Référencement gratuit

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2009-01 | Page d'accueil | 2009-03 »

27/02/2009

Séraphine Louis dite "de Senlis"

Par Bernard Vassor

Seraphine hauteur.jpg
......
Il ne reste que quelques heures avant de savoir si mes souhaits vont être réalisés remise des César devrait consacrer soit le beau film, soit la composition émouvante de Yolande Moreau qui a laissé dans son interprêtation transparaître la souffrance et la vie tragique d'une femme simple d'une grande sensibilité.
Dans une notice intitulée ; Séraphine, la femme qui parlait aux arbres et aux anges, je rappelais :

"Le film qui lui est consacré, interprété par Yolande Moreau sort en salle le 1 octobre 2008 .....Bande annonce

Le film a été projeté en avant-première au cinéma Jeanne d'Arc de Senlis hier, le 22 septembre 2008.

Séraphine a vu le jour la même année que Camille Claudel. Tout comme elle, ses dernières années furent vécues dans un asile psychiatrique, où elle décéda en 1942, assommée par des doses massives de tranquillisants. Camille ne lui survécut que d'un an. Les privations de nourriture pendant la seconde guerre mondiale et les conditions de vie furent fatales à des milliers d'hommes et de femmes aliénés.

Sa technique toute particulière, consistait en l'utilisation de peinture Ripolin qu'elle mélangeait avec de l'huile d'éclairage volée dans les églises, de la terre de cimetière, et de son sang provenant de blessures qu'elle se faisait pour donner plus de vie à ses tableaux. Mais la sainte vierge lui ordonna d'arrêter de peindre et de reprendre ses ménages.

Son comportement étrange fut la cause de son internement à l'asile de Clermont d'Oise où elle mourut d'épuisement.

Elle fut inhumée dans la fosse commune .

La valeur de ses toiles, dépasse aujourd'hui bien souvent celle du Douanier Rousseau."

 Et je disais sans trop y croire souhaiter une récompense aux César, ou au festival de Cannes.

Ce soir est une première étape peut-être ?

YOLANDE MORFEAU hauteur.jpg

17:32 Publié dans Evènement | Tags : sérzphine yolande moreau | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Histoire des maisons, "clandés" et "tolérances" dans le 9° arrondissement

Par Bernard Vassor
 
medium_guide_rose_publicite.jpg
On trouvait de tout dans le Guide rose, même de la publicité pour un marchand de chaussure, bien utile pour "ces-dames"
au 75 boulevard de Clichy
medium_Rue_Rochechouart_sepia.jpg
Rue Rochechouart 
Ces listes ne sont pas exhaustives, les archives de la rue Sainte-Anne (rue disparue aujourd'hui, tout comme la rue de Jérusalem au cours de la reconstruction du Palais de Justice), siège de la police des moeurs ayant brulé au moment de la Commune de Paris, certaines archives pour des raison de stockage ayant été pilonnées dans les années 1920, certains dossiers ayant aussi "disparus" aussi en 1944, pour s'autres motifs....
.........
Les maisons fermées rue Rochechouart en 1946 :
Linette, au 9 bis, Veuve B…. au n° 13, puis Ellen-Maud, Tel : rudaine4683, au numéro 15,  chez  Li…, et au 42  L…deB….

Au XIX° siècle : au 18, hôtel des Arts tenu par Auguste Levellut (sic) au numéro 19, de 1846 à 1902, c’était uun « meublé » surveillé par la police des mœurs.. Au 37 Morissot Marie exerçait dans cet hôtel.. Le numéro 45 a été une maison de rendez-vous jusqu’en 1928 tenue par une « dite Marsa » Le numéro 62, illustre parfaitement ce qu’étaient certaines crémeries à l’époque dont le propriétaire fut jusqu’en 1905 un nommé Girbal.

Le 9 bis boulevard Rochechouart était la maison de rendez-vous d’unecertaine  dame Sarasin

medium_PISCINE_ROCHECHOUART_archives.2.jpg
LA PISCINE, 75 RUE ROCHECHOUART 
........
 L'inspecteur principal de la préfecture de Police C.J. Lecour medium_C.J.LECOUR.2.jpgnote pour l'année 1874, 4000 prostituées recensées et environ 70 000 insoumises. Ce sont des femmes exerçant le plus vieux métier du monde, refusant le contrôle de la Police et de l'inspection médicale de l'infirmerieSaint-Lazare. 
L'historiographe Louis Fiaux ancien membre du Conseil municipal dans une étude parue en 1892, indique qu'il n'y a aucune maison de tolérance dans le quartier Rochechouart ! Les Maisons de tolérance en France, Leur fermeture, Georges Carré éditeur Paris 1892, dresse un tableau des propriétaires d'immeubles consacrés aux tolérances (1870) :

09:44 Publié dans TROISIEME PARTIE LA RUE ROCHECHOUART | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | Digg! Digg

25/02/2009

La "Maison de la Guerbois" rue Saint-Roch

Par Bernard Vassor
medium_SAINT_ROCH_quartier_sepia.jpg
 Est-il un financier, noble depuis un mois,

 qui n’ait son dîner sûr chez madame Guerbois ?

