01.07.2009

Propriété intellectuelle : une information de l'association "Il Etaix une fois"

 

Par Bernard Vassor

Pierre Etaix image livre Cherche midi.jpg
L'association "Il Etaix une fois" nous communique :

Vous le savez peut-être déja... 
Une grande nouvelle est tombée

………
Après des années de procédure, le tribunal de grande instance de Paris a tranché: Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière ont été rétablis dans leurs droits et la société Gavroche Production déboutée de toutes ses demandes. (Vous trouverez un petit résumé du jugement en visitant le lien en bas de page).

Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, nous sommes heureux de vous annoncer la naissance de l'association "Il Étaix une fois...".
L'association s'est fixée deux objectifs: favoriser la transmission du patrimoine artistique de Pierre Étaix, et apporter une assistance technique, logistique, juridique, matérielle ou financière aux auteurs rencontrant des difficultés pour produire, exploiter, diffuser et jouir librement de leurs œuvres (cf. article 2 des statuts). 
Ainsi, " Il Étaix une fois... "  se propose d'accompagner (dans la mesure de ses moyens) tout créateur dans l'impossibilité de faire valoir ses droits ou de financer le conseil d'un avocat spécialisé du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle.

L'un des premiers bénéficiaires de cette mesure pourrait bien être Pierre Étaix lui-même car, après des années de procédures, le clown-cinéaste se retrouve aujourd'hui dans l'impossibilité de faire face, seul, aux frais d'avocats engendrés par ce trop long procès. 
L'association envisage donc la possibilité de prendre en charge une partie des honoraires d'avocats restant dus ou à venir.

Plus de détails en visitant cette page:
http://sites.google.com/site/iletaixunefois/
D'autre part, plusieurs artistes nous ont fait part de situations souvent complexes, voire intolérables, quant respect de leurs droits les plus élémentaires. Deux "épais dossiers" ont déjà été confiés aux premiers "avocats-adhérents" de l'association.
Vous l'avez compris, les besoins sont réels.

Notre détermination l'est tout autant.
 
Aujourd'hui, nous avons besoin de soutiens, de compétences et de moyens.
Ne l'oublions pas: "Ce qu'une goutte d'eau ne peut, l'orage le pleut " 
" Il Étaix une fois..."
    Association loi de 1901  

Après des années de combat, Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière vont enfin pouvoir restaurer et diffuser leurs films. La justice vient en effet de leur donner raison dans le litige qui, depuis 2007, oppose les auteurs à la société Gavroche Productions.
Mais la justice a un coût et aujourd’hui, Pierre Etaix, 80 ans, n’est plus en mesure de faire face aux frais de procédures engagés et à venir.

Ses honoraires d’avocats (plus de 80 000 euros à ce jour) l’ont déjà contraint à se séparer de sa maison familiale de Roanne. L’éventualité d’un appel, l’obligation d’établir un nouveau contrat de cession de droits pour la ressortie de ses films représentent une un coût que l’artiste ne peut plus assumer seul.

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Aidez-nous à aider Pierre, afin qu'il retrouve la jouissance de son oeuvre....

29.06.2009

Le Grand Guignol : à Montmartre le soir

Par Bernard Vassor

Le "théâtre du Grand Guignol" d'Oscar Méténierfit appel à Jules-Alexandre Grün pour la publicité de ses premières représentations.

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Un épisode cocasse au théâtre de la rue Chaptal

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Un chien de commissaire, Oscar Méténier.

Dans les locaux de l’ancien Théâtre-Salon, 20 bis rue Chaptal, on pouvait noter à l’affiche, les noms de Georges Courteline, Jean Lorrain et Oscar Méténier.
La censure s’abattit sur le théâtre, interdisant la programmation de certaines pièces.
Georges Courteline avait porté plainte contre le ministre, Méténier lui, avait utilisé un subterfuge : il faisait sortir le public à la fin des pièces autorisées, puis il l’invitait à rentrer de nouveau à guichets fermés sur invitation personnelle, pour assister à l’adaptation d’une pièce de Maupassant qui était le principal grief retenu par Anastasie. Malgré cela, le Grand-Guignol fut rouvert avec autorisation de jouer Mam’z’elle Fifi.

Oscar etait le fils d'un commissaire de police, lui même secrétaire du commissariat de la Roquette, ses amis l'avaient surnommé « le chien de commissaire. »
Chassé de son poste, Méténier fut remplacé par une autre personnalité montmartroise : Emile Reynaud.

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Il allait écumer Montmartre en compagnie de ses compagnons de beuveries d’orgies, et de consommation de stupéfiants de toutes sortes, de l'ether à l'opium. Chaque plaisir avait son lieu d’élection : les brasseries de femmes pour femmes, les brasseries de femmes pour les deux sexes.
Parmi les membres de ce cénacle, Liane de Pougy, medium_Liane_de_Pougy.jpgRachilde et Sarah Bernard figuraient en bonne place.

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 medium_Rachilde_Marguerite_Eymery_dite.jpgDans « La vache enragée » Jean Lorrain l’historiographe des bas-fonds raconte :
-« C’était dans Montmartre de longues flâneries, du matin au soir, cigarette aux lèvres, des halles au Rat Mort, en compagnie de petites femmes à cheveux courts, des stations et des beuveries dans le cafés de la rue des Martyrs, pour aller s’échouer dans l’atelier d’un peintre ami. Le soir on montait la rue des Abbesses ou des Trois Frères, et c’étaient d’interminables errances dans les inextricables ruelles qu’occupent aujourd’hui les assises du Sacré-Cœur »

