30/03/2013
Jean Richepin et "le Groupe des Vivants". Une communication de Sylvie Thorel
"Les troubadours de la rue Guy-de-la-Brosse"

Notre prochaine réunion Richepin se tiendra le samedi 13 avril à la Bibliothèque Jacques Seebacher (5 rue Thomas Mann, bâtiment A, 2e étage) à 10 heures. Elle réunira Laurent BIHL, historien de la caricature, et Bernard VASSOR, historiographe de Montmartre et rédacteur du blog "Autour du Père Tanguy", qui évoqueront le Groupe des Vivants.
Sylvie Thorel.
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19/03/2013
Avec 1 franc cinquante, vous ne mourrirez* plus d'une blessure par balle
Par Bernard Vassor
Bien avant l'avènement d'un président et d'un pape "Normal", voici la
PHARMACIE NORMALE
Cette pharmacie, fondée en 1855, installée au 15-17 rue de Provence et 19 rue Drouot de l'époque avait été réaménagée du sous-sol aus étages supérieurs de ce vaste immeuble aux alentour des années 1920.
Télephone : Gut. 48-45
Prov. 60-10
Marc. 44-20
La Pharmacie Normale possédait des rayons spécialisés pour l'optique, l'orthopédie et la parfumerie. On y trouvait aussi un laboratoire pourvu des plus récents appareils pour les analyses chimiques médicales, micrographiques, biologiques... Une usine modèle de construction de la même époque 8 et 10 rue Emile Zola à Saint-Ouen, permettait à cette pharmacie de fabriquer et de contrôler elle-même tous les produits qu'elle délivrait et de faire bénéficier de sa clientèle de France et de l'étranger de la diminution des droits d'entrée dans Paris. (Le droit d'octroi dans Paris ne fut supprimé définitivement que le 2 juillet 1943, par le gouvernement de Pierre Laval).
Rue Emile Zola à Saint Ouen aux alentours de 1910, anciennement rue des Epinettes.
Etat d'habillement de la 3° compagnie de marche du 185° bataillon de la Garde nationale (de MONTMARTRE)

Publicité parue dans le journal du "Chat Noir"de mars 1890.
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13/03/2013
L'assassin de la place Beauvau
Par Bernard Vassor

Le pharmacien Lagrange était le successeur de Labordette que nous avons déjà évoqué dans un article précédent.
C'est le dimanche 5 octobre 1879 entre quatre et cinq heures de l'après-midi le pharmacien M.Lagrange et sa bonne Zélie Gaillot, ont été surpris et successivement assommés dans le laboratoire servant de cuisine. Les victimes portaient chacune, au dessus de la tempe, de profondes blessures qui avaient dû provoquer rapidement la mort. Le pilon qui avait servi était resté dans le mortier, était recouvert des cheveux des victimes. Une somme de 40 000 francs avait disparu. L'assassin s'était enfui et avait pris le train pour Le Havre où il avait posté la lettre à madame Lagrange qui est arrivée place Beauvau le 6 à 9 heures du matin. Walder toujours en fuite, est revenu plusieurs fois à Paris, notamment à l'hôtel de la Cour Bony, 32 rue de Trévise Paris 9 ème. La négligence de la surveillance des garnis ne permit pas son arrestation. Walder ( Arnold) n'a jamais connu les foudres de la justice, on a perdu sa trace jusqu'en 1884.....
C'est le commissaire de police Cazeneuve qui avait diligenté l'enquête. Le signalement suivant avait été transmis dans tous les commissariats de France, dans tous les garnis et aux postes frontières :
Arnold Walder, élève en pharmacie, originaire du canton de Zurich, taille 1,69m, assez fort, cheveux chatain courts frisés; yeux gris petits zet très vifs. Mains fortes et devant porter des traces récentes de coupures; ongles courts, devant porter des souliers napolitains. Coiffé ordinairement d'un chapeau haut de forme. La barbe entière, un peu longue à dû être coupée ou arrangée. Quelques dents de devant à la machoire inférieure sont abimées à la racine. Walder porte un suspensoir, il fume la cigarette.
.............
Un jour, un inspecteur de la sûreté qui avait été chargé de l'affaire vint trouver un membre de la famille à qui il proposa moyennant finances, de retrouver l'assassin. Il se mit encampagne, soupçonnant que Walder s'était réfugié en Amérique du sud, retrouvant et perdant la trace du fugitif.
A court d'argent ll'inspecteur revint tout penaud en France, mais, quelle ne fut pas sa surprise lorsque il reçut une lettre de Caracas au Vénézuela indiquant ce qui suit :
« Nous avons trouvé l'individu que vous êtes
venu chercher chez nous, il y a quelques années.
Depuis longtemps, il est établi pharmacien à Caracas
et demeure rue (calle) Diego Losada, sous le
nom de Welser"
Le policier vénézulien ajoutait :
Dans une conversation que nous avons eue avec ce Walder, il n'a pas hésité à nous dire :
« Oui, c'est moi, qui, dans un moment de folie,
ait assassiné mon patron. J'étais fou, il me semble,
et je ne me suis jamais expliqué mon crime. Au-
jourd'hui je puis en parler, car n'ai plus rien à
craindre, parce que, d'après la loi française il y a
prescription" . Après une vie accidentée, j'ai résolu de m'établir ici. Vous pouvez raconter tout
cela. Je n’ai plus rien à craindre.
La lettre ajoute en post-scriptum que Walder a été médecin en chef d'une armée du Nicaragua, au cours d'une des dernières révolutions qui ont bouleversé ce petit pays.
Il est exact aussi qu'il n'y a pas de traité d'extradition avec le Venezuela, et qu'il faut se résoudre à classer définitivement Walder parmi les assassins impunis.
On sait que la plupart des criminels avisés se, réfugient dans l'Amérique du Sud.
.............
Le journal d'André Gill "La Lune rousse" publia l'écho suivant dans sa livraison du 2 novembre 1879 :
A PROPOS DE WALDER
Ressembler à Walder, l'assassin de la place
Beauvau, me causerait énormément d'ennui,
Car je risquerais fort d'être arrêté pour lui.
Cette hypothèse-là d'épouvante me glace.
Aussi je trouverais mon sort peu rigolo
Si j'étais son sosie et son Walder égo.
.......................
Mise à jour le 13/03/2013
12:26 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21/02/2013
Un anarchiste converti :PATERNE BERRICHON, "L'HOMME A LA BARBE NOIRE DE MISSIONNAIRE"
Par Bernard Vassor

