08.02.2010

Pierre Etaix : Une communication de l'Association "IL ÉTAIX UNE FOIS"

 

 

Dessin pierre Etaix.jpg
Dessin de Pierre Etaix pour "LE CARTON A CHAPEAU".
Et nous les clowns
Qu"allons nous devenir ?
Pierre Etaix, octobre 1981

 

En attendant de revoir "YOYO" au cinéma, retrouvez le... SUR SCÈNE !


Fin janvier, après une semaine de résidence au Théâtre du Pont Tournant de Bordeaux (merci Stéphane Alvarez), Pierre Étaix présentait  la première mouture de " MIOUSIK PAPILLON ", un tout nouveau spectacle mêlant clown, mime, magie, jazz et music-hall.


Quelle émotion de retrouver YOYO sur scène après plus de quarante années d'absence, mais aussi Hadrien Trigance (mime), Odile Étaix (chant), Patrice Authier (piano), Pierre Maingourd (contrebasse), Marc Étaix (batterie).


Aujourd'hui, MIOUSIK PAPILLON est à la croisée des chemins.

Certes, le PAPILLON est né mais il reste encore beaucoup à faire: finir la construction du décor, concevoir et fabriquer les derniers costumes, terminer la mise au point des accessoires de magie, réaliser l'enregistrement et le mixage de la bande son définitive, financer l'achat d'équipements spécifiques (1 projecteur automatique, une patience démontable), prévoir les moyens humains et financiers nécessaires aux dernières répétitions, à la promotion et à la diffusion du spectacle, etc, etc ...

Pierre Étaix et sa petite troupe ne bénéficient, à l'heure actuelle, d'aucune subvention, d'aucune aide, hormis l'indéfectible soutien des membres de l'association "IL ÉTAIX UNE FOIS".
MIOUSIK PAPILLON a donc besoin d'un petit (ou plutôt d'un gros) coup de pouce pour "vivre" et être diffusé.

Un peu plus de 30000 euros sont aujourd'hui nécessaires pour que ce merveilleux projet puisse enfin partir sur les routes !
Alors, si comme nous tous vous souhaitez revoir (ou découvrir) Pierre Étaix sur scène, visitez ce lien pour participer à l'envol du PAPILLON !

YOYO a besoin de votre aide et votre soutien !

Merci.



PS TRÈS IMPORTANT: La petite troupe de Pierre Étaix recherche un théâtre en état de marche pour 2 semaines de répétitions avant la fin mars 2010.

Nous recherchons aussi des partenaires institutionnels ou privés (sponsoring, mécénat, apport en matériel ou prestation).

N'hésitez pas à contacter l'association "IL ÉTAIX UNE FOIS" à cette adresse si vous avez une idée ou une proposition : etaixasso@gmail.com
Merci.


Association "Il Étaix une fois"
1 / 3 rue d'Enghien t;/div>
75010 PARIS

"Ce qu'une goutte d'eau ne peut, l'orage le pleut".

06:29 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pierre etaix

06.02.2010

Rimbaud et Verlaine et "Le Rat Mort" à Paris et à Ostende

PAR BERNARD VASSOR
rat mort Alain Pouillard 02.jpg
Mon ami Alain Pouillart, correspondant des "Amis de Rimbaud" en Champagne me communique les 'informations suivantes :
"rat mort : bal à ostende depuis 1886 en souvenir du café du rat mort Paris, où Rimbaud tailladait les cuisses de
Verlaine !Le rat mort de Paris était tenu par un Belge à l'époque de Rimbaud. Dans le groupe des Belges en goguette qui emportèrent le souvenir de ce lieu lors d'une virée mémorable figurait le peintre Ensor, dont après Orsay, on fête le 150e anniversaire à Ostende.Prochain bal du rat mort à Ostende : mars 2010. On attend 2500 invités costumés.
Qui pourra m'en dire davantage sur cette étrange histoire (avec en + le passage de Rimbaud et Verlaine à Ostende)
Peut-être notre correspondant Belge ...ou nos futurs correspondants Anglais ?
Alain Pouillart
Taissy France"
.......
A ma connaissance, cette soirée très arrosée au Rat Mort avait commencé par un jeu qui consiste à écarter les doigts d'une main et de planter un couteau entre chaque phalange d'une main de plus en plus rapidement. A ce petit jeu, le couteau de Rimbaud dans un geste désordonné se serait retrouvé planté dans la cuisse de Verlaine.
Il y eut un précédent. Le 2 mars 1872, lors d'une réunion des "Vilains Bonshommes", les convives passablement éméchés, lisent des poèmes à tour de rôle. Quand vint le tour de Jean Aicard, il fut interrompu à chaque fin de vers par des gloussements
d'Arthur :"Merde, merde, c'est de la merde !". Furieux Etienne Carjat tenta de le calmer; alors, saisissant une canne épée, Rimbaud blessa Carjat au ventre (d'après une des versions de cette histoire)

Au n° 7 actuel de la place, un limonadier s’était installé en 1835. Cet établissement construit à l’angle de la rue Frochot et de la place, se nommait "le Grand Café de la Place Pigalle" mais les clients s’empressèrent de le baptiser "le Rat Mort" en raison de l’odeur pestilentielle qui empuantissait l’endroit le jour de l'inauguration, ce qui ne l’empêcha pas de devenir le rendez-vous de tout ce qui comptait comme journalistes, écrivains, peintres et jolies dames esseulées. On pouvait aussi rencontrer tous les chiens du quartier, terriers, épagneuls, bichons havanais, lévriers, barbets, caniches, qui s’y livraient à des combats acharnés. Le plafond représentant un immense rat crevé, avait été décoré par le peintre Léon Goupil qui, d'après des témoignages de l'époque était ivre du matin au soir. Une anecdote relate qu'un matin, sortant du Rat Mort, une bouteille à la main, il suivit un cortège funèbre qui passait place Pigalle pour se rendre au cimetière du Nord. Il chantait à tue-tête des couplets graveleux jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que son nom figurait sur une couronne mortuaire ! C'était la dépouille de sa femme  qui était dans le cercueil.....Aux alentours de 1880, ce cabaret devint une brasserie de femmes pour femmes.

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Au Rat Mort à Paris
Ce dessin est de Jean-Louis Forain (surnommé par Verlaine la petite chatte blonde), compagnon de Verlaine et Rimbaud dans sa jeunesse, période que le peintre devenu mondain et réactionnaire renia jusqu'à la fin de ses jours.
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Le Rat Mort vers 1900.
C'est en septembre 1872, que Rimbald et Verlaine prirent le bateau à Ostende pour se rendre à Londres en passant par Douvres

05.02.2010

Parution du dernier bulletin de "La Société d'Histoire et d'Archéologie "Le Vieux Montmartre"

Par Bernard Vassor

 

Fascicule musée de montmartre.jpg

Dans ce fascicule n° 79, le président fait le point sur les évènements qui se sont abattus sur le musée et la Société Historique et Archéologique du Vieux Montmartre. Souvenez-vous, en octobre, la mairie de Paris annonçait sa volonté de vendre au privé les bâtiments du musée, et son annexe, l'Hôtel Demarne. De plus pour faciliter les choses par la voix de Danielle Pourtaud, adjointe de monsieur le maire de Paris Delanoé, l'Hôtel de Ville demandait à l'association montmartroise de se faire hara-kiri. Aussitôt, une mobilisation sans précédent, a soulevé l'indignation d'amoureux de Montmartre de tous bords. Un comité de soutien rassemblant des professeurs d'universités, des membres de l'Institut, des historiennes de l'art des commerçants, des dessinatrices humoristiques, un producteur de télévision célèbre, une universitaire américaine spécialiste incontestée de Renoir, Claire Durand-Ruel, historienne de l'art, arrière petite fille du célèbre marchand de tableaux (ancien fabricant de couleurs) Sophie Renoir, arrière petite-fille d'Auguste, des journalistes (dont Raymond Lansoy qui a recueilli à lui seul des milliers de signatures) des réalisateurs des comédiennes, le curé de l'église Saint-Pierre et Michou, le marchand de tableaux André Roussard, des cinéastes célèbres et toute une kyrielle de représentants de la vie à Montmartre. La liste nominative duComité de soutien figure en tête de ce bulletin. Fin janvier, une pétition rassemblant plus de 12 000 signatures la réalisation d'un film documentaire, l'édition d'un CD et le soutien de la presse locale ont permis de faire reculer les velléités mortifères des édiles municipaux. La situation aujourd'hui est stabilisée, il n'est plus question de disperser les collections aux quatre vents. Sauf dernière volte-face après les élections une nouvelle direction va assainir les finances et une nouvelle orientation avec le concours de "sponsors".