................
La « Maison Guerbois », rue Saint Roch près l’hôtel de La Faye (de Soubise). Bien que quelques maisons existaient vers 1490, l'actuelle rue Saint-Roch avait été percée au milieu du XVI° siècle(1560).  Elle portait alors le nom de cul-de-sac Saint-Vincent, ensuite rue du Dauphin, rue de la Convention, du Trocadéro. Le prolongement prit les noms de ruelle Michaut Riegnaut, rue Michel Regnaut, puis ruelle Gaillon, en raison de l’hôtel Gaillon avant la construction de l’église Saint-Rochqui l’a remplacé. Pour simplifier un peu plus, la rue porta au XVII° siècle elle fut nommée rue de Lorges, rue Neuve-Saint-Roch, pendant la révolution rue de la Montagne et finalement son nom actuel.... Non loin était la communauté des sœurs de Sainte-Anne, établissement religieux fondé en 1686 par le grand-audiencier de France, Frémont, destinée aux jeunes filles pauvres pour leur dispenser un enseignement religieux dans le but de leur éviter et les préserver des dangers de la ville qui guettaient les filles à chaque coin de rue.

.......

La maison Guerbois fut un endroit à la mode, où il était de bon ton de se montrer en compagnie des « gens de lettres ou de finances », en compagnie de marquis et de duchesses. Le poète Boursaut (1638-1701) nous donne une idée des « partie d’amour » qui se liaient dans la demeure de madame Guerbois.
Dancourt (1661-1721) acteur, auteur dramatique est encore plus clair :
Vous qui faites tous vos plaisirs
De régner dans le cœur des belles,
Il faut pour vous faire aimer d’elles,
Autres choses que des soupirs.

La renommée de sa cuisine faisait concurrence aux plus illustres tables. Pendant un carnaval, chez le marquis de Lyonne, réputé meilleure cuisine de Paris, le cuisinier ayant manqué son repas, « si bien qu’il eut mérité de se pendre », Un humoriste anonyme a laissé ces vers :
Le mardi gras fut aux abois,
Quand au dîner d’un grand satrape,
A quatre pas de la Guerbois
Il vit renouveler la trappe.

Il est plaisant de penser que cette "madame Guerbois"fut l’aïeule de l’autre "grand" Guerbois des Batignolles, mais rien n'est moin certain. 

Mise à jour le 25 février 2009

09:44 Publié dans Les Cénacles | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

24/02/2009

Grisettes, Bréda et Lorettes

Par Bernard Vassor

Nestor Roqueplan 1804-1870 hauteur.jpg
Nestor Roqueplan par Nadar
........
Nous savons avec certitude que le terme de grisette était déjà employé au XVIII°siècle. Sébastien Mercier les évoque dans son
 "Tableau de Paris". Les petites ouvrières étaient appelées ainsi en raison de la blouse grise qu'elles portaient en sortant de leurs ateliers. 
Le terme Lorette est apparu pour la première fois en 1841; sous la plume de Nestor Roqueplan, le dandy, qui était alors directeur de l'Opéra Lepelletier, dans un numéro de sa feuille :"Les Nouvelles à la main". C'est Gavarni qui les immortalisa dans sa série de dessins consacré aux dames de son quartier.
Gavarni lorettes de Sainte-dévotes hauteur.jpg
Paul Gavarni
.....
Pour ce qui me concerne (en désaccord avec certains), je crois que le terme Bréda, fut utilisé bien avant que la rue Notre-Dame-de-Lorette ne fut nommée ainsi. Bréda Street, désignait la quartier tout entier, de la rue Vatry à l'époque, jusqu'à la barrière Montmartre, où étaient venues s'installer ces dames légères, occupant des appartements à bas prix pour "essuyer les plâtres". En effet, les nouveaux immeubles qui venaient d'être construits n'étaient pas habitables, en raison de l'humidité des murs en plâtre, qui méttaient très longtemps à sécher. Les propriétaires exigeant en échange d'un bas loyer que les appartements soient chauffés, et que les fenêtres soient garnies de rideaux, pour bien montrer que les maisons étaient occupées. Le terme Bréda tomba en desuétude, les écrivains, toujours moutonniers, préférèrent lui substituer lorette qui était plus à la mode. On vit alors une production littéraire importante autour des filles de ce quartier.
Nous pouvons citer dans le désordre : George Sand, Emile de la Bédollière, Alexandre Dumas fils, les frères Goncourt, Turpin de Sansay, Hippolite Taine, qui usèrent et abusèrent de ce filon. Les Physiologies, qui étaient un genre littéraire nouveau connurent une grande vogue. On faisait des physiologies sur tout, sur l'amour, sur les bas-bleus, sur les coiffeurs, les épiciers (Balzac) et il y eut même une Physiologie de la physiologie !
Maurice Alhoy fit parître la Physiologie de la Lorette,avec des vignettes de...Gavarni.
Physiologie de la Lorette hauteur.jpg
Antonio Watripon tenta bien, au quartier latin de créer un autre type féminin avec "les lolottes" ou "les rigolettes", sans aucun succès pour lui hélas.

