que chez Nicolet un auteur fit oublier le singe. Taconnet il se nommait, ou, s'il vous plait, le Molière du boulevard. «Beuveur illustre», il disait : je te méprise comme un verre d'eau, et en dix ans il écrivit soixante pièces dont la Belle Bourbonnaise, d'après une chanson de M. l'abbé Latteignand, chanoine de Reims. Brûlé en 1770, aussitôt rebâti, le Théâtre des Grands Danseurs, ayant joué devant Louis XV et Mme Dubarry devint par suprême faveur le Théâtre des Grands Danseurs du Roi. Non loin de lui s'éleva une deuxième salle ou mieux, comme on disait alors, une deuxième baraque : Théâtre des Associés. Un grimacier, émule du singe savant de Nicolet, un grimacier en fit la fortune. Puis l'on y joua des tragédies où l'on riait, et le directeur Beauvisage, qui tenait l'emploi des tyrans et la parade aussi, inventa le fameux : Entrez messieurs, mesdames, prenez vos billets, on va commencer !  Troisième baraque : celle du sieur Audinot ; à savoir l'Ambigu-Comique. Il débuta par des comédiens de bois que remplacèrent bientôt des enfants. Les prêtres persécutèrent le nouveau théâtre, puis le tout puissant Opéra qui jalousa longtemps les entreprises nouvelles. Mais Sartines, envers et contre tous, permit à l'Ambigu la pantomime à grand spectacle. Et, un beau soir, comme la troupe d'Audinot fit rire aux éclats la du Barry et, ce qui était plus fort, sourire Louis XV, elle eut ses coudées franches. Un jour, enfin, un maréchal-des-logis des dragons de la reine, ayant arraché à deux ravisseurs une jeune fille dans la forêt de Villers-Cotterêts, puis, l'ayant épousée, l'aventure fut contée à Marie-Antoinette qui manda le dragon et le récompensa, et l'Ambigu joua l'aventure, et définitivement il fut lancé.

Le mur murant Paris rend
Paris murmurant

Qui ne connait ce distique ? Il signale un progrès nouveau du cher boulevard, alors qu'en 1777 le mur d'enceinte fut reculé, ses antiques glacis furent comblés, les boulevards Saint-Antoine et du Temple furent pavés, les rues d'Angoulême et du faubourg du Temple furent ouvertes. Un directeur qui ne paie pas ses artistes ne réussit point toujours. C'est pourquoi le théâtre des Jeunes élèves de Thalie fut aussitôt fermé qu'entr'ouvert. Mais un directeur, qui réussit trop bien, parfois contrarie ses confrères. Ainsi fut-il de Valcour, directeur, auteur, acteur, régisseur, qui créa en 1785, à côté de l'hôtel Foulon, les Délassements-Comiques, lesquels brûlèrent, furent reconstruits et prospérèrent toujours si bien, que les théâtres voisins obtinrent du lieutenant de police que la troupe de Valcour jouerait séparée du public par un rideau de gaze. En 1789, ouverture de la Révolution française à grand spectacle. La Bastille est prise, Foulon accroché au plus proche réverbère, Nicolet meurt, et, dirigé par sa veuve, son théâtre devient le théâtre de la Gaîté. Que d'événements ! Et de plus en plus le boulevard s'anime. Et en 1793, voici venir la liberté des théâtres. Partout des pièces parlantes, et Molière fait le tour du boulevard. De temps à autre des acteurs s'en vont à la frontière mourir pour la patrie à moins qu'ils ne reviennent capitaines. D'autres leur succèdent qui partent à leur tour, et ainsi de suite. A l'Ambigu, grand succès de Mlle Louise Masson dans la Belle au Bois dormant ; deux cents représentations. Aux Délassements, prestidigitation con furore. Le Théâtre des Associés passe Théâtre patriotique. On invente les affiches monstres et les changements de costumes, si bien que sur les affiches on lit : «M. Pompée, dans le Festin de Pierre, changera douze fois de costume ; il enlèvera la fille du commandeur avec une veste à brandebourgs et sera foudroyé avec un habit à paillettes».

Ceci est du directeur Salé, un borgne qui joue les arlequins pour l'amour du masque, Salé, le même qui persécuté par les comédiens ordinaires du roi pour les pièces du répertoire français écrivit en 92 : «Messieurs de la Comédie, je donnerai demain dimanche une représentation de Zaïre, je vous prie d'être assez bons pour y envoyer une députation de votre compagnie ; et si vous reconnaissez la pièce de Voltaire après l'avoir vu représenter par mes acteurs, je consens à mériter votre blâme et m'engage à ne jamais la faire jouer sur mon théâtre». Lekain et Préville députés rirent tant que Salé fut autorisé à jouer tout le répertoire, d'où il avait coutume de dire :« Je joue la tragédie pour rire».