 

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Bien sûr, ce numéro est aussi pour la plus grande partie des articles consacrée à Fernand Pelez 'exposition au Petit-Palais, à Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, à un article de mon ami Rodolphe Trouilleux "Dans les archives du Vieux Montmartre" de l'enrichissement des collections etc..

Dépôt légal 1° semestre 2010

ISNN 2104 5437

 

21:08 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : montmarte, paris

Anniversaire de la mort du père Tanguy

Par Bernard Vassor

 

Père Tanguy Emile Bernard.jpg
L'ancien concièrge  du 10 rue Cortot (annexe du musée de Montmartre) par Emile Bernard

C'est le 6 février 1894 à "une heure du soir" que Julien François Tanguy fabricant de couleurs âgé de 68 ans (et non pas 78, comme le mentionne l'acte de décès) s'est éteint dans sa boutique-domicile du 9 rue Clauzel. La déclaration dressée par Henri Chain, adjoint au maire du 9° arrondissement, sur les indications du mari de sa fille Mathilde, Onésime Chenu, sellier au 9 rue Norvin, et de Emile Degaut, fabricant de semelles 9 rue Clauzel.

Dès 1893, après son déménagement, Julien Tanguy, était asmathique et souffrait d'un cancer de l'estomac qui ne fut diagnostiqué que plus tard. On croyait alors qu'il n'avait qu'une hernie et que tout allait s'arranger. En janvier 1894, il fut transporté à l'hôpital Lariboisière où son cas fut jugé désespéré. Le père Tanguy préféra rentrer chez lui pour y mourir entouré de sa famille.

Bien qu'étant dépositaire de collections de toiles de Vincent van Gogh, de Cézanne (dont le portrait d'Achile Emperere qu'il avait sauvé de la folie destructrice du peintre d'Aix en Provence) de Guillaumin, son voisin au 6 rue Clauzel, Gauguin, d'Emile Bernard et de bien d'autres, la famille Tanguy vivait dans la plus grande précarité.

Le 8 février 1894, il fut inhumé dans la 14° tranchée (des pauvres) gratuite du cimetière de Saint-Ouen. Il ne reste rien de sa sépulture, des pelleteuses faisant place nette pour d'autres pauvres gens comme lui.

04.02.2010

La guinguette de la rue de Bondy (94)

Par Bernard Vassor

RUE DE BONDY auberge.jpg

Vers 1900

C'est dans cette ancienne rue des Fossés Saint-Martin* qu'une guinguette était installée au temps de Louis XIV. Cette  maison était  le type parfait qui était resté intact  d'une maison du XVII° siècle près de l'ancienne porte de la Ville à l'entrée du faubourg. L'historien Charles Lefeuve note :

(rue de Bondy)-" le 96 ne s'éleva pas tout d'une pièce, mais il en sortit sous Henri IV, d'un plan de choux, avec un des ses pareils, qui est encore avec lui côte à côte"

Il n'a au dessus de l'entresol que sept mansardes ardoisées au premier étage, et encore au dessus, symétriquement à droite et à gauche sur le toit, deux mansardes avec encadrement de pierre de la même époque. Il  faut ajouter qu'il peut être démoli d'un jour à l'autre (écrit en 1913, fort  heureusement, cette maison ayant subi quelques transformations minimes est toujours debout !)

Renseignements pris auprès d'une des locataires très aimable de cette maison, les "Bâtiments de France" ont entrepris un travail formidable, redonner à cette maison son aspect d'origine. Menacée de destruction plusieurs fois, une restauration minutieuse a commencé depuis 7 ans environ avec des matériaux récupérés miraculeusement sur place. L'immeuble qui menaçait de s'effondrer a été renforcé de poutrelle métalliques soutenant l'escalier. Les balcons avec les appuis en fer forgé retrouvés ont remplacé ce que nous voyons sur cette photographie (plus haut) datant de 1913)

La porte d'entrée du XVII° siècle remise en place, Il reste encore quelques détails de restauration, le remplacement des fenêtres en PVC (?) et les deux balcons de la partie droite (photo ci-dessous) L'escalier aux marches usées a dû être gravi par de nombreux clients de la guinguette.  Merci à la municipalité du X° et aux "Bâtiments de France" qui ont su préserver un tel lieu.

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Aujourd'hui décembre 2010 94 rue René Boulangermedium_94_rene_boulanger_porte_retrouvee.jpg
*Appelée autrefois rue de Bondy et aujourd'hui rue René Boulanger

Ci-contre, la porte d'origine avec l'huisserie retrouvée.

Un seul détail me laisse perplexe, les murs intérieurs de l'escalier sont en marbre rose ?

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Dans les années 1870, c'est une "Brasserie de filles" qui s'installa rue de Bondy. Lieu de prostitution, où le patron proxénète ne risquait pas grand chose. Les filles disposaient des chambres au dessus de l'établissement, et aucune obligation sanitaire comme pour les maisons de tolérance n'était exigée. Quelques patrons furent parfois condamnés à cinq franc d'amendes pour proxénétisme envers des mineurs, mais, la plupart du temps la police fermait les yeux en raison de services rendus par "les cabaretiers".
rue de bondy brasserie archives B.V..jpg
En 1910, une autre "brasserie de femmes" a remplacé la Brasserie des Entr'actes, surnommée ainsi en raison de la proximité du Théâtre de la Renaissance.  Comme vous pouvez le constater, c'est dans un décor plus exotique et plus restreint que "Le Cabaret des Antilles" à 30c le bock eut une existence éphémère; une expropriation pour démolition mit un terme au "services rendus" par de jeunes créoles.
Pour terminer, je veux exprimer un regret : c'est que le "Café de La Nouvelle Athènes" place Pigalle n'ai pas eu de la part des élus du 9° arrondissement n'aient eu la même volonté de préservation du symbole même de l'impressionnisme malgré me s efforts désespérés pour éviter ce vandalisme municipal.
Mise à jour le 4/02/2010

Agnès Bihl En concert à l’Européen.

 

Agnès Bihl rêve général 02.jpg

Grand prix de l'Académie Charles Cros en 2005 pour son album "Merci maman, merci papa", prix Félix Leclerc et prix Francis Lemarque en 2006, Agnès Bihl, à l'occasion de la parution de son quatrième album, va se faire entendre en concert  à l'Européen les 10, 11, 12, et 13 février. Chanteuse à texte, Agnès se veut l'héritière de Brassens, Brel, Anne Sylvestre et se définit comme "Renaud au féminin". Chanteuse engagée et contestataire, elle aborde sans complexe tous les sujets d'actualité. Et comme quelqu'un m'a dit, c'est un vaccin contre la connerie, garanti non H1N1......

Théâtre l'Européen

5 rue Biot

75017 Paris

Métro Place Clichy

Autobus :

30 - 54 - 74 - NOCT C - 68 - 80 - 81 - 95 (Arrêt Place de Clichy)
30 - 54 - 74 - 80 - 95 (Arrêt Place de Clichy - Caulaincourt)
66 (Arrêt boulevard des Batignolles)

Informations - Billetterie :
Tél : 01 43 87 97 13
Les billets sont à retirer 30 mn avant le concert

Du lundi au samedi de 13h à 19h

Tarif réduit : étudiants et chômeurs
sur présentation d'un justificatif au moment du retrait des billets

Autres points de ventes :
  • Locations : Fnac – Carrefour
    0 892 68 36 22 (0,34 € / mn)
  • Virgin
AGNES BIHL + 1ère partie Dorothée DANIEL
Du mercredi 10 février au samedi 13 février 2010
chanson

Petite fée blonde au sourire d’enfant têtu, Agnès Bihl a beaucoup chanté ses colères tout au long de ses trois premiers albums. Pour son 4e opus REVE GENERALe, elle choisit de mettre un peu de sourires dans ses concerts et signe des chansons d’amour, des tranches de vie heureuse, des portraits drolatiques, des scènes de comédie.

