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24/10/2010

Octave Mirbeau protecteur de la famille Tanguy suite......

Par Bernard Vassor

mirbeau corespondance.jpg
Les dernières années de la vie de Julien Tanguy, atteint selon ses proches d'une hernie, en réalité un cancer de l'estomac seront lourdes et douloureuses pour ce brave homme qui avait traversé les pires épreuves qu'un homme peut éprouver dans sa vie. Parmi les rares personnes qui avaient poussé la porte de sa nouvelle boutique du 9 rue Clauzel : Octave Mirbeau.
La parution de la correspondance générale de Mirbeau chez "L'Age d'Homme" du volume II, qui en comprend trois pour le moment, un quatrième est en préparation éclaire d'un jour nouveau les relations de Mirbeau avec les peintres de son temps:
Octave Mirbeau, correspondance générale, éditions l'Age d'Homme, 2005 Lausanne Suisse.
Edition établie, présentée et annotée par l'infatigable Pierre Michel, avec l'aide de Jean-François Nivet.
Ce volume qui couvre les années 1889 à 1894, contient 19 entrées pour Julien Tanguy et 14 pour sa femme....dont nous donnerons un aperçu, après l'autorisation de Pierre Michel dans un prochain article.
Dès la page 16 de sa présentation Pierre Michel indique l'achat par Mirbeau en 1891, donc au 14 rue Clauzel (en cachette de sa Xantippe de femme) au père Tanguy, de deux toiles de Vincent pour la somme dérisoire de 600 francs (?)*: Les Iris et les Tournesols qui seront vendues 54 milliards de centimes en 1987 !!! Le plus  difficile je crois a été de faire accepter par sa femme que ces "horreurs" puissent entrer dans son appartement.
Dans une lettre adressée à Julien Tanguy vers le 1 avril 1891 (page 371) Mirbeau lui demande d'aller toucher le produit de sa vente chez son éditeur Charpentier, en lui  indiquant : " Vous paierez le port, et ce qui restera des cent francs supplémentaires, je vous prie de les garder pour vous. C'est une commission qui vous est bien dûe, et que je suis bien heureuxx de vous offrir". L'argent de la vente revenait à Johanna Bonger, la veuve de Théo. La "commission" allouée à Tanguy était un moyen détourné élégant pour venir en aide aux Tanguy, dont la situation financière était desastreuse, pour que cela n'apparaisse comme une aumône.
Ici je dois rectifier une antienne chantée en coeur par tous les historiens de l'art même les mieux intentionnés : Tanguy n'échangeait pas des tableaux contre des tubes de couleur, mais avait en dépot des  toiles d'artistes qu'il était chargé de vendre.  Si il se trouvait qu'un de ses clients était débiteur, il prélevait bien sûr le montant des fournitures dûes. Certains comme Cézanne laissaient en souffrance des factures pendant plus de dix ans. J'ajoute que les pourcentages perçus étaient très modestes et qu'il était parfois dans l'impérieuse neccessité de battre le rappel auprès de ses créanciers, ce qui lui valut une forte méchante colère de la part de Vincent qui n'avait pas une vue très claire de la situation. Fort heureusement, la brouille fut passagère et la dernière visite parisienne de Vincent van Gogh fut la boutique de la rue Clauzel 'en dehors de la visite du brocanteur japonisant Michel Sichel de la rue Pigalle qui présentait un Bouddah en vitrine..

Après la mort du père Tanguy dans sa boutique appartement du 9 rue Clauzel, Octave Mirbeau qui avait déjà publié des articles favorable à Vincent van Gogh, seul presque contre toute la critique, va prendre en main la vente après-décès de Julien Tanguy en faveur de sa veuve

Xanthippe, heu...non Renée Tanguy née Briend !