Arthur et Frédéric
Pierre dufour et son jumeau Alexandre ont vu le jour à Issoudun en 1855. Les enfants furent placés au Collège de Chezal-Benoit, puis au lycée de Chateauroux. Leur mère mourut en 1868 et le père en 1872. Alexandre s'embarqua pour l'Amérique du sud. Pierre vint à Paris pour suivre les cours de l'Ecole des Beaux-Arts. A l'appel de la classe 1875, il est conduit à partir militaire. Pendant son service, il est condamné à 2 ans de prison pour refus d'obéissance. Gracié au bout de seize mois, il est envoyé à Tours pour finir son temps. Revenu à Paris, il fréquenta Le Soleil d'Or place Saint-Michel. C'est là qu'il changea son nom de Dufour en Paterne Berrichon, Paterne pour rappeler l'église Sainte-Paterne d'Issoudun, et Berrichon, parce qu'il était originaire du Berry tout simplement. Menant une vie de bohème, il voulut être écrivain, puis artiste peintre, il tenta en vain de vendre ses tableaux. Son frère et ses soeurs l'aidèrent un peu. Sans domicile fixe, il fréquentait les cénacles, collabore à la revue Lutèce, au Décadent, au Mercure de France, au Chat Noir et à la Revue Blanche. Il participa à toutes les manifestations du Quartier latin, frondeur, antimilitariste, membre d'une "ligue des anti-propriétaires» provoquant des bagarres, il fut arrêté à deux reprises pour résistance à agent de la force publique. Ses excès, la misère financière qui le conduisait à ne pas manger tous les jours l'on conduit à faire de fréquents séjours dans les hôpitaux. Poursuivi plusieurs fois en correctionnelle et en Conseil de Guerre, lui font alterner séjour hospitalier et incarcérations. On peut aussi entre temps le rencontrer dans les cabarets et les bouges de Montmartre où il eut la révélation de quelques poèmes d'Arthur Rimbaud. A cette époque, il eut une maîtresse qui l'entretenait, ils habitaient 50 rue Lhomond. On assure que François Copée lui fit un don de deux louis d'or, que la comtesse de Martel (Gyp) venait lui rendre visite dans "une horrible rue de la rive gauche, dans une maison à l'entrée de laquelle coulait un ruisseau infect." Anarchiste, il avait été compromis dans l'affaire du pillage des boulangeries avec Louise Michel. C'est dans ce contexte qu'il fit la connaissance d'Isabelle Rimbaud quelques années après la mort de celui-ci. Il était toujours en ménage avec la femme qui l'avait entretenu. Le choix ne lui fut pas difficile, la situation financière d'Isabelle et la perspective de gérer les droits d'auteur emportèrent sa décision. A ce régime, sa barbe devint grise, puis blanche, on trouvait qu'il ressemblait à Rodin. Ainsi donc, notre Berrichon commença sa conquête d'Isabelle dans le but d'enlever à Frédric Rimbaud et à ses filles les droits de succession littéraire, amenant la sœur du poète à attacher de l'importance à l'oeuvre qu'elle avait peu de temps auparavant dénigrée. Après leur mariage, l'exploitation non seulement des oeuvres d'Arthur* "il fallait cacher certains épisodes de sa vie", le charcutage des textes, "parce que le public ne comprendrait pas" mais aussi des papiers de son père le capitaine, prit de l'ampleur, ainsi que l'achat de terres jusqu'à la mort d'Isabelle en 1907. Son immense chagrin fut de courte durée; il avait écrit à un ami "qu'avec sa femme était partie son âme et qu'il lui tardait de la rejoindre dans le ciel" (il s'était entre temps converti, passant de Ravachol à Saint Arthur). Sur ce, il convola en justes noces peu de temps après.....
.............................
A la mort de madame Rimbaud en 1907, l'état de succession ne fit pas mention des droits d'auteur dus à la mère de l'auteur, dont Frédéric aurait dû recevoir sa part si ils avaient été révélés.... spoliant donc le frère d'Arthur. Ce n'est que plus tard, lorsque les filles de Fréderic mesdames Emilie Tessier-Rimbaud et Nelly Lecour, averties par Ernest Delahaye en 1925 comprirent qu'elles avaient été dépouillées deux fois, la première en 1907, la seconde à la mort de leur tante Isabelle en 1917. Une petite fille d'Emilie m'a confié ce soir les turpitudes qu'avait fait subir à sa grand-mère, aussi bien Paterne que sa femme Isabelle (la soeur d'Arthur et de Frédéric donc), qui avaient conscience de les avoir grugé mais trouvait des justifications à leur vol. A l'enterrement de la mère de Rimbaud, Frédéric ne fut pas invité, et son nom pas mentionné. Nous savons le désintéressement de Frédéric, il avait donné à ses enfants les immeubles qu'il avait reçus à la mort de sa mère. C'est alors que Paterne Berrichon inventa une convention verbale avec Rachilde pour s'approprier les droits d'auteur (madame Vallette, propriétaire du Mercure de France) dont les clauses n'ont pas été révélées, fait unique dans l'histoire de l'édition !!!
*Avec l'assentiment et la complicité d'Isabelle, la correspondance fut caviardée, ses cahiers d'écolier mis au jour, une "biographie" de Jean-Nicolas-Arthur assez fantaisiste, et l'ajout de vers inédits ou supposés, et une nouvelle histoire de Rimbaud "le Voyageur".
Les biographes de Rimbaud (je ne comprend pas la complaisance de Jean-Jacques Lefrère à son égard) continuent de passer sous silence cet épisode peu reluisant des époux pervers : Pierre et Isabelle la catholique caviardeuse !!!!
Le 25 juillet 1901, un buste de Rimbaud dont la maquette était l'oeuvre de Paterne Berrichon fut inauguré sur une place de Charleville au square de la gare.
Mise à jour le 21/02/2013
A SUIVRE...........
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15/02/2013
Une conférence donnée par notre amie DOMINIQUE DELORD aux archives de Paris.
Par Bernard Vassor

Sur les traces des salles, des entrepreneurs de spectacle et des artistes de café-concert.
De 1850 à la guerre de 14, les cafés-concerts se sont multipliés à Paris et dans toutes les villes et banlieues, brassant arts du spectacle et publics et suscitant une intense activité commerciale. Phénomène urbain et social autant qu'artistique, le café-concert s'est imposé dans des salles vastes et luxueuses ou des beuglants miteux, où les artistes se sont professionnalisés, mêlant chansons, saynètes et visuels, rire et obscénité, drame ou politique. La conférence s'appuiera sur les recherches qui ont été effectuées sur les fonds des Archives de Paris: cadastre et activité commerciale des cafés-concerts, état-civil et parcours de leurs directeurs et leurs artistes, vie artistique reflétée dans les collections des fonds privés.
Le mercredi 20 février à 17 h.
Conférence gratuite
...........
Archives de Paris
18 boulevard Sérurier
75019 Paris
Tél : 01.53.72.41.23
Métro : Porte des Lilas (ligne 11 et 3bis)
Bus : n° 48, 61, 96, 105, 115, 129, 170, 249, T3b
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12/02/2013
Les Bohèmes, 1840-1870, Anthologie réalisée et annotée par Jean-Didier Wagneur et Françoise Cestor.
Par Bernard Vassor

Dans la photographie du tableau peint à la brasserie Andler, seuls, deux des trois personages ont été identifiés avec certitude :
Alexandre Schanne à gauche et "Ernest" Cabaner au centre; à droite il semble que ce ne soit pas Henri Murger.
Cet ouvrage est pour moi bien plus qu'une anthologie. C'est une véritable mine d'informations sur la vie artistique et sur les cénacles de la période des années indiquées dans le titre (et même en deçà et au delà).
Le sommaire nous en dit plus qu'un long discours :
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AVANT-PROPOS Note sur les textes OUVERTURE LA MANSARDE ET LA VIE SOUS LES TOITS LES PROTAGONISTES DE LA BOHÈME Les Bohémiens L'ÂGE DES BOHÉMIENS LITTÉRAIRES LES BUVEURS D'EAU, LA BOHÈME DE MURGER Le Petit Journal SCÈNE : 22 NOVEMBRE 1849 : LA VIE DE BOHÈME Réception FICTION : SCÈNES DE LA VIE DE BOHÈME Réception QUESTION DE PARENTÈLES Bohème dorée ou grande bohème LA BOHÈME DES « BACHELIERS » La vie de café: deuxième tournée THÉÂTRE, SEXE ET MARIONNETTES Vocabulaire Annexe |
Ajoutez à cela un dictionnaire ses personnages, un dossier complet sur "les buveurs d'eau"un dictionnaire des journaux et de nombreux textes inédits ou introuvables jusqu'à présent.
Je croyais bien connaître cette période, mais, je m'aperçois de la profondeur de mes lacunes...
Jean-Didier Wagneur et Françoise Cestor ont réalisé là un travail considérable qui sera utile aux chercheurs et aux amateurs de la littérature dix-neuvièmiste.
C'est déja mon livre de chevet.
Voici le texte de la quatrième de couverture :
La bohème littéraire, ce sont des images de grisettes, de jeunes peintres et poètes vivant d’amour et d’eau fraîche sous les toits, moquant bourgeois et propriétaires. Des scènes de cafés, des blagues, des mystifications, des histoires de petits-journaux. C’est en quelque sorte une maladie infantile de la littérature mais qui structure toujours nos représentations de ce monde. Les débuts difficiles, la vache enragée, les amours de jeunesse, la pauvreté comme gage d’authenticité, tout ce légendaire a été écrit, mis en scène, chanté, peint et c’est cette histoire à la fois drôle et mélodramatique qui est raconté dans les pages de cette anthologie de la Bohème.
L’ouvrage est organisé autour de deux DOCUMENTS importants repris en texte intégral : le premier L’Histoire de Murger par trois buveurs d’eau publié en 1862 au lendemain de la mort d’Henry Murger est l’histoire du groupe baptisé les Buveurs d’eau, les uns en quête de l’art pour l’art, les autres faisant face à la précarité en faisant du petit journalisme. Autour de ce premier moment ont été réunis des textes traitant de la condition précaire de l’écrivain dans des registres qui vont de la polémique à l’autodérision, des textes de cafés, des biographies… La diversité de ton de ces textes, souvent humoristiques, dessine les contours de ce pays de Bohème « bornée au Nord par l’espérance, le travail et la gaieté ; au sud, par la nécessité et le courage ; à l’ouest et à l’est, par la calomnie et l’Hôtel-Dieu… »
Le second texte lui aussi emblématique, Les derniers bohèmes, est signé d’une des figures de la bohème, Firmin Maillard. Fortement anecdotique, c’est l’une des principales sources de toutes les histoires de la bohème littéraire. Il en offre une photographie du milieu (1857), à travers le reportage d’une soirée à la célèbre Brasserie des Martyrs.
Aucun de ces deux ouvrages n’avait bénéficié jusqu’alors d’une édition annotée et documentée.
Autour de ces deux témoignages capitaux sur la précarité de l’homme de lettres sous la Monarchie de juillet et le Second Empire, les auteurs ont rassemblé les pièces du puzzle bohème. Premiers textes qui parlent de « bohème littéraire », évocation héroï-comique du monde des rapins et des grisettes, innombrables tournées dans les cafés, et bien sûr constamment une foule d’anecdotes, de bons mots, de portraits…
un volume 13 x 20 de 1000 pages environ
ISBN 978 2 87673 633 7, 2012