 

A l’occasion de l’ultimatum climatique et de la fin de l’enregistrement de son nouvel album Rêve Général(e), Agnès Bihl vous offre le titre DE BOUCHE A OREILLES en téléchargement gratuit via http://www.believe.fr/agnesbihl ! Une chanson qui nous invite tous à agir dès aujourd’hui !

12:11 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agnès bihl

28.01.2010

AUGUSTE KOTZEBUE, romancier, dramaturge, Meine Flucht nach Paris im Winter 1790.


par Bernard Vassor

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August Friedrich Ferdinand von Kotzebue est né à Weimar le 3 mai 1761, assassiné à Mannheim le 23 mars 1819.

(Gérard de Nerval fit un voyage sur les pas de Kotzebue et donna une traduction de "Mensonge et repentir".

Cet écrivain Allemand séjourna à deux reprises à Paris. D'abord en 1790, puis en 1804. Il a laissé des notes de voyage fort intéressantes sur les époques mouvementée de la révolution et du consulat.. Ensuite, attaché aux services de la Sainte Alliance, il fut tué d'un coup de couteau par un révolutionnaire nommé Sand. " Le 23 mars 1819, à dix heures du matin, un étudiant de l'université d'Iéna, Karl-Ludwig Sand, se présenta, avec une demande d'audience, dans la demeure de Kotzebue, qui lui donna rendez-vous pour l'après-midi. Il revint à l'heure indiquée, et, après avoir échangé quelques paroles avec Kotzebue, il le frappa au coeur d'un coup de poignard en s'écriant : "Traître à la patrie !". Il essaya ensuite de se tuer, et ne put que se blesser. Le procès dura jusqu'au mois de septembre; la sentence de mort ne fut prononcée que le 5 mai 1820, et l'exécution eut lieu le 20 mai. Un compte rendu du procès fut donné par Hohehorst (Stuttgart, 1820), mais la vente n'en fut autorisée que trois ans après. Dans le public, on plaignait non pas la victime, mais le meurtrier. Au reste, le crime de Sand, comme tous les crimes politiques, alla contre son but et ne fit que hâter la réaction. Quant à la réputation littéraire de Kotzebue, elle ne fut ni grandie ni diminuée par sa mort violente"

Sur son passage à Paris, Souvenirs de Paris en 1804 :medium_palais_royal_pour_kotzebue_05.jpg

TEMPS NOUVEAUX :

"L'habillement que l'on nomme aujourd'hui décent n'aurait pas été permis il y a deux cents ans aux femmes publique. Si cela continue, nos descendants habilleront leurs filles pour rien. On rit aujourd'hui, en songeant que dans un siècle peut-être on ne sera vêtu que d'une feuille de figuier; et cependant il y a moins de distance entre cette feuille et la chemise transparente d'aujourd'hui, qu'il n'y avait que les paniers que l'on portait il y a vingt cinq ans et le costume actuel. (..)On ne met plus de rouge, la pâleur est plus interessante. On appelle cela "une figure à la Psychée" (d'après le tableau deGérard). Les dames ne se servent plus que de blanc, et laissent le rouge aux hommes. Il y a quelques femmes d'un certain genre qui portent des schalls de casimir et des voiles de dentelle, le reste est abandonné aux espèces. La grande parure est très simple, point de fard, point de poudre, les cheveux en désordre, un diadème en brillants, une tunique en dentelle, point de corps, point de paniers, et beaucoup de fleurs.(..)

La mère et la fille sont mises à présent  de la même manière, se tutoient; et quand elles se disputent, aucune ne cède. Toutes deux dansent la gavotte, chantent, jouent aux cartes, rentrent séparément chez elles  font des folies et se  boudent (...) Le nombre de filles publiques paraît s'être considérablement accru depuis la Révolution; à la vérité elles n'osent plus faire leur commerce que la nuit; celles qui habitent le Palais-Royal ne quittent pas leur demeure avant le coucher du soleil, pour folâtrer sous les arcades; mais en revanche on en rencontre partout qui étalent leurs appas nus, avec une profusion extraordinaire, et par tous les temps possibles. Il est inconcevable que ces pauvres filles puissent demeurer huit  jours en bonne santé; elles n'ont absolument rien sur le corps qu'une robe blanche très fine et parfaitement collante ;vraisemblablement, elles n'ont ,pas de chemise, car elle se ferait au moins deviner par un pli, attendu qu'ells tiennent toutes leur robe par derrière, et qu'elles lla serrent contre les cuisses, de manière à ne rien laisser perdre de leur forme. (..) A la vérité, elles ont sous les arcades du Palais-Royal, la facilité de se promener à pieds sec, et à l'abri du mauvais temps; mais dans les rues, elles bravent avec intrépidité la pluie et la grêle, quand elles pensent qu'il est de interêt d'y rester, et qu'elles présument le temps favorable à la recette.Il faut que le coin de la rue Vivienne et de celle des Petits-Champs** soit un bon poste pour le gibier, car je ne suis jamais sorti le soir du Palais-Royal sans ne trouver là un troupeau : un jour j'en ai compter jusqu'à quatorze à cette place. Il pleuvait à verse, la rue était sale et crottée; mais elles n'y faisaient aucune attention. Cependant j'ai cru remarquer qu'elles sont moins importunes, moins hardies qu'il y a treize ans*; elles n'attaquent les passants que dans les endroits obscurs; partout où brille la clarté de la clarté des réverbère , elles se contentent de se présenter.(...)

.......................................

« C’était le 24 mai 1820, on exécutait Sand, le pauvre Sand ! Il avait vu

Kotzebue plus grand qu’il n’était, et il l’avait tué… » Ainsi commence dans "Le Comte

Hermann de Dumas" l’évocation nostalgique des derniers soubresauts de la lutte des

étudiants révolutionnaires allemands contre l’ordre rétabli par le Congrès de Vienne

en 1815. Assemblés dans la Burschenschaft, ces jeunes gens qui avaient interrompu

leurs études deux ans auparavant pour prendre part à la guerre de libération contre

Napoléon prirent une part importante aux mouvements libéraux et nationalistes qui

agitèrent l’Allemagne de cette époque. (site des Amis d'Alexandre Dumas)

...............................

*Lors de son premier séjour à Paris en 1790. Il avait publié: Paris en 1790, puis :

Souvenirs de Paris en 1804 , 2 volumes, Chez Barba, palais du tribunal,galerie derrière le Théâtre Français numéro 51, An XIII

**Cet endroit est situé à vingt mètres de la rue des Bons-Enfants, rue Radziwill

25.01.2010

Les Jeudis du Bocata : programme du 28 janvier : La soumission à l’autorité

 

Expérience de Milgram.02.jpg

Expérience de Milgram

 

BOCATA

31, rue Milton 75009 Paris

01.40.16.82.85

Jeudi 28 janvier

20H.30

La soumission à l’autorité

Jean-Paul Jouary et Laurent Bihl

Entre 1960 et 1963, une série d’expériences menée à l’université de Yale pulvérisèrent de nombreuses idées reçues et firent naître des controverses passionnées. Leur publication par leur jeune auteur, un professeur trentenaire nommé Stanley Milgram, intervint dans un contexte particulier, entre les premières analyses distanciées des sociétés totalitaires des années de guerre et les dérives comportementales des troupes issues du contingent dans le cadre des conflits de décolonisation. Le titre de son livre, La soumission à l’autorité, posait deux problèmes fondamentaux pour l’idée même de société libre et démocratique :

- Où finit la soumission à l’autorité, l’obéissance a priori normale aux ordres et où commence la responsabilité de l’individu ? Qu’est-ce que désobéir ?

- Jusqu’où peut-on aller pour démontrer un point de vue scientifique ?

En 1979, Henri Verneuil et Yves Montand décidaient d’utiliser le matériau du livre de Milgram afin d’insérer une séquence presque autonome dans le film « I comme Icare », expérience cinématographique assez originale de « film dans le film ». C’est cette fameuse séquence d’une vingtaine de minutes, interprétée par Yves Montand et Roger Planchon, que Jean-Paul Jouary (philosophe) et Laurent Bihl (histoire) vous proposent de voir (ou revoir). La soirée portera sur leur expérience de professeurs et les nombreuses fois où ils montrèrent cet extrait ensemble à leurs élèves, ainsi que sur les questions soulevées par cette aventure scientifique glaçante.