Mirbeau biographie éditions Seguier cadre.jpg

Mirbeau Octave-Marie-Henri, 16/02/1848 à Trévière (Calvados)_21/01/1917 rue Beaujon
Domicles montmartrois : 4 rue de Laval (aujourd'hui rue Victor Massé) et rue Bochart de Saron au siège du journal "L'en Dehors"
*Journaliste écrivain, dramaturge, critique d’art au flair exceptionnel. Après des études chez les jésuites de Vannes, il « monte » à Paris ou il s’installe dans un logement de la Chaussée d’Antin pour y terminer des études de droit. Bals, soupers fins, aventures galantes, occupent la majeur partie de son temps, résultat : couvert de dettes, dans l’impossibilité de se présenter aux examens de fin d’année, il se résout à réintégrer le logis familial. Ayant tiré le mauvais numéro au tirage au sort, il est enrôlé dans le 49°régiment de mobiles de l’Orne au 4°bataillon. Il est nommé lieutenant, et sera entraîné pendant la guerre franco-prussienne dans la débâcle, malade épuisé, il sera soigné à l’hôpital du Mans puis errera de ville en ville pendant la durée de la guerre et la Commune. Accusé de désertion, il sera blanchi, mais gardera pour le reste de sa vie une rancoeur envers les institutions. Sur le moment, il n’eut pas de grande sympathie pour la Commune, dont il jugeait les chefs « qui étaient des bandits et des farceurs comme tous les hommes politiques » mais sa sympathie allait à »la masse si mélancolique et silencieuse qui avait cru en elle et qui y voyait un peu de bonheur et de justice ». Quand à Thiers, caricaturé sous les traits de monsieur Quart ( les trois autres fractions vivant en Harmonie, étant madame Dosne sa belle-mère, et ses deux filles dont l’une était sa femme.) le portrait comme celui que Balzac à fait de lui trente ans auparavant n’est guère flatteur : « dépourvu d’âme, de cœur et de sensibilité, (…)quelque chose qui marche, marche, digère, gesticule et pense selon des mécanismes soigneusement calculés » Grâce à un ami rencontré dans un bastringue pendant sa jeunesse studieuse, il obtient un poste d’employé de préfecture. Il fait ses débuts journalistique dans une feuille bonapartiste « L’Ordre de Paris » en 1872. Ses début de dramaturge, une pochade pornographique, cosignée avec Maupassant, sera jouée le 19 avril 1875 chez le peintre Maurice Leloir en présence de Flaubert et de Tourgueniev, et qui fera rougir de honte, la "chaste" Valtesse de la Bigne.
Protégé d’Arthur Meyer il collaborera à tous les journaux de « l’homme au caniche ». malgré son anticléricalisme, jusqu’à « l’Affaire », ou leurs opinions divergèrent.
Il dissèqua avec une lame acérée la société de cette fin de siècle. Protecteur des impressionnistes, visionnaire, il a été un des premiers à acheter des Van Gogh en 1891. Les Iris et Les Tournesols, (vendus 240 millions de francs en 1987) pour 600 francs. medium_mirbeau tournesols.2.jpgPour ne pas subir les foudres de sa Xanthippe* de femme, il demande au père Tanguy d’aller toucher de sa part chez son éditeur Charpentier, en prenant la précaution de lui envoyer une lettre dans laquelle il lui expliqueait que ces toiles lui étaient offertes en remerciement des articles qu’il avait accordés a Vincent.medium_mirbeau les iris 02.3.jpg
Des milliers d’articles de journaux, une éphémère carrière politique, des dizaines de romans, d’innombrables pièces de théâtre, des revirements multiples ……
Après sa mort, sa veuve, avec la complicité de la girouette Gustave Hervé, fit paraître un «Testament Patriotique » ultime trahison d’Alice-Mirbeau-Xanthippe.

Voici une lettre de la veuve Tanguy adressée à Andries Bonger, frère de Johanna, la femme de Théo. Bonger avait été quand il habitait Paris l’intermédiaire entre sa sœur et les époux Tanguy (orthographe respectée : 
**Paris le 15 Février 1894
Mon cher Monsieur Bonger je vous écrit cette petite lettre pour vous avertir que mon proprietaire veut me forcer a continuer mon bail. comme vous avez que c etaient mon mari qui fesaient la couleur pour ses peintres et ni etant plus tout est mort cher monsieur si vous vouliez bien m envoyer la liste des tableaux qui sont a vous le plutot possible car cependant je ne dois rien au proprietaire mais je dois lui faire savoir que les tableaux que jaie ne m apartiennent pas

............................................................................
Mon cher Monsieur Bonger

J aimerai bien que vous veniez a Paris si sa vous étaient possible mais si non vous serez bien aimable de m envoyer la liste car de mon coté je ne l'aie pas trouvé nul part et ne sais si vous lavez remise a mon pauvre mari tant qu'a la vente des tableaux
Nous voyons toujour de temps en temps quelque curieuxqui viennent les voir mais point acheteur si vous voulez bien en faire part a madame Vanghog et dites moi ce que vous décidez ou si Monsieur Bernard père veut bien se charger de prendre la responsabilité tant qu'à moi je me débats vis a vis du propriétaire le plus que je peut mais il parait d'après les renseignement que j aie pris auprés d un homme d affaire il est en droit de me faire continuer le bail encore trois ans vue que ne connaissant pas les affaire j ai signé le bail avec mon mari.