Quand le théâtre des Variétés Amusantes, au coin du boulevard Saint-Martin et de la rue de Bondy, monta au grade de Théâtre-Français, la Salle des Jeunes élèves, en face la rue Charlot, autrefois fermée, comme nous l'avons dit, par ordre du roi, pour cause de directeur non payant, rouvrit en Variétés Amusantes, dirigée par l'italien Lazari, un des plus aimables arlequins du monde, qui se brûla la cervelle en 1798, ayant vu en quelques heures son théâtre consumé. En 1796, l'on joua, je vous prie, aux Délassements, l'opéra-comique, la tragédie, la comédie. Potier y débuta et Cazot et bien d'autres, et Mlle Lolotte dans la Belle Indienne s'en alla aux astres. En 1805, le très spirituel, très hardi et très royaliste Martainville faisait les délices du boulevard. C'est le même qui, à quinze ans, traduit au tribunal révolutionnaire, corrigea ainsi le président : «Citoyen président, tu te trompes, je ne m'appelle pas de Martainville, mais Martainville ; n'oublie pas que tu es ici pour me raccourcir et non pour me rallonger». C'est de Martainville le premier Pied de Mouton, si supérieur à ses cadets. En ce temps-là aussi, l'Ambigu lança le mélodrame à tous crins, et le boulevard du Temple se nomma boulevard du Crime. Révalard, le plus doux des hommes, qui se laissait battre par sa femme, s'y gagna une réputation de tyran émérite et de brigand hors ligne ; ce bon Révalard qui, une fois, à Reims, effrayé du danger que pouvaient faire courir aux spectateurs les bourres de soleil dans le bombardement final du Siège de Calais, afficha : «Les personnes qui nous honoreront ce soir de leur présence, sont prévenues que le bombardement n'aura plus lieu qu'à l'arme blanche» ; et une autre fois à Laon où il avait joué devant les banquettes ; «La troupe de M. Révalard, touchée de l'accueil empressé que les habitants ne cessent de lui faire, a l'honneur de les prévenir qu'au lieu de partir après-demain ainsi qu'il a été annoncé, quittera la ville demain matin à six heures». Et comme au bon temps du maréchal de Richelieu, l'esprit d'opposition avait son refuge au boulevard du Temple. Témoin l'affiche suivante aux Délassements-Comiques : «5 vendémiaire, an VII de la République, première représentation de la Souveraineté du Peuple, comédie suivie des Horreurs de la Misère, drame terminé par la Débâcle, parodie mêlée de couplets». C'était bête comme tout ce qui vient de la réaction ; mais en ces heures-là, c'était courageux, et le directeur n'eut que le temps de descendre quatre à quatre l'escalier dérobé. Plus tard, l'on jouait à l'Ambigu Tékéli, au moment de la conspiration de George Cadoudal : un valet de moulin projette de livrer Tekeli proscrit et fugitif, le meunier lui crie : «Malheureux ! comment, tu irais livrer un proscrit, tu vendrais un homme ! Tu ne sais donc pas que le métier le plus lâche, le plus vil, est celui de énonciateur». Et le public d'applaudir à ce passage que l'on jurerait écrit à l'adresse «la presse immonde» de 1871, et la pièce d'être interdite. Au temps du premier Napoléon qui ne fut point hélas ! le dernier, le boulevard du Temple monta en vogue, nonobstant le sot et brutal décret de 1807 qui supprima vingt-cinq théâtres. Ce n'étaient tout du long qu'établissements de plaisir plus ou moins moraux d'ailleurs, boutiques célèbres, parades étourdissantes. Tout Paris s'y promenait sous les arbres centenaires, à travers les badanderies compactes, au bruit de mille boniments. Ici, à gauche, le Café Turc, là sur la place où fut l'hôtel Vendôme, la Rotonde de Paphos, plus loin les Tontines de jeux importées sous Louis XV par l'italien Tonti, lesquelles rapportaient bon an mal an sept à huit cents millions pour faire la guerre ; toujours la guerre, car ce qui vient de la flûte s'en va au tambour : Ici, à droite, ce n'étaient que cabarets biscornus, pâtisseries à bouches que veux-tu, cafés chantants à tout rompre, théâtres quand même, Thévenélin et ses automates, le Théâtre des Pygmées ou le Monde en miniature où, par un système de glaces l'on voyait la mer à l'infini, où un âne se changeait en moulin et un Chinois en paravent ; le Lycée Dramatique qui vécut un printemps, les cafés Chinois, et du Bosquet et de la Victoire, le cabaret étrange, antique et proverbial de l'Épi-scié, comme qui dirait le Paul Niquet de l'époque, un gîte bien connu des limiers de la police, et le Théâtre de la Malaga, où l'on dansait sur la corde bien mieux que chez les diplomates ou à la cour du grand homme, et les Oiseaux Savants de Dujon, et que sais-je encore ? On entendait sur l'incomparable boulevard, du matin au soir et du soir au matin, Bobèche et Galimafré, «les deux niais célèbres», un ex-tapissier et un ex-menuisier, amis comme au Monomotapa, Bobèche et Galimafré dont les parades modèles demeureront l'éternel désespoir des paillasses présents ou à venir. Ils ne se séparèrent qu'en 1814, après avoir fait ensemble le coup de feu contre les alliés. Galimafré ne voulant point parader pour les Prussiens et autres Cosaques passa machiniste à l'Opéra-Comique où trente années durant il garda le côté cour, et Bobèche fréquemment appelé chez les grands s'intitula le premier bouffon du gouvernement. Sous leurs tréteaux on voyait le cabaret : A la bonne Amitié où toute la vie l'on se battait. On voyait audit boulevard le cabinet des figures de cire de Curtius, venu au monde en 1787, et dont les personnages muets et immobiles, changeaient d'appellation au gré des évènements, ni plus ni moins que des hommes politiques. Telle femme, autrefois Geneviève de Brabant, s'était, la Révolution aidant, transformée en Charlotte Corday, l'ange de l'assassinat, et beaucoup plus tard s'était convertie en bergère d'Ivry, l'ange assassinée. Il y avait surtout chez Curtius un groupe de poupées qui lui coûtait fort cher, car elles changeaient de costume autant de fois que la France de gouvernement. Ce groupe, c'était au temps jadis «Louis XV et son auguste famille», d'où il était devenu, non sans quelques péripéties intermédiaires, «le Directoire et son auguste famille», auxquels succédèrent » les trois consuls et son auguste famille» pour faire place à l'Empereur et sa famille dito, en attendant... vous devinez le reste. On voyait sur le boulevard du Temple le chien Munito, qui défiait aux jeux de l'arithmétique le père Bezout, on y voyait la toute adorable Fanchon la Vielleuse, on y voyait aux heures de soleil et de foule, découverte d'une robe de gaze en plein hiver, une femme, une chanteuse, une mendiante, guidée par un vieux cabotin de province, qui marmonnait aux passants : Messieurs, ayez pitié de Mlle Masson qui a fait courir tout Paris pendant deux cents représentations dans la Belle au bois dormant... En vérité, je vous le dis, on y entendait, on y voyait tout et mille autres choses encore. Mais dépêchons, car aussi bien le boulevard du Temple, mouvant panorama de tous les plaisirs, synthèse de tous les engouements de la grand'ville nous pourrait mener loin, plus loin qu'il ne faut. En 1815, tandis que les immortelles poupées de Curtius s'anabaptisaient «les alliés et son auguste famille», le Théâtre des Associés, qui était devenu un Théâtre patriotique, qui s'était changé en un Théâtre sans prétention, qui s'était transformé en un Café d'Apollon, devint Théâtre de Mme Saqui, où tous les soirs cette reine des acrobates, cette dixième muse des diplomates et des philosophes, traversait la salle du plancher de la scène jusqu'à l'empyrée du poulailler, par-dessus trois étages d'applaudisseurs fanatisés. Ce que voyant, un sieur Bertrand (rien de Robert Macaire) imagina de créer le célèbre et glorieux théâtre des Funambules. Depuis l'irréparable absence de Bobêche et Galimafré, personne n'avait osé rouvrir leur salle. Vint un sieur Provot, plus hardi que les autres. Faute de Bobêche et de Galimafré, il s'adressa au public par des marionnettes, et mettant sa fortune sous l'invocation de l'italien infortuné, il fonda le Petit Lazari. Cependant, vers 1826, le boulevard du Temple perdit un de ses plus considérables et précieux hôtes. Pour cause de feu d'artifice, et selon l'habitude des théâtres contemporains, l'Ambigu, un soir, tomba en cendres, et s'alla rebâtir là où nous le voyons aujourd'hui, et où longtemps il traîna la misère, tant il est vrai que la Fortune comique n'aime point à s'éloigner de son boulevard favori.

