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15/10/2012

Petite histoire anecdotique du Divan Lepelletier, racontée par des journaux, et des témoins de son temps

Par Bernard Vassor

PLAN PASSAGE DE L'oPERA,DIVAN

Vie et mort du  Divan Lepelletier par des témoins de son temps.

C’est dans un petit hôtel, 5 rue Lepelletier, avec un jardinet  bordé d’une grille à deux pas de l’Opéra

(Opéra Lepelletier), au rez-de-chaussée que se tint le rendez-vous, pendant plus de vingt ans tout se qui comptait à Paris dans le domaine des arts et de la littérature. Il fut fondé en 1837 et trouva la mort en 1859…le 14 octobre. A été la propriété  d’un capitaine des lanciers nommé Lefèvre, et découvert par un autre Lefèvre  devenu plus tard procureur impérial. Les habitués du lieu trouvèrent les divans moelleux et les liqueurs délicieuses ; c’était alors l’âge heureux de la liqueur, l’avènement de la bière ne s’était pas encore annoncé. Très tôt, le Divan Lepelletier se trouva consacré à la gloire de rendez-vous littéraire et artistique.  Parmi les plus anciens clients, on pouvait rencontrer : Edmond Texier, Guichardet, Hector Berlioz, Pétrus Borel, Charles Lassailly, Chenavard, Roger de Beauvoir, Célestin Nanteuil et Messonier représentèrent les peintres, pour ce qui est de l’aristocratie, ce sont le marquis de Bellay et le comte de Gramont  qui en furent les dignes représentants. Le tiers-état était personnifié par Auguste Luchet,

Henri Monnier ne représentait que lui-même. Certaines soirées, pouvaient se cotoyer l’acteur Bocage, Pierre Dupont, l’immortel auteur « des bœufs »  Amaury-Duval et le redoutable bretteur Choquard, Choquard toujours en quête d’un duel qui déclarait au premier venu qui ne lui revenait pas : « Mon p’tit môssieur, je m’en vais vous passer mon cure-dent à travers la poitrine ». Privat d’Anglemont, quand il avait touché son mandat mensuel, venait là avant de commencer sa tournée de Paris des lieux insolites. Alfred  de Musset  qui  venait d’inventer le mélange bière eau de vie et absinthe, terminait généralement ses soirées dans un état lamentable. Gustave Courbet venait asséner bruyamment ses théories et saluer ses compatriotes Francs-Comtois Wey et Clésinger. Ce jour là il fallait se boucher les oreilles et supporter la fumée de la pipe qui formait un épais brouillard, tout cela ponctué par le rire tonitruant de Courbet qui se tenait le ventre et se frappait les cuisses. Les rédacteurs du «National»,  Armand Marast et un certain Clovis Gauguin (qui donna le jour à un enfant célèbre), dont les bureaux étaient mitoyens du Divan venaient en voisin se désaltérer après leur dure journée. Des généraux en activité et en retraite fréquentèrent aussi l’endroit, ce qui en décembre 1851 provoqua une descente de police ;  Le commissaire Boudrot y opéra quelques arrestations qui provoquèrent la crainte de nombreux consommateurs qui préférèrent changer de crèmerie et s’éloigner du lieu.  Gérard de Nerval dans les dernières années de sa vie faisait souvent des entrées remarquées par sa  tenue vestimentaire et son apparence « lunaire ». Le commandant républicain en retraite Lejosne républicain et son ami Manet, Charles Baudelaire ont honoré le Divan de leur présence dans les dernières années de son existence.

Le dîner de fermeture le 14 octobre a été mémorable. On avait déposé toutes les glaces et enlevé les décorations, donnant ainsi un aspect lugubre à cet endroit. Une cinquantaine de convives, groupées autour de deux tables dressées assistaient à cette veillée funèbre qui sonnait le glas de l’existence du successeur du « Procope ».

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medium_passage_de_l_opera_rue_le_peletier_09.jpg

Le passage de l'Opéra

Vu par les frères Goncourt :

Le Boui-boui de la rue Le Peletier,

C’est le Divan Le Peletier « qui a fermé ses portes en 1859 », disent en cœur tous les historiens de Paris. Il était établi à l'entrée du passage de l’Opéra donnant sur la rue Le Peletier.

Fréquenté au début (dans les années 1840) par la "Bohème doréePétrus Borel, Charles Lassailly, Courbet, Nerval, Berlioz, Constantin Guy, Gautier, Dumas et Nadar.

Puis, aux yeux des frères Goncourt, l’endroit va se dégrader avec l’arrivée de "la  basse bohème » : Manet, Baudelaire, le commandant Lejosne, l’émeutier de juin 48 et: Poulet-Malassis, libraire éditeur du passage Mirès, toujours flanqué de son ami Alfred Delvau.

Murger ne manquait que rarement l’heure de l’absinthe et bien sûr Aurélien Scholl, les philosophes Fioupiou et Saisset complètaient la clientèle. « [ils sont aux lettres ce que sont les courtiers d’un journal au journal. Celui-ci a plié des bandes au Mousquetaire ** (dans les locaux du journal Paris). Il est maintenant ouvreur de loges aux Folies Nouvelles (....) Gavarni n’y a été qu’une fois et dit « qu’on y scie les pommes de canne. »

On pouvait aussi y rencontrer les journalistes du Charivari de L'Evènement de Charles Hugo, du National d'Armand Marast et ,du ConstitutionelTaxile Delors, Xavier Aubriet et  "l’homme de l’ombre", le nègre de Dumas Auguste Maquet.   