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Thibaut d'Antonay, Jean Lorrain, Miroir de la Belle Epoque, Fayard 2005
Photo : à gauche, Liane de¨Pougy
à droite Marguerite Emery dite Rachilde
PORTRAITS DE METENIER PAR LAURENT TAILHADE ET LEON DAUDET :
http://freresgoncourt.free.fr/portef2001/PortfOct/metenie... 
Laurent Tailhade, G. Crès et Cie, 1921 Extrait de Petits Mémoires de la vie Extrait de Petits Mémoires de la vie :
En ce temps, l'auteur de Monsieur Betsy, de Madame la Boule, des Frères Zemgano et autres œuvres exemptes d'idées générales, discernait à peine l'orient de son étoile, dans les brumes du futur. Il sortait du régiment. Sa belle écriture, sa faconde opiniâtre, sa vulgarité, son outrecuidance naïve et couronnant le tout, un incassable respect de l'ordre établi, en avaient fait le parangon des sergents-majors. Dans le civil, encore que vêtu comme n'importe quel rond-de-cuir, il n'avait pas abdiqué toute allure militaire. Sanglé dans son harnais, il gardait je ne sais quoi de fringant et d'avantageux qui décelait en sa personne l'irrésistible sous-off. Secrétaire du commissaire de police pour le quartier Saint-Jacques, il préludait à sa carrière intellectuelle par l'exercice d'une fonction, héréditaire chez les siens. En effet, M. Méténier le père avait pris 0scar dans ses bureaux de la rue Jean-de-Beauvais.Ainsi l'instruisait-il dans les arcanes de son art. En dépit du prénom ossianesque dont il était affublé, Méténier junior n'avait en lui rien de gaélique ou de pensif. Petit, remuant, agité d'un tracassin perpétuel qui ne le laissait pas dix minutes en place et le faisait rebondir, de droite à gauche, comme un escarbot effaré, c'était un jeune homme sans jeunesse, le poil brun, les yeux du même, inexpressifs et ronds, la peau huileuse, avec le teint noir jaune des hépatiques, des dents superbes qu'il ne soignait guère, une moustache soldatesque et pommadée, un chef en boule, au menton fuyant, sans reliefs ni méplats. Tel apparaissait Oscar Méténier dans la fleur de son avril. C'était, en outre, un bavard effroyable. Ni l'heure, ni l'intervention d'étrangers, ni le désir avoué de rompre l'entretien ne parvenaient à lui imposer silence ; dès qu'il avait pris la parole et mis la main sur sa victime, c'en était fait. D'une voix de crécelle, enrouée et criarde tout ensemble, d'une voix étrange qui ne sortait des lèvres ni de la gorge et semblait tamisée à travers une pratique de polichinelle, sinon par le rauque gosier d'une effraie en chasse, il verbigérait, sans ponctuer ses phrases ni prendre haleine, pendant une longue suite d'heures, toujours dispos, toujours en forme. Il parlait comme le chien aboie à la lune. Il parlait comme la mer monte ou comme il pleut.
Vers 1885, on le rencontrait chez un manœuvre de lettres, Charles Buet, lequel, chaque semaine, groupait autour de lui, dans son appartement de la rue de Breteuil, un monde paradoxal et bigarré. Méténier, heureux de se produire à des confrères hors de page ou renommés pour avoir d'utiles accointances, bourdonnait, caracolait, coinçait les gens entre deux portes et les submergeait sous le flot de ses discours. MM. Félix Fénéon, Victor Margueritte, moi-même, et, parmi les morts, Jean Moréas,formions un auditoire qu'il aimait. Son esthétique, bientôt, n'eut plus de secrets pour nous. Les rapports de police l'avaient illuminé. À déguster cette prose forte qui sent le cuir, l'aramon, le tafia, la pipe et le sergot, il avait compris, d'un seul coup, l'essentiel du Naturalisme, la beauté du langage primaire ; il avait aspiré à l'Art simple et véritablement plébéien, en un mot, à l'Art sans art et mis au niveau du premier venu. Ces palabres, fort avant dans la nuit, se prolongeaient sur l'Esplanade, le long des quais, jusqu'à nos logis respectifs. Quelque intimité en fut bientôt le résultat, au point que Méténier, un beau soir, invita Moréas, M. Fénéon,peut-être aussi M. Victor Margueritte et moi, à passer l'après-midi ainsi qu'à dîner avec sa famille, le dimanche suivant. Il nous promettait la lecture d'une ou deux pièces, écrites pour le Théâtre Libre, suivant les canons du réalisme le plus intransigeant. En outre, il devait nous communiquer les rares éditions, les livres curieux, légués avec sa bibliothèque de travail, par un sien parrain ouvert aux choses de l'esprit.
La jeunesse est imprudente. Nous acceptâmes. Vers deux heures, donc, au jour dit, nous frappions à la porte d'Oscar. Il vint, nous introduisit dans son cabinet de travail. C'était la pièce d'apparat ; on sentait que le grand homme de la famille, gloire de la gent Méténier, se prénommait Oscaret que, désormais, tout cédait au bien-être du grand homme, concourait à la mécanique de ses élucubrations. La journée était froide. Un admirable feu de bûches rayonnait dans l'âtre et disposait aux vagues somnolences d'une causerie à bâtons rompus. Mais notre hôte ne l'entendait pas ainsi. La lecture ne fit point défaut. Pendant trois heures d'horloge, sans même que le lecteur eût pris un verre d'eau, nous entendîmes, outre les deux actes du programme, de copieuses nouvelles ; en même temps, le scénario d'un roman-feuilleton. Déjà, cependant, l'auteur aspirait à de plus hautes aventures. Ne sachant pas le russe, mais déjà certain de parler aussi bien que le français la langue tolstoïenne, il projetait de traduire, pour M. Antoine, la Puissance des ténèbres dans le verbe imagé de «la Zone», item de mettre à la scène un roman des Goncourt. L'un de nous, alors, gravement lui suggéra de ne pas s'attarder en si beau chemin, d'étendre, sur Athalie et Mithridate ses bontés, qui ne pouvaient que gagner à être mis dans un français tellement nouveau. À cinq heures et demie, Mme Méténier, la mère, vint installer, devant le feu entretenu diligemment, une vaste coquille, ainsi qu'un tournebroche à mouvement d'horlogerie où s'ajustait une dinde (elle disait «un» dinde) pantagruélique de la plus belle apparence. En peu de temps, la peau du volatile se boursoufla, tandis que ruisselait le beurre et qu'une forte odeur de rôti pénétrait nos vêtements et nos cheveux. Cela n'arrêta pas Oscar de poursuivre sa lecture, jusqu'au temps que, la dinde cuite à point, il nous fallut gagner la table et nous mettre à dîner. Pendant le repas, la lecture ne fut pas tout à fait interrompue. Oscar, à chaque instant, négligeait sa volaille pour aller chercher un livre, un cahier, nous demander notre avis sur quelque point de «gay-sçavoir». Et je songeais à l'épigramme de Martial, plus aisée à citer qu'à traduire, contre Ligurinus : Et stanti legis et legis sedenti, - Currenti legis et legis cacanti. - Ad cænam venio fugas sedentem. - Lassus dormio :: suscitas jacentem !*

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Les années d'apprentissage furent courtes pour Méténier. Comme Pierre Loti, mais cependant moins artiste que l'auteur d'Azyadé, il se glorifiait, à bon droit, de ne savoir aucune chose. En récompense de quoi le succès ne se fit pas attendre. On était alors en pleine ferveur naturaliste. À peine si, dans quelques feuilles d'avant-garde, la réaction de l'École décadente se faisait pressentir. Les lis du Symbolisme étaient encore à l'état de caïeux. Le Théâtre Libre, un peu plus tard les Variétés, où Réjane, comédienne sans égale, José Dupuis, d'autres encore, dignes de ces protagonistes, défendirent l'œuvre d'Oscar, n'enregistrèrent pour lui que des triomphes. Il avait, en effet, vu juste : «Pas d'idée et pas de style ! Cela suffit pour atteindre à la notoriété comme à l'argent.»
Le succès n'avait pas ennobli, - ce qui parfois arrive, - le caractère du garçon. Peu de temps après Monsieur Betsy, nous somnolions, quelques amis et moi, le nez dans notre bière, pendant un entracte du Chat-Noir. Entre Oscar, escortant avec force courbettes Camille Lemonnier. Son déplaisir ne fut pas petit de nous rencontrer en cet endroit. Après nous être divertis quelques moments de son embarras, de ses efforts pour cacher le grand homme et se cacher lui-même, nous abordâmes Camille Lemonnier que nous connaissions depuis dix ans pour l'avoir, à Bruxelles, rencontré souventes fois chez notre maître et glorieux ami Edmond Picard. Une poussée intense de bile rendit encore plus jaune le sourire d'Oscar !
Puis ce fut le Grand-Guignol, avec les représentations où l'«inouïsme» d'antan était remplacé par le scandale et par l'horreur : Dupont l'Anguille et tout ce qui s'ensuit ; ce fut encore la liaison tapageuse avec Lantelme, où la délicieuse enfant échangeait, avec son premier amour, des coups de poing, même des coups de chaise ; Méténier, directeur de théâtre et notable commerçant, le «quart d'œil» de 1884 devenu «physionomie parisienne» et boulevardier notable, comme on disait alors.
Puis ce fut le dénouement, lugubre, attristant et malpropre, l'infortuné mourant du mal qui emporta Maupassant, Baudelaire, pour ne citer que des noms immortels. Mais ce n'est pas la hideuse maladie, hélas ! qui confère l'immortalité.
Peu de temps avant sa mort, je le rencontrai dans le train de Passy. Il habitait Courcelles-Levallois. Sans trop d'efforts, il me reconnut et de meilleure grâce qu'au Chat-Noir. Déjà, car sa maladie était fort avancée, il cherchait ses mots, balbutiait les fins de phrases. Mais il bavardait comme autrefois, ne permettant pas qu'on plaçât un mot. Il rapportait un sac plein de bananes qu'avec l'incoordination des mouvements, caractéristique de son état, il répandit sur les banquettes, le tapis du wagon, entre les pieds des voyageurs. Or ce fut un lamentable spectacle de le voir, chancelant et mal d'aplomb, courir après ses fruits que les lacets du train faisaient rouler de côté et d'autres. Il se désolait comme un enfant. Tout le wagon, - ainsi que les fourmis d'Apulée, pour les perles de Psyché, - se mit en devoir de recueillir ses bananes. Quand le convoi stoppa gare de Courcelles, Oscar était enfin consolé.
Je ne l'ai pas revu depuis. Peu de temps après cette rencontre, je reçus, de sa main, une lettre où ne subsistaient plus que des vestiges graphiques. Sous le même pli, quelques lignes de Mme Méténier - la mère - me priant d'aller voir son fils. Puis, le lendemain, contre-ordre. Elle craignait l'émotion, - disait-elle, - d'une visite, la surprise et tout ce qui s'ensuit. La bonne dame redoutait - possible - une captation de testament in extremis. En tout cas, les lauriers étaient coupés et les beaux jours du dinde révolus.
Léon Daudet, devant la douleur, (deuxième série des Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux). Cité selon Léon Daudet, Souvenirs et Polémiques, R. Laffont, coll. «Bouquins», 1992, p. 210.
Oscar Méténier, camarade et collaborateur du précédent [Paul Alexis] était petit, noiraud et pétulant. Chien de commissaire de police, il se servait de sa fonction pour tirer d'ennui à l'occasion les copains aventurés comme Jean Lorrain et aussi pour documenter ses romans-feuilletons et ses pièces réalistes. Fureteur, cancanier, inventif, il nourrissait Edmond de Goncourt d'anecdotes plus ou moins authentiques, qui sont demeurées consignées dans le Journal. Même quand leur auteur n'est pas nommé, je le reconnaîtrais entre mille. Dès qu'il est question des bas-fonds de Paris, des mœurs des apaches et de leurs compagnes, ou de quelques vices «estranges et espouvantables», c'est que Méténier a passé par là. Il appartenait au genre dit «tournée des grands-ducs». Il aurait fait un chef d'informations incomparable pour la rubrique des faits divers ; il en aurait certainement rajouté.

