Référencement gratuit

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/01/2009

La maison de la rue Blanche du docteur Félix Allard

Par Bernard Vassor

21 rue blanche actuel hauteur.jpg
Un hôtel particulier, 21 rue Blanche,  avec de véritables salons de remise en forme ( de tortures) à tous les étages,
 pour « la robustification » des organismes fragiles
.............

La visite de toutes les salles d’appareillage de cet établissement de remise en forme, était une véritable curiosité au début du vingtième siècle, elle le serait aujourd’hui encore.

Docteur Allard culture physique largeur.jpg

Pour lutter contre les effets du vieillissement, des troubles du système nerveux, de l’obésité, de l’arthritisme de la locomotion et de toutes les affections de la sédentarité, des appareils utilisant toute la gamme des procédés physique et mécaniques.

Le « docteur »Allard était un ancien préparateur de physique à la faculté, c’est à dire un professeur de gymnastique ! Ce métier, depuis que Napoléon III  avait été un fervent adepte de musculation, avait connu une grande vogue, et nourrissait grassement ses prosélytes.

Certaines salles étaient adaptées aux bains locaux d’air sec et surchauffé, la douche d’air sec et chaud, douche d’air et d’eau de Vichy !

Docteur Allard bains hydro-éléctriques.jpg
Bains locaux et généraux hydro-électriques
 (on dirait aujourd'hui :baignoire Claude François, pour les amateurs d'humour noir)

Le service d’électrothérapie comprenait des appareils à courant galvanique faradique, ondulatoire et sinusoïdaux. L’électricité statique, les courants de haute fréquence de d’Arsonval.

Courants de haute fréquence d'Arsonvalisation.
.....

Les courants de haute fréquence disait la réclame, "augmentent la combustion organique, de plus ils augmentent l’activité de la circulation de la peau et diminuent la sensation de froid si pénible à beaucoup d’arthritiques".

 les inhalations d’ozone, l’électro-aimant, les bains locaux et généraux de chaleur radiante lumineuse, appelés appareils Dowsing, enfin les rayons X , dont les effets bienfaisants sont bien connus à forte dose !.

Pour les agents mécaniques, il y avait deux salles de culture physique, française et suédoise, de la mécanothérapie avec massage vibratoire électrique.

Pour les femmes, un salon était réservé pour le traitement des affections gynécologiques par l’électrothérapie et des bains de lumière.

Bain Dowsing général à chaleur lumineuse.

...........

Cette adresse doit rappeler à beaucoup que depuis 1940, c"était l'École Nationale des Arts du Théâtre(fermée en 1997), fort réputée et qui vit naître bon nombre de grands talents dont vous trouverez une liste non exhaustive à la fin de cette notice.
Cet hôtel a été rachété par la Ville de Paris depuis quelques années, la municipalité n'a pas encore trouvé le temps de réparer les vitres qui sont rafistolées avec de l'adhésif d'emballage, laissant ainsi se délabrer cette magnifique maison chargée d'histoire.
......

Quelques noms de comédiens "sortis" de cette école d'art dramatique : Michel Aumont, Guy Bedos, Bernadette Bernard, Dominique BesnehardBernard Blier, Evelyne Bouix, Isabelle Carré, Roger Coggio, Fanny Cottençon, Clothide Courau, Jérôme Deschamps, Georges Descrières, François Florent, Catherine Frot, Nicole Garcia,  Annie Girardot,  Isabelle Huppert, Francis Huster, Irène Jacob, Marlène Jobert, Jean-Pierre Marielle, François Morel, Jean Poiret,  Daniel Prévost, Emmanuelle Riva, Jean Rochefort, , Michel Serrault, Jacques Weber,  Mouloudji, Rufus.  

Mise à jour le 15 janvier 2008  

Un prince Grimaldi de Monaco, "figurant" dans un théâtre du Boulevard du Crime

Par Bernard Vassor

BOULEVARD DU TEMPLE théâtre Gaité 1855.jpg
"Bah ! prince comme moi, prince de Vaudeville,
Comme Scribe chez nous en a couronné mille,
Je crois qu'en se couchant un peu sur le côté
Il couvre le terrain de la principauté."
Mery : L'Univers de la Maison.
.........
Le passage de cette comédie en vers jouée à l'Odéon le 9 septembre 1846, a beaucoup fait rire. Dans la salle, un spectateur de marque, le prince de Monaco entre 1841 et 1856, Florestan Ier, comte Grimaldi, assistait à cette première représentation. Les lorgnettes étaient THEATRE AMBIGU COMIQUE hauteur.jpgtoutes tournées vers sa loge. Florestan Ier, ....bon prince, applaudissait à tout rompre. Chacun dans l"assistance savait qu'avant son intronisation, Florestan avait été figurant au Théophile Gautier, selon le témoignage de Théophile Gautier. D'autres prétendirent que c"était sur les planches de l'Ambigu-Comique,que le cadet des Grimaldi qui n'était pas destiné à rainier,se soit produit vers 1830 dans le théâtre fondé par Nicolet en 1769. On peut mettre tout le monde d'accord en supposant qu'il ait pu donner de sa personne dans plusieurs salles ?

13/01/2009

Les petits théâtres du boulevard du Temple, cinquième partie

Par Bernard Vassor

Ambigu-comique couleur largeur.jpg
Les principaux théâtres qui ont existé de 1791 jusquà leur démolition en 1861 sur le boulevard du Temple
 et dans les environs
.......
Cette liste est loin d'être complète, il faudrait l'érudition de Marie-Pierre Rootering et de Jean-Claude Yon réunis pour mener à bien une étude plus sérieuse...
......
En plus des théâtres cités dans les notices précédentes :
Le Théâtre patriotique, qui avait pris ce nom, pendant la révolution. Il devint ensuite le Théâtre de madame Saqui, puis de Monsieur Dorsay, pour s'appeler en dernier lieu : "Les Délassements-Comiques".  Le Théâtre Nicolet était devenu sous la direction de Ribié, "Le Théâtre d'Emulation".
En 1807, un décret stupide réglementa de façon arbitraire et supprima la presque totalité des spectacles du boulevard qui bénéficiaent d'une relative liberté, même pendant les pires jours de la révolution; la comédie légère fut bannie.
Le Théâtre du café Yon, qui était juste à côté de la maison où Fieschi fit exploser sa machine infernale. On y chantait et faisait rerprésenter des vaudevilles et opéras à trois personnages.
Rue de la Culture-Sainte-Catherine, il y avait "le Petit Théâtre du Marais". A l'angle de la rue d'Angoulème et du boulevard, une minuscule salle existait dont le nom a été oublié ....
Il y avait également sur le boulevard, "Le Théâtre des Associés", "Les Folies-Dramatiques", "Le Théâtre Beaumarchais", "L'Ambigu-Comique", dont Cormon, un des "nègres" de Labiche fut directeur,  "Le Théâtre du Panorama dramatique", "Le Théâtre du Boudoir des Muses", "Le Théâtre des Jeunes Artistes", "Le théâtre des Jeunes Elèves", "Le Théâtre de la Cité"construit sur les ruines d'un ancien cloître.
Le spectacle sur le boulevard commençait à midi par des "parades en plein vent" Les bâtisses éclairées au gaz, les trottoirs que l'on venait de recouvrir d'asphalte sur lesquels une foule riante, échevelée tentait de se faufiler entre les échoppes en bois des marchands, devant des cafés borgnes où étaient dressées des estrades pour bonimenteurs dans une ambiance de kermesse, ou le promeneur ne savait où donner du regard : ici, sans bourse délier on regardait une femme de huit cents livres, à côté, de blondes jeunes filles dansaient sur des barres de fr rouge, là un mini carrosse était tiré par des puces. L'homme squelette déclarait d'une voix lugubre qu'il n"jamais connu la maladie de sa vie, le Bobèche et Gallimafré se disputaient sur leurs trétaux, le chien Munito, exécutait mille et un tours savants et le père Rousseau débitait sa rengaine :
"C'est dans la rade de Bourdeaux,
Qu'est s'arrivé sur trois gros vaisseaux,
Les matelots qu'étaient dedans,
Vain Dieu, c'étaient de bons enfants".
Le père Rousseauà qui on ne rendra jamais assez hommage, avait une figure rubiconde, avec ses clignements d'yeux complices, il avait une tournure volontairement grotesque, des grimaces, une voix de rogomme, il haranguait la foule avec des quolibets d'une hardiesse qui surprenait, tout cela entremêlé de hoquets d'ivrogne feint. Il était tout à la fois le bon peuple, la fantaisie, la finesse parfois et la passion vulgaire. Il personnifiait Turlupin, Polichinelle, Paillasse et Pierrot réunis.
..........
Nous réservons pour la semaine prochaine le "Théâtre Historique" d'Alexandre Dumas.
A suivre donc.....
démolition boul du crime en 1861 largeur.jpg
La démolition des théâtres en 1861