A suivre...

Extrait de :

Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Bibliothèque Municipale de Lisieux (03.VII.1998)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Bibliothèque municipale, B.P. 7216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.66.50.- Minitel : 02.31.48.66.55. - Fax : 02.31.48.66.56.
Mél : bmlisieux@mail.cpod.fr, [Olivier Bogros] bib_lisieux@compuserve.com
http://www.bmlisieux.com/


 

 

 


30/10/2012

Constant Troyon

Par Bernard Vassor

troyon,monet,eugène boudin,diaz de la penarousseau,dupré,roqueplan,huetcorot,riocreux,barbizon,georges petit

 Constant Troyon, A vu le jour à Sèvres en 1810, il est mort à Paris en 1865. Ce peintre de Barbizon fut le plus connu et le plus recherché de son vivant des peintres de cette « Ecole ». C’est  Camille Roqueplan qui l’introduisit dans le cénacle de la forêt de Fontainebleau où il rencontra Théodore Rousseau, Jules Dupré, Narcisse Díaz de la Peña, Camille Corot, Charles Daubigny. Il ne peignit tout d’abord que des paysages, puis après son retour de Hollande il dessine et peint dans des étables les animaux de la ferme.

Sa grande notoriété ne l’a pas empêché de soutenir de  jeunes artistes comme Eugène Boudin et Claude Monet, qui, sur la recommandation de son ami Boudin se rendit à son arrivée à Paris dans l’atelier de Troyon rue de la Barrière Rochechouart. Monet exprimera son admiration sans borne pour son protecteur,  jusqu’en 1860 fidèle à son ingratitude coutumière, Monet le renia en partie….