Les soirées sont gratuites. Si vous souhaitez y participer, merci de réserver vos places afin que nous puissions nous organiser. Ceux qui le souhaitent peuvent se restaurer à partir de 19H.30 ou après les causeries. Durant les interventions nous interrompons le service.

Carine et Eusebio

24.01.2010

Le deuxième volume des Cahiers Alexandre Dumas consacré au Théâtre Historique, vient de paraître

 

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Après le premier numéro qui engageait la "Société des Amis d'Alexandre Dumas" à participer à cette oeuvre collective, publié avec le concours  du Centre National du Livre. Ce premier cahier était dédié à la mémoire notre ami Pierre Gintzburger, à qui les Cahiers doivent tant, et comprenait
1. La Naissance du Théâtre Historique par Jean-Claude Yon
2. Le répertoire.
3. La troupe.
Cahier Dumas comité rédaction.jpg
Théâtre historique salle.jpg
Le deuxième volume de 224 pages donne les noms des directeurs, décorateurs, musique, correspondances, censure.
Ces volumes sont distribués par "Les Belles Lettres"
I.S.S.N. 076168034
I.S.B.N. 9786-2-9518096-7-3
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Adolphe Laferrière

Nicolas-Félix Desporte, le premier éphémère maire de Montmartre : une girouette surnommée "Le Caméléon politique"

Par Bernard Vassor

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D'après une copie manuscrite de la bibliothèque de Colmar offerte à la "Société d'Histoire et d'Archéologie du Vieux Montmartre" une "notice biographique" (moi je dirai plutôt hagiographique) a été publiée dans le bulletin de cette association en 1906.
Il a vu  le jour en 1803 à Rouen et il mourut à Paris 6 rue Laffitte en 1849.
Il était installé sur la place publique du Tertre cédée par l'abbaye, quand la révolution éclata après avoir épousé en 1788 une riche héritière Victoire Berryer. De cette union naquirent une fille et deux garçons. L'aînée fut prénommée "Flore de Montmartre" dont la commune avait été la "marraine civique", née le 3 mai 1791. Auparavant, Desportes avait été élu maire de Montmartre le 22 mai 1790. La première mairie était sise place du Tertre à ,l'actuel numéro 3. Le train de vie dispendieux du maire et ses allures aristocratiques lui valurent de nombreuses inimitiés: tant et si bien qu'en 1792 il fut éloigné de son village et fut chargé en tant que ministre-résident à Deux-Ponts  de régler les indemnisations des "Princes posséssionnés" dont les biens avaient été séquestrés. Son frère Benjamin demeura membre du Comité révolutionnaire de Montmartre. Félix fut "suspecté et incarcéré en 1794. Il échappa de peu à la guillotine grâce à l'intervention d'un gardien. Libéré après Thermidor, il reprit ses missions secrètes au service des pouvoirs en place. Il fut nommé préfet du Haut-Rhin en 1802. Chevalier de la légion d'honneur puis baron d'empire en 1809. Il fut destitué en 1813 pour avoir été en relation avec le général Moreau. En plus de sa propension à chercher d'où vient le vent, Desportes n'hésita pas à "manger à tous les râteliers". Rallié aux Bourbons en 1814, mais après l'annonce du débarquement de Napoléon il se range aux côtés de l'empereur. Après Waterloo, il fut proscrit et contraint à l'exil en Autriche puis en Allemagne. Il ne fut autorisé à rentrer en France qu'en 1819. Rallié à la monarchie de Juillet en 1830, puis membre de l'opposition radicale qui avait le vent en poupe, mais ayant toujours deux fers au feu, il rendit visite au prince Louis Napoléon à Arenenberg en 1835, soutint la tentative strasbourgeoise de coup d'Etat de 1836. En 1839, il sert d'intermédiaire entre le prince réfugié à Londres et le maréchal Clauzel pour une tentative de putsch à Boulogne le 6 août 1840 qui tourna au désastre et fit de Louis Napoléon un prisonnier au fort de Ham. Suspecté, Desportes ne fut pas inquiété. Il n'eut pas l'occasion de se voire remercier par le Prince président arrivé au pouvoir en 1848, Nicolas-Félix Desportes mourut à l'âge de 86 ans quelques mois après l'intronisation.
.........
La filleule de la commune de Montmartre (morte en 1822) Flore Pierrette Montmartre épousa un maréchal, baron de Bouchporn à la cour du roi de Westphalie.

22.01.2010

Un hommage à Django Reinhardt pour le centenaire de sa naissance au théâtre du Châtelet.

Par Bernard Vassor

Django jeune.jpg

Un jeune joueur de banjo virtuose "Jango Renard" dans le groupe de l'accordéoniste Jean Vaissade.
D'autres enregistrements mentionnent le nom de Jean Got !!.
Pour honorer le centenaire de la naissance de Django, Marcel Campion, Romane et Jacques Pessis ont animé cette soirée au théâtre du Châtelet dans une salle archi-comble. Éternel râleur, j'ai le regrêt de dire que le meilleur a côtoyé le pire.

Je vais commencer par le pire, l'organisation a voulu donner dans le schow-bizz en infligeant aux puristes un Dany Briant qui n'avait pas sa place dans une telle soirée, des musiciens "roch" et un soporifique Thomas Dutronc, avec cette fausse nonchalance "à la papa", qui invitait le public à frapper dans ses mains (à contretemps comme il se doit) sans doute pour réveiller la moitié de la salle qui commençait à somnoler. Jacques Pessis qui a fait l'historique a eu de nombreuses lacunes fâcheuses pour la vérité historique.

Le meilleur maintenant : un guitariste classique qui a donné une interprétation toute personnelle et époustouflante de "Nuage"; la longue introduction en harmonique, et les improvisations djangoesques ont été pour moi la meilleure façon de rendre hommage à Django.

De nombreux descendants du sublime créateur se sont produits avec brio. Un moment d'émotion avec Marcel Azzola, une surprenante violoniste franco-irlandaise Fiona Monbet et le virtuose Boulou Ferré, le fils de Pierre Matlo Ferret surnommé "le génie" qui accompagna Jean Ferrat avec son père pour la chanson "Les Bohémiens". Oubliés dans l'hommage, citons le chanteur Chabel qui enregistra le premier disque en 1926 avec pour accompagnateur un banjoïste illettré. Un autre grand oublié qui aida la carrière de Django et de Grapelli qui était alors pianiste, est le grand chef d'orchestre maintenant oublié Michel Warlop. Il y a aussi les accordéonistes de "La Boite à Matelots" 'dont Jacques Pessis a ignoré l'existence en niant que Django ait joué avec des accordéoniste. C'est Emile Savitry qui initia les frères Reinhardt au jazz. La rencontre avec Louis Vola (oublié aussi dans l'hommage) fut décisive. Absent aussi, celui qui occupa la plus grande place dans la carrière de Django et du "Hot Club de France" c'est Charles Delauney.....

 

19:22 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

20.01.2010

Cesar Vallejo et la poésie du monde à Paris

CESAR VALLEJO.jpg
Le Service Culturel de l’Ambassade du Pérou vous informe

de la prochaine activité de l’Association Amis de César Vallejo

« Vallejo et la poésie du monde à Paris »

avec la participation de Basma Benchaou, Claude Ber, Armelle Bossière,

Cristina Castello, Jacques Darras, Dinu Flamand, Stephen Hart,

Carlos Henderson, Pablo Paredes et Yadollah Royaï.

............

Vendredi 22 janvier 2010 à 18h30

Maison de l’Amérique Latine

217 bd. Saint Germain – 75007 Paris

M° Solferino
...........
Petite notice biographique :

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2009/04/10/hommage-international-a-cesar-abraham-vallejo-mendoza.html

11:26 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cesar

19.01.2010

Quand reverrons-nous les films de Pierre Étaix?