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11/02/2013
Une pierreuse* devenue une immense vedette : EUGENIE BUFFET.
Par Bernard Vassor
Eugénie est née à Tlemcen (Algérie) en 1866. Orpheline de père à l’âge de six ans, elle fut placée dans une institution religieuse à Oran. D'après ses "Mémoires*", écrits par un journaliste Maurice Hamel, elle fut violée par un de ses cousins,

ce qui la conduisit à éprouver une certaine aversion pour les hommes. Par cette hagiographie, je suis frappé de la coïncidence avec la fausse biographie de Billie Hollyday,(rédigée elle aussi par un journaliste sur son lit d'hôpital) où tous les mêmes clichés sont usés jusqu'à la corde!!!
Néanmoins reprenons quelques faits avoués et revendiqués par la chanteuse : Très jeune elle prit le bateau pour Marseille, où pour vivre, elle chantait dans les rues, les guinguettes, et dans "des bars louches". Elle eut l'occasion d'aller écouter la chanteuse Amiati, célèbre à l'époque. Son répertoire patriotard et revanchard reçut un
écho favorable dans tout le pays. Elle fit la connaissance de Séverine, l'héritière spirituelle de Jules Vallès, qui la conseilla utilement. Elle avait été enrôlée en 1889 dans la "Ligue des Patriotes" par Edmond Archdéacon, le prédécesseur de Barrès, Drumont, Lemaitre, Gyp, comtesse de Martel de Janville, petite nièce de Mirabeau, suivait, elle aussi, avec frénésie, le mouvement ; elle collait des «A bas les Juifs» partout où elle pouvait... elle était insatiable et très convaincue. Eugénie ajoute :
Parmi les rencontres qui ont marqué sa carrière, Thérésa* fut un modèle pour Eugénie. Thérésa qui venait souvent l'écouter dans ses récitals et réciproquement. Courteline était souvent de la partie dans les réunions qu'organisait Emma Valladon de son nom véritable, de trente ans l'ainée d'Eugénie qui s'était spécialisée dans le tylorianisme.. Ses cachets à ses débuts étaient énormes.
Eugénie Buffet fit la connaissance de Léopold Stevens, (le fils d'Alfred) qui l'aida (financièrement) à décorer le premier cabaret qu'elle mit sur pied : A l'Enseigne de la Pomme de Pin. Elle s'y investit à fond, engageant des chanteurs et donnant elle-même plusieurs tours de chant par jour. Epuisée, elle s'offrit avec Léopold un voyage en Espagne où elle retrouva ses relations mondaines du passé. Revenue à Paris, la Pomme de Pin liquidée, elle fonda au 75 boulevard de Clichy le cabaret "La Purée" :"Je fondai, sur des bases nouvelles, un nouveau cabaret, en plein Montmartre, boulevard de Clichy, sous le nom de Cabaret de La Purée. J'avais, pour mon spectacle d'ouverture, réuni les noms de : Philippe Garnier, Louis Marsolleau, Vincent Hyspa, Delphin, Marcel Legay, Émile Ronn, Léo Daniderff, Victor Tourtal et la grande artiste Louise France".(...). J'engageai de nouveaux artistes et de nouveaux chansonniers, Xavier-Privas, Francine Lorée, Pons-Arlès, Claude de Sivry (Charles le beau-frère de Verlaine sans doute ?), les Ducreux-Giralduc, et j'organisai, en outre, des matinées classiques."
Ce cabaret eut la même existence éphémère que la Pomme de Pin. La porte de la Purée à peine fermée, Eugénie engagea ses économies (et celles de Stevens) dans le cabaret de la Nouvelle Athènes place Pigalle, qui avait vu défiler tant d'artistes peintres, écrivains, musiciens, tous d'avant-garde. Au cabaret, elle avait ajouté un restaurant, faisant revivre cet endroit qui pour de mystérieuses raisons, était passé de mode. Ce fut un véritable gouffre financier qui laissa Léopold exsangue, Eugénie au bord de la faillite, bref, un fiasco complet. ...........................................................................................................................................................................................................................
*Maurice Hamel, «Ma vie, Mes amours, mes aventures» ou «Confidences recueillies par » Eugène Figuière, éditeur, à Paris, 1930.
***Il me faut ajouter avant de terminer cet article, si je ne veux pas m'attirer les foudres de notre ami Jean Darnel, les louanges de Victor Marguerite, de Maurice Donnay, de Georges Cain, et je passe sous silence les marquis, les comtes, les ducs de tous poils.
Vous pouvez LIRE ET écouter sur le superbe site : Du Temps des cerises aux Feuilles mortes
Et aussi la chanson de Bruant : A Saint-Lazare
Après avoir été entretenue et mise dans ses meubles par des comtes, des princes des barons et même des marquis, elle rencontra Aristide Bruant qui fut à l'origine du lancement de la carrière de chanteuse d'Eugénie lorsque il la fit chanter au Mirliton du 84 boulevard de Rochechouart et il la recommanda à Nunès et Flateau les propriétaires de "La Cigalle"qui l'engagèrent sur le champ.
Un passage de ses "Mémoires" signale qu'elle était allée confier ses projets au critique Henri Bauer
(fils naturel d'Alexandre Dumas) Elle lui donna ces qualificatifs parfaitement imbéciles :
"Ce critique adipeux et pachidermique n'était qu'un pontifiant imbécile"
....................................
Le terme de "pierreuse" m'a été révélé la semaine dernière par une éminente universitaire, mais, mon éducation religieuse et ma pudibonderie légendaire m'interdisent d'en donner la signification.....
mise à jour le11/02/2013
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VALLADON EUGENIE-EMMA, DITE THERESA, CHANTEUSE POPULAIRE
Par Bernard Vassor
Theresa a vu le jour à la Bazoche-Gouët (Eure-et-Loire).en 1837, morte en 1913.
"Theresa a fait école. Beaucoup de grues ont cherché à l'imiter ;
mais il est arrivé ce qui arrive toujours en pareil cas :
elles n'ont, le plus souvent, réussi qu'à copier ses défauts,
et ont créé l'ère funeste des prima-gueula de la chope..."
Fille d'un musicien de guinguette elle connaissait de ce fait toutes les rengaines de l'époque. Engagée comme figurante au Théâtre de la Porte Saint-Martin,. Puis elle débuta, Café Moka, rue de la Lune. Comme chanteuse
- Elle habitait un magnifique appartement 118 rue du faubourg Poissonnière. Prostituée dès l’âge de quatorze ans, elle contracta une maladie vénérienne. Elle se livra alors à la boisson, chassée de partout, elle revint demander asile à sa mère
Elle fut engagée à la Porte Saint Martin, où elle rencontra un médecin qui lui donna cent francs par mois. Le Chanteur Darcier lui prodigua quelques leçons de chant. La mère de Thérèse qui habitait rue du faubourg Montmartre allait tirer les cartes chez les proxénètes et les prostituées du quartier. En 1867, Theresa déménagea passage Saulnier où elle vécut avec la fille Joséphine qui se fait appeler
« Lucien » elle-même bénéficiaire d’un testament la donnant comme seule héritière de Theresa. Le lieu le plus fréquenté par le couple, était chez Constance, la modiste du 46 rue Lamartine où il y avait là une nombreuse société de tribades, on affirme qu'il s'y passait là des scènes de la plus révoltante immoralité !!!
............
Dans les Mémoires de Theresa "écrits par elle-même par Theresa de l'Alcazar", en réalité sous la plume d'Henri Rochefort qui s'auto-qualifiait d'"étincelant chroniqueur du Figaro.", nous découvrons l'existence de cette table d'hôtes de la cité Riverin. Dans ces confessions sélectives, Theresa prétend avoir vu le jour Cité Riverin, c'est bien plus chic que "La Bazoche Gouet" !. Puis elle nous donne la description d'une table d'hôte dans cette cité chez une nommée Clémence à laquelle elle consacre un long chapitre :
"Il y avait alors une table d'hôte qui a changé de local depuis, mais qui est resté célèbre dans le monde des théâtres". Et des autres salles de spectacles du Boulevard du Crime.
"On entrait alors par la cité Riverin, on prenait la seconde porte à gauche, on montait trois étages, et l'on pénétrait dans le restaurant borgne.(...) Quand à la population féminine, elle se composait du fretin dramatique, de ces bonnes filles qui ne se font pas teindre les cheveux et qui n'ont pas les moyens de nourrir un chien vert, de la plupart enfin de celles que le lecteur connait déjà. Les unes ne faisaient qu'un seul repas dans la journée. Les autres étaient de pauvres femmes qui vivaient au jour le jour d'un grog qu'on leur offrait au Café du Cirque, ou d'une double semelle à la sauce piquante qu'elles récoltaient à minuit au Café des Mousquetaires. Clémence tutoyait tous ses habitués" Je ne connais pas l'origine de ces tables d'hôtes. On n’en trouve aucune mention dans l'édition du "Furne corrigé". Peu avant "l'annexion", s'organisèrent aux abords de Paris en 1848 des tables d'hôtes aux prix modérés en raison de l'augmentation du prix des denrées provoquant l'émigration des plus pauvres émigrés. Les tarifs les plus bas étaient en 1848 : 75 centimes pour le déjeuner, 1 franc 25 le dîner allant parfois jusqu'à 1,75 fr . Les organisateurs de ces réunions, peu gastronomiques suivaient un système analogue à celui des quotidiens qui perdent sur les abonnés, mais qui se rattrapaient sur les annonces. Les consommateurs à prix fixe n'apportant que très peu de bénéfices, mais, les suppléments et les extra étaient prohibitifs...
......................
La cité Riverin ouverte en 1829, se trouvait (et se trouve toujours) entre la rue du Château d'Eau, et la rue de Bondy (aujourd'hui rue René Boulanger, face au théâtre Saint-Martin, elle longeait l'arrière du marché Saint-Martin. parallèle à la rue de la Pompe (rue Bouchardon).
Bien que son repertoire fut le plus inepte, quelques écrivains lui consacrèrent des éloges dithyrambique (dont Barbey d'Aurevilly). Alfred Delvau lui trouvait "un petit chic canaille"
Quelques titres de chansons peuvent vous en donner la profondeur :
"Rien n'est sacré pour un sapeur",
"La femme à barbe"
"C'est dans le nez que ça m'chatouille" ,
"Les canards tyroliens"
"La déesse du Bœuf gras" :
Mes deux biceps sont roug's comm' des carottes
Et mes jarrets, c'est plus dur que du fer
D'mandez-en donc d'pareils à vos cocottes
On n'en vend pas comme ça, ça s'rait trop cher...
A partir de 1880, son répertoire s'améliore avec "La Glu" de Jean Richepin, et des chansons de Paul Burani (anagramme de URBAIN son prénom) et de Déroulède le patriotard
mise à jour le 11/02/2013
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10/02/2013
Quelques bals publics, cafés-concerts dans Paris et ses environs au cours de la première moitié du XIX° siècle
Par Bernard Vassor