Eugène Boudin, de retour à Paris après son mariage, s’installa au 27 avenue Trudaine dans une maison mitoyenne de celle du jardin de Troyon qui pour l’aider lui achètera fort cher des dessins et des pastels.

Malheureusement, Constant Troyon, est atteint vraisemblablement d’une maladie qui a emporté à l’époque une grande partie d’artistes et d’écrivains. Devenu fou et à demi paralysé, il peint des vaches perchées dans des arbres.

Sa mort passa complètement inaperçue, inhumé au cimetière Montmartre, il fallut attendre un an pour qu’un personnage officiel prononce son éloge funèbre. Sa mère sera à peine remerciée pour avoir offert au Louvre « Le retour à la ferme »

Source principale :

Sophie Monneret, L’Impressionnisme et son époque, Robert Laffont 1995.

Avec un peu de retard, j'avais promis lors de la visite au cimetière Montmartre, voilà qui est fait !

 http://autourduperetanguy.blogspirit.com/album/quatri%C3%...

Je m'souviens d'un Coin de rue aujourd'hui disparu, le grand magasin de nouveautés de Larivière-Renouard propriétaire, 6, 8 rue Montesquieu et 20, 22 rue des Bons-Enfants.

Par Bernard Vassor

Lariviere-renouard,coin de rue

Ce sont donc les immeubles des numéros 6et 8 rue Montesquieu, et numéros 18, 20 
et 22, rue des Bons-Enfants bâtis sous les hospices de M. Larivière- 
Renouard en 1864
qui ont accueilli un des plus grands magasins au monde. Dès 1843, ce précurseur eut le premier l’intuition que l’évolution du commerce de détail passait par la baisse des prix, tout y était calculé pour arriver à la plus stricte économie afin de pouvoir vendre le plus bon marché possible, et de fournir à la pratique un choix considérable. Les principaux magasins de l’époque étaient l’Hôtel du Louvre, le Grand Hôtel, de vastes entrepôts des produits d’importation étrangères, mais le plus vaste et des plus beaux magasins de la capitale était sans conteste l’ancien Coin de rue.

Larivière-Renouard ayant fait l’acquisition de trois grandes maisons faisant suite à ses magasins. Il les a fait abattre et construire sur leur emplacement il a construit six étages d’immenses galeries gigantesques. Les trente-trois galeries de plus de six mille mètres carrés de superficie entièrement consacrés à la vente. Des escaliers commodes, des sièges partout avec de petits salons éclairés aux bougies afin de permettre de voir le reflet des tissus de laine et de soie. L’ensemble de ces immenses promenades constitue un monument commercial digne d’être signalé parmi les plus belles créations de la capitale. Le Coin de Rue emploie 350 commis, et 3000 femmes sont employées dans la confection de rideaux brodés.

En 1864, la note suivante était adressée aux bienheureux possesseurs de titres :

« Nous sommes heureux de pouvoir annoncer aux actionnaires de cette Société que le solde 

revenant sur les immeubles numéros 6 et 8, rue Montesquieu, et numéros 18,20 et 22, rue des Bons-Enfants, vient de lui être payé ». 

………………………….

La  première pierre des magasins du Bon Marché a été posée par Marguerite Boucicaut le 9 septembre 1869.

29/10/2012

Embellisements de Paris : percement d'une avenue partant de l'Arc de Triomphe.

Par Bernard Vassor

arc de triomphe,passy,saint-cloud,haussmann,

La capitale va moderniser considérablement son réseau de communications et créer des voies nouvelles autour de l'Arc de triomphe de l'Etoile. Cette nouvelle tranchée a été baptisée avenue de Saint-Cloud (aujourd'hui Victor Hugo) qui doit relier les quartiers complètement déshérités de Passy*, aux Champs-Elysées. Comme on peut le voire sur la gravure, le boulevard a été ouvert dans les terres de telle sorte que certains côtés sont surélévés de trois ou même quatre mètres au dessus du sol. De telle sorte qu'il faut monter des escaliers qui ont jusqu'à trente deux marches pour quitter l'avenue si l"on ne veut pas la parcourir jusqu'à son extrémité. Les expropriations n'étant pas terminées, en raison des exigences des propriétaire, nous ignorons la date de terminaison de cette nouvelle voie.

*Passy était un village de bucherons à la lisière de la foret. La vie était alors précaire dans ce village qui connut des jours sombres au cours des siècles. Le quartier de Passy est un petit peu moins pauvre aujourd'hui.

Fêtes données à l'Hôtel de ville de Paris à l'occasion du mariage de Mlle Valentine Haussmann.

Par Bernard Vassor

Valentine Haussmann,boitelle,henri poisson,dumas,drouin,oratoire

Sur cette image, nous apercevons les mariés dans le salon des Arts, en présence du maire du cinquième arrondissement M. Drouin qui avait obtenu de transporter le registre de l'état-civil et le contrat de mariage, afin de le faire apostiller par les deux épousés. Le notaire de la famille était M. Mocquard. Les témoins de Valentine étaient Dumas, président du Conseil municipal et le préfet de police Boittelle*. Le duc de Persigny et le roturier Henri Poisson, receveur de la Manche, quant à eux répondaient de l’honorabilité de l’épouseur, vicomte Maurice Pernety.