18:15 Publié dans HISTOIRE DES FEMMES | Tags : george sand, emile de la bédollière, alexandre dumas fils, les frères goncourt, turpin de sansay, hippolite taine, maurice alhoy | Lien permanent | Commentaires (4) | | | | Digg! Digg

23/02/2009

L'attentat de la rue Bréda : Louise Colet et Alphonse Karr

Par Bernard Vassor

potins grivois breda hauteur.jpg
..........
La biographie de Louise Collet (1810-1876) est remplie d'histoires qui démontrent un caractère ombrageux, et une certaine propension à régler ses affaires de façon peu orthodoxes. La poétesse, qui tenait un salon littéraire 2 rue Bréda* en 1840, était enceinte. Son mari Hyppolite Colet,refusait toute idée de paternité pour des raisons qu'il était le seul à connaître. Son amant de l'époque, Victor Cousin, refusait tout aussi catégoriquement une quelconque reconnaissance. Alphonse Karr, au cours d'une soirée chez Louise, fit une allusion aux amours de la maîtresse de maison avec le philosophe auteur "Du Vrai, du Beau, du Bien". Louise Colet, prise d'un accès de rage, prit un couteau, et le planta dans le dos de l'infortuné auteur du "Voyage autour de ma Chambre". La blessure fut sans gravité, mais Alphonse Karr, conserva l'arme du crime qu'il exposât sur un mur de sasa chambre du 46 rue Vivienne, avec une étiquette portant l'inscription : "Donné par Louise Colet....dans le dos !"
.........
Elle fut ensuite l'amante de Musset, de Vigny de Flaubert. Ce dernier décida un jour de rompre avec la poètesse devenue romancière. Il lui adressa la lettre suivante :
"Paris, mardi matin 6 mars 1855
Madame,
J'ai appris que vous vous étiez donné la peine de venir, hier, dans la soirée, trois fois chez moi. je n'y étais pas. Et, dans la crainte des avanies qu'une telle persistance de votre part pourrait vous attirer de la mienne, le savoir-vivre m'engage à vous prévenir que je n'y serai jamais. J'ai l'honneur de vous saluer
Gustave Flaubert, Correspondance.
........
Louise se vengea aussitôt en écrivant un roman publié dans "Le Moniteur: "Une histoire de soldat"où Flaubert est décrit sous les traits de Léonce :
"Sa face rouge était bouffie, comme s'il avait trop bu, et son corps rebondissait dans son gilet blanc: il n'avait plus ses beaux yeux brillants, mais des yeux épais et sans clarté".
Eugène de Mirecourt dans une biographie ou plutôt une hagiographie, raconta l'histoire suivante : "Elle rencontre un jour, dans la rue Montlmartre, un sien parent littérateur avec qui elle était brouillée depuis six mois. Ce monsieur, fort impoli, du reste la reconnaît à merveille et passe sans la saluer.
Voila notre muse hors d'elle-même. Quittant aussitôt le bras d'une personne qui l'accompagne, elle va droit à l'insolent et lui administre le moins féminin des soufflets".
Nous ignorons si ce monsieur insolent était Flaubert ?
........
Jules Claretie qui ne l"a connue que vieille, ne se souvient "que d'une beauté un peu grasse" il ajoute que Victor Hugo lui avait dit un jour :
"J'ai cru longtemps que ce nom Gustave Flaubert n'était qu'un pseudonyme de Mme Louise Colet. Pendant les premières années de mon exil, je n'écrivais jamais à madame Colet, que sous couvert de monsieur Gustave Flaubert. Je me figurais que ce Gustave Flaubert n'existait pas, et en traçant ce nom sur l'enveloppe, c'est à Louise Colet que je pensais. A ce point que j'envoyais les phrases les plus tendres. Ce ne fut que lors de l'apparition de Madame Bovary que j'ai appris qu'ilm y avait au monde un M.Gustave Flaubert"
.........
*Aujourd'hui rue Henry Monnier, la maison faisait l'angle de la rue Neuve-Saint-Grorges ( Nottre-Dame-de-Lorette) et de la rue Neuve-Bréda (Clauzel) 
Le salon de Louise était fréquenté par Jules Janin, Delacroix, Lacroix, dit le bibliophile Jacob, Béranger qui l'avait surnommée la muse patriotique,les .sculpteurs Préault et Pradier, Vigny, Adolphe Dumas et Antony Deschamps. 