Pour le café-concert, il était établi depuis le début du siècle, que la règle, était que l'on ne devait entendre que des airs sérieux ou comiques qui ne pouvaient pas être empruntés aux répertoires des principales scènes lyriques. Le prix d'entrée se payait en consommations et ne pouvant nulle part être inférieur à 50 centimes.
Voici une liste des principaux établissements :
CAFES-CONCERTS
Café-Concert des Champs-Elysées;-Eldorado (boulevard de Strasbourg)-Casino Français (galerie Montpensier 18 Palais Royal);- Café des Aveugles ou du Sauvage, (péristyle de Valois)-Café Aublin (rue Contrescarpe Dauphine 5 c'est également
à l'adresse du Cheval Blanc);- Café-Concert des Folies (16 boulevard de Strasbourg) une autre Auberge du Cheval-Blanc (16 faubourg Saint-Denis) - Café-Concert du Cadran (86 rue Montmartre) ;-Le Café des Arts (47 boulevard du Temple)
LES BALS PUBLICS OU SALONS DANSANT :
Cellarius Henri, rue Vivienne
Cellarius fils et neveu, successeur, passage de l'Opéra
Markowski, de son véritable nom Joseph Mayer, bal 12 rue Buffault
Bal Perrin, chez ce professeur de danse, ces bals étaient fréquentés par des femmes légères.
Bal Saint-Georges 18 rue Neuve-Bréda (rue Clauzel, archives B.V)
Le bal Mabille (allée des Veuves) prix d'entrée 3 francs, dame 50 centimes
Le Château des Fleurs,(rue des Vignes, près des Champs Elysées) cavalier 2 francs, dame 50 centimes avec abonnement, sans abonnement 1 franc.
La Grande Chaumière, (201 à209 boulevard Raspail et 112 à 136 boulevard du Montparnasse)
La Closerie des Lilas ou jardin Bullier qui prend en hiver le nom de Prado entrée 1 franc pour les cavaliers seulement, gratuit pour les dames.
Le Château Rouge (Chaussée de Clignancourt près de la barrière Rochechouart) 2 francs par cavalier
Le jardin du Pré-aux-Clercs (chaussée du Maine)
Les bals d'Asnières,(succursales du Casino Cadet) prix d'entrée 3 francs pour les cavaliers, de 3 à 5 francs les jours de fête.
Le bal Valentino : 251-255 rue Faubourg Saint-Honoré
Le Vauxhall (24 rue de la Douane, derrière la place du Château d'Eau)
La salle Barthélémy (20 rue du Château d'Eau du nom de l'architecte qui l'avait construite)
Bal de la rue Aumaire (dans une boutique de cette rue)
Bourg-Tibourg, dans la salle à manger d'un restaurant.
Rue du Vert-Bois idem
Bal des Savoyards, rue Montorgueil
Le Casino Paganini rue de la Chaussée d'Antin, (1838) dont l'illustre virtuose se retira dès son ouverture, ce qui provoqua la faillite deux mois plus tard.
Bal Desnoyer avant 1830 à Belleville
Les Armes de France, à Belleville
Le Bal Favié à Belleville
Le Bal des Chiens au Château d'Eau
Le Bal des Nègres, boulevard Saint -Denis
Le Bal Dourlans au Ternes
Le Bal de la Reine Blanche près du cimetière Montmartre à la barrière Blanche (qui sera remplacé par le Moulin Rouge en 1889)
Les Folies-Robert, ( par Gilles Robert) ouvert en 1856 rue des Acacias (Abbesses à Montmartre) , puis, 58 boulevard de Rochechouart.
Le Bal Chapal, 15 rue Bréda (Henry Monnier)
Le Bal des Barreaux Verts, à Ménilmontant
Bal Ragache, Bal Constant, Elysées-Menimontant.
Le Bal de la Reine Blanche dans Paris au Marais qui changea son nom en Bal des Acacias, mais les clients continuaient de l'appeler le Bal de l'Astic, fréquenté par des femmes israélites, qui étaient recherchées à l'époque pour leur beauté, les peintres Daubigny, Messonnier, Daumier, Delaroche, venaient y chercher des modèles.
Le Grand Bal du Pavillon du Mail dans le quartier de l'Arsenal

Le Grand Bal du Pavillon du Mail dans le quartier de l'Arsenal
A Mabille
Le bal Mabille était situé dans un jardin longeant "l'Allée des Veuves" aujourd'hui avenue Matignon aux alentours du n°51. Ses décorations superbes et ses palmiers artificiels en faisait un des bals les plus fleuris de Paris. La musique était dirigée par le célèbre Pilodo. D'après le témoignage d'un manuscrit inédit :
"C'est à qui se fera le plus remarquer dans ces bals, et à qui dansera de la manière la plus excentrique qui frise le ridicule. Ce qui nous a frappés est la manière brusque dont la plupart des cavaliers quittent leurs danseuses, la polka ou la contredanse finie, on fait un dos à dos complet sans se reparler, et chacun va son chemin. Des sergents de ville se trouvent constamment à ces bals, pour empêcher tout ce qui sortirait hors de ces lignes. Il y a encore des reines à Mabille, mais on ignore leurs noms" (?)
L'estaminet Lyrique, devenu ensuite : Le Petit Casino, aujourd'hui, c'est la salle Rossini
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12:02 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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25/01/2013
Rencontre et échanges avec Jean-Didier Wagneur autour de la notion de "bohème littéraire".
Par Bernard Vassor

Un annonce de la librairie Henri IV
15, Bd Henri IV
75004 Paris
tél : 01 42 72 34 22
fax : 01 42 72 32 79
Chers XIXèmistes!
Jean-Didier Wagneur et Françoise Cestor viennent de publier aux éditions Champ Vallon une précieuse anthologie de textes bohèmes : Les Bohèmes 1840-1870.
http://www.champ-vallon.com/Pages/PagesLesClassiques/WagneurCestor.html
Ce riche corpus de textes introuvables offre un coup d’oeil unique sur ces littérateurs "hirsutes" dont l'humour, la fraîcheur et la modernité étonnent le lecteur contemporain!
Vendredi 1er février à 18h00, la librairie Henri IV vous invite à venir échanger avec Jean-Didier Wagneur autour de la notion de "bohème littéraire".
Ce "moment inaugural" des lettres correspond à l'éclosion d'une presse moderne ainsi que d'une classe sociale urbaine, plus ou moins prolétaire, et aspirant pour la première fois au statut d'artiste.
Les Scènes de la vie de bohème d'Henri Murger fut la plus célèbre évocation de ce milieu dont la fortune devait nourrir un des mythes les plus tenaces de l'imaginaire littéraire, bourgeois et parisien. Les personnages et les situations du texte de Murger demeurent familiers à travers l'opéra de Puccini dont le livret s'inspire.
L'acteur Rémi Delieutraz interprétera des extraits et donnera un aperçu vivant de ces morceaux de littérature arrachés à l'oubli!
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Un coup de chapeau pour cet éditeur qui s'est déjà illustré par la courageuse publication d'ouvrages concernat la Bohème littéraire au XIXième siècle.
08:00 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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24/01/2013
L'Ermitage, un bal de barrière juste en face de la Boule-Noire. Fréquenté à la fois par Germinie Lacerteux et par Nana qui en avait fait son « bastringue préféré »
Par Bernard Vassor