10:39 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

12/01/2009

Les petits théâtres du boulevard du Temple, quatrième partie

Par Bernard Vassor

Les théâtres du boulevard, avant la révolution.

Boulevard du crime couleur largeur.jpg
Les théâtres du boulevard du crime.
......
.....Avant la révolution de 1789, il n'y avait sur le boulevard du Temple que peu de théâtres :
Le spectacle des Associés d'Audinot, dont le directeur était un nommé Salé, qui devint plus tard "L'Ambigu-Comique".
.....
Les Grands danseurs du Roi, fondé par Nicolet.
..........
Le Théâtre de Lazzari créé par un sieur Tessieren 1777, en face de la rue Charlot porta d'abord le nom de Théâtre des élèves de Thalie, puis Théâtre des Elèves de l'Opéra. Ce théâtre reçut la visite de l'envoyé spécial des Etats-Unis Paul Jones, héros de la guerre d'indépendance i On joua à cette occasion une pantomime où Parisot tenait le rôle "du comte d'Estaing".Lequel "d'Estaing Parisot", ne payant ni factures ni entrepreneurs, le roi lui fit fermer boutique. Relevé pendant la révolution par un italien nommé Lazzari, lui-même comédien, d'une légèreté incroyable, un des premiers grands transformistes, faisant des tours d'adresse remarquables. il composait lui-même ses pièces qu'il interprétait avec brio. A côté de vaudevilles poissards, il jouait avec courage ce que l'on appelle aujourd'hui un théâtre engagé,
par exemple : "L'ombre de Jean-Jacques Rousseau" et "La Liberté pour les nègres". Ce qui ne fit pas plaisir à tout le monde, son théâtre fut l'objet d'un incendie criminel le 30 mai 1798 à 9 heures le soir.
Ruiné par ce sinistre, Lazzari mit fin à ses jour en se brulant la cervelle.
........
Le Manège Astley au faubourg du Temple, repris par Franconi, qui en fit le Cirque olympique, dans les salles du manège on y jouait des pantomimes. 
Le Théâtre des Délassements comiques, construit entre l'Hôtel Foulon et le Cirque Olympique, par un pseudo Aristide Valcour, -Philippe-AristideLouis-Pierre Plancher de son nom de baptème. Il est mort à Belleville en 1815. Le théâtre fut dévoré par les flammes en 1789. Reconstruit, c'est un certain Coulon qui en prit la direction. L'anarchie la plus complète y régnait, les spectacles se succédaient sans aucune continuité, aux pantomimes succédaient des numéros de cirque, ou bien des récréations amusantes. C'est ainsi qu'un "physicien" célèbre nommé Perrin, donna un spectacle dont voici l'affiche :
Affiche Delassements-Comiques hauteur.jpg
Le Salon des Figures de cire de Curtius, à la place qu'occupera plus tard le Théâtre des Funambules
......
Nicolas-Médard Audinot(1732-1811) est venu très jeune à Paris, où après avoir travaillé chez son frère perruquier faubourg Saint-Honoré, il se produisit comme comédien à la foire Saint-Laurent. Refusé à la Comédie-Française, il ouvrit une baraque à la foire Saint-Germain, pour y donner un spectacle de marionnettes, caricaturant de façon grotesque les acteurs et actrices du théâtre des Italiens. Ces caricatures qui faisaient éclater de rire les spectateurs, fit venir le tout-Paris. Le succès et la fortune, lui permirent de louer boulevard du Temple un terrain sur lequel il fit bâtir le Théâtre de l'Ambigu-Comique qui fut inauguré le 9 juillet 1769. Il abandonna les marionnettes pour les remplacer par des enfants. La liberté alors était totale, et certains spectacles qui devinrent grivois furent fréquentés par les dames de la cour.
Dans les Mémoires de Bachaumont, en 1771, nous lisons ce passage :
"Les amateurs du théâtre sont enchantés de voir la foule de porter à l'Ambigu-Comique, pour y applaudir la troupe d'enfants qui y font fureur; (...) Mais les partisans des moeurs gémissent sincèrement sur cette invention, qui va les corrompre jusque dans leur source, et qui, par la licence introduite sur cette scène, en forme autant une école de libertinage que de talents dramatiques".
L'archevêque de Paris se plaignit à monsieur de Sartine, le Lieutenant général de Police, de ce que, dans une pièce donnée par Audinot, un grand-prêtre était représenté dans une robe ressemblant à une aube. Sartines ne prit aucune mesure, et la pièce continua à être jouée, et le public d'y assister de plus belle en raison de la publicité donnée par l'archevêque.
Son théâtre fut en butte à la jalousie des grands, mais une opportunité le mit à l'abri de ses détracteurs. La Du Barry, chargée de "tous" les plaisirs du roi , fit venir Audinot et sa troupe à Choisy pour distraire sa majesté et ses enfants. Les pièces jouées "d'une morale peu épurée" étaient dues à une comédie en prose du très libertin Nogaret, intitulée, ironie de la programmation : "Il n'y a plus d'enfants".
Le spectacle se termina par un "Chat Botté" ballet pantomime et une contredanse très polissonne : "La fricassée".
La Du Barry riait à gorge déployé, et le roi souriant ne parut pas offusqué....
Laissons là Audinot, nous le retrouverons après la révolution dans une autre notice !
.......
Venons-en maintenant à Jean-Baptiste Nicolet
Théatre de la Gaité Nicolet.jpg
Inscription sur le Théâtre de la Gaité
.......
Jean-Baptiste Nicolet,est né le 16 avril 1728 à Paris, rue du Coeur-Volant, mort rue des Fossés-du-Temple le 27 décembre 1796.
Son père, Guillaume Nicolet, était avec sa femme Jeanne née Marlon, montreur de marionnettes aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent. Devenu âgé Guillaume céda sa loge à son fils aîné
Jean-Baptiste prit donc la succession  de ses parents, mais adjoignit à ses poupées de chiffon, des acteurs naturels qui jouaient des petites pièces, tandis que lui-même tenait après la parade extérieure des rôles d'Arlequin. En 1759, il reprit sur le boulevard du Temple la salle de spéctacle mécanique Fauré, pour y faire jouer des pièces du répertoire de la Comédie-Italienne et des opéras-comiques. Il acheta ensuite un terrain plus grand sur le boulevard, et fit comblerr les fossés construire une salle qu'il appela "le Théâtre Nicolet" en 1867. C'est ce théâtre qui passe pour être le plus ancien du boulevard du Temple. En 1773 il demanda, et obtint l'autorisation de l'appeler le "Théâtre des Grands Danseurs du Roi" qu'il s'empressa de débaptiser au début de la révolution pour lui donner le nom plus neutre de "Théâtre de la Gaité"
Nicolet y fit jouer un acteur qui surpassait tous les autres qui devint la coqueluche des parisiens, mais surtout des parisiennes. C'était un comédien très instruit qui éxécutait avec beaucoup d'intelligence des scènes désopilantes. C'était un singe qui réussit même le tour de force de remplacer le comédien Molé de la Comédie-Française, enrubanné, affublé d'une robe de chambre avec un bonnet de nuit, il joua si bien que des chansonniers s'emparèrent de son personnage :
"Quel est ce gentil animal,
Qui dans ces jours de carnaval
Tourne à Paris toutes les têtes,
Pour qui l'on donne des fêtes ?...
Ce ne peut être que "Molet",
Ou le singe de Nicolet."
L'animal faisait de temps en temps de petits tours dans la salle pour s'asseoir sur les genoux de quelques belles aux yeux doux.
Nicolet après avoir donné des spectacles de marionnettes, d'animaux savants, de pantomimes et de danse de cordes, fit représenter des pièces grivoises et des arlequinades parfois osées....
..........
Nous avons déjà publié une notice pour le salon de figure de Curtius, et largement évoqué le théâtre des funambules avec Deburau. 