17:01 Publié dans HISTORICO-LITTERAIRE | Tags : jules janin, delacroix, lacroix, bérangerpréault et pradier, vigny, adolphe dumas, antony deschamps | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Paris disparu : La compagnie d'assurances le Phénix, 33 rue Lafayette

Par Bernard Vassor

Phenix 33 rue Lafayette affiche.jpg
C'est en 1819, que Charles Xavier Thomas, un ancien garde-magasin général des armées d'Espagne sous l'empire (fort opportunément rallié aux Bourbons en 1814), lança une des premières compagnies d'assurances en France en 1819 avec un Suisse, Jacob Dupan .
L'emblème choisi, une aigle aux ailes éployées qui brulées par le feu, qui renaît de ses cendres, est particulièrement bien choisi, bien que le symbole de l'aigle, exilé à Sainte-Hélène reste ambigu ? Il se défit du Phénix en 1829, et fonda la compagnie "Le Soleil", puis "l'Aigle" qui absorbèrent de nombreuses autres compagnies. Il fit donc construire rue du Cardinal Fesch (44 rue deChateaudun, aujourd'hui devenu le GAN) un vaste immeuble pour regrouper ces sociétés.
Tous les bâtiments aussi bien ceux du Phénix, qui occupait le pâté de maisons occupant le quadrilatère de la rue Lafayette, rue de la Victoire, rue Laffitte, fut entièrement démoli il y a quelques années, seules quelques façades et des vestiges du hall d'entrée de la rue Lafayette ont été conservés. La compagnie le Phénix, a donné naissance après fusion au groupe des Assurances Générales de France en 1966.
.......
Le lieu sur lequel est construit le bâtiment est lui aussi chargé d'histoire. C'était l'ancien hôtel luxueux que le banquier genevois  Thelusson  avait fait construire pour sa femme par le fameux architecte Claude-Nicolas Ledoux qui dominait la rue d'Artois (aujourd'hui rue Laffitte) et occupait à l'époque le numéro 18 de la rue de Provence, lui-même sur l'emplacement du grand égout recouvert à partir de 1770 par le fermier général Laborde, qui s'était proptiétaire des terrains.
hôtel Thelusson rue de provence largeur.jpg
Hôtel Thélusson, l'Arc de Triomphe faisait face à la rue d'Artois (Laffitte)
............
Le "Phénix" s'installa au 33, lors du percement de la rue Lafayette. La compagnie très prospère, avait ajouté à ses activités une "branche vie", et une "accident". Une publicité à la fin du XIX° siècle, prétend être la seule compagnie à garantir les risques de guerre sans surprime spéciale.
Charles Xavier Thomas fut l'inventeur d'une machine à calculer : "l'arithmomètre" qu'il perfectionna constamment. Ses ateliers étaient situés 16 rue de la Tour des Dames, dans le nauvième arrondissement. Opportuniste, il est partisan de tous les régimes en place, fait baron par les Bourbons, il obtint de Napoléon III, du Pape Pie IX, du roi de Grèce de nombreuses faveurs, et accumule tous les hochets qu'un bourgeois parvenu puisse obtenir. Il reste à écrire après les fabulistes un récit sur : Les traitres dans l'Histoire !
CONTRE LES TRAISTRES fable d'Esope.jpg
Fable d'Esope

09:03 Publié dans HISTOIRE ANECDOTIQUE | Lien permanent | Commentaires (11) | | | | Digg! Digg