 

Mère Tanguy.jpg
cher Monsieur Bonger 
vous savez qu'en perdant mon mari j aie tout perdu et je suis a la vieille de tomber dans la plus profonde misère car vous savez que nous n avons pas déconomie Je crois avoir pour protecteur Monsieur Octave mirbeau qui comme vous allez le voir a fait un si bel article au sujet de mon mari Dans lecho de paris car c'est trés genti de sa part et je vous envoie le journal pour que vous en preniez lecture jaie eue l'honneur d'avoir eue la visite de Madame Mirbeau et elle m a promis que son mari s'interresserai a moi Je vous pris de croire monsieur que j aie beaucoup de chargrin et que je perd bien mes forces mais heureusement que jaie mes enfants avec moi dont jen aie pas a me plaindre je suis toujours moins seul cher Monsieur a bientot le plaisir De vous voir ou sinon une réponse le plutot possible bien des choses a votre dame ainsi qua madame Vangohg. je ne lui ait pas écrit vue que je naie pas son adresse recevez Mr mesrespect bien sincère votre toute Devouée Veuve Tanguy 9 rue Clauzel.
*Xanthippe était le surnom donné par Vincent à l'épouse du père Tanguy. Faisant référence à la femme de Socrate qui avait la réputation d’être une mégère

SOURCES :
La formidable biographie de Mirbeau :
*Jean-François Nivet et Pierre Michel : Octave Mirbeau, L’imprécateur au cœur fidèle, librairie Séguier, Paris 1990
L’Écho de Paris, 31 mars 1891
L’Écho de Paris 13 février 1894 : chronique nécrologique du père Tanguy

 

Avec l'autorisation de Pierre Michel.
**Don du musée Van Gogh d’Amsterdam
Archives personnelles

*Une lettre de Julien Tanguy à Johanna me laisse supposer qu'il s'agissait peut-être de 600 francs par tableaux ? :

 

 

"Paris le 31 Janvier 1892

Ma chére Madame Van Gogh,

Je vous prierai de vouloir bien mexcuser du grand retard que jaie mis à répondre à votre lettre mais c'est que nous avons été sur le point de vendre un tableaux, mais comme je fait tout mon possible de les faire augmenter maintenant

je les fait 600 franc et alors on les trouve un peu trop cher

jusquà présent tous ceux que nous avons vandu cetaient de

trois à quatre cent franc chaque du reste Monsieur Bonger

a du vous le dire car c'est à luidont jaie rendu tout mes compte chère Madame maintenant je vouderai bien que vous me donniez un petit mot davis pour ma gouverne. Si je dois accepter un prix dan dessous de 600 comme je le demande maintenant Comme vous devez savoir par Mr. Bonger ils men reste encore Sept Je pense Madame que vous nignorez pas que je ferai tout mon possible pour les vendre le plus cher. dont je pourai. Je vous dirai que tout le monde me demande des dessin de Vincent et je nen ait pas du tout.Si vous jugez à propos de men envoyer quelque uns cela me fera bien plaisir et de

men fixer le prix de chaque.Je vous prierai Madame de

vouloir bien presenter tout mes respect à Monsieur et

Madame Bonger et dembrasser  le petit bebe pour nous en

attendant le plaisir de recevoir de vos nouvelles Recevez Madame nos sinceres salutations et comptez toujours sur notre bonne amitié.

Julien Tanguy."