17:35 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Les petits théâtres du boulevard du Temple; troisième partie

Par Bernard Vassor

Au Théâtre du Lycée dramatique qui devint plus tard le Théâtre des Patagoniens

Mlle Rose et Mlle Malaga.

 
Mademoiselle Malaga et son père, le bonimenteur
.......
Qui se souvient aujourd'hui des reines de la danse du boulevard du Temple ? Leur gloire s'étendait bien au-delà de Paris. Dans une petite salle en bois, le Théâtre des Patagonniens,  Mlle Rose, dont nous ne savons pas grand chose, elle ne figure dans aucune biographie que j'ai pu consulter, mais qui est restée dans la mémoire de certains mémorialistes, à l'égale de Malaga à laquelle la gloire était liée. Certains racontent qu'elle avait un humour et une désinvolture inimitable.Elle portait des habits de soie bariolés, de longues tresses pendantes ornées de pièces d'or et de beaux colliers de verre que l'on voit sur les femmes vénitiennes. On la voyait parfois la tête en bas, et les pieds en l'air, en équilibre sur un chandelier. Elle jouait du tambourin, dans une danse échevelée, et folle du midi, se renversant avec grâce. Mais c'était avant tout une funambule, bravant les lois de la gravité sur une corde tendue et regardant le sol avec un souverain mépris. Mademoiselle Rose fut surnommée "la belle Tourneuse". Voilà en quoi consistaient les exercices : elle s'avançait sur scène et dansait une sarabande échevelée. Puis, elle demandait des épées aux cavaliers, et s'en piquait trois dans le coin de chaque oeil. Alors, elle s'enlevait sur la corde tendue avec une vigueur inouïe et tournait pendant un quart d'heure, avec une rapidité telle que les yeux des spectateurs en étaient tout éblouis. Un témoin raconte, qu'il avait vu à la fin du spectacle la pointe des épées rougies de sang. Non seulement Mlle Rose exécutait le tour des épées, mais elle allait jusqu'à tourner sur elle-même avec des épées posées sur sa poitrine ou dans ses narines.
Un érudit raconte que cette danse tirait ses origines de la danse sacrée des "Saliens" prêtres de Mars, instituée chez les romains.
..........
Françoise-Catherine Bénéfand dite Mlle Malaga qui était moins brillante que Rose, mais elle avait plus de charme et de beauté. C'était une jeune fille aux cheveux abondants, blonds disaient les uns, bruns profond disaient les autres. à la bouche fraîche et souriante, aux yeux pleins d'expression. Née funambule, elle avait su introduire dans son art cette chasteté de gestes et de poses que l'on admira tant plus tard chez Marie Taglioni. De plus chose étrange pour une danseuse, elle se conduisait bien. C'était son
père qui faisait à la porte du théâtre l'énumération pompeuse des merveilles offertes au public, qu'on nomme le boniment et qui invitait le chaland à venir jouir du spectacle à l'intérieur. Le boniment était un art à part entière, il avait ses règles, son répertoire, ses provocations et ses audaces. On ne peut parler de Malaga sans évoquer le nom du "père Rousseau" qui faisait le pitre entre deux entrechats de la danseuse. Il était le plus âgé des pîtres de Paris, gros, court sur pattes, un visage souriant et spirituel, il possédait un répertoire de parades infini qu'il débitait avec bonhomie devant un autoire toujours plus nombreux. Devenu trop vieux pour continuer son métier, il habitait dans un grenier rue du faubourg du Temple, et vendait des petits gateaux avec son boniment habituel. Devenu infirme, il finit ses jours dans un hospice. Françoise-Catherine avait épousé un petit acteur de province. Econome, elle avait réussi à mettre un petit pécule de côté pour ses vieux jours. Mais hélas, son mari, joueur dissipa toutes ses économies.
Malaga épuisée par la misère est morte dans un taudis de la rue aux Ours le 22 septembre 1852, seule et oublié de tous. 
Les deux danseuses tombèrent bientôt dans un oubli total, que cette petite notice va peut-être faire ressortir de l'ombre, la mémoire de celles qui donnèrent tant d'émotions et de plaisirs à nos ancètres.....
a suivre

10/01/2009

Les petits théâtres du boulevard du Temple, deuxième partie

Par Bernard Vassor

Quelques célébrités du boulevard.