21/02/2009

Harriet Beecher Stowe

par Bernard Vassor

Case de l'Oncle larg.jpg
Une petite femme qui a commencé une grande guerre
Abraham Lincoln
.............
C'est en 1851 qu'Harriet présenta un texte qui fur publié en feuilleton dans un journal anti-esclavagiste de Washington. Ce texte n'eut aucun HARRIETT Beecher Stowe cadre.jpgimpact, en dehors de la clientèle habituelle de cette feuille confidentielle. Un éditeur en assura l'édition en deux volumes, sans trop y croire. case de l'oncle TOM néga hauteur.jpgLe livre connut un succès immédiat, "La Case de l'Oncle Tom" est vendu à plusieurs milliers d'exemplaires dès le premier jour à Boston. La contagion gagna tout le pays. Vendu à plusieurs millions d'exemplaires dans tout le pays et traduit dans vingt langues, cet ouvrage contribua grandement à la diffusion des thèses abolitionnistes. Des spectacles de théâtre utilisant des scènes tirées d'épisodes du roman furent jouées dans plusieurs états de l'Union. En 1862, elle fut reçue à la Maison Blanche par le président Lincoln. Elle entreprit un tournée en Europe dès 1856 pour populariser ses idées. Elle avait publié cette année là un essai où elle revendiquait l'égalité des sexes :"Dred, a Tale of the Dismal Swamp". De passage à Paris, elle résida 17 rue de Clichy en 1866. En 1870, Elle fit de nouveau scandale en prenant la défense de Lady Byron, révélant les relations incestueuses de son poète de mari avec sa soeur.
Harriet mourut en 1896 à l'age de 85 ans.

10:26 Publié dans HISTORICO-LITTERAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

20/02/2009

Rodolphe Bresdin, étrange, extravagant, inexplicable.... Suite

Par Bernard Vassor

Bresdin hauteur.jpg
Un Monticelli de l'encre de chine en quelque sorte.
.......
Rodolphe Bresdin a vu le jour en 1822, au Fresne, entre Nantes et Angers. Il était le fils d'un tanneur, profession qu'il exerçat dans les temps de disette où son art ne le faisait pas vivre. Il eut une existence mouvementée, fréquentant la bohème la plus pauvre. C'était le "Chien-Cailloux" de Champleury. Il avait un lapin blanc qu'il empotait avec lui partout où il allait, entrepenant à pied des voyages à Toulouse, à Bordeaux à Tulle et à Paris, avec, toujours son lapin blanc sous le bras. Il fit un séjour au Canada en 1873, et fut rappatrié pour raisons de grande pauvreté en 1876.
Même de son vivant, il était en raison de son caractère et ses attitudes fantasques, l'objet de nombreuses légendes que Champfleury a immortalisées.
Il vécut alors dans une grande solitude, après avoir fait l'admiratiion de ses contemporains, Baudelaire, Delacroix, Courbet, Mallarmé, Banville etc...il fut délaissé. Il exposait dans les salons des dessins et des lithographies depuis 1848.
Odilon Redon qui fut son disciple disait de lui :
"Il ne fit que pérégriner toujours en imagination vers des mondes meilleurs"
Il est mort en 1885 le 14 janvier à Fresnes, abandonné de tous comme un chien galeux, mais il sut rester digne et fier.

17:35 Publié dans LES PRECURSEURS | Tags : baudelaire, delacroix, courbet, mallarmé, banville, odilon redon | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Georges Cavalier dit : PIPE EN BOIS

Par Bernard Vassor 

medium_pipe_en_bois_05.jpg

Il a sifflé Henriette Maréchal !!!

............

C’était le soir de la première d’ Henriette Maréchal, une pièce des frères Goncourt, le mardi 5 décembre 1865. La salle du théâtre-Français était pleine à craquer. La renommée des auteurs promettait un succès éclatant. On disait tout bas, que la pièce ne devait qu’à une faveur princière, l’honneur de paraître dans la maison de Molière, un passe-droit, un privilège dû à l’intervention de la princesse Mathilde.

..........