Un Théâtre comique d'épouvante !

Grand Guignol meutrière de 19 ans.jpg
Méténier est un petit homme
Actif, ardent et convaincu,
Frétillant et pétillant comme
S'il avait le feu au cul
Aristide Bruand
......
Suite de la notice du 12 juin 2006 :
C'est dans une impasse de la rue Chaptal au 20 bis, que Oscar Méténier achèta un théâtre ( le Théâtre-Salon ) en 1896 pour y faire jouer ses pièces Grand guignol hauteur.jpgqui étaient refusées sur d'autres scènes. Compagnon de débauche de son ami Raitif de la Bretonne, il fréquentait aussi Edmond de Goncourt qu'il nourissait de ses anecdotes plus ou moins authentique, que Goncourt notaient complaisament dans son journal. Oscar Méténier, comme son père, avait été "chien de commissaire", c'est à dire secrétaire général d'un commissariat de quartier (secrétaire du commissariat de la Roquette). Cette fonction lui fut très utile par la suite pour assurer l'impunité pour des amis dans l'embarras, quand d'aventure, ils se trouvaient en fâcheuse position dans des lieux de débauche et de vice dont Méténier et ses amis étaient les clients assidus, des bars louches, des maisons borgnes, et des lupanars homosexuels. Il était né 1859, il est mort à Saint-Mandé en 1918.
Elève dans un collège de jésuites à Bourges,Méténier s'engagea dans l'armée à l'âge de 18 ans.
Ensuite, son père le fit entrer dans des commissariats de police, dans le onzième arrondissement, aux Batignolles, puis à Montmartre. Ce qui lui donna l'occasion de cotoyer les endroits chauds de la capitale.
Chien de commissaire ! Sa fonction de secrétaire d'un poste de police, consistait à assister le commissaire dans toutes ses fonctions, des saisies immobilières, de constat de crimes, et de la présence officielle des autorités aux exécutions capitales, qui lui donneront par la suite matière à spectacle....grand-guignolesque, de têtes coupées, de crimes atroces et sanguinolents. Inspiré par ses amis, Lorrain, Bruant, et Maupassantqui fut un précurseur en organisant chez lui à La Guillete, une farce inspirée par un crime commis à Montmartre. Il avait invité deux cents personnes une nuit, pressées dans l'allée de sa maison devant une gigantesque toile représentant une femme nue, pendue par les pieds. Sortant de l'obscurité jaillit un faux sergent de ville s'arrêtant, et observant le cadavre. De vrais cheveux avaient été collés sur la toile, le policier la palpe, la saisit par les nattes, et sortant un stylet, il lui ouvrit le ventre, devant les dames horrifiées, du sang de lapin gicle de la plaie.....
Grand-Guignol était né !
Fin de la deuxième partie

28.06.2009

29 juin, il y a 184 ans : anniversaire de la naissance du père Tanguy

Par Bernard Vassor

portrait mere tanguy 05 recadrée.jpg
Seul portrait photographique de la mère Tanguy (archives privées)
Julien Tanguy est né le 29 juin  1825 à Plédran (Côtes du Nord) au lieu-dit "La Touche Jaguay", mort à Paris le 6 février 1894 à Paris dans son échoppe du 9 rue Clauzel. Il a été inhumé dans une "tranchée gratuite" du cimetière de Saint-Ouen, annexe du cimetière Montmartre.
Vivant dans la plus grande pauvreté, il avait dans sa boutique des trésors inestimables, dont des van Gogh et des Cézanne.....
Octave Mirbeau organisa une vente après son décès au profit de sa veuve. Le résultat fut dérisoire, les toiles de Gauguin ne dépassant pas les 100 francs, des Jongkind, des Sisley, des Pissarro et les Cézannes furent bradés. Les marchands, selon une lettre de la mère Tanguy, s'étant entendus entre eux pour les acheter au plus bas prix. Jusque dans la mort le père Tanguy aura subi les méfaits d'une société qu'il détestait. 
Gachet composition sépia.jpg
 

Description de la « nature morte » prêtée par le fils Paul Gachet en 1951 au Louvres :

Cadre avec crêpons japonais ayant appartenu à Vincent montés par Gachet fils,qui les tenait de Théo, sur un fond doré orné d’une inscription en japonais qui signifie qu’ils se trouvaient dans la chambre de Vincent à AUVERS en 1890.

Affiche 3 couleurs du tambourin rue de Richelieu par Chéret ( OD32)3 tubes tasset et Tanguy(OD31) palette pour Melle Gachet au piano

Un verre déjà utilisé par Cézane un vase en grés japonais : nature morte, Roses et Anémones

Bambous taillés utlisés par Vinc.

Un tambourin de chez Agostina signé H.TODE 1886

Le livre est : La Fille Elisa.

Le Japon Artistique de Bing.

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Après le départ de Vincent pour Arles, le père Tanguy recueillit chez lui "la Ségatori". Elle avait fait faillite et se retrouvait de ce fait dans la plus grande détresse, après avoir fait une fausse-couche, si l'on en croit une lettre de Vincent à son frère Théo.

On ose à peine imaginer la réaction de la femme du père Tanguy surnommée Xanthippe par le peintre à l'oreille coupée !!!

18:20 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.06.2009

Vincent van Gogh et le père Tanguy le 29 juin

Par Bernard Vassor

van gogh fenêtre rue lepic 02.jpg
Vue de la fenêtre du 54 rue Lepic.
van gogh chaise à nunen vendue en 1990.jpg
Une chaise ayant appartenu à Vincent.
Par une curieuse coïncidence, le 29 juin 2009 le Van Gogh Muséum organise la présentation d'un DVD réalisé par Teio Meedendorp sur la vie de Vincent à  travers l'Europe. Deux membres de l'association "Autour du père Tanguy", ont servi de guide et de "facilitateurs" pour l'obtention d'autorisations permettant le tournage de ce film à Paris et à Asnières dans les lieux que fréquentèrent et vécurent les frères Théo et Vincent van Gogh.
Julien Tanguy a vu le jour un 29 juin 1825 à Plédran, dans les Côtes du Nord, et tout le monde connaît les liens qui unissaient le marchand de couleurs et le peintre hollandais dans son échoppe du 14 rue Clauzel.
Ce film, à ma connaissance ne sera disponible qu'au musée d'Amsterdam.
Postbus 75366
NL 1070 AJ Amsterdam
tél +31 (0)20 570 52 00
fax +31 (0)20 673 50 53
e-mail info@vangoghmuseum.nl

Le Musée Van Gogh dispose d’une bibliothèque spécialisée comptant plus de 24 000 livres sur Van Gogh et d’autres artistes du XIXe siècle.
La bibliothèque est ouverte en semaine de 10 à 12.30 h et de 13.30 à 17 h.
Adresse : Museumplein 4.

Heures d’ouverture
Chaque jour 10-18 h le vendredi 10-22 h
Caisses chaque jour 10-17.30 h le vendredi 10-21.30 h
Boutique chaque jour 10-17.45 h le vendredi 10-21.45 h
Restaurant chaque jour 10-17.30 h le vendredi 10-21.30 h

 

09:35 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

19.06.2009

Une parution nouvelle : Le Rocambole, Bulletin des Amis du Roman Populaire, spécial Erckmann-Chatrian

ErckmannChatrian.jpg
Image du site de Noëlle Benhamou.

 

L'Association des Amis du Roman Poulaire présente : 

LE ROCAMBOLE. 