Quelques chahuteuses et polkeuses photographiées par Pierre Petit et Trinquart.
Ce « bastringue » était situé au-delà de la barrière des Martyrs sur le boulevard qui portait à l'époque le même nom, aujourd’hui boulevard de Clichy. Ce bal qui était situé au-delà de la barrière des Martyrs, possédait les mêmes agréments que l’Elysée Montmartre, mais, il disposait en plus d’un établissement de bains dans un grand massif de verdure planté de superbes marronniers et de bosquets ombragés propices aux étreintes furtives. Le samedi soir, le dimanche et le lundi une foule de marchands, d'ouvriers des maçons, des forgerons accompagnés de leurs épouses ou non…..et de toutes espèces de gens, dont les bouchers des abattoirs situés de l'autre côté du mur d'enceinte. Cette proximité avait d'ailleurs le désagréable inconvénient d'être peuplé d'une immense colonie de rats indiens* qui minaient les abords des cabarets et des guinguettes. L’Ermitage était le mieux fréquenté des environs, une tenue décente était exigée et une sorte de père-la-pudeur surveillait que les polkeuses restent dans les limites de la décense. Quelques femmes du monde venues s'encanailler côtoyaient les modistes, les lingères, les piqueuses et modistes endimanchées. Il y avait toutefois quelques cabinets intimes pour les plus fortunés en quête de satisfaire dans de discrets tête-à-tête les appétits amoureux de quinquagénaires libertins.
Notons au passage que nos deux héroïnes, Germinie et Nana fréquentaient aussi Le Château-Rouge, La Reine-Blanche et l'Elysée Montmartre.
*Orfila le toxicologue touva le moyen de limiter la prolifération de ces rongeurs à l'aide de l'arsenic. Il fut d'ailleurs le principal expert, artisan de la condamnation dans l'affaire Lafarge.
Extrait d'un passage de "L'Assommoir" :
Nana allumait tous les bals des environs. On la connaissait de la Reine-Blanche au Nana allumait tous les bals des environs. On la connaissait de la Reine-Blanche au Grand Salon de la Folie. Quand elle entrait à l’Élysée-Montmartre, on montait sur les tables pour lui voir faire, à la pastourelle, l’écrevisse qui renifle. Comme on l’avait flanquée deux fois dehors, au Château-Rouge, elle rôdait seulement devant la porte, en attendant des personnes de sa connaissance. La Boule-Noire, sur le boulevard, et le Grand-Turc, rue des Poissonniers*, étaient des salles comme il faut où elle allait lorsqu’elle avait du linge. Mais, de tous les bastringues du quartier, elle préférait encore le Bal de l’Ermitage, Quand elle entrait à l’Élysée-Montmartre, on montait sur les tables pour lui voir faire, à la pastourelle, l’écrevisse qui renifle. Comme on l’avait flanquée deux fois dehors, au Château-Rouge, elle rôdait seulement devant la porte, en attendant des personnes de sa connaissance. La Boule-Noire, sur le boulevard, et le Grand-Turc, rue des Poissonniers, étaient des salles comme il faut où elle allait lorsqu’elle avait du linge. Mais, de tous les bastringues du quartier, elle préférait encore le Bal de l’Ermitage,
*Zola commet une petite erreur, le Bal du Grand-Turc était situé 10 rue de Lévisse ou chaussée des Poissonniers (ne pas confondre avec la rue Lévis) avant le percement du boulevard Ornano devenu ensuite boulevard Barbès dans cette partie partant du boulevard de la Chapelle.
..................................................
Mise à jour le 04/02/2013
Un lecteur grincheux idolâtre zolien conteste mes affirmations. Sur le plan ci-dessous, vous pouvez constater que le rue des Poissonniers commence rue Lévisse, après la rue de la Goutte d’Or. Or, le bal du Grand Turc, au numéro 10 était situé entre le boulevard de la Chapelle et la rue de la Goutte d’Or, donc rue Lévisse !

16:35 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21/01/2013
L'assassinat de Lincoln.
Par Bernard Vassor


et disparaît dans la foule sans chapeau (détail important car à l'époque tous les hommes portaient un couvre-chef).Samuel Arnold, Michael O'Laughlen, John Surratt, Lewis Paine ou Payne), George Atzerodt, David Herold. le docteur Samuel Mudd et Mary Surratt
La maison qu'il habitait avant la présidence est située au coin de la huitième rue et Jefferson street. C'est une construction en bois à deux étages d'apparence très simple peinte en gris, aux jalousies vertes. Elle a déjà été visitée par des milliers de personnes.
Le corps du président défunt a été déposé au cimetière d'Oak-Rige à Springfield dans un caveau construit au pied d'une petite colline qu'entourent des arbres séculaires. Le monument situé au-dessus du caveau a la forme d'un temple grec. Le chapiteau est soutenu par des colonnes d'ordre doriques hautes de 5 mètres. Le cercueil repose à 60 centimètres du sol sur une table de marbre entourée d'une grille de fer. Des citoyens de Springfield et de Chicago se proposèrent de l'acheter afin de l'offrir à sa veuve et ses orphelins.
article écrit le 03/11/2008, mis à jour le 21/001/2013
Autres articles sur le même sujet :
http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/11/...
.........
http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/11/...
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http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/10/...
.....
http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2012/10/...
........
http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/11/...
05:53 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Le président des Etats-Unis qui vient d'être réélu pour un second mandat, vient de renouveler son serment à la Constitution.
Par Bernard Vassor

Prestation de serment le 4 mars 1865.
Ce n'était pas arrivé depuis 24 ans que le même homme occupe successivement le fauteuil pendant deux périodes présidentielles. Le dernier en date étant le président Jackson.
Des journaux qui ont relaté la cérémonie, ont cru bon de mettre sous les yeux de leurs lecteurs, les dépenses faites par chaque gouvernement depuis l'établissement de la confédération des Etats-Unis depuis 68 ans, y compris les fraisde guerre avec l'Angleterre, le Mexique, les Indiens et le rachat de la Louisiane. Ne sont pas prises en compte les dépenses occasionnées par la guerre civile pendant 4 ans.
Ces nouvelles nous sont parvenues le 1 avril. La pose d'un câble télégraphique entre l'Irlande et l'Amérique devrait rendre les communications entre le vieux continent et l'Amérique plus rapides....
http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/11/...
Ce cable ne sera mis en service qu'après l'assassinat du président Lincoln :
http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/11/...
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19/01/2013
Top chef : Les confitures du docteur Moreau et les belles dames de l'île Saint-Louis
Par Bernard Vassor

Maryx ou Maris, (1822-1891) née Joséphine Bloch. Avec ses deux sœurs c’était, dit Privat d’Anglemont, « ce qu’il y a de plus joli et sans calembourg (sic..) une bouchée de roi : Ce sont les Maryx, c’est-à-dire les plus beaux modèles des ateliers de Paris. Peintres et sculpteurs, vous avez trouvé votre rêve dans les formes exquises dans ces admirables filles, et votre écueil dans la transparence des tons de leur peau. Figurez-vous lecteur, le plus beau type juif qui puisse se voir, des yeux pleins d’ardeur et de rêves impossibles, des cheveux à faire blanchir le fameux noir aile de corbeau, le nez pur, des lèvres, des bras, des pieds, des mains d’une finesse biblique à désespérer tous les poètes objectifs et tous les peintres coloristes. En un mot, si vous voulez voir le beau, mais le vrai beau, le type oriental dans la pureté, prenez les Maryx, et les plus délicieuses créations des peintres de la Judée s’animeront à vos yeux. » Dans sa biographie de Charles Baudelaire Théophile Gautier, Joséphine est présente dès la septième ligne de l’introduction pour faire l’éloge de cette superbe Maryx qui a posé route jeune pour la Mignon regrettant la patrie (1841)d’Ary Scheffer et plus tard pour«La Gloire distribuant des couronnes » de Delaroche et dans « La Madeleine du Christ déposé de la croix de Fernand Boissard de Boisdenier dont Gautier a fait un compte rendu dans son « Salon de 1847 », indiquant au passage qu’au changement de tableau, « il ne sera pas aussi haut placé ». Dans ce même ouvrage, Gautier s’étend très longuement sur la statue de Clessinger « La Femme piquée par un serpent » dont le modèle n’est autre que Aglaé Sidonie Joséphine Sabatier, l’autre égérie de l’Hôtel Pimodan, la maîtresse du banquier Mosselman plus connue sous le nom de la Présidente.
![]()
Sans cette jeune fille, Fernand Boissard son ami depuis 1837, n’aurait pas été averti du départ de Roger de Beauvoir de l’appartement de l’hôtel de Lauzun ou Pimodan. En effet, Maryx habitait dans les combles, cet endroit même peut-être où Baudelaire fut logé quelques années plus tard, en 1847-1849. Donc, il n’y aurait pas eu lieu de parler de ces fameux repas de confitures vertes qui font rigoler. Une pâte faite à partir de résine de marijuana mélangée à du miel et souvent des pistaches
Lire aussi :
http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2006/11/...
Jacques Moreau de Tours (1804-1884)
17:13 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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La canne, la savate, le chausson et la boxe française. Les deux frères précurseurs.
Par Bernard Vassor