Orthographe respectée, cette lettre a certainement été dictée par Tanguy à sa fille Mathilde, seule de la famille sachant lire et écrire.

mise à jour le 24/10/2010

Pierre MICHEL
> Société Octave Mirbeau
> 10 bis rue André Gautier
> 49000 - ANGERS
> 02 41 66 84 64
> michel.mirbeau@free.fr
> http://mirbeau.asso.fr/
> http://www.mirbeau.org/
> http://michelmirbeau.blogspot.com/
> http://michel.mirbeau.perso.sfr.fr/
> http://www.scribd.com/groups/view/5552-mirbeau

17:50 Publié dans Les amis de Vincent | Tags : pierre michel, van gogh, andries bonger, johana bonger, octave mirbeau | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

08/10/2010

Mario Vargas Llosa : La liberté et la vie

L’Ambassade du Pérou a le plaisir de vous informer

de la prochaine exposition

Mario vargas llosa_colloque_maison_amerique_PHOTO_B.V..02.jpg

 

 

Mario Vargas Llosa

La liberté et la vie

du mardi 14 septembre au samedi 6 novembre

de 11 à 20h00

Maison de l‘Amérique Latine

217 boulevard Saint Germain - 75007 Paris

M° Solferino, Rue du Bac – RER Musée d’Orsay

Bus : 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94

www.mal217.org

 

Cette exposition a été réalisée avec le concours

du Centro Cultural de la Pontificia Universidad Católica del Perú,

de la Maison de l’Amérique Latine, de l’Instituto Cervantes,

du Ministère des Relations Extérieures du Pérou et de l’Ambassade du Pérou en France

17:05 Publié dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

07/10/2010

Un émigré roumain, Georges de Bellu

Par Bernard Vassor

Docteur de BELLIO.jpg

Georges Bellu est né le 20 février 1828 à Bucarest (mort à Paris en 1894). Arrivé à Paris avec son frère Constantin, de façon presque clandestine entre 1851 et 1856, nous ignorons tout des premières années de leur présence à Paris. Cousin du prince Bibesco, George de Bellu francisa son nom, pour s'appeler Bellio. Médecin homéopathe, dilettante (comme Gachet). Amateur d'art, il fut l'un des tous premiers à acheter des toiles impressionnistes.

Il joua un rôle important dans la carrière artistique de nombreux peintre, comme Monet, Pissaro, Renoir et bien d'autres comme en témoigna  Gustave Geffroy, et cela sans aucun soucis de spéculation.

Après le fameux Krak financier de "l'Union Générale" la crise financière s'abattit aussi sur certains marchands de tableaux. Durand-Ruel ne pût plus s'assurer l'exclusivité des Monet, Renoir etc..Un nouveau venu Georges Petit prit la relève, ainsi que Théo van Gogh qui aura Claude Monet sous contrat. Après la mort de Théo, les propriétaires de la galerie Boussod-Valadon demanderont au successeur de van Gogh (Michel Manzi), de se débarrasser de ces "cochonneries", en parlant des tableaux de Monet qui "encombraient" la mezzanine de la galerie du 19  boulevard Montmartre.

Pendant la Commune de Paris, le docteur présenta Renoir à son cousin le prince Bibesco, afin de lui accorder un laisser-passer pour traverser les lignes versaillaises, afin prétend Auguste, d'aller peindre des paysages de campagne. Côté communard, c'est à Raoul Rigault le procureur de la Commune de Paris qu'il connaissait depuis les années 68, dans le salon de Nina de Villard qu'il obtint ce passeport...

Les frères Bellio habitèrent rue de la Grange Batelière, puis rue des Martyrs. Un article du catalogue d'exposition indique :

"au numéro 8 de la rue Laffitte, la galerie Bernheim jouxte celle de Durand-Ruel (...) un peu plus loinau coin de la rue Laffitte et de la rue Lafayette, se trouve le marchand de couleurs et de tableaux Louis Latouche, un peu plus au nord, rue Clauzel, la boutique du père Tanguy, enfin, ruez Notre-Dame-de-Lorette Alphonse Portier, courtier et gérant de la quatrième exposition impressionniste"

Familier du café de la Nouvelle Athènes, il rencontra Manet, Degas, le formidable Marcelin Desboutin, injustement méconnu, Camille Pissarro, l'écrivain irlandais George Moore*, Villiers de l'Isle Adam, qui était le maître incontesté du café de la place Pigalle, Toulouse-Lautrec et bien d'autres encore.

Il n'est pas impossible qu'il y ait rencontré Vincent van Gogh.

Moore Manet.02.jpg

George Moore par Manet

Habitué aussi du café Riche du boulevard des Italiens, un biographe de Renoir raconte que lorsque celui-ci était dans la gêne, il prenait un tableau sous son bras, et allait soit chez Tortoni, soit au café Riche pour rencontrer de Bellio, qui lui achetait sa toile, sans parfois presque la regarder.