Bobêche et Galimafé.jpg
Jean-Antoine Mandelard dit Bobêche et Auguste Guérin, dit Galimafré : les Paillasse et Cassandre bonimenteurs.
......
Sous le premier empire et la restauration, ces deux compères furent les pitres les plus célèbres du boulevard du crime. Tout jeune, Mandelard rencontra sur le boulevard, devant la parade de la Malaga, un autre gavroche de son âge, Auguste Guérin. Leur entente fut immédiate et ils décidèrent de se produire eux aussi sur les trétaux. Bobêche, revêtu d'une veste jaune, d'une culotte rouge, chassé de bas bleus, coifféd'une perruque rousse à queue rouge enturbannée qui était surmontée d'un chapeau lampion sur lequel était fixé un papillon qu'il ne quittait jamais. Il appelait les badauds à s'attrouper en faisant jouer une immense crécelle.
Par contraste, Galimafré était vêtu sobrement d'un costume de paysan normand, le visage enfariné. Leur succès fut énorme, les dialogues faisaient se tordre de rire les spectateurs aglutinés devant l'estrade qui leur servait de scène. Ils comptèrent parmi les plus grandes célébrités de l'époque. Qui s'en souvient encore aujourd'hui ?
En 1814, quand les troupes alliées attaquèrent Paris, nos deux compères étaient postés derrière une barricade rue de Meaux, le fusil à la main.
Après le deuxième retour de Louis XVIII, derrière les troupes étragères les deux paradistes, ne voulant pas se produire devant l'ennemi quittèrent le métier et se séparèrent. Galimafré se fit engagcomme machiniste au théâtre de la Gaité, puis à l'Opéra-comique où il resta pendant trente ans. Il se retira à Montmartre ensuite, et mourut loin de son ami, place du Tertre vers 1870.
Bobêche quand à lui partit s'exiler à Rouen, où il joua dans un minuscule théâtre dont il devint le directeur. Ayant fait faillite, il s'enfuit à Bordeaux. On le vit alors, mendier dans les rues, traînant de café en cabaret jouant sur crin-crin qui se voulait un violon.
Puis il disparut subitement en 1840, son ancien compagnon disant ne plus avoir de nouvelles depuis cette date.

11:04 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Quatre sous pour aller au paradis : les petits théâtres du boulevard du Temple.

Par Bernard Vassor

Première partie

Le Théâtre des Chiens Savants

funambules chiens largeur.jpg
M. et Mme Denis, avec leur jockey et le serin de madame.
La seul' prom'nade qu'ait du prix,
La seule dont je suis épris,
La seule où j'm'en donne, où-ce que je ris,
C'est l' boul'vard du Temple à Paris.
Desaugier
La formation du boulevard du Temple date de 1656. Louis XIV avait fait combler et planter d'arbres les fossés  qui allaient de la porte Saint-Antoine jusqu'à celle du Temple. Le boulevard doit son nom à la proximité de l'enclos du Temple. Cet endroit charmant, devint un lieu de promenade, qui dit promeneurs dit marchands, bateleurs, montreurs de marionnettes, mimes, acrobates, montreurs d'ours, bref tout ce qui se produisait annuellement à la foire du Lendit, se retrouvait en permanence sur le boulevard. Pour commencer, évoquons le théâtre des chiens savants, qui précéda les Funambules, dont nous avons fait un bref historique à propos de Deburau dans une notice précédente.
.......
De toutes les salles du boulevard du Temple, à partir de 1791, c'était la plus originale. Ce théâtre de chiens savants, avec des barbets, des caniches, lévriers, bassets, épagneuls, dogues ,carlins, tel était le personnel de la troupe, avec des premiers rôles, jeunes premiers, roi, comique, soubrettes, corps de ballet et figurants sur le modèle de la Comédie-Française et de l'Académie Royale de musique. Les grands auteurs du temps n'hésitèrent pas à prêter leur plume, pour composer des canevas de drames joué par ces animaux costumés sous la conduite d'un dresseur habile, et d'un narrateur.
La gravure ci-dessus représente Monsieur et madame Denis (un griffon et une épagneule) lui avec son habit de velours et sa culotte en bouracan, elle mise en satin blanc passent dans une rue, suivis de Carlin, leur Jockey, qui porte le serin de madame Denis. Entre le guet,
une troupe de caniches qui arrête un déserteur (un autre caniche) A peine arrêté le caniche passe devant un conseil de guerre (une assemblée de barbets), il est condamné à mort (le narrateur indique qu'une passion coupable de l'accusé pour madame Denis a été la cause la sentence)
Dans le dernier acte, le caniche est fusillé, il tombe en murmurant un nom que personne n'entend, on laisse supposer que ses dernières paroles furent pour demander de couper une mèche de cheveux de sa bien-aimée.
.............
Le prix d'entrée, était de un franc, et de quatre sous pour les pauvres et les avares qui allaient occuper un balcon le plus éloigné de la scène qui n'avait pas de places assises qui s'appelait "le Paradis". On dit aujourd'hui le poulailler. 
Le théâtre des chiens savants fut remplacé des années plus tard par le théâtre des Funambules, qui à ses débuts présentait des acrobates  des avaleurs de sabres, l'homme géant et le joueur de harpe, des paillasses obscures et sans talent. Jusqu'à ce qu'un directeur avisé engage un Gilles obscure lui aussi, mais qui allait devenir grand; c'était tout simplement Jean-Gaspard Deburau.....
Ce théâtre était mitoyen de celui de la célèbre acrobate "Madame Saqui" et du "Petit Lazari" dont nous évoquerons l'histoire dans une autre notice.
Funambules saqui lazari.jpg

00:03 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

03/01/2009

Le Boeuf à la Mode de la rue du Lycée....

Par Bernard Vassor

Boeuf à la mode enseigne largeur..jpg
L'enseigne peinte
.......
C'est dans l'ancien hôtel du marquis Voyer d'Argenson, que les restaurateurs Méot, fondèrent en 1792 ce cabaret situé rue du Lycée (de Valois aujourd'hui. A l'origine, comme son nom ne l'indique pas, les frères, restaurateurs marseillais avait comme spécialité... la bouillabaisse ! 
Voici la notice qui lui est consacrée dans le "Petit Dictionnaire critique et anecdotique des Enseignes de Paris, par un batteur de pavé" attribué à Balzac qui en fut l'imprimeur en 1826 :
"Boeuf à la Mode (Au)
Restaurateur près le Palais-Royal.
-Des schalls, un chapeau ornent un boeuf que le restaurateur calambourdiste a cru pouvoir appeler à la mode; d'aucun, trompés par le jeu de mots, ont voulmu tâter la cuisine, mais ils ont trouvé qu'il était un peu trop salé"
.....
Néanmoins, le Boeuf à la Mode fut sous le directoire surtout, le plus célèbre restaurant du Palais-Royal, qui en comptait pourtant beaucoup.
C'était, avec "Les Frères Provenceaux" où se conservaient les meilleurs traditions de la cuisine française, les lieux les plus renommés de la cuisine en Europe.
Il était fréquenté par une clientèle argentée, compte tenu des tarifs qui étaient pratiqués, qui ont certainement effrayés l'auteur du dictionnaire cité ci-dessus. Même Honoré de Balzac, avait des moyens limités....Le mémorialiste à langue de vipère Horace de Vieil-Castel y fit un repas qui lui coûta à lui seul cinq cents francs, somme colossale à l'époque.
Boeuf à la mode largeur.jpg
Un salon du Boeuf à la Mode.