La cérémonie religieuse avait précédé cette cérémonie de 2 heures à l’oratoire de la rue Saint-Honoré.

Quarante cinq tables de huit couverts disposées sur trois rangées devant la galerie des fêtes ont été mises à la disposition des invités au souper nuptial. Dans l’assistance ont pu se coudoyer, ambassadeurs,  princes,  maréchaux, artistes courtisans, et tout ce que Paris comportait de célébrités. Les pauvres eux, étaient massés ce 3 mars dans la froidure de l’hiver, devant les portes de l’Hôtel de ville.

Les journaux aux  ordres ont souligné la jeunesse, la beauté, et la gentillesse des jeunes époux.

*C’est le préfet de police Boittelle qui communiqua aux frères Goncourt les archives d’une maison de tolérance qu’il avait fait fermer, pour aider les Bichons ( surnom des frères Goncourt) dans leur enquête pour la réalisation du fameux roman « La Fille Elisa » (un des livres de chevet de Vincent van Gogh; je me dois de citer au moins une fois tous les dix article ce nom vénéré !)

Une émeute des étudiants indignés de Madrid, sur la Puerta del Sol.

Par Bernard Vassor

Puerta del Sol,madrid,étudiants,professeur,révoqué

Les troubles ont débuté dans la journée du 10 avril 1865 lors d’une manifestation des étudiants de l’université madrilène protestant contre le renvoi d’un de leurs professeurs qui venait d’être révoqué. La brutalité de la garde civile à l’encontre des manifestants  a, comme toujours dans ces cas-là, fait monter la pression et nourri le flot des étudiants. Dès la tombée de la nuit, la Puerta del Sol et les rues avoisinantes étaient encombrées de mécontents. Les charges de la cavalerie et  de la garde civile pour dégager les rues ont fait des blessés parmi les bourgeois qui n’avaient pas la vitesse des jeunes, gens pour échapper aux forces armées. Quelques émeutiers qui s’étaient réfugiés dans une maison en construction se mirent à jeter les matériaux à leur disposition, des  pierres et des briques contre la cavalerie et les gardes. Plusieurs soldats furent blessés. L’infanterie a tiré sur la foule sans faire de blessés selon les journaux gouvernementaux,  qui n’allaient pas bien sûr dire le contraire. Cela se passait à 8 heures du soir, les rues de San Geronimo et d’Alcala, au lieu de se vider, ont vu le nombre des émeutiers décupler, jusqu’à obstruer complètement ces deux voies. Dans la rue de Séville, dommage collatéral,  un employé du ministère a été tué d’une balle en pleine poitrine. Un ouvrier  roula à terre, mortellement touché par un coup de sabre sur la tête. Plusieurs militaires et quelques badauds furent conduits à l’ambulance de la rue Jacometreza , victimes disent les gazettes de blessures à l’arme blanche. Il y eut de nombreuses arrestations, à minuit, on comptait plus de cent prisonniers appartenant à la classe ouvrière. Le calme est revenu à 3 heures du matin laissant le centre de Madrid dévasté. Dans la rue de Tolède et dans les faubourgs, il ne s’est rien passé. L’autorité civile n’a pas publié de proclamation, et les journaux ont été priés de faire l’impasse sur ces troubles

28/10/2012

Paris qui disparait : les établissements de tannerie sur la Bièvre.

Par Bernard Vassor

A mon ami Gérard Conte.

lA BIEVRE 02.jpg

Ateliers pour le  tannage  et le  lavage des peaux sur les bords de la Bièvre. 

Les  prochaines modifications vont être portées sur l’assainissement des quartiers traversés  par la  Bièvre. L’éclairage au gaz va remplacer les lanternes à huile, et la Bièvre  va suivre l’exemple du canal Saint-Martin pour recouvrir ses  eaux boueuses et nauséabondes d’un revêtement de bitume offert à la circulation et bientôt, des maisons de  six étages et plus surgiront à la place  des marais. Des omnibus fouleront  ce sol jusqu’à présent resté vierge des empreintes des traces de sabots ,des chevaux et des roues de fiacre.

Les amoureux du vieux Paris vont déplorer  la disparition de  ces endroits curieux qui de tous les temps ont fait de la Bièvre une industrie à part. C’est dans ces lieux que sont nées les premières teintureries. Mais les parisiens doivent savoir, que cet endroit était propice  à la propagation des épidémies de toutes sortes, favorisée par les innombrables rongeurs qui se trouvaient là dans leur élément.

Les rues Croullebarbe et la rue du Champ de l’Alouette résonnent encore des cris de la Bergère d’Ivry qui y trouva la mort, assassinée en 1828  (encore un clin d’œil à Gérard).

Les funérailles du demi-frère de l'empereur Napoléon III

Par Bernard Vassor

 « Dans ma lignée, nous sommes bâtards

de mère en fils depuis trois générations.