*George Augustus Moore, Confessions d'un jeune anglais (1889) Paris Savine éditeur, paru en 1888 en anglais sous le titre : Confessions of a young man.

18:21 Publié dans LES PRECURSEURS | Tags : monet, bellio, delacroix, sisley, cézanne, viller de l'isle adam | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Un concert donné par l’Association Ades Pérou

L’Ambassade du Pérou en France vous informe de la prochaine activité de

l’Association Ades Pérou

Concert

Lina Faesch (Soprano) et Ruta Lenciauskaite (piano)

Vendredi 15 octobre 2010 à 20h00 (précises)

Salon d'honneur

Mairie du XVIème

71 avenue Henri Martin - 75116 Paris

M° Rue de la Pompe

Renseignements : 06 61 74 30 06 - 06 88 10 38 41

 

www.adesperou.org

13:30 Publié dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Quai des Orfèvres.....Le massacre de la rue des Bourdonnais, re suite.....

Par Bernard Vassor

Nouvelle mise à jour le 7 octobre 2010

Tout d'abord, nous voulons réparer un oubli : Remercier la mairie du deuxième arrondissement qui a signé les différents permis de démolir et de construire, il serait injuste de ne pas mentionner l'architecte des Bâtiments de France qui a donné son plein accord, la Commission du Vieux Paris, qui à ma connaissance n'a pas beaucoup bougé...

22 rue des Bourdonnais emplacement porte à clous.jpg
La nouvelle très jolie porte en contreplaqué authentique qui remplace l'ancienne très laide, cloutée, trop vieille sans doute, datant pour le moins du XVII° siècle !

Nous ignorons ce qu'est devenue une plaque en pierre gravée d'environ 0,60mX0,80m indiquant le nom de cette rue avec la mention Tibaut aux dez, nom, semble-t-il originel de cette voie. Quand aux destructions de la rue Bertin Poiré, impossible de constater l'étendue des dégâts.

Depuis l'angle de la rue de Rivoli jusqu'au numéro 13, des panneaux masquent entièrement les façades des maisons.
..............................
"Le Dict des rues de Paris" écrit aux alentours de l'an 1300 :
Guillot qui point d"eur bon* n'as.
Parmis la rue a bourdonnas**
Vng en la rue Thibaut a dez.
Un hons*** trouvais enribaudez****.
Guillot de Paris
* Les écrivains du moyen âge n'hésitaient pas, même deux siècles avant avant François Villon à utiliser le "verlan", eur bon pour bonheur., nous ignorons si ils portaient leurs casquettes à l'envers.
**Rue des Boudonnais
*** Un homme
****Enribaudez : en joie.
................
Un manuscrit datant de l'an 1450 environ, trouvé dans l'abbaye Sainte Geneviève par l'abbé Lebeuf, au XVIII° siècle, indique l'orthographe suivante : rue Thibaud aux dés.
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22 bourdonnais texte.jpg
22 rue des Bourdonnais vue de rue de Rivoli 01.jpg
Vue de la rue de Rivoli en 2007.
.......
A la place de ces maisons classées�ayant plus de quatre siècles, des promoteurs ont obtenu de pouvoir bâtir une surface de 4000 mètres carrés de magasins.....A ma connaissance, aucune des associations historiques, ou de quartier n'ont bougé le petit doigt.�La Commission du Vieux Paris, d'après un de mes correspondants a protesté mollement. Ce lieu riche en histoires et anecdotes plus ou moins réélles va disparaître à tout jamais pour faire place à deux�moyennes surfaces indispensables à la �vie des parisiens, pour satisfaire les�édiles et gouvernants qui ont signé un permis de démolir, et un permis de construire.
Entre parenthèse, je n'ai toujours pas obtenu de réponse à ma question de savoir ce que représentait la modification du
PLU(cône de visibilité ?) pour ce qui concerne LVMH et�la Samaritaine toute proche ? Et si n'importe quel propriétaire pouvait faire modifier à sa guise la hauteur de son immeuble à Paris ?