Pierre Etaix au pont tournant.jpg

SOUTIEN À PIERRE ÉTAIX & JEAN-CLAUDE CARRIÈRE


En ce début d'année, malgré une décision de justice en sa faveur, les films de Pierre Étaix sont toujours "invisibles". (*** plus d'infos en bas de page) Alors, puisqu'il est impossible (pour l'instant)de revoir "YOYO" au cinéma, Pierre Étaix a décidé de le faire revivre.... SUR SCÈNE !
Après quarante années d'absence, le clown-cinéaste va donc bientôt remonter sur les planches pour nous présenter son tout nouveau spectacle: "MIOUSIK PAPILLON", merveilleuse alchimie mêlant clown, mime, magie, jazz et music-hall...
Si le cœur vous en dit, venez donc saluer YOYO (Pierre Étaix), mais aussi Hadrien Trigance (mime), Odile Étaix (chant), Patrice Authier (piano), Pierre Maingourd (contrebasse), Marc Étaix (batterie) dans
MIOUSIK PAPILLON
vendredi 22 et samedi 23 janvier à 20h 30
dimanche 24 janvier à 16 heures
au Théâtre du Pont Tournant
13 rue Charlevoix de Villers
33000 Bordeaux
Plus d'infos sur le site
www.theatreponttournant.com
MIOUSIK PAPILLON ne bénéficie d'aucune subvention, d'aucune aide, hormis l'indéfectible soutien des adhérents, des donateurs ou de personnes comme Ève Marinone, Jacques Marty, Erwan Creff, Alice Duval, Alain Jomier ou Stéphane Alvarez, directeur du Théâtre du Pont Tournant de Bordeaux qui, en offrant à la petite troupe de Pierre Étaix son théâtre et ses équipes, a permis à ce beau projet d'exister.
Pour "vivre" (et être diffusé), MIOUSIK PAPILLON a maintenant besoin d'un petit (ou plutôt d'un gros) coup de pouce.
Donc, si comme nous tous, vous souhaitez que le papillon s'envole, rejoignez-nous  en cliquant


YOYO a besoin de votre aide et votre soutien !
Le 26 juin 2009, la justice redonnait enfin à Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière la possibilité d'exploiter librement leurs films.
Joie immense !... mais de courte durée :  Gavroche Productions (la société qui prétendait détenir les droits des films de Pierre Étaix) décide de faire appel de la décision de justice. Concrètement, et sans entrer dans les détails de la procédure, le jugement du 26 juin va être réexaminé. Les restaurations, ressorties, exploitations, éditions DVD des films de Pierre Étaix sont définitivement reportées... Pour combien de temps encore ? 
Un malheur n'arrivant jamais seul, Maître Pierre Reynaud, premier avocat de Pierre Étaix dans cette longue affaire, s'est retourné contre son client et lui demande aujourd'hui plus de 20 000 euros d'honoraires supplémentaires !
Le moral, vous l'aurez compris, n'est pas forcément au « beau fixe ». Malgré tout,  on ne vient pas si facilement à bout d'un homme comme Pierre Étaix !
Rappelons que Pierre Etaix a eu 81 ans en novembre dernier !!!!

 

15.01.2010

Jeudis du Bocata : Qui est Germaine Tillon ?

BOCATA

31, rue Milton 75009 Paris

01.40.16.82.85


Jeudi 21 janvier


20H.30


"LES IMAGES OUBLIEES

DE GERMAINE TILLION"

Qui est Germaine TILLION ?

Documentaire inédit de 52 minutes réalisé par

François GAUDUCHEAU avec la participation

d’Augustin BARBARA

 

et de Nancy WOOD

Sans doute ce film vous intéressera ? c'est celui qui donne la parole à cette femme qui a traversé le siècle, comme première  ethnologue des Berbères des Aurès, comme une des premières résistantes (Réseau du Musée de l'Homme), et trahie, séjour dans le camp d'extermination de Ravensbrück où sa mère est morte en  Chambre à Gaz (sujet d'actualité)qui enquête sur la torture  et qui fait cesser les attentats contre les civils pendant  plusieurs semaines pendant la Guerre d'Algérie et...qui crée les CENTRES SOCIAUX et qui institue le droit des prisonniers à faire des études...

Très connue à l'étranger, encore peu en France

C'est une chance  de voir ce film

La projection sera suivie d’un échange en présence

d’Augustin BARBARA, socio-ethnologue.

 

Entre 1930 et 1940, dans le massif des Aurès en Algérie, 1500 photos ont été prises par une jeune femme dont la pensée et l’engagement ont marqué le XXème siècle : Germaine TILLION. Ces clichés témoignent d’un monde bouleversé, mais surtout, ils éclairent la vie et la personnalité de leur auteur de manière inattendue.

Une telle découverte, à la fois inopinée et exceptionnelle a conduit le réalisateur à filmer les retrouvailles de Germaine TILLION avec ses images que l’Histoire a oubliées pendant plus de 60 ans. C’est l’occasion également d’apprendre à connaître ce personnage riche et combatif, grand acteur et témoin du siècle qui ne se lasse jamais de relater anecdotes, faits historiques et d’y apporter son regard d’ethnologue. 

Née en 1907, Germaine TILLION est un témoin du XXème siècle. Elève de Marcel MAUSS – le père de l’ethnologie- dans les années 30, elle séjourne dans les Aurès, en Algérie. Elle y accumulera quantité de notes et photographies sur la population berbère des Chaouïas.

L’armistice de 1940 imposera à Germaine TILLION l’acte de résistance, elle animera « le réseau du Musée de l’Homme ».

Arrêtée puis déportée  dans le camp de Ravensbrück, elle poursuit son travail d’ethnologue en étudiant les organisations sociales du camp. Elle continuera ses enquêtes après la guerre sur les horreurs du nazisme, puis celle du stalinisme.

De retour en Algérie à partir de 1954, Germaine TILLION s’oppose aux attentats contre les civils pratiqués par le FLN comme à certaines actions de l’armée française notamment la torture utilisée par certains de ses membres. Elle s’engage en créant « les centres sociaux » destinés à enrayer la « clochardisation » par l’instruction des jeunes algériens.

Auteur de nombreux ouvrages, l’ethnologue se montre toujours vigilante sur les droits humains et fondamentaux, privilégie encore le dialogue et envisage les perspectives offertes à l’humanité.

La revue « Esprit » lui a consacré un numéro spécial et Jean Lacouture une biographie « Le témoignage est un combat »

Œuvres de Germaine TILLION (disponibles dans toutes les bonnes librairies.)

Les ennemis complémentaires, guerre d’Algérie, (préface de Jean Daniel) Ed. Tirésias. 2005.

Les ennemis complémentaires. Ed. de Minuit, 1958.

L’Afrique bascule vers l’avenir. Ed. Tirésias, 1999.

Le harem et les cousins. Point essais, Seuil, 1982, n° 141, livre de poche.

Ravensbrück. Ed. du Seuil, 1973.

Le Verfügbar aux Enfers (une opérette à Ravensbrück) Ed. La Martinière, 2005.

La traversée du mal : entretiens avec Jean Lacouture sur France-Culture) , Arléa, 2000.

Il était une fois l’ethnographie, Le Seuil, 2000,

L’Algérie aurésienne, Ed. de la Martinière.2001,

A la recherche du vrai et du juste (A propos rompus avec le siècle) Présentés par S.Todorov. Seuil, novembre 2001.

Combats de guerre et de paix. Seuil,2007,

Le siècle de Germaine Tillion (sous la dir. de Tzvetan Todorov) Seuil, 2007

Fragments de vie (textes rassemblés et présentés par Tzvetan Todorov). Le Seuil. 2009.

Et la revue ESPRIT Février 2000, « Les vies de Germaine Tillion » numéro spécial

Et la biographie écrite par son biographe :

Jean Lacouture, Le témoignage est un combat : une biographie de Germaine Tillion , Paris, Ed. du Seuil, 2000, 348 p.

L’Opérette-revue « Le Verfügbar aux Enfers » sera représentée à Nantes les 14, 15 et 16 mai 2010 à la Salle Vasse à Nantes .

Germaine TILLION a écrit cette opérette pendant sa détention dans le camp d’extermination de Ravensbrück(où sa mère est morte en chambre à gaz). A travers cette œuvre , elle veut lutter contre la mort et les Nazis par le rire et la dérision.

Des représentations de cette opérette ont eu lieu en 2007 au Châtelet à Paris.

 

Les soirées sont gratuites. Si vous souhaitez y participer, merci de réserver vos places afin que nous puissions nous organiser. Ceux qui le souhaitent peuvent se restaurer à partir de 19H.30 ou après les causeries. Durant les interventions nous interrompons le service.