Je suis arrière-petit-fils de roi, petit-fils d’évêque,

fils de reine et frère d’empereur »

Morny.

duc de morny,Madeleine église,Napoléon III

Le 18 mars 1865, le cortège funèbre arrive à l'église de la Madeleine.

Charles Auguste Louis Joseph Demorny, né en 1811 en Suisse, dit comte de Morny, devenu ensuite duc de Morny. Il est mort à Paris le 10 mars 1865. Il était issu des amours hors mariage de la reine Hortense de Beauharnais et du comte de Flahaut,(batard luii aussi du coùmte de Tallerand Périgord) devenant ainsi le demi-frère cadet du prince Charles Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III. Sa vie  fut émaillée d’anecdotes curieuses et particulières. Pour n’en citer qu’une, fréquentant assidument les « maisons particulières » il devint le protecteur d’une nièce de la dame  (une de  ses maîtresses) tenant la maison de couture de la rue de la Chaussée d’Antin. Cette jeune fille fut connue plus tard sous le nom de Sarah Bernhardt.

Homme politique il occupa de nombreuses fonctions électives, et par la grâce de son demi-frère les plus hauts postes de l'Empire.

 


27/10/2012

Une corrida pachydermique au pays des Ibères, croquée par Gustave Doré

Par Bernard Vassor

cirque Madrid,taureau,elephant

Un entrepreneur de spectacles avait organisé dans un cirque de Madrid, ce combat entre un bichos et un éléphant. Les combats entre animaux en France étaient une tradition ancestrale. L'espagne a rivalisé de cruauté avec nos arènes parisiennes. Le Barnum madrilène avait bien réussi son coup. Le succès fut considérable, la reine Isabelle II elle-même avait tenu à assister au spectacle de ces petits taureaux nerveux opposés au gigantesque mamifère à cornes d'ivoire. L'entrée dans l'arène de l'éléphant fut calme et majestueuse, ignorant les cris d'une foule chauffée à blanc. Le taureau quand à lui attaque avec vigueur les pattes de son adversaire qui ne bronche pas sous les coups redoublés du bovin de plus en plus furieux. A La troisième charge de l'animal enragé l'éléphant rentre sa trompe, baisse la tête et cale entre ses défenses son attaquant et le cloue à terre sans méchanceté, à la grande déception du public de voire le spectacle se terminer si rapidement, le pachyderme se contentant d'immobiliser sous son poids et de laisser le ruminant ruminer sur sa défaite.

Comme nous l'avons signalé dans un article précédent, nos combaats d'animaux dans Paris étaient bien plus sanglants !

La manufacture parisienne à émail stanifère de la rue de la Roquette.

faîences parisiennes.jpg

Rue de la Roquette, vue générale de la manufacture.

La fabrique des frères Masson qui posdsédaient de vastes et nombreux ateliers (plus de 6000 mètres carrés) destinés à la confection de faïences"à émail stanifère", c'est à dire contenant de l'étain, pour l"obtention des pots de confiture et de moutarde en faïence ! Etablie rue de la Roquette depuis l'année 1742 à deux pas de la sinistre forteresse elle eut pour fondateur le fameux Ollivier. Passée dans les mains du père Masson qui l'a transmise à ses fils, qui perfectionnèrent et agrandirent considérablement l'établissement près du grenier d'abondance construit sur les ruines de la Bastille. L'usine est la seule dans Paris à organiser et réaliser toutes les étapes de l'extraction des terres, du sable, les sels et les métaux. Des bois de première qualité sont achetés en Bourgogne et savamment préparés pour la cuisson pour alimenter des fours profonds de huit mètres de profondeur. Le malaxage des terres, juqu'aux opérations finales d'enjolivement et de peinture sont également réalisés sur place. Plus de 10 000 pièces sortent chaque jour. Les pigments les plus utilisés sont le bleu de cobalt, le jaune d'antimoine et de plomb, le violet de manganèse, et vert de cuivre. Une machine à vapeur broie les terres et malaxe les émaux

La spécialité la plus reconnue des frères Masson était les faïences décorées sur émail cru.

La Wothlytypie, une avancée dans le perfectionnement de la photographie.

Par Bernard Vassor

photo,niepce,daguerre,blanquart-evrard,

M. Wothly d'Aix-la-Chapelle n'a pas son nom dans les livres d'histoire, mais ses travaux devaient amener au dernier point de perfection la photographie en 1857. Ses recherches l'avaient conduit à un système d'agrandissement appelé "mégalophototypie" en même temps qu'un nouveau procédé de tirage ans employer de bains d'argent et sans développement ni renforçages successifs permettant d'obtenir d'après le négatif sous chassis, des images positives d'une grande perfection qui pouvaient être fixées dans  tous les tons, jusqu'au noir le plus profond. Ce nouveau procédé fut baptisé "WOTHLYTYPIE".

De l'avis général, l'urane (composé chimique dérivé d'uranium et d'oxygène) fournissait des images (radioactives) bien supérieures à celles obtenues par le chlorate d'argent dans un espace de temps beaucoup plus court.

Tous les photographes de l'Allemagne et de l'Autriche travaillent selon ce procédé.