Le maître de poste Brion, du boulevard des Capucines

Par Bernard Vassor

Brion maître de poste boul des Capucines largeur.jpg
Maison Brion 16 boulevard des Capucines.
C'est à la fin de la Restauration, vers 1830, que le maître de postes Brion du boulevard des Capucines, fonda une maison pour la location de voitures de luxe. Il fut le premier à prendre ce pari, alors que naissaient les chemins de fer, dont personne ne pensait qu'ils auraient un quelconque avenir.
..........
Cette maison où l'aristocratie prit l'habitude de se fournir, fut très longtemps la première en ancienneté, et en importance dans la capitale. La maison était chargée par la Ville de Paris, sous le second empire  de fournir et d'organiser les cortèges officiels, lors des visites de personalités de passage. L'importance prise par la maison Brion, obligea ses successeurs, les frères Foissy, à ouvrier une succursalle 83 rue de la Boétie. Il y avait alors dans la remise du boulevard, plus de trois cents chevaux achetés et dressés jeunes et deux cent cinquante voitures.Brion maître de poste rue Ma Boetie largeur.jpg
 Imaginez aujourd'hui les boulevards aux heures de pointe ! 

10:35 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

29/12/2008

Paris disparu : Le restaurant Peter's du passage Mirès

Par Bernard Vassor

PETERS PASSAGE DES PRINCES largeur.jpg
Le restaurant Peter's, lors de son inauguration
......
Le passage Mirès qui s'appelle aujourd'hui passage des Princes, portait le nom du financier qui en avait conçu et fait réaliser le projet. Son nom hélas, fut retiré, après la banqueroute frauduleuse de l'homme d'affaire bordelais Jules Mirès,après d'habiles spéculations en bourse, avec le soutien d'hommes politiques influents sous l'Empire, comme le duc de Morny, qui couvrit une opération, offrant ainsi un "cadeau princier" au financier véreux.
Le luxueux restaurant Péter's, connut une vogue immense, lors de l'exposition universelle de 1867. Tout Paris se précipitait chez Peter's qui avait fait construire un bassin qui contenait des crocodiles vivants, et des tortues gigantesques. Mais, l'imagination du restaurateur était sans borne. Pour satisfaire la curiosité de ses clients, il avait acheté un jeune ours de Sibérie, qui se promenait librement dans le restaurant, mangeant ça et là, au gré de son apétit, dans les assiettes de ses clients. Le directeur du théâtre Dejazet, venu déjeuner au restaurant, s'écria en apercevant l'animal : -"Je le reçois à mon théâtre". L'histoire ne dit pas ce qu'est devenu cet ours devenu plus agé, plus agressif et plus encombrant ?
La "Peter's taverne" comme l'appelle Alfred Devau, l'historiographe des plaisirs parisiens, avait pour spécialité "l'ale" et du "porter".
On y va plus pour y déjeuner que pour y dîner. La clientèle est composée de boursiers de gens de lettres de journalistes, et d'une clientèle bourgeoise, venue regarder manger tout ce petit monde. On y déjeune à l'anglaise ou à la française. Le patron, Pierre Fraysse, qui a anglicisé son prénom, ce qui n'est pas au goût de notre anglophobe ami Honoré de Balzac, a inauguré une double tarification. Une pour sa clientèle aisée, l'autre pour "les simples paysans". Le choix étant vite fait pour les dîneurs en galante compagnie ne voulant pas sembler être pingre. La "Turtle-sup" (soupe à la tortue) coûtait un franc cinquante au tarif paysan, et quatre francs pour les gens de bien.
L'autre spécialité était le Fleury,le plus exquis, venu directement de chez le vigneron, à un franc cinquante la bouteille (le salaire journalier d'une petite ouvrière, ou d'un manoeuvre)i

11:35 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Tags : jules mirès | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

24/12/2008

Paris disparu : "Au Cadran Lunaire" la boutique de luxe du faubourg Montmartre

Par Bernard Vassor

Baumann cadran lunaire 24 faubourg Montmartre hauteur.jpg
24 Rue du faubourg Montmartre
........
Fondée en 1840, la bijouterie de monsieur Baumann offrait à la coquetterie féminine un immense assortiment de bijoux, qui lui assura un succès immédiat, si bien que le bijoutier ajouta un rayon d'orfèvrerie et d'argenterie à sa maison, à la demande de sa riche clientèle, heureuse de trouver là un choix d'objets de bon goût pour les cadeaux de fêtes ou de mariage.
Le souci artistique apporté à la ciselure des bijoux, autant que la beauté de ses pierreries choisies avec discernement en avait fait la maison parisienne la plus cotée.
La réputation justifiée d'être un véritable artiste de monsieur Baumann, connaissant l'art du bijou, où l'on retrouvait la manière des grands ciseleurs qui savaient garder aux pierres leur éclat. Il savaitrésister aux outrances de la mode, connaissance de l'art du bijou à toutes les époques.
Devenue plus tard une bijouterie-orfèvrerie, elle n'eut de concurent sérieux que la maison Ligeron 27 boulevard Bonne-Nouvelle. On y trouvait un choix considérable de services à thé, de services de décor de la table, mille accessoires de la toilette féminine, et des objets de petite et grosse orfèvrerie. Il en est qui semblent provenir d'appartements d'une favorite royale. 
......
La curieuse maison mitoyenne était à la fin du 18° siècle une maison de rendez-vous galants tenue par une certaine madame Antoinette, qui préféra changer de nom pendant la révolution pour devenir la charmante Mlle Lise. 

17:00 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Tags : baumann | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Etude sociale : une crèche en 1845, 144 rue Saint-Lazare

Par Bernard Vassor

Crèche 144 rue Saint-Lazare.jpg
Crèche, 144 rue Saint-Lazare.
.......
"Il faut qu'on cesse de confondre la charité avec l'aumône
(...)si les prêtres catholiques trouvent en France
des milliers de femmes nobles et riches pour en faire
leurs dames d'aumônes, pourquoi donc ne pas espérer trouver
dans cette même France, quelques centaines de femmes intelligentes
 et dévouées qui considéreraient comme un devoir,
un honneur se se faire femmes de chartité ?" (..)
Flora Tristan, Union Ouvrière, 1843
......
Ne cherchez pas le 144 rue Saint-Lazare, toutes les maisons ruelles et impasses, à partir des numéros 126, ont été supprimées lors de l'aménagement de la gare du même nom et à l'élargissement à 20 mètres de cette voie. Cette rue est située sur l'ancien chemin allant de la rue Bourdaloue et Notre-Dame de Lorette, jusqu'à la rue de l'Arcade.Elle s'appelait à l'origine : chemin des Porcherons, et aussi rue d'Argenteuil, parce qu'elle conduisait à ce village. Elle prit son nom actuel en 1770 en raison de sa direction vers la prison Saint-Lazare, rue du faubourg Saint-Denis.
......
La crèche de la rue Saint-Lazare, est une des trois premières (toutes dans le deuxième arrondissement de l'époque) crées à Paris, située juste après l'Hôtel des Chemins de Fer, avant la rue de l'Arcade. Rien ne permettait de la distinguer, un petit escalier de bois entre deux ateliers, conduisait au premier étage dont la porte portait l'inscription : Crèche de Saint-Louis d'Antin. Après une porte vitrée, une pièce spacieuse recevait une vingtaine d'enfants, surveillés par quatre "berceuses"vêtues d'un costume moins sombre que celui des soeurs, mais, aussi austères. Les berceaux métalliques étaient emboités d'un côté dans le mur, et soutenus de l'autre par de lourds pied en fer scéllés dans le sol. Les berceaux étaient garnis de rideaux et de couvertures blanches. La lingerie se trouvait dans une pièce au fond, et semblait bien moins tenue. Le bureau de la directrice était attenant à la lingerie, au mur, la liste des noms des fondatrices et des inspectrices, rien que du beau monde, la comtesse de Kersaint, Mme de Muron, la comtesse de Montjoie et bien d'autres noms à particule. A côté de cette liste, celle des médecins, tous bénévoles, et une autre avec les prescriptions d'hygiène, et le règlement de l'établissement.
Chaque berceau avait une plaque gravée au nom d'une personne qui avait payé l'équipement, berceau rideau couverture qui coûtait quarante franc environ. Pas de charité anonyme, on trouvait le nom du curé de Saint-Louis d'Antin, de la comtesse de Cumont, Mlle d'Artigues, Mlle de Vercy. Le prix de la journée de garde était de vingt centimes. La crèche était fermée le soir, les dimanches et jours de fêtes.
.......
Nous ignorons quelles étaient les conditions d'accès, et le choix qui était fait pour accueillir une soixantaine d'enfants dans tout Paris ?