Erckmann-Chatrian, sous la direction de Noëlle Benhamou

- Lisez Erckmann-Chatrian !, par Noëlle Benhamou

- Maître Daniel Rock ou l’entrée du train en gare du roman français, par Philippe Gontier

- Images de la féminité dans Madame Thérèse, par Angels Santa

- Erckmann-Chatrian nouvellistes : au carrefour du réel, par René Godenne

- Erckmann-Chatrian face à la critique russe : Histoire d’un paysan vue par Pisarev, par Isabelle Nuk

- Charger Erckmann-Chatrian : l’incontournable bicéphalie, par Agnès Sandras-Fraysse

- Les adaptations des œuvres d’Erckmann-Chatrian à la télévision française, par Noëlle Benhamou

- Chronologie d’Erckmann-Chatrian, établie par Noëlle Benhamou

- Bibliographie des œuvres d’Erckmann-Chatrian, établie par Noëlle Benhamou

- Bibliographie critique sélective d’Erckmann-Chatrian, établie par Noëlle Benhamou

- Adaptations des œuvres d’Erckmann-Chatrian, par Noëlle Benhamou

Sommaire

Éditorial

Vie de l’association

n°47, été 2009, 176 p. (14 euros) ISBN 978-2-912349-42-2

Les sites de Noëlle Benhamou http://www.erckmann-chatrian.eu/

http://www.maupassantiana.fr/

 

17:20 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Les Jeudis du Bocata : "Au fil des livres"

CARINE ET EUSEBIO 05 COUL.jpg
BOCATA

 

31, rue Milton 75009 Paris

01.40.16.82.85

 

Jeudi 25 juin

 

à 20H.45

Au fil des livres

 

par

Nadia karaboukov

Enseignante en  Lettres/ Histoire-Géographie

 Consultante en Ressources Humaines, Coach et Formatrice

 

A celles et ceux qui viendront, nous demandons d'apporter

 un livre de votre choix (aimé, adoré, applaudi, fustigé, détesté...),

 

dans lequel vous aurez sélectionné le passage

 (quelques lignes... 1 page, 2 ou 3  maximum)

 

que vous avez envie de partager.

 

Nadia en fera la lecture

Les soirées sont gratuites. Si vous souhaitez y participer, merci de réserver vos places afin que nous puissions nous organiser. Ceux qui le souhaitent peuvent se restaurer avant ou après les causeries, durant les interventions nous interrompons le service.

Carine et Eusebio

 



09:23 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

17.06.2009

Hokusaï, l'inventeur de la "Mangwa"

Par Bernard Vassor

Hokusai portrait par son fils Oyei hauteur.jpg
Hokusaï agé, peint par son fils Oyéi.
Il a vu le jour à Yédo vers 1760, il est mort en 1849. Il eut de nombreux pseudonymes. Son patronyme était dans son enfance Tokitaro qu'il changea en Tétsoujiro. L'orthographe est donnée par Hayashi Tadamasa, le marchand japonais du 65 rue de Provence.
Vers 1800, il avait pris le surnom de

Gakyōjin, signifiant « le Fou de dessin »

C'est à la mésentente entre un écrivain, Bakin, et le peintre qui devait illustrer son roman "Rêve du Camphrier du Sud" qui obtint un immense succès, lors du premier volume. Le romancier jaloux, refusa les dessins envoyés pour la suite, et demanda qu'ils soient refaits, estimant qu'ils ne correspondaient pas avec le texte. Quand l'éditeur fit part à Hokusaï des prétentions de Bakin, il répondit que c'tait le texte qui avait besoin d'être modifié. Les éditeurs ayant fait graver les dessins tels qu'ils leurs avaient été présentés, le peintre décida de les publier en se passant du texte de Bakin. C'est ainsi que quelques années plus tard, Hokusaï s'étant arrêté à Nagoya, a fait la connaissance d'un peintre Bokouén qu'il a entretenu sur les techniques du dessin et a réalisé plus de trois cents dessins. Afin d'en faire profiter le plus grand nombre, il fut décidé que ces oeuvres seraient publiées en un volume, le premier en 1812.
On demanda à l'artiste quel nom donner à ce volume, sa réponse a été :
Hokusaï Mangwa.
La traduction littérale est : Man, au gré de l'idée, et Gwa, le dessin tel qu'il vient spontanément.
HOKUSAI Lutteurs sumo combat avec l'ange.jpg
Ces "mangwas" servirent de modèle à Gauguin pour son tableau : "Après le sermon". L'influence qu'il exerça sur les impressionniste puis les symbolistes est immense.

12.06.2009

Une exposition «L’Inca Garcilaso et les origines de la culture métisse en Amérique »

Par Bernard Vassor
GARCILASO DE LA VEGA 05 SEPIA.jpg

Le Service Culturel de l’Ambassade du Pérou

nous communique :

 Visiter  l’exposition

« L’Inca Garcilaso et les origines de la culture métisse en Amérique »

à l’occasion du IVème Centenaire de la parution des

« Commentaires royaux des Incas »,

premier classique des lettres américaines. 

Maison de l’Amérique Latine,

du 29 avril au 12 juillet 2009,

lundi à vendredi de 11h à 19h00

 

217 bd. Saint Germain – 75007 Paris

M° Solferino, Rue du Bac 

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Garcilaso de la Vega fut le premier écrivain d'origine péruvienne, né aux alentours de 1539 ?, mort assassiné en 1616. Il était le fils d'un militaire espagnol et d'une princesse Inca, descendante de Huayana Capac, empereur Inca qui régna à la fin du quinzième siècle.

il fut le premier à écrire sur l'Amérique en Castillan "Commentarios Reales de los Incas" et une histoire de la conquête de la Floride, dont la gravure en frontispice représente des hermaphrodites venant implorer le roi....

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16:58 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Ruben Alterio, le plus argentin des peintres parisiens

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Ruben Alterio dans son atelier parisien.
Décidement, cet artiste a tous les talents. musicien, peintre, décorateur de théâtre, il est connu et reconnu dans le monde entier.
Des admiratrices m'ont dit de lui : "C'est fou ce que Georges Clooney peut lui ressembler !"
Son atelier est un lieu magique ! En plein coeur de Montmartre, il jouxte celui de Renoir, qui a vécu là dans un appartement contigu et qui me provoque un pincement chaque fois que je gravis les marches du "cénacle" où se retrouvent parfois d'autres artistes aux expressions diverses.
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Né à Buenos Aires, Ruben Alterio grandit au sein d’une famille d’artistes peintres et de musiciens. Dès l’âge de 13 ans, il entre à l’école nationale des Beaux-Arts. En 1969, il part pour le Brésil et rencontre à Rio de Janeiro le peintre Alfredo Martinez Howard avec lequel il travaille et expose. En 1973, il s’installe à Paris, dans un atelier du IXè arrondissement. Il se consacre alors pleinement à la peinture et fait connaître également ses œuvres sur papier. Son intérêt pour les diverses manifestations artistiques le font collaborer aux happenings du groupe Urban Sax, participer aux représentations du "Théâtre en Poudre", illustrer des livres pour les Editions Assouline, ainsi que ceux des spectacles d’Alfredo Arias. Il crée les décors et les costumes du ballet B.R.V. de Nicolas Le Riche ainsi que ceux du ballet Don Quichotte de Marie-Claude Pietragalla. Ruben Alterio expose régulièrement en Europe et en Amérique. Il est aussi présent dans de nombreuses collections publiques et privées :

Art Chicago. Art Palm Beach Floride. ArteBa'08 Buenos Aires. Art Expo San Francisco. Galerie I. Anchorena Buenos Aires. Galerie Le Feuvre Paris. Ambassade de Belgique Buenos Aires. Maison d'Argentine Paris. Artcurial Paris. Arthus Gallery Bruxelles. Galerie Flora J. Paris. Galerie Le Monde de l’Art Paris Galerie Bartsch et Chariau Munich Allemagne. Galerie Lézard’ailleurs Saint-Remy de Provence. Gallerie Nikki Diana Marquardt Paris. Galerie Contempora Buenos Aires. Galerie Argentine Ambassade d’Argentine Paris. Mairie du 9ème Paris.Palais de Chaillot Paris. Festival d’Angoulème. Fondation Georges Pompidou Cajarc. Conservatoire de musique du IXème Paris. Espace Pierre Cardin Paris. Touring Club Buenos Aires. Palais Galliera Paris. Fondation E.M.A - Christie's MALBA Museum Buenos Aires. Musée de l’Agriculture Chartres. Centre Georges Pompidou Paris. Sénat Paris. Paris Collectivo El Sur Paris. Stadt Museum Berlin. Zahm, Allemagne. Neiman Marcus Etats-Unis. Junko Shimada Japon. Kunstbibliothek Allemagne. AGF, Monsieur Albert Frère France. Taittinger-Hennessy Champagne. Fashion Institut of Technology collection N.Y. Chateau de Fernelmont Belgique. Laurent Strouk Paris.   

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VOUS POUVEZ LE RETROUVER SUR SON SITE  :

http://www.facebook.com/ext/share.php?sid=108836306059&am...