En France, M. Mangel du Mesnil s'est rendu acquéreur desbrevets de ce procédé qu'il exploite dans son atelier du 12 rue de la Grange-Batelière.

Nous ignorons combien de personnes furent irradiées de bonheur, ni quand prit fin cette expérience.

25/10/2012

La piscine Deligny, première école de natation au début du XIX° siècle.

Par Bernard Vassor

Deligny piscine

Partie d'une vue stéréoscopique de 1860.

M. Deligny au début du XIX° siècle eut l’idée de créer une école de natation. Cette idée fut reçue, et un décret impérial ordonna même que soient fondées des écoles de natation sur le plan de celle de Paris. L’école de natation de Deligny fut posée sur le fleuve à l’extrémité du quai d’Orsay, près du pont de la Concorde.  Elle était composée de 4 galeries disposée dans l’ordre du parallélogramme.

Les galeries formaient un portique qui était garni de cabines pour les baigneurs. A l’extrémité supérieure il y avait une rotonde que l’on appelait l’amphithéâtre. Un pont était jeté au milieu de l"école qui la partageait en deux parties. Aux quatre coins de ces bassins, des échelles plongées dans l’eau facilitaient l’entrée et la sortie de l’eau.

La « piscine Deligny » faute de moyens donnés pour la sauvegarde de ce patrimoine historique la piscine a entièrement été détruite.

La consécration du sanctuaire de Notre-Dame de la garde à Marseille, construite par l'architecte bien nommé "Henri Espérandieu"

Par Bernard  Vassor

Marseillenotre-dame-de-la.jpg

Notre-Dame de la Garde, surnommée la bonne-mère (bueno mèrou en provençal) est la patronne protectrice par excellence de la cité marseillaise et le nombre impressionnant d’ex-voto qui tapissaient les murs de la chapelle en disent long sur la vénération dont elle est l’objet.

Dans les temps anciens, la montagne était un bois sacré. Le moyen-âge en avait fait le "lieu d’asyle". François 1er y avait fait construire un fort pour résister aux attaques de Charles Quint. Sur ce mont fut établi un simple ermitage, bientôt transformé en chapelle. En quelques années, jusqu’en l’an 1864, un agrandissement et des embellissements considérables ont été apportés à cet édifice sur les bases du fortin de François 1er.

Il subsiste encore aujourd’hui un éperon à l'ouest de la basilique au sommet duquel est installée une table d’orientation. Le sommet d’une porte de la basilique, un blason sculpté aux armes de France avec la salamandre, image symbolique du blason de François 1er.

 Les marbres les plus précieux venus d’Italie et des porphyres les plus beaux furent acheminés d’orient. De nombreux cardinaux, évêques, archevêques, prélats d’orient, grecs, maronites, avaient répondu à l’appel des religieux marseillais. A midi, le 5 juin 1964, une foule immense (300 000 personnes disent les marseillais) s’aglutina dans les rues. Les fenêtres des maisons prises d'assaut furent louées à prix d’or ainsi que les chaises dans les rues, dont la location coûtait entre 3 et 5 francs.

L’apothéose de cette journée, le moment le plus solennel a été celui où tous les prélats réunis sur l’estrade supérieure du flan de la montagne, ont donné la bénédiction pontificale à la ville de Marseille.

Un inventeur Français du 17 de la rue Bichat, perfectionne la machine à coudre.

Par Bernard Vassor.

MACHINE A COUDRE,rue Bichat

La machine à écrire est une révolution dans la confection de tous les objets qui sont duu ressort du tailleur,  de la couturière et de la lingère. Jusqu’alors les machines anglaises américaines ou française n’avaient répondu qu’à des besoins limités. Les machines existantes avaient le défaut d’être chères,  et de manipulations difficiles.

Un habile mécanicien M. Gigaroff dont les ateliers son sis 17  rue Bichat vient d’inventer des améliorations telles dans la fabrication et le prix des machines à coudre (en 1864) que les progrès réalisés peuvent être considérés comme une invention nouvelle.

La machine à droite sur notre dessin, placée sur une table ne coûte que 25 francs !!!

24/10/2012

Mangin, profession : charlatan, bonimenteur, marchand de crayon.

Par Bernard Vassor

mANGIN MARCHAND DE  CRAYONS.jpg

Un des types de personnages parisiens  les plus pittoresques des camelots de boulevard avec Duchêne, l’arracheur de dents, sous le second empire. Mangin attirait les foules, dès qu’il s’arrêtait avec son attelage étoilé sur une place publique, le casque empanaché scintillant, carapaçnné comme un soldat moyenâgeux. C’était le plus souvent place de la Bourse, de la Madeleine ou du Château d’eau. Il était parmi les célébrités de la rue la plus incontestable et le plus incontestée. Il est le roi de la place publique et jouit de la foule comme d’une femme publique qui aime à trouver un homme qui l’injurie et qui la batte, comme l'Indiana de George Sand "toujours prête à revenir "plus on la bat, plus elle aime ! Mais que faut-il faire à cette femme pour qu"elle cesse de se traîner aux genoux de son amant !".