14:11 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

18/12/2008

Le cabaret de la Mère Roquille

Par Bernard Vassor

RUE DU MONT BLANC BAL DES domestiques largeur.jpg
...................
Au XVIII° siècle, il y avait des guinguettes, des cabarets borgnes, des bals bordant les bosquets qui longeaient le Chemin de l’Egout, devenu ensuite la rue de Provence après sa couverture par le Fermier général Laborde , supprimant ainsi les odeurs nauséabondes polluant les environs en raison des épandages des boues de cet égout pour la fertilisation des cultures maraichères , jusqu’au chemin boueux de La Grande-Pinte, rue du Mont Blanc* qui conduisait chez Ramponneau. Dans la rue Neuve-des-Capucins (Rue Joubert) ordonnée par le roi le 8 juin 1780, il y avait une vingtaine de bicoques avant 1789**. Parmi celles-ci, il y avait là le "cabaret de la Mère Roquille, elle devait ce surnom à une petite mesure de capacité qu’on désignait  aussi sous le nom de canon.
Cette femme, de son vrai nom Louise Violet était en même temps une entremetteuse qui tenait aussi un garni au dessus de son établissement tout prêt pour  la pratique en mal de débauche. Ce lieu était fort réputé fréquenté selon Manuel par des moines, des prêtres, et bien des filles du monde, venue là s'encanailler..
Le cabaret ne fut démoli qu’en avril 1896 lors du prolongement de la rue de Mogador avec quelques vieilles maisons entre la rue Joubert et la rue de Provence. Pendant la Révolution, sa petite fille, Reine Violet, épousant la cause de Marat, elle était « crieuse » de « l’Ami du Peuple » (le journal de Marat) pour provoquer la chute de la statue équestre de LouisXIV place Vendôme  jeta une corde pour enserrer et abattre ce symbole honni des révolutionnaires (à l’emplacement de la future colonne Vendôme). La statue avait déjà été déboulonnée  et notre pauvre «Reine» suspendue à la corde, fut écrasée par la chute du cheval du Roi soleil.....

*Rue de la Chaussée d’Antin

**Parmi ces maisons, celle de "la Farcy" autre entremetteuse célèbre, qui s'était refaite une virginité en vendant son petit commerce pour s'associer à un agent de change (qui selon Brassens sont pis que des voleurs !)

***Aux numéros 20 22 24, le pied à terre galant du Comte d'Artois, qui servit de prison pendant la terreur principalement pour des anglais incarcérés sur ordre de Robespierre.  

10:08 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

16/12/2008

Le "Club rouge de la Reine Blanche"à Montmartre

Par Bernard Vassor

 

 

 

 

 

Au temps de Balzac, Paris comptait douze arrondissements. Etre marié dans le treizième, en langage populaire signifiait vivre en concubinage

Ainsi peut-on lire dans "Béatrix"

(..) venu là pour voir le fameux galop! Elle fanatisa par son esprit ce gentilhomme qui ne savait plus à quelle passion se vouer; et, alors, deux ans après avoir été quitté par Béatrix dont l'esprit l'humiliait assez souvent, le marquis ne fut blâmé par personne de se marier au treizième arrondissement de Paris avec une Béatrix d'occasion. Esquissons ici les quatre saisons de ce bonheur. Il est néces- saire de montrer que la théorie du mariage au treizième arrondissement en enveloppe également tous les administrés. Soyez marquis et quadragénaire, (…)  chiffre des sommes qui sont restées improductives, verrouillées au fond des coeurs généreux et des caisses par cette ignoble phrase: -- Tirer une carotte!... Ce mot est devenu si populaire qu'il faut bien lui permettre de salir cette page. D'ailleurs, en pénétrant dans le treizième arrondissement, il faut bien en accepter le patois pittoresque. Monsieur de Rochefide, comme tous les petits esprits, avait toujours peur d'être carotté. Le substantif s'est fait verbe. (…) vertus dans cette nouvelle phase. Elle se dessina dans un rôle de ménagère dont elle tira le plus grand parti. Elle nouait, disait-elle, les deux bouts du mois sans dettes avec deux mille cinq cents francs, ce qui ne s'était jamais vu dans le faubourg Saint-Germain du treizième arrondissement, et elle servait des dîners supérieurs à ceux de Rothschild, on y buvait des vins exquis à dix et douze francs la bouteille.(…)  Aussi ces annonces vivantes, ces articles ambulants firent-ils passer madame Schontz pour la femme la plus agréable que l'on connût sur la lisière qui sépare le treizième arrondissement des douze autres. Ses rivales, Suzanne Gaillard qui, depuis 1838, avait sur elle l'avantage d'être devenue femme mariée en légitime mariage, pléonasme nécessaire pour expliquer un mariage solide, Fanny-Beaupré, Mariette, Antonia répandaient des calomnies plus que drolatiques (…)


CLUB MONTMARTRE hauteur.jpg
Un remerciement particulier est adressé à Garibaldi, "venu afirmer en France la République universelle."
Après le 4 septembre 1870, de nombreux clubs révolutionnaires se sont ouverts à Paris.
A Montmartre, les plus importants étaient curieusement situés sur l'emplacement des "bals de barrière" : Le bal Robert, boulevard Rochechouart, la Boule noire, L'Elysée-Montmartre, et La Reine Blanche 88 boulevard de Clichy entre la rue Lepic et le cimetière de Montmartre.
la reine blanche largeur cadre.jpg
Les réunions publiques avaient lieu tous les soirs à huit heures.
........
Paris est assiégé par les prussiens, la résistance s'organise, une "Garde civique" est crée, pour la défense des quartiers de Paris. Un petit peu partout, des "comités de vigilance " se mettent en place
Les membres fondateurs de ce club demandent, considérant que le gouvernement direct du peuple seul, peut sauver la patrie et qu'une Commune de Paris doit être organisée.
Parmi ces membres, nous en retrouverons trois, élus de Montmarte à la Commune de Paris. Eugène Razoua (capitaine de la Garde nationale), Antoine Révillon dit Tony-Révillon et Simon Dereure (membre du comité d'artillerie du XVIII° arrondissement, adjoint de Clemenceau maire de Montmartre) , fondateurs du 61° bataillon de la Garde nationale à Montamrtre ( celui du père Tanguy).
Pour ceux qui ne le sauraient pas, la Reine Blanche a laissé place au Moulin rouge en 1889.