Deux frères, Charles et Hubert Lecourt ouvrirent à Paris deux grandes salles de culture physique. L’une passage des Panorama au numéro 27 était tenue par Hubert qui fut le professeur de « canne » de Théophile Gautier, qui selon Ernest Daudet était un véritable virtuose de cette discipline. L’autre gymnasium était tenu par Charles au 9 rue de Tournon.
Charles qui avait créé et édité une méthode sur l’art de la Savate ou du chausson. Pour populariser ce sport, il organisa des rencontres internationales (salle Montesquieu et salle Valentino) avec des boxeurs adeptes de la boxe anglaise dont les règles n’acceptaient que les coups portés par les poings. Dans ces combats, les anglais avaient toujours le dessus. Charles Lecour imagina alors de combiner la savate et la boxe anglaise. La boxe française était née.
La salle du passage des Panorama offrait aux « sportsmans » les appareils de gymnastique propres à développer leur force physique. Des cordes à nœuds, des barres fixes parallèles, des trapèzes, des barres de suspension. Et pour la musculation et toute une gamme d’haltères utiles aux « culturistes ».
09:43 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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13/01/2013
LAZARE BRUANDET, IL AIMAIT BEAUCOUP LES FEMMES, MAIS, IL NE SAVAIT PAS LES RETENIR....
PAR BERNARD VASSOR
12:28 Écrit par vassor (Webmaster) dans LES PRECURSEURS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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05/01/2013
Michaël Pakenham n'est plus...
Par Bernard Vassor

A la gare d'Auvers-sur-Oise
Noëlle Benhamou m'apprend à l'instant le décès de notre ami, membre de notre association Michaël Pakenham.
Pour ceux qui ne le connaissaient pas, c'était l'universitaire le plus modeste et le plus érudit que je connaisse.
D'après des proches, il est mort "paisiblement "le 1 janvier à son domicile.
Le message d'un de ses collègues nous dit sobrement :
"Le travail de Michael sur les poètes français du 19e siècle et, plus récemment, son travail sur l'édition de la correspondance de Verlaine, sont de la plus haute qualité. Nous perdons un érudit d'une grande intégrité et de la connaissance et un professeur attentionné et dévoué ».
J'ajoute pour ma part qu'il fut un défenseur acharné de la protection de la maison du docteur Gachet dont il fut le seul chercheur a obtenir des entretiens avec Gachet fils. Un des commissaires de l'exposition et du catalogue "Gachet au musée d'Orsay", c'était aussi un grand rimbaldien.
Inutile de vous dire toute ma tristesse, lui qui a traversé ces dernières années des épreuves terribles. J’avais encore tant de choses à lui demander...
22:41 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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24/12/2012
Les Mormons : La création d'une nouvelle religion dans l'Union américaine en 1842, d'après des journaux de l'époque (mise à jour)
Par Bernard Vassor

Salt-Lake-City, la porte de l'Aigle..
Les journaux français étaient très sévères quand ils évoquaient "les religions bizarres professées dans L'Union". L'origine du nom de cette secte semble inconnue, bien que certains l'attribuent au nom de l'un des personnages du livre sacré ?
C'est un nommé Bennett se disant général (titre usurpé mais fort courant à l'époque), demeurant dans le village de Nauvoo (Illinois) fonda une secte qui interprêtait la bible à sa façon. Puisque Abraham avait eu des rapports avec Agar alors qu'étant marié, donc tous les hommes pouvaient avoir plusieurs femmes. Ces principes rencontrant un echo favorable auprès de la gent masculine. La ville de Nauvoo fut bientôt pionnière de cette nouvelle religion. Le général Benett choisit comme successeur un de ses disciples William Stafford. Celui-ci fut bientôt détrôné par le fameux Joé Smth.
Smith était né à Sharron (Vermont) en 1805. Ses parents appartenaient à la secte des Mormons. En 1823, il déclara avoir reçu la visite d'un ange qui lui prédisait la découverte prochaine du Livre des Mormons.* Joé prit alors la tête d'un parti s'opposant àStafford.
Quelques uns de ses opposants publièrent un ouvrage dans lequel ils dénoncèrent Joé Smith comme ayant enfreint les lois de la religion, le traitant d'intrigant voulant tromper le peuple en lui faisant croire qu'il pouvait découvrir des trésors cachés. Car Joé prétendait avoir en sa possession une pierre miraculeuse qui lui permettait de découvrir les trésors cachés dans les entrailles de la terre, dont il pouvait faire bénéficier ceux qui lui auraient payé une consultation. Il avait en outre trouvé une bible aux feuilles d'or faisant suite au livre des Mormons dont il avait reçu du ciel l'ordre de la publication. Joé avait un frère nommé Hiram, avec qui il s'était associé. Après avoir reçu des sommes énormes de souscription pour cette publication, un ordre du ciel les obligea à détruire cet ouvrage pour ne pas qu'il tombât dans des mains profanes ! En 1838, il s'autoproclama ministre des Mormons. Un officier de l'armée régulière le major Clarke en station dans l'Illinois, inquiet de la situation écrivit au président pour lui donner connaissance de faits qui se produisaient dans cette secte. Il les accusait de vols de meurtres et de libertinage. Mais, l'influence de Joé smith dont les rangs avaient considérablement grossis, firent du petit village qu'il était, une ville importante, avec un temple, et une piscine destinée au baptêmes des enfants, pour purifier les morts et laver les consciences, et à toutes sortes d'usages.
Quelques adeptes dissidents publièrent un journal : "Le Nauvoo Expositor" où ils exposaient leurs griefs contre la mainmise absolue des frères Smith. La réponse fut immédiate, Smith lança un appel aux armes, une troupe de trois cents hommes fondit sur l'imprimerie où était édité ce journal, le matériel fut jeté dans la rue, les presses détruites, puis on y mit le feu. Les attaquants ne se séparèrent que lorsque tout fut réduit en cendres. Des ennemis des Mormons, dans une ville voisine à Warsaw s'organisèrent et s'armèrent pour contrer les disciples de Joé Smith. Celui-ci organisa une police et déclara une guerre d'extermination contre les habitants de la ville. Mais, ceux-ci secourus par des habitants des comtés voisins firent une telle démonstration de force que la panique saisit les Mormons. Joé et Hiram abandonnant leurs disciples prirent la fuite à travers champs. Ils furent poursuivis et arrêtés par un bataillon du corps de l'armée régulière et conduits dans une prison improvisée. Quelques hommes voulant se débarrasser définitivement des deux frères, se barbouillèrent le visage de noir, et profitant d'un moment où la garde était réduite se ruèrent sur les eux. Joé réussit à se dégager et voulut se sauver en se jetant par la fenêtre. Mais, des hommes l'attendaient dans la cour de la caserne. Joé, avant d'avoir atteint le sol avait reçu cent dix sept chevrotines dans le corps. Son frère Hiram subit le même sort.
1
Nous avons, dans le dernier article laissé Elder Smith reconstruire sur les bords du Lac Salé, la Nouvelle Jérusalem.
Joé (Joseph) Smith( 1805-1844) prophète des Mormons
............
Les Mormons n'étaient guère connus en Europe, ce que l'on savait d'eux, se bornait au fait que leur religion leur recommandait d'avoir plusieurs femmes. A la fin du XIX° siècle, ils avaient obtenus la majorité des suffrages dans l'état de l'Utah. Un de leur représentant venait d'être envoyé à la Chambre haute de Washington, le sénateur Smooth. Une de leur communauté avait déjà été invalidée sous l'inculpation de polygamie. Le sénateur Smooth était-il polygame ?
Une enquête de la commission du sénat lui découvrit une femme dans l'Etat de l'Utah, et une seconde à Honolulu....Il fut lui aussi invalidé.
Quand Joseph Smith vers 1830, fonda "l'Eglise de Jesus-Christ, des Saints des derniers jours", il n'y avait que cinq adhérents. Ils étaient 400 000 à la fin du siècle. Ils avaient une majorité de trois quarts d'élus dans l'Utah, et progressaient dans l'Idaho et les états voisins. Leur président Smith, annonçait une acquisition de 67 000 ares de terrains qui allaient être divisés en lots pour être distribués à des colons. Ils avaient une formidable puissance d'expansion. La contrée qu'ils avaient investie était au départ un désert, elle fut progressivement la plus cultivée et radieuse des États-Unis, il n'y avait pas de ville plus jolie que Salt-Lake-City, avec de larges avenues bordées de peupliers, de belles résidences somptueuses et le splendide Temple des Mormons construit en pierres blanches avec six tours, peut-être à l'époque, le plus beau monument des États-Unis.
10:22 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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22/12/2012
Les bains à quat'sous, les écoles de natation, un ordonnance du bon docteur Guillotin à Marie-Antoinette.
Par Bernard Vassor