Se produisant dans une voiture à deux chevaux, flanqué de son acolyte Vert-de-Gris qui l’accompagne à l’orgue de barbarie, Mangin est devenu l’idole des titis parisiens.

Le public parisien lui pardonne toutes ses insolentes fantaisies. Il faisait mine de refuser de vendre des crayons à certains des badauds qu'il ne trouvait pas digne, pour faire la grâce à d'autres de leur céder ses crayons magiques capables de transpercer des planches de bois. Tout cela accompagné de discours cabalistiques fumeux.

Le souper de Figaro à l'hôtel du passage des Princes.

Par Bernard Vassor

péter's,figaro,villemessant,carjat,gustave bourdin,nestor roqueplan,duchesne,

Le banquet du Figaro est une fête traditionnelle, mais ce jour là (18 avril 1864) Henri de Villemessant avait fait les choses en grand. Le tout Paris littéraire et artistique y avait été convié.

Nestor Roqueplan, Péter’s l'Américain, vétu tout de noir, Charles Monselet, Jules Noriac, Léo Lespès  (Timothé Trimm) Etienne Carjat,  jules  Noriac, Gustave Bourdin, Alphonse Duchesne (auteur avec Alfred Delvau du fameux canular « Lettres de Junius » rédigé à la Brasserie des Martyrs, livre adressé à Villemessant le naïf qui avait tout gobé), Mme Ulgade, artiste lyrique de grand renom à l'époque, Mme Lasseny chanteuse aussi,les frères Lyonnet (anatole et Hippolyte), frères jumaux chanteurs et comédiens d'une ressemblance absolue, et le Figaro en entier s'était transporté dans ces vastes salons. Le dîner organisé par Peters fut gargantuesque, des pièces de boeuf énormes, des montagnes de plats divers tirés par des chariots, et des bouteilles de vin de grands cru étaient mises à la disposition des invités. Lemercier de Neuville à qui l'on avait dressé des castelets dans le fond de la salle, produisit son théâtre de poche de"Pupazzi", caricature de célébrités du moment. La famille Millaud, un temps associés au banquier Mirès.

Pour ma part, je note particulèrement dans l'assembée des invités, Gustave Arosa, industriel de la place Bréda, détenteur d'un brevet photographique permettant des reproductions rapides et à grande échelle. Ce monsieur, mais c'est une autre histoire, avait la tutelle d'un jeune garçon qui était pilotin (moussaillon) sur un navire de guerre "le prince Napoléon". Après la démobilisation de ce jeune homme, en 1870 Gustave Arosa lui procura un logement et un emploi chez un agent de change de la rue Laffitte.

Au fait...je ne vous ai pas dit le nom de ce garçon : il s'appelait Paul Gauguin.

 ...................

Gustave Bourdin,fleurs du mal

Gustave Bourdin, gendre  d’Henri de Villemessant, le triste sire qui avait provoqué les poursuites  contre Baudelaire et les Fleurs du Mal.

 

23/10/2012

Embellissements de Paris : décoration de la rue Layette, création du square Montholon

Par Bernard Vassor

Square Montholon.jpg

Le prolongement de la rue Lafayette a provoqué la démolition d’un grand nombre d’immeubles sur l’emplacement desquels,  un espace vert a été dessiné par l’ingénieur paysagiste Jean-Charles Alphand. Le nouveau square apparaît au milieu de ruines amoncelées de tous côtés. Sa petite étendue tient à l’agglomération des nombreuses voies de communication qui l’entourent.

Sa forme est ovale, dans sa partie centrale est creusé un bassin dont le fond est occupé par une nappe d’eau sortant d’un rocher disposé en forme de grotte.  Il est entouré par une grille en fonte.

Les chaises sont à la disposition des promeneurs dans les allées pour accueillir les passants fatigués.

De nouveaux  bancs publics avec un système de dos incliné a été mis en place, à l’exemple de ceux du parc Monceau.

Un bureau de recrutement à New-York de voloontaires pour la levée par le président Lincoln, d'une armée de 300 000 hommes

Par Bernard Vassor

Lincoln,conscription

C’est au moyen de la conscription que le président Lincoln a décidé de renforcer son armée en avril 1863.

Nous connaissons les évènements tragiques occasionnés par le premier tirage au sort le 13 juillet 1863. Mais, il s’agissait cette fois du recrutement de volontaires. Sur notre gravure, un canon placé sur son affut sert d’enseigne, à côté d’affiches de toutes sortes faisant appel au patriotisme américain.

On peut lire sur une immense pancarte les termes du contrat :

On demande 30 000 volontaires.

Par le comité, argent comptant…………………………………………….300 dollars

Par l’Etat…………………………………………………………………………....75 ---

Par les Etats-Unis……………………………………………………………....302 ---

                                                                            --------------

Total pour chaque recrue…………………………………………………………..677 dollars

Il sera compté 1500 dollars à chaque individu qui ramènera une escouade de recrues nouvelles.

Les bureaux de recrutement, comme toujours, et dans tous les pays, était établi à proximité de tavernes.