 

                                                  

 

11.06.2009

La Tour qui n'est pas de Gustave Eiffel

Par Bernard Vassor
EIFFEL à l'expo U de 1900.jpg
La Tour à l'exposition universelle de 1900.
Comme l'a très honnêtement reconnu le comédien Charles Berling qui a consacré un fillm, intitulé : "Sur les  traces de Gustave Eiffel, avec l'arrière petite-fille de Gustave, les véritables inventeurs furent :
Nouguier, Sauvestre et Koeklin, "Eiffel ayant racheté les brevets".
Voici l'article mis à jour que j'ai publié il y a quelques semaines : 

C'est Emile Nouguier qui eut l’idée d’étudier dans le but de servir d’entrée triomphale à l’exposition Universelle de 1889 une tour de 300 mètres, avec ses amis Maurice Koeklin, ingénieur qui a été à l'origine de la structure métallique de la statue de la Liberté, et Stephen Sauvestre qui fut le véritable architecte de cette tour.

Emile Nouguier fit un dessin qui fut admis par Antonin Proust, fondateur de l’école du Louvre, ministre des Arts, pour l’exposition des Arts Décoratifs de 1884. La tour de 300 mètres venait de naître. Le projet de concours pour l’Exposition de 1889 fut présenté par Gustave Eiffel et Stephen Sauvestre au ministre de l’Industrie Edouard Lockroy. Dans le projet proposé, devait figurer une tour de 300 mètres. Le concours produisit plus de sept cents projets qui furent exposés à l’Hôtel de Ville. La tour de Sauvestre fut particulièrement remarquée. La commission approuva le projet soutenu par Sauvestre, Nouguier, Koeklin et Eiffel, sous la réserve que les ingénieurs auraient à étudier le mécanisme des ascenseurs.

Le concours fut remporté par les ingénieurs constructeurs et confié à Monsieur Eiffel,  seul dont l’histoire a retenu le nom, alors qu’il ne fut que le promoteur et le patron de la société de construction. Il en va de même je crois pour la réalisation du viaduc de Garabit dont l’idée venait d’un jeune ingénieur Léon Boyer mort à 35 ans (en 1886) qui avait imposé l’idée du tracé direct et du franchissement à 120 mètres au dessus du niveau de la rivière.

Exposition à la Maison de Victor Hugo

 

UNE COMMUNICATION DE L'ASSOCIATION DES AMIS DE VICTOR HUGO :

Vicror HUGO jeune cadre hauteur.jpg
Victor Hugo jeune.
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Jeudi 11 juin   

*10h à 18h : Nouvel accrochage des collections permanentes, Maison de Victor Hugo, 6 place des Vosges (Paris 4e). Du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Voir www.musee-hugo.paris.fr.

[Cette fois, la sélection proposée porte principalement sur les illustrations de l’œuvre littéraire du grand homme et témoigne ainsi de l’important rayonnement qu’elle connut au XIXe siècle. Peintures, sculptures, dessins et gravures, photographies et éditions offrent ici un large panorama des œuvres phares de l’écrivain, du roman au théâtre et à la poésie.[…] Le Roi s’amuse, en 1832, donne l’occasion à Louis Boulanger, l’ami intime et l’illustrateur privilégié des œuvres de l’écrivain, de réaliser certaines de ses plus belles maquettes de costumes. Des commandes passées par Paul Meurice auprès des artistes pour l’inauguration du musée en 1903, évoquent tour à tour Les Misérables, La légende des siècles, Les Burgraves, Les Orientales. Une salle aborde plus largement le premier grand succès populaire de Victor Hugo en 1831, Notre-Dame de Paris, avec des œuvres sur papier de Louis Boulanger ainsi que des peintures et des photographies de Nadar de la représentation de 1877. Enfin, des photographies d’Etienne Carjat en 1879, rappellent les premières adaptations théâtrales du roman. La période de l’exil du proscrit à Guernesey (1855-1870) est évoquée à travers quelques peintures du petit-fils de l’écrivain, Georges Hugo, mais aussi des photographies d’Edmond Bacot, premier reporter photographe choisi par Hugo, qui immortalisa dès 1862 le décor que le poète avait conçu pour Hauteville House. En écho à ces premières prises de vue, des photographies contemporaines d’Olivier Mériel et de Joël Laiter perpétuent la magie du lieu. La présentation s’achève sur un choix de dessins de Victor Hugo qui accompagnent la rédaction de son roman Les Travailleurs de la mer (1866). Victor Hugo a exceptionnellement inséré certains d’entre eux dans son manuscrit dont les gravures de Méaulle exposées ici prolongent encore «cet immense rêve de l’océan».]

09:09 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

09.06.2009

Les Amis de Rimbaud et les Grenouilles vertes

revolver Verlaine Rimbaud miracle.jpg
D'après un article de l'Express, ce serait le révolver qui aurait blessé Verlaine à Bruxelles !!!
Décidément, autour de Rimbaud, les supercheries ne sont pas près de terminer leur chemin....(B.V.)
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Notre ami Alain Pouillard nous communique :
Les Amis de Rimbaudseront présents au marché de la poésie, place Saint Sulpice, fin juin. En octobre, promenade à Bruxelles, sur les pas de l'infernal Rimbaud, de Verlaine... et de son révolver.
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Achille LAVIARDE CADRE 02.jpg
Achile Laviarde deuxième (ou troisième ?) "roi de Patagonie"
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Le concert au château des grenouilles vertes, à Reims, se prépare : dimanche 28 juin à 16h. Je vous rappelle que ce château ( rasé ), était la demeure d'Achille 1er, roi de Patagonie, ami d'Alphonse Allais, Verlaine et des peintres dessinateurs Forain et Willette.
 
Alain Pouillart
03 26 82 21 14
 
Chateaudes grenouilles vertes, 6, rue de la Roseraie, quartier Sainte Anne, Reims.
Concert des Flâneries musicales de Reims, groupe EOL, Djaz 51.

10:09 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Un "Jean Lorrain" japonais : NAGAI KÂFU

Par Bernard Vasssor

NAGAI KAfù CADRE.jpg

Nagai Kafû
永井荷風
(1879-1959)
Nagai Kafû, (plutôt mieux connu sous son prénom, Kafû), fortement influencé par les auteurs français (Zola, Maupassant, Mirbeau ...) comme un grand nombre de ses compatriotes écrivains du début du vingtième siècle, est l'un des fondateurs du naturalisme à la Japonaise. Dans ce roman publié en 1918, son expérience libertine lui sert de support pour décrire le monde des maisons de thé, des geishas, des artistes et des marchands d'art. On y suit avec amusement les pérégrinations d'un mauvais peintre, Uzaki Kyoseki, intendant subalterne et obséquieux d'un grand peintre, Uchiyama Kaiseki, et du fils de ce dernier, Kan, un garçon oisif, fauché et débauché. Entraîné malgré lui par ce fils de bonne famille, Uzaki tente en vain de le remettre sur le droit chemin, tout en tombant lui-même dans les pièges d'une vie de plaisirs et dans les bras des prostituées.
Satirique et rocambolesque, ce récit est aussi destiné à illustrer le déclin d'une époque : la beauté et les talents des geishas ne sont plus qu'un mythe et les descriptions des maisons de thé sont souvent sordides. Complétant le portrait de personnages libertins, une nouvelle bourgeoisie arriviste s'impose, dont la façade conventionnelle dissimule mal les scandales financiers ou sexuels. Aucun des personnages ne sort indemne ou ennobli de ce roman au dénouement tragi-comique.