Qui, mieux qu'Honoré Daumier pour illustrer la piscine Deligny.
Deligny eut le premier l’idée de fonder une école de natation au début du XIXe siècle. Un décret de l’empereur ordonna de créer une école de natation sur le plan de celle de Deligny dans chaque ville où il y avait un lycée. Ce décret ne fut jamais exécuté. Deux écoles furent établies sur la Seine sous la restauration. L’une qui était tenue par Monsieur Petit se trouvait quai de Bethune ; l’autre, celle de Deligny était amarrée à l’extrémité du quai d’Orsay. Toutes les deux étaient dissemblables.

La Seine était couverte de bains à quat’sous qui avaient un aspect repoussant. Quelques planches mal jointes non rabottées recouvertes d’une grosse toile indiquaient ces lieux. Une corde attachée à des pieux était tendue d’un bord à l’autre et servait aux ébats natatoires. Il n’y avait pas de cabines. Les vêtements des baigneurs étaient posés en vrac sur un pont aménagé. Pour ceux qui pouvaient payer, on leur louait un caleçon, mais, la majorité des baigneurs refusaient ces accessoires, préférant se baigner nus.Il y avait aussi le bain Tronchon à l’île de Louvier*, le rendez-vous des écoliers buissonniers du lycée Charlemagne. La profondeur de l’eau dans ces endroits ne dépassait pas 1 mètre cinquante.
*L’ïle de Louvier , face au « Grand Arsenal, était reliée au quai des Célestins par le pont de Gramont. En 1841 avec les terres du déblai des fossés du mur d’enceinte de Thiers, l’île fut absorbée par « le chemin du Mail" qui bordait le palais du marquis Voyer-Paulmy d'Argenson.

Une ordonnance pour bains chauds gratuits établis sur la Rivière (de Seine) sous la protection du Bureau de la Ville de Paris. Ayant pour bénéficiaire une nommée Marie-Antoinette...illisible; demeurant rue du Petit-Pont, pour un traitement de ..30 jours. Guillotin, en hygiéniste convaincu fut un adepte de l'hydrothérapie froide.
Dans les années 1850, il existait aussi plusieurs piscines dans Paris, celle du quai Voltaire,, piscine des Bains, des Fleurs (quai de l'Ecole), et les bains Lambert dans l'île Saint-Louis.
17:15 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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20/12/2012
LA FOIRE AU PAIN D'EPICE (en 1869) ET AU JAMBON
Par Bernard Vassor

Pendant deux ou trois jours, Paris avait une physionomie bizarre. On ne voyait partout le lundi de Pâques que des gens portant de grands "bonhomme" de toutes les tailles. Les grandes personnes les plus sérieuses devenaient des enfants, jouant à des jeux de gamins, comme si elles étaient des gamins elles-mêmes. S'apostrophant, faisant des remarques parfois désobligeantes mais avec humour sur les accoutrements des uns et des autres. Une gaité populaire s'en donnait à cœur joie pour célébrer, oubliant la République, le Roi du Pain d'Epice. Des baraques de bois peint étaient pleine de jouets, de mirlitons, de sifflets et de crécelles le long des boulevards, où se dressaient de grands mats enrubannés de longues oriflammes de toutes les couleurs. Comme au bon temps du Boulevard du Crime, des saltimbanques forment des parades, incitant les gens à grand renfort de plaisanteries plus ou moins salace, à « venir admirer, la grrrrande représentation, le spectacle le plus extraordinaire qu’on va donner à l’intérieur! ». Le pain d’épice, roi de la fête s’étale par dizaines de kilos, peu importe qu’il soit bon ou mauvais pourvu que l’on ait eu le plaisir de le gagner à une loterie, un tourniquet ou à un jeu de quilles. On mange le pain d’épice en écoutant monsieur Bambochinet vous prédire d’heureuses nouvelles à partager avec vos connaissances et amis. Sa dernière révélation est la découverte aux environs de Montrouge d’une mine de fromage de…Hollande, et d’une source de café à la crème.
Le jour de la rupture du carème était consacré à la Foire au Jambon.
La tradition était plus ancienne, Olivier de Serres (1539-1619) raconte que de son tems, on accourait des provinces, & surtout de Normandie & de basse Bretagne, apporter à cette foire du porc salé. Le meilleur venant de Châlons-sur-Saône » A paris, au chapitre de Notre-Dame, des cérémonies solennelles « baconiques » où l’on ne servait que du porc étaient organisées le jeudi suivant la Semaine Sainte sur le parvis de la cathédrale, telle est croit-on que provient l’origine de cette ancienne Foire au Jambon appelée le décarèmage. Le jambon et le lard étaient bénis à l’intérieur de la cathédrale. Par la suite, le jour du décarèmage a été déplacé du jeudi au mardi pour faire suite à la Foire au Pain d’Epice.
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Le Pré Catelan, le bois de Boulogne, embellissements de Paris par Jean-Charles Alphand.
Par Bernard Vassor

En 1852, la ville de Paris obtint par décret la propriété du bois de Boulogne qui appartenait à l'Etat, à la condition que dans les années suivantes soient engagés 2 millions de francs pour des travaux d'embellissement, travaux qui furent achevés en 1856.
Le bois, qui s'étend de la porte Maillot à l'ouest, jusqu'aux bords de la Seine est une parcelle de ce qui fut l'immense foret de Rouvray (chênes rouvres) laissée à l'abandon jusqu'au premier empire, où Napoléon fit tracer quelques routes et la purgea des bandes de malfaiteurs qui y sévissaient.
Les invasions étrangères accompagnant le retour des émigrés et de Louis XVIII virent la plus grande partie des arbres incendiés ou détruits par les armées d’occupation anglaises et russes de 40 000 hommes en 1814 et 1815. Adolphe Thiers paracheva le massacre en amputant une grande portion du bois lors de la construction en 1841 du nouveau mur d'enceinte. Les grands chênes, amère destinée, finirent leur existence comme vulgaire terre de déblai pour la création d'îles artificielles dans la Seine.
C'est sous la direction de l'ingénieur Jean-Charles Alphand* et Jean-Pierre Barrillet prenant la suite d'un certain Varé, totalement incompétent, que 200 000 arbres furent plantés, et l'architecture aménagée de manière harmonieuse, comme tout ce qu'entreprenait l'ingénieux ingénieur visionnaire injustement méconnu à mon goût. Nous devons à Jean-Charles Alphand la plupart des plantations de ses promenades, de nombreux squares, d’arbres bordant les grandes voies le bois de Vincennes, le parc Monceau, le boulevard Richard-Lenoir, le parc des Buttes-Chaumont, du parc Montsouris, le square des Batignoles, le square du Temple, les jardins du Trocadéro pour l’exposition de 1878. Il prit part à l’organisation des expositions universelles de 1867, 1878 et surtout de 1889. J"allais oublier sa partticipation à la création du Jardin d'Acclimation et à bien d'autres travaux.