22 rue des Bourdonnais escalier gauche 01.jpg

L'escalier à gauche est celui que l'on voit dans le film "Quai des Orfèvres" de Henri-Georges Clouzot.
Extrait de ce film courageux, le premier à évoquer l'homosexualité féminine.
http://www.dailymotion.com/video/x2cnhn_louis-jouvet-quai...
Une des dernières scènes de ce chef-d’œuvre : avec Louis Jouvet, Charles Dullin, Bernard Blier, Simone Renant qui s’est accusée pour sauver son amie Jenny Lamour (Suzy Delair), dont elle est discrètement amoureuse qu’elle croit coupable. Jenny Lamour qui habite le 22-24 rue des Bourdonnais

22 rue des Bourdonnais démolition interieure 01.jpg
Démolition intérieure
.......
Pur ce qui concerne la partie qui doit disparaître rue Bertin Poirée, Jacques Hilairet* signale que c'était à partir de 1660 l'emplacement du�siège de�la Loterie. Cette loterie avait été autorisée pour permettre la reconstruction du Pont-Royal ou Pont-Barbier. C'est un certain�Laurent Tonti qui�avait obtenu�cette autorisation jusqu'à concurence de 1 100 000 livres.
Bertin Poirée loterie Hilairet hauteur.jpg
Le bureau de loterie en 1701*
.......
Jacques Hilairet,�Dictionnaire Historique des rues de Paris. Les Editions de Minuit 1963.�Je n'ai pas trouvé trace aux archives de Paris d'une loterie à cette adresse.
...........

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/album/22_et_24_r...

porte rue des bourdonnais hauteur.jpg

Porte cloutée du XVI° siècle, nous voyons au dessus de la porte, les autorisations de démolition et de reconstructionde ce pâté de maisons qui sont pourtant inscrites à l'inventaire des monuments historiques, pour en faire, tenez-vous bien une surface commerciale�de 4000 mètres carrés !!!!!
.........
En revoyant le film de Henri-Georges Clouzot, le meilleur policier d'après guerre,�d'après le roman de�Stanislas-André-Steeman, j'ai découvert que l'appartement de l'héroïne Jenny Lamour (Suzy Delair) et de son mari, (Bernard Blier)�où se déroulent plusieurs scènes du film, était situé�dans une de ces maisons qui sont en voie de destruction, dans l'indifférence générale. C'est tout un�bloc de maisons historiques jusqu'à la rue Bertin Poiré qui sont concernées. mes petits articles écrits il y a un an n'ont servi à rien, mais, pouvait-il en être autrement ? Les pioches des démolisseurs ont commencé leur oeuvre. L'argent commande tout, je n'ai trouvé aucun défenseur du patrimoine, comme dans d'autres quartiers de Paris, où d'autres lieux irremplaçables ont été vandalisés, sacrifés sur l'autel du Dieu�Profit....
rue des bourdonnais 22 et 24 escalier Hauteur.jpg
L'escalier que l'on voit�à plusieurs reprises.�dans certaines scènes�du film de Henri-Georges Clouzot "Quai des Orfèvres"
........

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/05/10/rue-thibaut-odet-suite.html

…………..

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/05/10/rue-thibaut-odet-rue-des-boudonnais-re-suite-avec-la-rue-ber.html

………………

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/05/06/rue-thibaut-odet-partie-de-la-rue-des-bourdonnais.html

suite de l'article du 9 janvier 2009 :�http://www.paperblog.fr/1465473/quai-des-orfevres-et-le-2...

Il était urgent que l'on démolisse un pâté de maisons classées pour en faire une moyenne surface de 4000 m2 �des boutiques de �fringues qui disparaîtront à leur tour dans une dizaine d'années sans doute. Mais sans aucune possibilité de restaurer ce qui devrait être classé au patrimoine indestructible de Paris. Voici l'étendue des dégâts, avec l'aval de la Ville de Paris et du maire d'arrondissement qui a certainement signé le permis de démolir, puis le permis de construire. Un autre projet dans le même périmètre est à l'étude je crois; mais nous en reparlerons sans doute ?