Après sa fermeture en 1859, d’autres cafés prendront ce nom, rue de Richelieu, puis à nouveau passage de l’Opéra, mais le « philtre magique » étant cassé ils ne rencontreront aucun succès. 

Journal des Goncourt.

Le Mousquetaire, journal de Dumas, avait ses bureaux et sa rédaction juste à côté, au 1 rue Laffitte dans l’immeuble de La Maison Dorée ; Le journal du cousin des Goncourt : Le Paris l’y avait précédé. 

Et bien sûr Théodore de Banville qui a célébré le Divan Lepelletier dans les fameuses

"ODES FUNAMBULESQUES".

 

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Attention travaux ! De légères modifications du tracé de certaines rues, risquent de perturber la circulation aux abords de la gare Saint-Lazare

Par Bernard Vassor

rue de rome percement gare saint-lazare.jpg

Comme nous pouvons le constater, les travaux de percement de la rue de Rome offrent en ce ùmoment un aspect des plus surprenants.C'est une immense saignée ouverte au croisement de la rue Saint-Lazare, de la rue de la Pépinère et la rue du Rocher, qui s'allonge sur une vaste étendue. A plusieurs endroits la tranchée chemine à quatre ou cinq mètres en contrebas. La rue de Rome, ainsi ouverte, sera la continuation de la rue de la Madeleine (aujourd'hui rue Auber) jusqu'à l'extrémité nord des Batignoles.

14:46 | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Les "Trink-halles", nouvelles buvettes du boulevard Sébastopol*

Par Bernard Vassor

TRINK-HALL, boulevard Sébastopol

Dans l'article précédent, la municipalité parisienne avait imité la villle de Londres, pour cette fois, la nouvelle mode nous arrive de l'Allemagne qui nous avait déjà gratifié du jambon de Mayence, de la choucroute, du bock-bière et du casque à pointe. On vient d'ériger sur le boulevard Sébastopol, pas mois de 25 de ces kiosques

Dans certaines grandes villes d'Allemagne, on rencontre le long des grandes voies des kiosques semblables à ceux représentés sur la gravure ci-dessus. Mais, à quoi donc  au juste servent les

trinck-Halles ? Ils ne servent ni à la vente des journaux ni à autre chose, mais, ils distribuent pour une somme modique de délicieux rafraichissement : de l'eau de seltz bien glacée, aditionnée si on le souhaite d'un délicieux sirop de groseille. Le verre d'eau gazeuse coûte 5 centimes, quand elle est mélangée à du sirop elle vous revient à 10. 

Un ingénieux système de rafraichissoirs empêche que l'eau et le sirop ne s'échauffent. Des  compteurs automatiques règlent le débit sans l'intervention des demoiselles qui tiennent le kiosque, n'ayant d'autre fonction que de percevoir la monnaie, et de rincer les verres. La construction de ces trinck-halles qui remplacent les marchandes de coco (encore un petit métier qui disparaît) a été confiée à la maison Coutelier.

Le boulevard appelé Sébastopol rive gauche, a été rebaptisé par arrêté du 26 février 1867 boulevard Saint Michel.

Le boulevard de Sébastopol actuel fut  d'abord dénommé boulevard de Crimée.

*Une voie partant de la rue Cujas jusqu'à la place Saint-Michel fut ouverte (décret du 11 août 1855), détruisant au passage la rue des Deux-Portes Saint-André, le passage d'Harcourt, la rue de Mâcon, la rue Neuve-de-Richelieu, la rue Poupée, une partie de la rue de la Harpe, de la rue d'Enfer, une partie de la place Saint-Michel et de la rue de l'Est. L'emplacement de la  porte d'Enfer est compris dans le boulevard Saint-Michel près du débouché de la rue Cujas. 

Sources

Mairie de Paris : Nomenclature officielle des voies publiques et privées

Alphand, recueil de lettres patentes, ,Paris 1886

12:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

La municipalité parisienne a procédé à l'installation de refuges pour piétons sur le boulevard des Capucines.

Par Bernard Vassor

REFUGES.jpg

L'augmentation toujours croissante du nombre de voitures publiques ou privées ont rendu périlleuse la traversée des carrefours situés à la rencontre des rues fréquentées. L'admistration de la ville vient de décréter la construction de refuges pour piétons, sur le modèle de ceux qui existent déjà à Londres.

Sur la gravure ci-dessus, nous apercevons les deux terre-pleins circulaires sur le boulevard des Capucines à l'embranchement du boulevard de la Madeleine et de les rues de Sèze et Caumartin.

Ces refuges peuvent contenir 50 personnes; Il est bordé de granit et bitumé au centre. L'édilité parisienne va faire construire des terre-pleins analogues et qu'elle va augmenter la lumière des lanternes à gaz dans tous les carrefours où les accidents sont les plus nombreux.

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