La salle était tumultueuse ce soir là. Les frères Goncourt entrent dans le théâtre, les corridors sont pleins : -"Il y a une grande émotion bavarde dans tout ce monde. Nous attrapons au vol des mots, des rumeurs de bruits : "on a cassé des barrières à la queue !"(...) nous commençons à respirer peu à peu un air d'orage. Nous descendons, accrochons nos acteurs. Got avec un drôle de sourire, nous dit des spectateurs : "Ils ne sont pas caressants" . -Nous allons au trou du rideau, essayons de voir dans la salle et ne voyons qu'une sorte d'éblouissement d'une foule très éclairée. Et puis nous attendons qu'on joue. Le lever de rideau, les trois coups, ces choses solennelles que nous attendions, nous ont totalement échappé. Et puis, tout étonnés, nous entendons un sifflet, deux sifflets, trois sifflets, une tempête de cris, à laquelle répond un ouragan de bravos. Nous sommes au bout de la coulisse, dans les masques (de carnaval), adossés à un portantil me semble qu'en passant,les figurants me jettent des regards apitoyés. Et on siffle toujours, et puis on applaudit. La toile baisse, nous sortons sanns paletot. Nous avons chaud. Le second acte commence : les sifflets reprennent avec rage (...) on siffle tout, jusqu'au silence de Mme Plessis (...) La toile tombe, .Je vois passer  Mme Plessis, qui sort avec le courroux d'une lionne, en murmurant des injures contre se public qui l'a insulté. Et derrière la toile de fond, nous entendons pendant un quart d'heure, des cris enragés ne pas vouloir que Got prononce notre nom. (...)Nous sortons à travers les groupes tumultueux et vociférants remplissant les galeries du Théâtre-Français. et nous allons souper à la Maison d'or avec Flaubert, Bouilhet, Pouthier et d'Osmoy. (Journal des Goncourt 5 décembre 1865) La pièce sera retirée du programme le 15 décembre dix jours après la première.
....
Le "Journal" du 31 décembre indique : "Notre dernière pensée de cette année, en attendant tous les deux au coin de la cheminée de notre chambre d'hôtel, minuit pour nous embrasser, c'est qu'on joue dans ce moment note HENRIETTE MARECHAL à Marseille." La représentation, vue de la salle : Les académiciens venus en nombre, les amis des auteurs occupant les meilleurs places, le « petit public relégué bien au fond au poulailler, commençait à gronder. Après le prologue, on entendit des murmures et des exclamations : Ohé ! Ohé ! Tourneur de mâts de cocagne en chambre ! Abonnés de la Revue des Deux mondes ! Polichinelles de carton !Repasseurs de lames de rasoir à l’envers ! Puis on entendit après chaque réplique des sifflets stridents, qui fut repris par d’autres jeunes gens jusqu’à la fin de la pièce. L’auteur présumé de ce chahut était un étudiant à Polytechnique que dont le physique pétait à la moquerie, d’une maigreur idéale, le teint livide, blanc comme celui de Debureau, la bouche contactée par un rictus permanent, un menton en galoche, un nez de polichinelle l’avait fait surnommé Pipe-en-Bois. C’est Jules Vallès qui prétend l’avoir baptisé ainsi, mais ce sobriquet était déjà sur toutes les lèvres de ses amis du quartier latin.(Georges Cavalier s’était déjà illustré en sifflant la pièce d’ Edmond About : Gaétana trois ans auparavant.) Le lendemain son nom était dans tous les journaux, sur toutes les bouches.

On abusa de sa célébrité pour publier une brochure portant son nom intitulée :

CE QUE JE PENSE D'HENRIETTE MARECHAL

DE SA PREFACE

ET DU THEATRE DE MON TEMPS

PAR PIPE-EN-BOIS

LIBRAIRIE CENTRALE

1866

Un grand in-octavo de 27 pages  

Il désavoua publiquement cette brochure, mais d'autres placards affiches prospectus étaient proposés au public qui achetait aux crieurs, pourvu que le nom de Pipe-en-Bois figure sur l'imprimé.

Ce qui n'empêcha pas d'autres brochures comme celle-ci :

MON OPINION VRAIE

SUR

HENRIETTE MARECHAL

PAR

ACHILLE PIPE-EN-BOIS 

La carrière de Georges Cavalier ne se borna pas à siffler, Gambettiste, il joua un rôle important pendant la République du 4 septembre, puis pendant la Commune de Paris.

medium_PIPE_EN_BOIS_JUGEMENT_05.jpg
mise à jour le 20 février 2008

 

07:29 Publié dans HISTOIRE ANECDOTIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

19/02/2009

Victor Cochinat, avocat, journaliste écrivain, premier conservateur de la bibliothèque Victor Schoelcher à Fort de France

Par Bernard Vassor

 

19:26 Publié dans HISTOIRE | Tags : victor schoelcher | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | Digg! Digg

All the posts