Carine et Eusebio

 

 

Le restaurant "Boulanger" de la rue Bailleul

Par Bernard Vassor

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En 1271, cette rue s'appelait rue d'Averon. Elle commençait rue de l'Arbre à Sel (Arbre Sec) pour finir rue des Poulies.Curieusement le premier restaurant parisien s'appelait Boulanger ouvert en 1765. Il était situé rue Bailleul-Saint-Honoré, à l'angle de la rue Jean-Tison. Ce nommé Boulanger imagina de donner à manger des bouillons. Comme il n'était pas traiteur, il n'avait pas le droit de servir de ragoûts. Il contourna les règles en présentant sur de petites tables de marbre sans nappe des oeufs, des volailles au gros sel et du bouillon. Il avait noté sur son enseigne une inscription tirée de l'évangile : "Venite ad me, omite qui stomacho laboratis, et ego restaurabo vos". Tel fut l'origine du mot restaurateur.

"La femme du Boulanger" ne fut certainement pas étrangère au succès de l'établissement. Diderot vanta les qualités "de la belle restauratrice de la rue des Poulies" (actuelle rue du Louvre)

En face, se trouvait d'après un historien du XIX° siècle (qui confond Boulanger et boulanger !) une maison de campagne (frappée d'alignement en 1828) de la reine Blanche avec une tourelle qui ressemblait à celle de l'hôtel Hérouet rue des Francs-Bourgeois (qui existe toujours). Le restaurant  Boulanger (qui avait changé de propriétaire, un nommé Duru*) disparut en 1854, lors du percement de la rue du Louvre, anciennement rue des Poulies.
Rue Bailleul 02.jpg
D'après une photographie d'Atget
*Duru qui tenait aussi l'Auberge de la Providence au faubourg du Roule

14.01.2010

Séïsme en Haïti : Alexandre Dumas et "ses compatriotes"

 

Dumas image cadre 02.jpg

Le D'Artagnan | Numéro 26 | Janvier 2010
Bienvenue sur le D'Artagnan, la lettre d'information

d'Alexandre Dumas, deux siècles de littérature vivante,

site de la Société des Amis d'Alexandre Dumas. 
Si aucune image ne s'affiche, cliquez ici

DERNIÈRE MINUTE

 

Séisme en Haïti - La Croix-Rouge lance un appel au don 
Un puissant séisme a frappé Haïti le 12 janvier dans l'après-midi, dévastant la capitale Port-au-Prince. Les images qui sortent peu à peu du pays laissent présager un très lourd bilan. Le Palais National (ci-contre) et la Cathédrale de Port-au-Prince se sont en partie effondrés, ainsi que de nombreux autres bâtiments. . Pour aider les Haïtiens, que Dumas appelait "ses compatriotes"Souvenons-nous qu'Haïti, première République noire du monde, indépendante depuis 1804, est une terre francophone qui a vu naître le général Dumas, père d'Alexandre Dumas, d'un colon français et d'une esclave noire, Césette Dumas. La Croix-Rouge française lance un appel d'urgence aux dons : ceux-ci peuvent être effectués à cette adresse.

Ou bien à l'association de votre choix si vous le pouvez.

13:28 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

08.01.2010

Paris disparu : L'Arche Popin et l'Arche Marion

Par Bernard Vassor

ARCHE POPIN hauteur.jpg
L'Arche -Popin.
La construction de cette partie du quai appelé à l"époque "de la Saulnerie" fut entreprise en 1369., avec des maisons en bordure du fleuve.
Des arceaux qui enjambaient la rue pratiquaient une ouverture conduisant au fleuve. L'Arche Popin, ou Pépin était à l'emplacement actuel de la rue Edouard Colonne prolongeant la rue des Lavandières Sainte-Opportune. Elle fut également dénommée rue de l'abreuvoir-Popin. Jean Popin-du Porche, riche propriétaire de terres qui s'étendaient dans les rue Saint-Germain l'Auxerrois, Thibaut-aux-Dez et Bertin Poiré Il possédait en outre dans la campagne, un canton sur lequel on a bâti les rues de Richelieu, Neuve-des-Petits-Champs et Sainte-Anne. La plupart des maisons frappées d'alignement furent détruites en 1836. Les travaux effectués en 1913 pour la modification des  égouts et la construction de la nouvelle ligne métropolitaine n°7, firent disparaître le reste des maisons du moyen-âge.
Un registre des délibérations du bureau de la Ville de Paris le 23 octobre 1606 note :
"Le pavé du quay de la Mégisserye, à commencer du coin de la Vallée de Misère jusques à l'arche de la descente de l'abbreuvoir Pépin,(..)Le pavé de dessus l'arche dudict abreuvoir Popin contient huict thoises de long sur quatorze (piedz) thoises de large".
....................
L'Arche Marion.
Les rues avoisinant le quai de la Saulnerie : Avant 1297, nous savons que la rue des Bourdonnais était la rue Adam Bourdon, puis rue de l'Abreuvoir-Thibaut-aux-Dez, en 1398 elle était désignée sous le nom de rue des Jardins, vers 1450 ruelle  qui fut Jean de la Poterne qui possédait des étuves. Au début du seizième siècle ce fut la ruelle des étuves, puis rue des étuves aux femmes. Plus tard, une "baigneuse"(qui possédait un établissement de bain) nommée Marion, donna son nom aux étuves située près de l'arche qui surplombait la ruelle, soutenue par deux piliers qui servait souvent de rendez-vous aux gardes-françaises pour se livrer à des duels.
La maison de bains, laissa place par la suite à un lavoir. L'Arche-Marion est mort de vieillesse, une nuit, les habitants, voisins de "La Belle-Jardinière" furent réveillés un formidable craquement. Le fond de bois du lavoir fut emporté par une crue de la Seine.

06.01.2010

Paris qui disparait : Le saccage d'une rue ouverte avant le XIII° siècle, suite, et certainement pas Fin.

Par BERNARD VASSOR

22 rue des Bourdonnais emplacement porte à clous.jpg
5 janvier 2010, la porte ancienne à clous a été remplacée par une autre, très jolie en contreplaqué.
Nous ignorons ce qu'est devenue une plaque en pierre gravée d'environ 0,60mX0,80m indiquant le nom de cette rue avec la mention Tibaut aux dez, nom, semble-t-il originel de cette voie. Quand aux destructions de la rue Bertin Poiré, impossible de constater l'étendue des dégâts.
Depuis l'angle de la rue de Rivoli jusqu'au numéro 13, des panneaux masquent entièrement les façades des maisons.
rue thibaut aux dez 02.jpg
..............................
"Le Dict des rues de Paris" écrit aux alentours de l'an 1300 :
Guillot qui point d"eur bon* n'as.
Parmis la rue a bourdonnas**
Vng en la rue Thibaut a dez.
Un hons*** trouvais enribaudez****.
Guillot de Paris
* Les écrivains du moyen âge n'hésitaient pas, même deux siècles avant avant François Villon à utiliser le "verlan", eur bon pour bonheur., nous ignorons si ils portaient leurs casquettes à l'envers.
**Rue des Boudonnais
*** Un homme
****Enribaudez : en joie.
Un manuscrit datant de l'an 1450 environ, trouvé dans l'abbaye Sainte Geneviève par l'abbé Lebeuf, au XVIII° siècle, indique l'orthographe suivante : rue Thibaud aux dés.
22 rue des Bourdonnais vue de rue de Rivoli 01.jpg
Vue de la rue de Rivoli en 2007.
.......
A la place de ces maisons classées ayant plus de quatre siècles, des promoteurs ont obtenu de pouvoir bâtir une surface de 4000 mètres carrés de magasins.....A ma connaissance, aucune des associations historiques, ou de quartier n'ont bougé le petit doigt. La Commission du Vieux Paris, d'après un de mes correspondants a protesté mollement. Ce lieu riche en histoires et anecdotes plus ou moins réélles va disparaître à tout jamais pour faire place à deux moyennes surfaces indispensables à la  vie des parisiens, pour satisfaire les édiles et gouvernants qui ont signé un permis de démolir, et un permis de construire.
Entre parenthèse, je n'ai toujours pas obtenu de réponse à ma question de savoir ce que représentait la modification du
PLU(cône de visibilité ?) pour ce qui concerne LVMH et la Samaritaine toute proche ? Et si n'importe quel propriétaire pouvait faire modifier à sa guise la hauteur de son immeuble à Paris ?