B.Longre : http://www.sitartmag.com/kafu.htm


http://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.columbia.edu/cu/cup/catalog/data/023111/0231117906.HTM&sa=X&oi=translate&resnum=4&ct=result&prev=/search%3Fq%3DNagai%2BKaf%25C3%25BB%26hl%3Dfr%26lr%3D%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr-FR:official_s%26sa%3DG

Nagai Kafu (1879-1959)medium_NagaiKafu_03.jpg est considéré un des auteurs japonais les plus importants de ce siècle. Il est le plus connu en Amérique pour un conte étrange de "A l'Est du fleuve", qui est inclus dans Kafu d'Edouard Seidensticker le Scribbler. « Élégant, érotique, aristocratique, l'écriture de Kafu a une saveur spéciale et complexe» Thomas Rimer dans le guide d'un lecteur de la littérature japonaise le décrit comme : « Séduisant, antisocial pourtant capable du grand enthousiasme, Kafu demeure une voix unique et personnelle. »

Informations biographiques
Chantre du quartier des plaisirs, Nagaï Kafû (1879-1959) est l'un des écrivains japonais les plus anticonventionnels de son époque. Ayant appris en France, au début du siècle, le goût des libertés, il refusa son concours à l'association des écrivains japonais d'orientation fasciste, émettant le vœux d'être enterré au cimetière des prostituées et ne cessant jusqu'à sa mort (viveur impénitent) de fréquenter les petites danseuses d'Asajusa qu'il a su dépeindre dans ses romans et ses nouvelles bien dignes des estampes d'Hiroshige et Kunisada qu'il admirait tant.
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Présentation de l'auteur et de ses œuvres disponible à la page 197 du Dictionnaire de littérature japonaise de Jean-Jacques Origas et à la page 158 d'Un siècle de romans japonais de Georges Gottlieb.
Liens Internet
• Biographie de Nagai Kafû

Bibliographie des œuvres de Nagai Kafû traduites en français
• La Sumida (隅田川)
• Le Renard (狐), dans Neuf nouvelles japonaises
• Interminablement la pluie (雨瀟瀟)
• Du côté des saules et des fleurs (腕くらべ)
• Le Bambou nain (おかめ笹)
• Feu d'artifice (花火), dans Anthologie de nouvelles japonaises tome I
• Chronique d'une saison des pluies (つゆのあとさき)
• Voitures de nuit (夜の車)
• Une Histoire singulière à l'est du fleuve (墨東忌憚)
• La Décoration (勲章), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome I.
• Le Secret de la petite chambre (四畳半襖の下張)
• Le Jardin des pivoines
• Conte d'été, dans France-Japon n°43-44.
• En eau peu profonde (Asase), dans Les Cahiers de l'Oronte n°11

Mise à jour le 9 juin 2009

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08.06.2009

Programme du Bocata le jeudi 11 juin

BOCATA

 

31, rue Milton 75009 Paris

01.40.16.82.85

Jeudi

 

 

 11 juin

 

20H.45

La culture

 

Touareg

 

Par

Abdou Borgi

 

Abdou Borgi, guide Touareg,

nous invite à découvrir sa culture,

 

Dégustation du thé !

 

Les soirées sont gratuites. Si vous souhaitez y participer, merci de réserver vos places afin que nous puissions nous organiser. Ceux qui le souhaitent peuvent se restaurer avant ou après les causeries, durant les interventions nous interrompons le service.

Carine et Eusebio



14:59 Ecrit par vassor dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

07.06.2009

Le Waux-Hall d'été de la rue Sanson

Par Bernard Vassor
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Le premier Wauxhall ou Waux-Hall se trouvait sur le boulevard Saint-Martin entre le troisième et le cinquième arrondissement (aujourd'hui le dixième) avant le percement de la rue Lancry, sur les terrains de Lancry et Lollot en 1776. C'était une vaste salle pouvant recevoir plus de 2500 personnes, acueillant des spectacles"pyrrique". Elle était tenue par un nommé Torre, artificier comme ses cousins italiens Ruggierri. Après la première démolition, la salle fut transportée rue Sanson, aujourd'hui rue de la Douane. Le lieu devint un bal où les filles publiques et tarifées attiraient une foule nombreuse.
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Extrait du plan de Paris de Furne en 1839, d'après le bulletin hors-série N° 2/ 2009 de la Société historique
Le bâtiment entouré d'un grand jardin était une grande rotonde à double galeries avec des colonnes et pilastres enrichies de fresque et de tentures. C'était le bal préféré de la jeunesse du quartier du Château-d'Eau. Pïlodo au violon dirigeait l'orchestre qui faisait danser les dimanches, lundis, mercredis et vendredis de chaque semaine. Les danseurs et danseuses appartenaient selon Alfred Delvau à "un ordre composite : les uns sont des chevaliers du mètre, les autres sont autre chose; les unes des gigolettes, les autres sont autre chose aussi. Ce n'est pas rue de la Douane, je suppose, qu'on peut rencontrer des duchesses ou des attachés d'ambassade"
Le Wauxhall fut anéanti en même temps que les théâtres du boulevard du crime, victimes de la pioche du "baron" Haussmann.

Nana , chez Laure, la table d'hôte de la rue des Martyrs

Par Bernard Vassor

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Nana chez Laure Piedfer rue des Martyrs.
Alfred Delvau, dans un de ses ouvrages sur les plaisirs de Paris, décrit la table d'hôte bien réélle de Madame Taillandier rue des Martyrs.
Des recherches aux archives de Paris devraient permettre de retrouver le numéro. "Les habitués de la table d'hôte de Madame Taillandier, rue des Martyrs, appartenaient presque toutes à cette catégorie d'actrice galantes devenues simples spectatrices des galanteries des autres, en mettant leur expérience des choses et des hommes à la disposition de qui en a besoin (...) les vieilles lunes parisiennes qui ne vont pas chez Madame Taillandier honorent de leur présence une autre table d'hôte du même genre, située rue Notre Dame de Lorette"
Emile Zola dans son roman fait monter Nana pour manger avec son amie Satin chez "Laure Piedfer", la table d'hôte de la rue des Martyrs où le dîner cooûtait trois francs :
"Les trois salons étaient encore vides. Elles se placèrent à une table, dans le salon même où Laure Piedfer trônait, sur la haute banquette d'un comtoir. Cette Laure était une dame de cinquante ans aux formes débordantes, sanglée dans des ceintures et des corsets. Des femmes arrivaient à la file, se haussaient par dessus les soucoupes, et baisaient Laure sur la bouche, avec une familiarité tendre; pendant que ce monstre, les yeux mouillés, tâchait, en se partageant, de ne pas faire de jalouses"
C'était vous l'avez compris, un lieu exclusivement féminin. Les trois salons pouvaient contenir une centaine de femmes venues là pour se restaurer, ou bien faire des conquêtes. Zola, une fois de plus en moralisateur ne cache pas son dégoût.
"Il y avait là une centaine de clientes, mêmées au hasard des tables, la plupart touchant à quarantaine, énormes, avec des empâtements de chair, des bouffissures de vice noyant les bouches molles; et au milieu de ces ballonnements de gorges et ventres, apparaissaient quelques jeune filles minces, l'air encore ingénu sous l'effronterie du geste, des débutantes levées dans un bastringue et amenée par une cliente chez Laure, où le peuple des grosses femmes, mis en l'air à l'odeur de leur jeunesse, faisaient autour d'elle une cour de vieux garçons inquiets, en leur payant des gourmandises"
Il y avait très peu d'hommes "l'attitude humble sous le flot envahissant des jupes"
Comble de la perversion pour le pudibond auteur de Nana "parmi cette foule très mélangée, où des robes déteintes, des chapeaux lamentables s'étalaient à côté de toilettes riches dans la fraternité des mêmes perversions. Intéressée par un jeune homme, aux cheveux courts et bouclés, le visage insolent, tenant sans haleine, pendue à ses moindres caprices, toute une table de filles, qui crevaient de graisse. Mais, comme le jeune homme riait, sa poitrine se gonfla. -Tiens c'est une femme ! laissa-t-elle échapper dans un léger cri...Nana fit une moue dégoûtée"
La scène prend fin quand Nana "jeta ses six francs à Laure, qu'elle méprisait à cette heure plus que la boue des ruisseaux"