11:08 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

04/12/2008

A propos de l'exposition Victor Hugo à Carnavalet : LA BERGERE D'IVRY

Par BERNARD VASSOR

medium_BERGERE_D_IVRY_10_SEPIA.jpg

Dédié à mon ami Gérard Comte, l'historien, du XIII° arrondissement . Passionné, il a bataillé ferme pour que l'on donnât le nom de Bergère d'Ivry dans ce quartier à une rue, un carrefour ou une place, plutôt que celui d'un obscur politicien, militaire ou chanteur à la mode, comme nous avons l'habitude de le subir trop souvent dans Paris. Ce serait un bel hommage à lui rendre pour toutes les actions qu'il a menées pour l'histoire de son fief...

........

L'ASSASSINAT DE LA BERGÈRE D'IVRY 
C'était non loin de l'endroit où coulait la Bièvre en un canal souterrain, à l'endroit ou une légende raconte que Jules César avait goûté le fameux vin du clos Croulebarbe, non loin du Clos PayenGeorge Sand et Alfred de Musset y avaient caché leurs premières amours, que notre Bergère une jeune fille nommée Aimée Millotmedium_BERGERE_D_IVRY_09_SEPIA.jpg gardait  ses chèvres dans les années 1825.
Il y avait de nombreuses guinguettes dans le voisinage : La Belle moissonneuse, Les Deux Edmond, Le Grand Vainqueur, la petite Aimée était une jeune fille sage, chacun l'aimait dans le quartier où on la voyait garder les chèvres de madame Detrouville, femme très austère, qui ne badinait avec les principes !
.........
La jeune fille s'était fiancée à un jeune garçon un peu fou qui s'appelait Honoré Hulbach. Cette idylle vint aux oreilles de madame Detrouville qui sermonna la bergère en lui enjoignant de rompre tout contact avec ce garçon et de lui rendre tous les présents qu'il lui avait faits : deux oranges, une demi-bouteille de cassis et un fichu. Ce que fit la jeune et sage Aimée Millot qui était surnommée la Bergère d'Ivry.
   Fou de rage, Honoré Ulbach, alla acheter un couteau chez un brocanteur rue de la Montagne- Sainte-Geneviève le 25 mai 1827 à dix heures le matin. Puis, pour surprendre la jeune fille, il s'était caché derrière un arbre, dans le champ de l'alouette* et lorsqu'il vit arriver sa promise, se précipita sur la pauvre petite, et la frappa de cinq coups de couteaux. Ivre de douleur et de remords, il alla se cacher dans un garni de la rue du Chantre, puis, vint se livrer lui-même à la police. Il fut jugé et condamné à mort. Le 10 septembre 1827, conduit en place de Grève, et sous les auspices du bourreau, "éternua dans le panier de Sanson"
Site du GIRB Maison de Balzac Balzac , La femme de trente ans,Victor Hugo  les Misérables( chapitre le Champ de l'Alouette), J.K.Huysmans, La Bièvre 
*Le lieu-dit Le champ de l'Alouette se trouvait environ aux environs de l'actuel boulevard Blanqui, de la rue Payen et débouchait rue de la Glacière.

23/11/2008

Une fusillade au jardin du Luxembourg

PAR BERNARD VASSOR

fusillade luxembourg largeur.jpg
Les paisibles promeneurs qui traversent le jardin du Luxembourg, les lecteurs assis sur les chaises contre les murets qui cernent le bassin où les enfants jouent, tout ce petit monde se doute-t-il que s'est joué là une terrible tragédie. A partir du 23 mai 1871, dans tout Paris, l'armée versaillaise triomphante organisait de sanglantes représailles. Là dans une annexe du musée du Luxembourg, une cour prévôtale s'était installée. Autour d'une table quelques militaires gallonés, décidaient après un interrogatoire sommaire de la vie ou de la mort des vaincus. Selon l'humeur de ces officiers, les fédérés étaient envoyés dans des prisons improvisées à Versailles ou bien conduits contre les murs du jardin pour y être fusillés.
Si vous regardez attentivement ces murets, vous y verrez encore aujourd'hui, les traces des balles tirées par les pelotons d'exécution improvisés.

16:36 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

La mairie du IX° arrondissement pendant le siège de Paris, suite...

PAR BERNARD VASSOR

Mairie du 9 hauteur.jpg
La porte d'entrée de la mairie de la rue Drouot.
.......
Dans un article précédent, nous racontions une émeute devant cette même porte vue d'une fenêtre donnant sur la sortie de l'Opéra
Le Pelletier pendant cette période. Nous assistons sur cette image à la lecture des nouvelles de la guerre franco-prussienne. Cet endroit était le lieu privilégié de rendez-vous où l'on venait prendre les dernières informations sur la situation de la France. Les dépêches arrivaient des ministères, de la préfecture de Police, de l'Hôtel de Ville et de l'état-major de la place de Paris. En véritable précurseur de l'Agence Française de Presse, les dépêches étaient transcrites et affichées sur un carton. La foule, venue de tous les endroits de la capitale, se massait et faisait la queue pour les lire.
De temps en temps, une personne juchée sur une caisse en faisait la lecture à haute voix. Certains jours et parfois jusqu'à des heures avancées de la nuit, des groupes se formaient et commentaient avec vivacité les évènements. Ces groupes obstruaient le passage étaient si nombreux, que le boulevard Montmartre et le boulevard des Italiens qui faisait l'angle de la rue Drouot, étaient noir de monde. D'autres soirs, c'était sur le trottoir d'en face dans la cour de l'Opéra que se tenaient des "Clubs en plein air".