22 rue des Bourdonnais escalier gauche 01.jpg


L'escalier à gauche est celui que l'on voit dans le film "Quai des Orfèvres" de Henri-Georges Clouzot.
Extrait de ce film courageux, le premier à évoquer l'homosexualité féminine.
http://www.dailymotion.com/video/x2cnhn_louis-jouvet-quai...
Une des dernières scènes de ce chef-d’œuvre : avec Louis Jouvet, Charles Dullin, Bernard Blier, Simone Renant qui s’est accusée pour sauver son amie Jenny Lamour (Suzy Delair), dont elle est discrètement amoureuse qu’elle croit coupable. Jenny Lamour qui habite le 22-24 rue des Bourdonnais


22 rue des Bourdonnais démolition interieure 01.jpg
Démolition intérieure
.......
Pur ce qui concerne la partie qui doit disparaître rue Bertin Poirée, Jacques Hilairet* signale que c'était à partir de 1660 l'emplacement du siège de la Loterie. Cette loterie avait été autorisée pour permettre la reconstruction du Pont-Royal ou Pont-Barbier. C'est un certain Laurent Tonti qui avait obtenu cette autorisation jusqu'à concurence de 1 100 000 livres.
Bertin Poirée loterie Hilairet hauteur.jpg
Le bureau de loterie en 1701*
.......
Jacques Hilairet, Dictionnaire Historique des rues de Paris. Les Editions de Minuit 1963. Je n'ai pas trouvé trace aux archives de Paris d'une loterie à cette adresse.

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/album/22_et_24_rue_des_bourdonnais_22_et_24/

 

porte rue des bourdonnais hauteur.jpg
Porte cloutée du XVI° siècle, nous voyons au dessus de la porte, les autorisations de démolition et de reconstructionde ce pâté de maisons qui sont pourtant inscrites à l'inventaire des monuments historiques, pour en faire, tenez-vous bien une surface commerciale de 4000 mètres carrés !!!!!
.........
En revoyant le film de Henri-Georges Clouzot, le meilleur policier d'après guerre, d'après le roman de Stanislas-André-Steeman, j'ai découvert que l'appartement de l'héroïne Jenny Lamour (Suzy Delair) et de son mari, (Bernard Blier) où se déroulent plusieurs scènes du film, était situé dans une de ces maisons qui sont en voie de destruction, dans l'indifférence générale. C'est tout un bloc de maisons historiques jusqu'à la rue Bertin Poiré qui sont concernées. mes petits articles écrits il y a un an n'ont servi à rien, mais, pouvait-il en être autrement ? Les pioches des démolisseurs ont commencé leur oeuvre. L'argent commande tout, je n'ai trouvé aucun défenseur du patrimoine, comme mon expérience dans d'autres quartiers de Paris, où d'autres lieux irremplaçables ont été vandalisés, sacrifés sur l'autel du Dieu Profit....
rue des bourdonnais 22 et 24 escalier Hauteur.jpg
L'escalier que l'on voit à plusieurs reprises. dans certaines scènes du film de Henri-Georges Clouzot "Quai des Orfèvres"
........

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/05/...

…………..

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/05/...

………………

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/05/...

 

suite de l'article du 9 janvier 2009 : http://www.paperblog.fr/1465473/quai-des-orfevres-et-le-2...

Il était urgent que l'on démolisse un pâté de maisons classées pour en faire une moyenne surface de 4000 m2  des boutiques de  fringues qui disparaîtront à leur tour dans une dizaine d'années sans doute. Mais sans aucune possibilité de restaurer ce qui devrait être classé au patrimoine indestructible de Paris. Voici l'étendue des dégâts, avec l'aval de la Ville de Paris et du maire d'arrondissement qui a certainement signé le permis de démolir, puis le permis de construire. Un autre projet dans le même périmètre est à l'étude je crois; mais nous enreparlerons sans doute ?

 

22 rue des Bourdonnais emplacement porte à clous.jpg
La nouvelle porte cloutée en contreplaqué datant au moins du XVII° siècle.
22 rue des Bourdonnais JENNYFER.jpg
Un des 2 magasins QUI DEVRAIENT être classés au Patrimoine Mondial de l'Humanité.....
22 rue des Bourdonnais celio.jpg
L'autre, donnant sur la rue Bertin Poiré à l'emplacement selon l'historien de Paris Jacques Hillairet du bureau de loterie au tout début du
XVIII° siècle.
..........
A SUIVRE, sans aucun doute ?

 

04.01.2010

Les cabarets Montmartrois par Laurent Bihl

 cabarets a montmartre 05 sepia.jpg

BOCATA

31, rue Milton 75009 Paris

01.40.16.82.85

Jeudi 7 janvier

20H.30

Les cabarets Montmartrois

Par

Laurent Bihl

Professeur d’histoire

Les soirées sont gratuites. Si vous souhaitez y participer, merci de réserver vos places afin que nous puissions nous organiser. Ceux qui le souhaitent peuvent se restaurer à partir de 19H.30 ou après les causeries. Durant les interventions nous interrompons le service.

Carine et Eusebio

30.12.2009

La rue de Pute-y-Muce

Par Bernard Vassor

PLAN DE BÄLE RUE DES CELESTINS PETIT MUSC.jpg

Sur ce plan de 1550, la rue de la Pute-y-Muse avait été débaptisée et dénommée rue des Célestins en raison de la construction et de l'installation du couvent des Célestins.

Deux siècles avant François Villon, les parisiens appelaient un chat un chat. Ignorant la langue de bois, la première nomenclature des rues de Paris "Le Dict des rues de Paris" nous donne un aperçu du langage utilisé pour donner une image des voies de la capitale sous Philippe le Bel. L'auteur est un nommé Guillot de Paris dont nous ne savons pas grand chose, sauf que sa fidèle épouse lui fit porter un des plus jolis andouillers de la capitale; ce qui fit dire à un ancien chroniqueur :

"Opérateur-poète est un assez beau lot,

Je descend droctement de  messire Guillot

Qui mit Paris en vers, rêva l'échevinage,

Pour adoucir un peu son triple cocuage"

Un proverbe de l'époque disait : "Cocu comme un échevin"

De savants médiévistes ne sont pas tous d'accord sur la date de cet écrit, mais ils se rejoignent pour donner une fourchette entre 1300 et 1310.

"En la rue de Pute-y-Muce,

M"en entrant dans la maison Luce

Qui maint* en rue de Tyron,

Des dames ymes** vous diront"

Paris et ses faubourgs (dedenz et hors les murs) et ne comptait environ 190 rues et 20000 habitants.

Pour l'explication du nom de cette rue dont la renommée ou bien une enseigne pendue, laisse penser que l'origine révélée par Guillot devait être bien antérieure à l'an 1300.

"Près, la rue aux fauconniers :

"Trouvai la rue à Fauconnier

Où l'on trouve por deniers,

Femmes por son cors soulagier"

Inutile je crois de traduire en bon françois les noms successifs de Pute y Musse, Pute-y-Muse ou Pute-y-Muce.

 

PLAN TURGOT 1730 PETIT-MUSC.jpg

Sur ce plan de Turgot, en 1730, la rue porte le nom qu'elle garde aujourd'hui : du Petit Musc, altération bien plus correcte

pour nos chastes oreilles..

 

Plan du Paris de Guillot.jpg

Le Paris de Guillot

 

 

* Maint :  demeure.

** Ymes : hymnes

 

29.12.2009

Le "Puits-qui-parle" d'Irmensule et Odette.