06.06.2009

Rue des Martyrs : le cabaret Le Carillon

PAR BERNARD VASSOR

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Ce cabaret fut fondé par Georges Léon Stiers*, dit Tiercy qui avait débuté "aux Décadents", le cabaret de la rue Fontaine (16 bis). Sur l'affiche, nous voyons une concierge se sauver... C'était Tiercy lui-même qui dans ce déguisement s'enfuyait au son de la chanson qu'il avait composée et qui obtenait un très grand succès :
"Ah ! mes enfants"
C'est moi la concierge d'la maison qui fait l'coin
Pleurez mes beaux yeux car j'en ai bien besoin,
Ah ! mes enfants !"
Le cabaret était situé en réalité à l'angle de la Cité Charles Godon, au premier étage dans un grand atelier avec comme décor une chaire imposante surmontée d'une grande cloche, ce qui justifia le nom de ce cabaret. On pouvait y entendre parfois Paul Delmet. Après le spectacle, qui coûtait deux francs, le café du rez-de-chaussée accueillait les fêtards qui pouvaient ecouter un jeune débutant Henri Dreyfus qui changea de nom un petit peu plus tard et connut lui aussi la célébrité dans le quartier de Montmartre. Tiercy ayant pris "un bouillon" de vingt mille francs céda l'établissement à Alfred Bertrand, auteur dramatique qui fonda la "Société du Cornet" avec Paul Delmet et Georges Courteline. Bertrand Millavoye,patronyme d'Alfred Bertrand qui confia la direction à Fursy, nouveau nom et anagramme d'Henri Dreyfus, qui avait d'abord fait précéder son nom de la particule "de". L'été, dans le jardinet attenant, un tribunal humoristique : "Les Assises du Carillon" où des acteurs étaient chargé de juger l'actualité du moment*. C'était la chanteuse Violette Dechaume6a6e8a6747cdb80e3861d515442c107e.jpg qui représentait la partie civile, et Bertrand Millevoye était l'avocat de la défense. Georges Courteline en fit une comédie en un acte : Un client sérieux repésenté pour la première fois le 24 août 1896**, qui d'ailleurs fut jouée au Carillon. ce coup d'essai fut suivi par d'autres joyeuses pièces : Le Gendarme est sans pitié, Théodore cherche des allumettes, la Peur des coups....." Un gros succès également pour Paul Héric et Marcel Hourette : Totote aux enchères, pièce jouée par Mademoiselle Violette Dechaume et messieurs Verdier et Daunis.
*Né à Lille en 1861, ancien étudiant en pharmacie, vendeur de produits chimiques. Après avoir fait faillite, créa "Le Sans-Soucis" et ensuite rue de la Chaussée d'Antin le "Théâtre Tiercy" où il choisit de mourir le jour de l'inauguration.
**Cela ne vous rappelle-t-il pas une émission radiophonique avec Pierre Desproges et Claude Villers ?
(C'est également dans cet immeuble que Frédéric Chopin avait donné pour la première fois la"Marche funèbre")
mise à jour le 6 juin 2009
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Courteline, personnages.jpg
Dans la deuxième édition, le nom de Violette Dechaume a disparu, et le nom de "Mapipe a été rayé ?...

03.06.2009

Avant l'AFP :Une forme de journalisme inédite : "Les Nouvelles à la main" dans le salon de madame Doublet de Persan

 Par Bernard Vassor

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Sur ce plan de 1728, le couvent et les dépendances se trouvaient à l'emplacement où la rue des Filles Saint-Thomas faisait un angle, exactement sur les lieux occupés par la Bourse, et l'AFP aujourd'hui.

Pendant très longtemps, il n’y eut d’autres journaux en France que la Gazette de France, et le Mercuresoumis à une sévère censure pour informer le public. Mais, dans les dépendances du couvent des Filles-Saint-Thomas, une dame Legendre Doublet de Persan, au milieu du 18° siècle tenait une sorte de bureau où se rédigeait un bulletin appelé «Nouvelles à la main», «Correspondance secrète» ou bien "Bulletin de Paris", diffusé sous le manteau à Paris, en province et dans les ambassades. Le ton était très libre, les informations scandaleuses, touchant les plus hauts personnages du royaume étaient répandues. Cet ancêtre du Canard Enchaîné déplut à la cour. Voyer d’Argenson au ministère des affaires étrangères enjoignit à madame Doublet de cesser ses activités. Rien n’y fit, même le roi Louis XV menaça de la faire enfermer dans un couvent. Les appuis dont disposait la dame Legendre de Persan étaient très puissants. Les "conférences" de madame Doublet étaient très fréquentées. Comble de coïncidence, cette dame appartenait à la famille Croizat, le plus gros agioteur de l'époque, l'homme le plus riche de France. Devenue veuve très tôt, elle se retira dans ses appartements, et n'en bougea plus jusqu'à sa mort. Son frère était l'abbé Legendreétait un fieffé libertin, tout comme l'abbé Voisenon.

La «Correspondance à la main» reprit ses activités de plus belle. Le policier Sartine envoya des espions qui l’informaient de la tenue des réunions et de l’identité des participants : des gens de la noblesse, des écrivains en renom, et même des ecclésiastiques. Il y avait parmi les «nouvellistes» un certain Voltaire et les bulletins avaient des correspondants établis en Hollande où l’on comptait des abonnés à Utrecht, Leyde et Amsterdam. Les «bulletinistes» étaient parfois inquiétés et faisaient de fréquents séjours à la Bastille comme Louis-Petit de Bachaumont, co-fondateur du journal et ami de toujours de la dame Legendre. Un certain Blanchard fut condamné à être battu et fustigé au milieu du Pont-neuf, avec deux écriteaux pendus à son cou portant la mention « gazetier à la main » L’abbé Prévost, malgré ses dénégations fut exilé à Marseille. Après la mort de Bachaumont (qui partageait le logement avec madame de Persan) ce fut Pidansat de Mairobert qui reprit la direction des «Nouvelles». Celui-ci, impliqué dans le scandale de «l’affaire du marquis de Brunoy» dont les débauches homosexuelles scandalisaient Paris, se suicida en 1779. Mouffle d'Angerville prit la suite.Les principales têtes de turc des nouvellistes furent Beaumarchais et l’académicien La Harpe.

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Un journalisme inventé :

Les rédacteurs, tous bénévoles étaient nombreux et venaient de tous horizons, de la cour, des ambassades, de la noblesse, des écrivains et des philosophes. La maison de madame Doublet ét était appelée "La Paroisse".

Dans un bureau étaient tenus deux registres, l'un contenait des informations jugées plausibles, l'autre des nouvelles peu crédibles. Chaque participant aux réunions "de rédaction" devaient défendre un point de vue sur les deux registres. Bachaumont, l'abbé Voisenon et madame Legendre décidaient en dernier lieu de la publication de ces informations.

Voyons maintenant le domicile de madame Doublet, qui selon Grimm, passa 40 ans sans sortir de chez elle. Avant le percement du prolongement de la rue Vivienne et la construction du Palais Brongnard le couvent des Filles-Saint-Thomas occupait cet emplacement et les dépendances se trouvaient à l’angle actuel de la rue Vivienne et de la rue du Quatre-Septembre…..

A suivre

 

01.06.2009

Le Théâtre des Bouffes du Nord dans le Faubourg Saint-Denis, boulevard de la Chapelle

bouffes du nord faubourg Saint Denis.jpg

De 1876 à 1885, une quinzaine de directeurs malchanceux se succédèrent, Le théâtre, situé dans le quartier de la Chapelle, en lisière des champs, mal éclairé et mal desservi, rebutait les habitués des salles parisiennes. Quant au public de l'endroit, il n’était pas préparé à assister sagement à un spectacle. Il arrivait que la police soit forcée de faire le ménage tant certains énergumènes prenaient  part avec passion aux événements qui se déroulaient sur la scène. En1882  Louise Michel, tenta d'attirer les" Marlous" et les" Gigolettes " en faisant jouer une pièce révolutionnaire intitulée" Nadine " qui sombra, dans une totale indifférence. Puis, en 1885 Après que la nouvelle directrice, Mme Olga Léaud, soit partie avec la caisse sans payer les artistes, le théâtre ferma ses portes. Septembre 1885 Abel Ballet, metteur en scène qui sévit principalement dans les théâtres de quartier, rouvre les Bouffes du Nord. Il y monte de grandes fresques historiques et des mélodrames où l’on fait pleurer Margot à gros sanglots. Le spectacle commence à 7 heures le soir et finit souvent au-delà de minuit, Tout comme à Montparnasse, on apportait son fricot que l'on réchauffait sur un poêle commun et que l'on dégustait à l'entr’acte, Cette année-Ià débutait une jeune fille nommée Yvette Guilbert dans" La Reine Margot" d'Alexandre Dumas…  

Petite histoire du Château-Rouge. à Montmartre

Par Bernard Vassor

chateau rouge pendant la Commune de 1871 05.jpg

Au risque de décevoir, le Château-Rouge n’a pas abrité, selon une légende inventée au XI° siècle, les amours naissantes de Henri IV, et de Gabrielle d’Estrée. La confusion vient de ce que la construction était faite de briques rouges et de pierres, certains historiens assimilant ce bâtiment à ceux de la place Royale (place des Vosges) mais les dessins architecturaux conservés à la BnF  prouvent incontestablement que l’on peut dater la décoration architectonique de l’époque de Louis XVI.. Aucun plan avant 1791, ne signale de construction importante. Le premier propriétaire de l’endroit, était un certain M.Christophe, subdélégué de l’intendance de Paris. Puis, lui succéda un nommé Feutrier. Lors de l’invasion des armées de la coalition, en mars 1814, le roi Joseph, frère de Napoléon, dirigeait la résistance dans le château. C’est là qu’il signa un ordre de capitulation. Les Feutrier reprirent possession du domaine. Le château, laissé à l’abandon, devint la propriété d’une ancienne vendeuse à la toilette Mlle Ozanne. Le domaine mis en vente en 1844, fut acquis par une société, qui la revendit à M. Boboeuf  pour qui en fit le« bal du Château-Rouge. Ce bal champêtre connut tout de suite un vif succès. En 1847, fut organisé, le premier banquet réformiste qui aboutit à la révolution 1848. Les « polkeuses »avaient pour nom, Mogador, Rigolboche, Brididi, Rigolette, Gambilmuche, Zouzou et Chichinette, sous la conduite de l’illustre Chicard. Le Château fut investi pendant la Commune par la 18° légion de la Garde nationale. Après cet événement, le bâtiment tomba dans une décadence totale. La spéculation mit un terme à son existence. Sur cet emplacement en 1882, les architectes Richefeu et Corbron, bâtirent des maisons de rapport qui occupent aujourd’hui les n° 42 à 54 de la rue de Clignancourt, et les n° 7 , à 13 bis de la rue Custine.