15:44 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

22/11/2008

Paris disparu : Le percement de la rue de Rennes

PAR BERNARD VASSOR

rue de rennes percement largeur.jpg
L'église Saint-Germain-des-Prés, à gauche le portail de l'entrée de la Cour du Dragon
.........
Comme pour le percement du boulevard de Magenta, l'ouverture de la rue de Rennes se fit en deux temps. Le premièr c'est en 1853, puis c'est en 1866, après l'éventrement de grand nombre de petites rues, le deuxième tronçon qui aboutit à l'actuelle boulevard Saint Germain mit fin aux travaux. Un projet du baron Haussmann prévoyait le prolongement de cette voie jusqu'à la Seine, détruisant au passage  les rue Visconti, rue des Beaux-Arts, rue de Seine et rue Mazarine. Nous ignorons ce qui empêcha cette folie dévastatrice.
A gauche, la porte d'entrée de la cour du Dragon, se trouvait rue de l'Egout dans le prolongement de la rue Saint Benoit. A l'origine (1682) ce fut une Académie Royale,à l'usage des jeunes gens biens nés dont l'instruction consistait à l"apprentissage de l'usage des armes, de l'équitation de la danse, et quelques notions de mathématiques. Ensuite Antoine Croizat y fit construire une cour dont le portail donnait sur la rue de l'Egout. Ce portail était surmonté d"une sculpture représentant un dragon ailé qui donna son nom à ce lieu, puis à la rue du Sépulcre, situé à l'arrière de la cour carrée. Pendant la rs'installèrent des chaudronniers, des tôliers, marchands de métaux de toutes sortes.
Cet ensemble fut classé monument historique en 1920, mais la Ville de Paris laissa des promoteurs vandales le détruire pour y ériger un ensemble en béton en 1935.
Rue TARANNE carrefour Saint Benoit largeur.jpg
Carrefour Saint-Benoit
........
Sur cette photographie de Marville, au carrefour de la rue de Rennes,la maison à droite, fait l'angle de la rue Taranne, qui a été remplacée par le boulevard Saint-Germain.
La rue Taranne, commençait rue de l'Egout et rue Saint Benoit, avait 172 mètres et se terminait rue des Saint-Pères. A son ouverture à la fin du treizième siècle, elle s'appelait rue aux Vaches, puis rue de la Courtille et rue Forestier. C'est en 1418 que lui fut donné le nom de rue Taranne du nom d'un échevin. En 1802, une décision de Jean-Antoine Chaptal, alors ministre de l'intérieur, fixa la largeur de la voie à 9 mètres cinquante. Dans cette rue donnait la "Petite rue Taranne" qui commençait rue de l'Egout, traversait la rue du Sabot pour se terminer dans la rue du Dragon. Jusqu'en 1860, le quartier se trouvait dans le dixième arrondissement.....

19/11/2008

A Ménilmontant, construction d'un réservoir permettant de recevoir les eaux de la Dhuis

Par Bernard Vassor

MENIMONTANT EAUX DE LA DHUIS largeur.jpg
Les travaux de construction du réservoir supérieur à Ménimontant
.......
Sous le second empire, le problème vital de l'alimentation en eau potable de la capitale, alors fournie par la Seine et le canal de l'Ourcq, très pollués, fut étudié à partir de 1854. Il fallait amener à une hauteur suffisante pour que le précieux liquide puisse arriver dans les étages les plus élevés des maisons. Une dérivation des eaux de source de la Somme-Soude, un petit affluent de la Marne, et quelques sources comme la Dhuis et le Sordou situés entre Chatau-Thierry et Epernay, ainsi que la Vanne qui se jette dans l'Yonne à Sens.
Il fallut pour cela, la construction de trois aqueducs différents, l'aqueducsupérieur amenant 40 000 mètres cubes d'eau de la Dhuis, pour les quartiers les plus élevés, un aqueduc moyen amenant les eaux de la Somme-Soude, et un autre destiné à alimenter les habitations des quartiers bas. C'est par l'aqueduc supérieur que débutèrent les travaux. Les eaux de la Dhuis ou du Moulin de Pargny situés dans le canton de Condé dans l'Aisne furent associées à des sources complémentaires dans la vallée du Surmelin. Les oeuvres de maçonnerie sont d'une longueur de 118 kilomètres. Les eaux jaillissant de la source de la Dhuis, s'élèvent ainsi à 130 mètres au-dessus du niveau de la mer pour remplir le réservoir de Ménilmontant.

14:25 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Le percement du boulevard Magenta en 1865

Par Bernard Vassor

boulevard Magenta percement largeur.jpg
La première partie du boulevard avait été ouverte au début de l'année 1860, et se terminait boulevard de Strasbourg, au niveau de l'église Saint-Laurent. Cette nouvelle percée avait pour but de terminer le boulevard à la caserne du Prince Eugène, place du Château d'Eau (place de la République). Les dernières démolitions furent à peine achevées que de nouvelles maisons s'élevèrent en même temps que la chaussée et les trottoirs et que se creusaient des excavations à droite et à gauche pour le passage des conduites d'eau.
Pour l'occasion, l'église avait décidé de faire une petite toilette. Le porche de style gothique a donc remplacé l'impersonnelle façade froide et insignifiante de la construction précédente. L'église existait déjà, si l'on en croit Grégoire de Tours qui fit le récit de la crue considérable de la Seine  en l'an 583 . Celle-ci, recouvrait tout l'espace depuis l'île de la Cité, jusqu'à la petite église et qu'entre ces deux points, plusieurs embarcations firent naufrage. L'église occupait son emplacement actuel avant d'être pillée, dévastée et démolie par les Normands. Puis elle fut reconstruite avec son cimetière attenant,à l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui sur les terrains qui appartenaient à la communauté Saint-Lazare. Un cours d'eau coupait le faubourg, traversant des marais, pour aller se jeter dans la Seine au niveau de Chaillot.
La campagne s'étendait tout autour, agrémentée ça et là de moulins à vent  comme nous pouvons les retrouver sur les cartes du XVIII° siècle.

09:55 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

08/11/2008

Paris disparu : Le restaurant Lapré, rue Drouot

PAR BERNARD VASSOR

Restaurtant Lapré rue Drouot côté Figaro.jpg
Fondé en 1860, après le prolongement du dernier tronçon de la rue Drouot, Lapré était situé à l'angle de la rue de Provence et de la rue Drouot, juste à côté de l'immeuble du Figaro. Ce restaurant "tranquille et sévère" comme l'annonçait fièrement sa publicité avait comme spécialité : "Toutes les gloires culinaires de la Ville de Lyon". Sa cave était réputée comme l'une des meilleures de Paris
Lapré avait comme succursales : La Tour d'Argent15 quai de la Tournelle,L'Escargot38 rue Montorgueil, l'Hôtel San Régis 12 rue Jean Goujon. C'est aujourd'hui un immeuble occupé par une compagnie d'assurances.

10:44 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

03/11/2008

Les "ravageurs de la Seine"pendant les basses eaux

PAR BERNARD VASSOR

Ravageurs de la seine pendant les basses eaux largeur.jpg
Pendant les mois d'été, il n'est pas rare d'apercevoir, du Pont-Neuf ou du Pont des Arts, le fond du fleuve sur toute sa largeur.
C'est là que se réunissent des individus exerçant une profession bien saisonnière !
Dès le lever du jour, au pied des berges du fleuve, des groupes se forment de l'eau jusqu'au genoux, barbotant dans la vase près des sorties d'égouts. Ils fouillent le fond de l'eau à la recherche de pièces de monnaie, de bijoux, de l'argenterie, de vieux débris de cuivre ou de plomb ou toutes sortes d'objets de larcins abandonnés, jetés dans la Seine. Ces individus, chiffonniers, ou pauvres gens en quête d'un peu d'argent pour survivre ont été surnommés "les ravageurs de la Seine". Leurs découvertes sont multiples; sous le Pont-Neuf un cachet d'argent à double face aux armes de Catherine de Médicis, plus loin un couteau damasquiné d'argent. Vers l'île de la Cité, ils ont trouvé une étrange hache en pierre polie noire d'une dimension hors du commun. Sous le Pont-des-Arts la plus curieuse épave est une petite boite en cuivre renfermant le portrait de Mlle de la Vallière peint à l'huile sur du métal. Seul les rouges ont subit une altération et viré au noir. 
La banlieue parisienne a aussi ses ravageurs; on a même donné son nom à une île artificielle à Asnières, au Pont de Clichy.

19:52 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | Digg! Digg