Dans le centre du bois, entre la rivière et la cascade se trouve le Pré Catelan. Sur un des chemins y conduisant, on pouvait apercevoir au XIX° siècle les traces d’un tombeau à l’emplacement de l’endroit ou un crime avait été commis. Le roi Charles VII, avait fait venir à sa cour un trouvère nommé Catelan. Celui-ci, devant se rendre à l’église Notre-Dame-de-Boulogne obtint du roi une escorte pour traverser la foret de Rouvray qui était infestée de brigands. Mais, en chemin, ce sont les hommes chargés de le protéger qui l’assassinèrent. Le nom de Pré Catelan fut donné à « la scène du crime ».
C’est un grand parc à l’intérieur d’un parc plus grand agrémenté par Jean-Charles Alphand de jardins aux arbres d’essences rares de plus de cinquante ans, transplantées grâce à des procédés nouveaux.
On y trouvait une villa italienne, une brasserie hollandaise, des pavillons, des chalets, des théâtres, des kiosques, un laboratoire de chimie, un bureau de télégraphie électrique, un atelier de photographie, de nombreux ouvriers travaillaient en permanence à l’amélioration de ces magnifiques établissements.
Certains soirs, lors de grandes fêtes, les jardins étaient éclairés par cent mille becs de gaz.
A l'heure où nous parlons, un grand groupe de luxe a obtenu l'autorisation de construire un bâtiment de plus de quarante mètres de hauteur sur l'emplacement du manège des papillons, de restaurants et surtout la suppression d'une grande partie de "L'Allée Alphand"sur un terrain en principe inconstructible. Tout cela pour satisfaire les caprices d'un homme voulant sa fondation pour concurencer un autre grand du luxe.
Ajoutons, mais n'y voyez pas malice, que ce grand capitaine d'industrie a choisi de s'installer en Belgique, non pas pour des raisons fiscales, mais peut-être pour la proximité du Manneken-Pis, ou bien celle nouvelle, d'un acteur pétomane ? L'inauguration du blockhaus culturel mégalomaniaque est prévue pour 2013 !
*Il a vu le jour à Grenoble le 26 octobre 1817, décédé à Paris le 6 décembre 1891.
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19/12/2012
PARIS DISPARU : LE PASSAGE DU PONT-NEUF, THERESE RAQUIN ET L’ÎLE DE SAINT-OUEN SAINT-DENIS
Par Bernard Vassor
A mon ami Alain.

Le passage avait une entrée 44 rue Mazarine, et aboutissait 43 rue de Seine dans le VI° arrondissement .
Construit de 1823 à 1824, il fut démoli en 1912 pour créer la place Jacques Callot. Dumas, dans le Comte de Monte-Cristo, fait traverser le passage du Pont-Neuf par Mme Danglars .
...........................
Dans le premier chapitre de Thérèse Raquin, Zola décrit le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre. Après avoir présenté ces lieux sinistres, il dresse un tableau de la boutique de Thérèse et des habitants du passage :
«.-Le soir, trois becs de gaz, enfermés dans des lanternes lourdes et carrées, éclairent le passage. Ces becs de gaz, pendus au vitrage sur lequel ils jettent des taches de clarté fauve, laissent tomber. Autour d'eux des ronds d'une lueur pâle qui vacillent et semblent disparaître par instants. Le passage prend l'aspect sinistre d'un véritable coupe-gorge ; de grandes ombres s'allongent sur les dalles, des souffles humides viennent de la rue ; on dirait une galerie souterraine vaguement éclairée par trois lampes funéraires. Les marchands se contentent, pour tout éclairage, des maigres rayons que les becs de gaz envoient à leurs vitrines ; ils allument seulement, dans leur boutique, une lampe munie d'un abat-jour, qu'ils posent sur un coin de leur comptoir, et les passants peuvent alors distinguer ce qu'il y a au fond de ces trous où la nuit habite pendant le jour. Sur la ligne noirâtre des devantures, les vitres d'un cartonnier flamboient : deux lampes à schiste trouent l'ombre de deux flammes jaunes. Et, de l'autre côté, une bougie, plantée au milieu d'un verre à quinquet, met des étoiles de lumière dans la boîte de bijoux faux. La marchande sommeille au fond de son armoire, les mains cachées sous son châle. Il y a quelques années, en face de cette marchande, se trouvait une boutique dont les boiseries d'un vert bouteille suaient l'humidité par toutes leurs fentes. L'enseigne, faite d'une planche étroite et longue, portait, en lettres noires, le mot Mercerie, et sur une des vitres de la porte était écrit un nom de femme : Thérèse Raquin, en caractères rouges. A droite et à gauche s'enfonçaient des vitrines profondes, tapissées de papier bleu. Pendant le jour, le regard ne pouvait distinguer que l'étalage, dans un clair-obscur adouci. D’un côté, il y avait un peu de lingerie : des bonnets de tulle tuyautés à deux et trois francs. Vers midi, en été, lorsque le soleil brûlait les places et les rues de rayons fauves, on distinguait, derrière les bonnets de l'autre vitrine, un profil pâle et grave de jeune femme. Ce profil sortait vaguement des ténèbres qui régnaient dans la boutique. Au front bas et sec s'attachait un nez long, étroit, effilé ; les lèvres étaient deux minces traits d'un rose pâle, et le menton, court et nerveux, tenait au cou par une ligne souple et grasse On ne voyait pas le corps, qui se perdait dans l'ombre ; le profil seul apparaissait, d'une blancheur mate, troué d'un œil noir largement ouvert, et comme écrasé sous une épaisse chevelure sombre. Il était là, pendant des heures, immobile et paisible, entre deux bonnets sur lesquels les tringles humides avaient laissé des bandes de rouille. Le soir, lorsque la lampe était allumée, on voyait l'intérieur de la boutique. Elle était plus longue que profonde ; à l'un des bouts, se trouvait un petit comptoir ; à l'autre bout, un escalier en forme de vis menait aux chambres du premier étage. Contre les murs étaient plaquées des vitrines, des armoires, des rangées de cartons verts ; quatre chaises et une table complétaient le mobilier. La pièce paraissait nue, glaciale ; les marchandises, empaquetées, serrées dans des coins, ne traînaient pas çà et là avec leur joyeux tapage de couleurs. D’ordinaire, il y avait deux femmes assises derrière le comptoir : la jeune femme au profil grave et une vieille dame qui souriait en sommeillant. Cette dernière avait environ soixante ans ; son visage gras et placide blanchissait sous les clartés de la lampe. Un gros chat tigré, accroupi sur un angle du comptoir, la regardait dormir. Plus bas, assis sur une chaise, un homme d'une trentaine d'années lisait ou causait à demi-voix avec la jeune femme. Il était petit, chétif, d'allure languissante ; les cheveux d'un blond fade, la barbe rare, le visage couvert de taches de rousseur, il ressemblait à un enfant malade et gâté."

"Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu'on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine."
Ce troisième roman de Zola a été écrit en 1867.
Dix ans plus tôt, le peintre Auguste de Chatillon, ami de Gérard de Nerval et Théophile Gautier avait composé un long poème : "Promenade à l'île de Saint-Ouen-Saint-Denis (partant des Batignoles)* " décrivant un paysage bordé de maisons de "bisque-en-coin" pour visiter cette île ; "comme une île de Cytère".
-On entend des cris d'allégresses....
Voulez-vous voir une kermesse,
De gais buveurs, un gai festin ?
Ceux-là sont auprès du moulin;
Allons vers ce monde en liesse.
Dans ce poème, Chatillon s'en prend vertement aux canotiers qui viennent troubler les bouchons les des pêcheurs à la ligne !
Ce moulin situé sur l'île du Chatelier s'appelait "Le Moulin joli", il appartenait à Marie-Thérèse Compoint** la grand-mère Charlotte de Jean Baptiste Clément qui y avait passé une partie de son enfance. Près du moulin, il y avait une gargote appelée "Le Moulin de la Galette", un privilège dont bénéficiaient les meuniers depuis toujours, selon le droit coûtumier.
C'est dans cette île, près d'un moulin de cage, que les personnages de Thérèse Raquin : Laurent Camille et Thérèse se rendirent un dimanche d'automne pour une partie de campagne. C'est là que germa l'idée d'assassiner Camille, le mari de Thérèse dans le cerveau de Laurent. Après avoir loué une barque auprès de l'aubergiste, fit monter Camille et Thérèse, et Laurent, après s'être avanturé entre deux îles saisit Camille à la gorge et commença à l'étrangler. près une bagarre mouvementée, Laurent fit tomber Camille dans la Seine. Celui-ci, ne sachant pas nager se noya inexorablement.
Quelques questions me tirlipotent : Jean Baptiste (sans trait d'union) a--t-il lu Thérèse Raquin ? Emile Zola connaissait-il l'existence de Clément ? En 1867, Clément, poursuivi par la police s'était réfugié en Belgique (c'est à Bruxelles dit une légende, que Clément échangea avec le chanteur d'opéra Antoine Renard sa chanson : Le Temps des Cerises, contre un macfarlane). Revenu à Paris, il fut élu délégué de la Commune de Paris pour le dix-huitième arrondissement, Zola, chroniquer à Versailles ne pouvait pas l'ignorer.
*En ce temps là, de petites îles se trouvaient réunies par plusieurs ponts entre Saint-Ouen et Saint-Denis.
**La riche famille Compoint à qui l'on a donné pas moins de trois noms de rues à Montmartre. Elle possédait une grande partie de terres agricoles à Saint-Ouen et un tiers du versant nord de la commune de Montmartre. Vincent Compoint un oncle de Clément fut maire de Saint-Ouen.
Mise à jour le 19/12/2012.
18:43 Écrit par vassor (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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