Par Bernard Vassor

Puits qui parle bordure.jpg
La rue du Puits qui Parle, est aujourd'hui la rue Amyot. Elle existait déjà en 1588 et porta le nom de rue des Châtaigniers puis rue des Rosiers. On trouve des vestiges de ce puits au n° 7, soit dans la cave, mais auparavant près de la loge du concierge de cette maison. Elle est localisée entre la rue du Pot-de-Fer, et la rue de l'Estrapade. Ce puits, creusé au flan de la montagne Sainte-Geneviève devait être tari et très profond.
Il existe plusieurs explications pour expliquer cette dénomination.
La première, assez misogyne prétend que c'est un mari qui aurait jété sa femme acariâtre au fond de ce puits pour ne plus l'entendre caqueter.
Victor Hugo, dans "Les Misérables" : "A partir du carrefour, la rue Neuve-Sainte-Geneviève suit presque parallèlement la rue des Postes. Les trois petites rues désertes du Pot-de-fer-Saint-Marcel, du Puits-qui-parle et des Irlandais rattachent les deux rues l’une à l’autre à peu près comme des échelons réunissent les deux montants d’une échelle. La rue des Postes aboutit à la place de l’Estrapade et la rue Neuve-Sainte-Geneviève à l’ancienne muraille des Génovéfains où il y avait à cette époque un corps de garde"
Une version plus poétique raconte l'histoire d'un père contrarié qui voulait marier sa fille aînée prénommée Irmensule  à un jeune damoiseau Raoul de Fleury. Mais hélas sa fille cadette, Odette n'avait d'yeux que pour Raoul. Le père, furieux conduisit la rebelle au couvent des "Eudistes" (fondé au XVII° siècle) dont le jardin était mitoyen de sa maison. Lorsque le beau Raoul vint au domicile de celle qu'il aimait, le père le somma d'épouser Immensule. Comme, ma foi, celle-ci avait quelques appâts, oubliant ses premières amours, il reporta sur Irmensule le sentiment qu'il avait réservé à sa soeur. Pendant ce temps Odette fit un tel chahut au couvent que la mère abbesse la fit jeter dans un cachot. Il se trouve que cette geôle se trouvait communiquer avec le fond d'un puits dont la margelle était située dans la rue même où vivaient les époux de Fleury. Un soir sous une pluie d'orage, les amoureux se réfugièrent sous l'auvent de la margelle, puis blottis l'un contre l'autre, se mirent à roucouler, lorsqu'ils furent interrompus par des cris caverneux sortis des profondeurs de la terre. Un curé fut appelé à la rescousse pour constater le miracle. La rue, de ce fait, prit la dénomination de "Puits qui parle" jusqu'en 1867 où elle fut transformée en rue Amyot. Les vestiges du puits étaient visible dans une cave au numéro 7 actuel.
Catulle Mendès, dans plusieurs romans évoque cette rue et ce puits pour y inventer plusieurs scènes fantastiques.

Rue des Martyrs, deux brasseries peu ordinaires !

Par Bernard Vassor
mise à jour le 28/12/09
BRASSERIE DES MARTYRS hauteur.jpg
Alfred Delvau affirmait : que si par un caprice quelconque de la providence, Paris venait à disparaître et qu'il ne restât debout que la Brasserie de la rue des Martyrs, cette grande hôtellerie de l'intelligence,; il serait facile de refaire une cité nouvelle et intéressante, où certainement, ce serait l'esprit qui manquerait le moins"
De nouvelles recherches me conduisent à modifier cet article commencé il y a quatre ans
La date d'ouverture de la brasserie serait bien en 1848....
Au 7 rue des Martyrs et 8 rue Notre-Dame-de-Lorette
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La Brasserie des Martyrs fut ouverte par un certain Schoen, qui fit rapidement faillite. Un sieur Bourgeois qui lui a succédé, lui donna une certaine notoriété en modifiant la décoration de l’établissement (criardes aux yeux de certains) et qui devint bientôt le lieu de rendez-vous de tous les artistes, les peintres les plus divers, comme Alfred Stévens, Yan d’Argent, les "ingristes"et les coloristes s’opposaient avec violence à celui qui allait vite devenir le maître des lieux était Gustave Courbet.

En ce temps là Montmartre était considéré comme un pays à part, encore boisé, on y voyait des tonnelles recouvertes de chèvrefeuille, et on y cultivait des radis roses. Trois acacias et un noyer plusieurs fois centenaire peuplaient le lieu. Certains  historiographes, situent le "Cabaret de La Belle Poule" au bas de cette rue. C'est un nommé Alexandre Guérin, qui était le patron supposé de ce cabaret artistique et littéraire, une superbe femme y trônait au comptoir.Elle était courtisée par le critique tant redouté, Gustave Planche, accompagné souvent de Théodore de Banville, de Catulle Mendès de Baudelaire, Glatigny. Emile de la Bédolière l'a célébrée ainsi :

"Notre frégate de son rang

N'appréhende plus de descendre

Le patron est un conquérant ,

Il porte le nom d'Alexandre;

Mais tant de mets sont engloutis,

Tant de vin dans nos gosiers coule,

Qu'on va ressentir du roulis

A bord de notre Belle Poule."

Les artistes étaient à l'abri des recors (chasseurs de primes) de l'abbaye de Clichy (prison pour dettes) qui n'aimaient pas s'aventurer dans ce lieu de "non droit" . La rue était très bruyante avec  ces dizaines d'ateliers de forges, à marteaux, à roues tournantes qui mélaient leurs bruits aux marchands ambulants. Beaucoup de petites maisons, de garçonnières de crèmeries peuplaient la rue des Martyrs.

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L'entrée  de la brasserie des Martyrs paraissait très étroite, (la moitié de la largeur actuelle du magasin qui est aujourd'hui au 7 rue des Martyrs)  Divisée en plusieurs salles dont l'une, sous un plafond bas, deux rangées de tables de marbre blanc grouillait dans un brouhaha tumultueux, des hommes et des femmes buvant et fumant tout en jouant au domino. Une salle était réservée aux gens de lettres et artistes en tous genre, se livrant à des joutes verbales.

Les tables situées près des entrées rue des Martyrs et Notre-Dame-de-Lorette étaient occupées par des souteneurs, le nez collé aux vitres pour surveiller leurs "gagneuses"

Lisez la description dun chroniqueur de l'époque : "Une grande porte vitrée  qui s'ouvre à deux battants. Entrez.Vous voilà sur le seuil d'un immense boyeau si long qu'il n'en finit plus (...) en réalité, c'est une salle  de deux cents mètres (l'auteur, même si il n'est pas marseillais exagère beaucoup, la distance de la rue des Martyrs et la rue Notre Dame de Lorette est d'une trentaine de mètres au grand maximum)  Par un bout, elle touche à la rue des Martyrs et par l'autre bout, elle touche à la rue Notre Dame de Lorette. (...) Aux murs on ne voyait ni fresques emblématiques, ni dorures,  ni ornements de toutes sortes. Prèsdu comptoir où s'asseyaient deux dames d'Alsace, blondes et rieuses, l'oeil s'arrêtait sur une naïve peinture représentant "le roi Gambrinus" soulevant un énorme verre débordant de bière écumante, qu'il se disposait à approcher de ses lèvres. C'était l'enseigne de l'établissement."medium_Gustave_Courbet_NADAR_02.jpg

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Manet y venait souvent avec son cousin le commandant Lejosne (militaire républicain voisin de l’avenue Trudaine, en disponibilité depuis le coup d’état du 2 décembre et de son ami Charles Baudelaire. Un personnage un peu bizarre, ancien élève de l'École Normale, Eugène Potrel, se vantait d'être collectionneur de gifles !!! qu'il provoquait, et auquelles il ripostait par cette phrase : "Et surtout monsieur, , ne vous vantez jamais de m'avoir souffleté !"

Des écrivains, Champfleury, Philibert Audebrand, Louis Desnoyers, le président de la Société des Gens de Lettres, des musiciens, des hommes politiques, et Jules Andrieux le futur communard responsable de la commission administrative firent de cet endroit le plus tumultueux établissement du quartier. Pierre Larousse, Pierre Dupont le chansonnier poète auteur de l’immortelle chanson « Les Bœufs » y venait avec le chef d’orchestre de l’Elysée Montmartre Olivier Métra. Le docteur Gachet y côtoyait Renoir, Boudin, Monet et bien sur Henri Mürger Aurélien Scholl, Alphonse Daudet, Jules Vallès et Charles Monselet. On pouvait aussi y rencontrer un poète, les yeux pleins de flamme, tonitruant et rugissant, crachant avec talent sa haine de la société, tel était Léon Bloy, qui avait par patriotisme servi avec courage dans les "Francs-tireurs".

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( au  numéro 11, un restaurateur, Alexandre Malingue figure dans les annuaires des archives de Paris,de 1845 à 1865.)

 
Bernard Vassor
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