17:02 Ecrit par vassor | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

29.05.2009

Les Buttes-Chaumont et le hameau de Belleville.

Par Bernard Vassor

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Le pont des suicidés, avec à gauche une copie du Temple de Sybille à Tivoli.

Le nom de Buttes- Chaumont est ancien, , on le trouve dans un acte de 1216 : «in territorio dicto calvo» qui signifie « mont chauve » en raison de l’absence de végétation, tenant à la nature du sol très argileux. La butte fut couverte de moulins à vent, et dans Belleville, on pouvait compter une centaine de guinguettes. En 1761, le gibet de Montfaucon qui se trouvait face à la chapelle Saint-Louis (aujourd'hui rue de la Grange aux Belles) fut transporté au pied des buttes Chaumont . Les fourches patibulaires furent installées dans un enclos d’un demi arpent à la barrière du Combat au croisement du chemin de la Voirie, une partie était affecté à la sépulture des suppliciés. La révolution supprima le gibet, mais elle conserva la voirie qui servit de dépôt de vidange de Paris et des établissements d’équarrissage répandant sur Belleville des émanations infectes. Le dépotoir créé en 1814 fut peut après transféré à Bondy. Le quartier du Combat était aussi un lieu où se déroulait un spectacle qui attirait une partie des parisiens. Dans une arène imprivisée entourée de gradins de planches, on y faisait combattre toutes sortes d'animaux, des taureaux contre des molosses. La lutte à mort des chiens à la bouche écumante avait lieu les dimanches et jours de fête. Une légende raconte qu'un jour on avait annoncé le combat d'un tigre affamé contre un porc. Le tigre d'un coup de patte étend le porc au sol et commence à entamer son repas. Le verrat se met alors à pousser des cris de détresse. Des cochons qui étaient enfermés dans une cabane en bois toute p^roche, en entendant cela bisèrent la porte et se ruèrent sur la bête féroce et le mirent en fuite et finirent par le mettre en fuite. Des paris étaient engagés et le succès assuré pour le directeur de cette entreprise.

Belleville et les carrière d'Amérique en 1856.jpg
Belleville et les carrières d'Amérique en 1856.

Une autre légende était celle du"trou Vassou". l'origine de ce nom est inconnue. Près du télégraphe, se trouvait un immence précipice en forme d'entonnoir. On disait que c'était un gouffre sans fond. Plusieurs petits ruisseaux ou rigoles et la source d'une fontaine venaient s'y engloutir. On fit de nombreuses expériences pour découvrir où se trouvait l'issue de ce trou. On jeta des animaux vivants, des liquides colorés, mais on ne découvrit jamais le bout du trou, qui contrairement à ce que disait Raymont Devos, n"avait qu'un bout ! C'était aussi un lieu particulièrement apprécié de la pègre qui pouvait sans danger se débarasser des cadavres encombrants de leurs victimes. L'endroit était aussi baptisé "le soupirail de l'enferUne autre industrie moins polluante, mais plus dévastatrice a été l’exploitation de carrières de plâtre, qui fit du sous-sol un véritable gruyère. Les carrières portèrent le patronyme de « Butte-Chaumont, du Centre d’Amérique » pour la simple raison que le plâtre et les briques fabriquées avec l’argile était expédié dans le Nouveau Monde, où plusieurs villes furent édifiées à partir de ces carrières. En 1826, le village de Belleville comptait 1600 habitants, parmi lesquels de nombreux marchands de vin, des vignerons, et des cabaretiers. Pendant les jours d’été, un grand nombre de parisiens venaient, attirés par les guinguettes, les jardins séduisants et les bals populaires. En 1863, débutèrent sous la direction de l’ingénieur Jean-Charles Alphand et du jardinier Barillet-Deschamps des travaux titanesques,  l’arasement des mamelons arides, pour en faire un parc grandiose, transformant ce lieu sinistre, véritable cour des miracles, réceptacle de voleurs et d’assassins, en un lieu de promenade et de détente. 25 hectares furent consacrés à  cet ouvrage. Plus de mille ouvriers y furent employés en permanence ; 200 000 mètres cubes de terre végétale transportés par des centaines de chevaux y furent apportés. Il fallut faire sauter à la poudre d’énormes blocs de roches, de creuser le sol pour en faire un lac artificiel alimenté par les eaux de la Marne, creuser des arches, faisant sans exagération, des Buttes-Chaumont inaugurées par l’empereur Napoléon III le premier avril 1867, un des plus beaux panoramas au monde. Moins d'un an plus tard, le pont suspendu fut appelé "le pont des suicidés"car de nombreux parisiens avaient pris la fâcheuse habitude de venir pour mettre fin à leurs jours sauter du haut de ce pont. Bien des années plus tard Louis Aragon dans son roman "Le Paysan de Paris" dit que ce pont était "la mecque du suicide"

28.05.2009

La gare funéraire à Montmartre, suite et fin du projet de vandalisation de Monsieur le "baron" Haussmann

Par Bernard Vassor

Mise à jour le 28 mai 2009

Gare rue Capron cimetière Montmartre.jpg
La gare imaginée par les services de la préfecture.

 «Si la création avait été mise en

discussion, le chaos existerait encore»

Jean-Charles Alphand.

Un projet abandonné :

En 1859, dans le but "d'améliorer" les conditions d'inhumation des parisiens(et de libérer des terrains pour les livrer à la spéculation) un projet de gare funéraire du chemin de fer de Méry-sur-Oise pour pallier l'insuffisance des cimetières parisiens et de déplacer le cimetière du Nord, dit cimetière de Montmartre, ouvert en 1804 sous le nom de  « Champs du repos». La gare aurait  dû être située, en partant de la rue Forest, à l'angle de la rue Capron, jusqu’à l'entrée du pont qui surplombe le cimetière Montmartre. Les débats au corps législatif furent mouvementés, faisant grief à l'omnipotence de la préfecture de Paris qui tranchait brutalement toutes les questions concernant l’urbanisme. Le prétexte étant la surpopulation des corps dans les 9 cimetières de l'époque. Mais, c'est la plus-value considérable donnée aux terrains de Montmartre couverts de constructions à bon marché qui fut en réalité la raison principale de ces opérations spéculatives. Le projet le plus controversé fut celui du baron fou, de raser la Butte Montmartre. La réussite du «dynamitage» et de l’arasement des carrières d’Amérique pour la réalisation des Buttes-Chaumont de 1863 à 1867, donna libre cours à l’imagination dévastatrice du tout puissant préfet. Les élus de tous bords (pas les bonapartistes) s’opposèrent farouchement à ces projets au « chef de l’édilité parisienne». Sauf peut-être Alexandre Dumas fils, qui n’étant pas à une idiotie près, parla de « métamorphose féerique, cette régénération de la capitale, par le mouvement général»suivi d’une longue liste de raisons alambiqués. Ecoutons l’argument principal invoqué par les partisans du préfet : « Le choléra a commencé à Montmartre en 1865, attendrons-nous encore une nouvelle épidémie ?». Les affidés du préfet s’attaquèrent aussi au « petit cimetière situé presque au sommet de la Butte, où les morts sont pratiquement enterrés dans l’eau. Eloignons les morts des vivants !»

La défaite de Sedan mit fin à l ‘appétit dévastateur du maître de la capitale, car l’idée finale était de déplacer tous les cimetières parisiens à Méry-sur-Oise, le plateau de 1000 hectares étant 9 fois plus grand que les  9 cimetières de Paris. La solution retenue, fut l’ouverture d’une annexe  du cimetière du Nord à Saint-Ouen.