22 rue des Bourdonnais emplacement porte à clous.jpg

La nouvelle porte cloutée en contreplaqué datant au moins du XVII° siècle.
22 rue des Bourdonnais JENNYFER.jpg
Un des 2 magasins QUI DEVRAIENT être classés au Patrimoine Mondial de l'Humanité.....
22 rue des Bourdonnais celio.jpg
L'autre, donnant sur la rue Bertin Poiré à l'emplacement selon l'historien de Paris Jacques Hillairet du bureau de loterie au tout début du
XVIII° siècle...Je n'en ai trouvé aucune trace aux archives de Paris
..........
Quai des orfèvres :
Dans ce film les héros principaux, Bernard Blier et Suzy Delor, habitent l'entresol, entrée sur cour. Nous voyons à plusieurs reprises la porte cloutée de l'entrée, l'escalier aujourd'hui à moitié démoli
Bourdonnais, ce qui reste.jpg
Rue des trois visages cachée par une grille, octobre 2010
..........

 

SDC10241.JPG

Etat en octobre 2010

 

bourdonnais permis modificatif.jpg

Comme si cela ne sufisait pas au bonheur des promoteurs : un permis modificatif de démolition.

.........

 

bourdonnais bas escalier.jpg

Rembarde de l'ecalier que nous voyons plusieurs fois dans le film.

 

bourdonnais arrrivée d'eau.jpg

Dans le couloir d'entrée, emplacement du robinet où le concierge venait puiser de l'eau dans le film, et certainement dans sa vie courante.

 

SDC10260.JPG

Poutres du plafond mis à nu dans le couloir d'entrée

 

A suivre.....

 

 

11:19 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

01/10/2010

Daumier, Monet et le père Tanguy : 1499° article sur ce blog

Par BERNARD VASSOR

pere lachaise DAUMIER 02.jpg

Tombe de Honoré Victorin Daumier au père Lachaise.

Vu l'état et le manque d'entretien de la sépulture, puis-je suggérer a l'association des Amis de Daumier d'aller jeter un coup d'oeil et peut-être de faire un petit quelque chose pour entretenir la pierre tombale ?

http://www.honore-daumier.com/

'Association des Amis d'Honoré Daumier (qui) se propose par ses statuts de promouvoir, en France et à travers le monde, l'œuvre multiforme - dessins, peintures et sculptures - de cet immense artiste."

Daumier Valmondois geoffroy dechaume.jpg

Buste de Geoffroy-Dechaume à Valmondois

Voici une anecdote de seconde main, dont je doutais un peu de la véracité, compte tenu d'une petite erreur d'appréciation sur la dimenion de la boutique et de la vitrine dans laquelle on pouvait contrairement à ce qui est dit, présenter plusieurs toiles à la fois.

Sacha Guitry, Portraits et anecdotes :

"Le père Tanguy était marchand de couleurs, rue des Martyrs* (en réalité rue Clauzel). Sa boutique était tout à fait minuscule et sa vitrine si petite qu on ne pouvait y montrer qu'un tableau à la fois. C est là que nous avons commencé, chacun de nous, à exposer nos toiles. Le lundi, Sisley, le mardi, Renoir, le mercredi, Pissarro, moi le jeudi, le vendredi, Bazille, et le samedi Jongkind. C'est donc ainsi que chacun à son tour nous passions une journée dans la boutique du père Tanguy. Un jeudi, je bavardais avec lui sur le pas de sa porte, quand il me désigna du doigt un vieux petit monsieur, portant collier de barbe blanche, important, chapeau haut de forme, qui descendait à petits pas la rue. C'était Daumier - que je n avais jamais vu. Je l'admirais passionnément et mon coeur battait fort à la pensée qu il allait peut-être s'arrêter devant ma toile. Prudemment, nous rentrâmes dans la boutique, Tanguy et moi, et, au travers des rideaux de lustrine que j écartai un peu, je guettai le grand homme. Il s arrêta, considéra ma toile, fit la moue, haussa l une de ses épaules - et s en alla. M ayant raconté cela Claude Monet me regarda fixement et, gravement me confia : Cela été le plus grand chagrin de ma vie ».

Un éminent spécialiste m'avait convaincu de l'inautenticité de cette histoire, lorsque je découvris une autre anecdote citée par Sophie Moneret

(L'Impressionisme et son époque, Denoël 1978) :

"A ce propos, il semble étonnant que Daumier ait pu autrement qu'en plaisantant prier le marchand Latouche de retirer de sa vitrine le Jardin de l'infante de Monet en le qualifiant d'horreur".

11:46 Publié dans Julien Tanguy, dit Père Tanguy | Tags : daumier monet, bazille, jongkind, renoir | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

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