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29/12/2008
Paris disparu, le célèbre chapelier Delion du passage Jouffroy
Par Bernard Vassor
15, 17, 19, 21, 23, passage Jouffroy, maison Delion et Caron.
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Dès l'ouverture du passage Jouffroy en 1847, le chapelier Delion connaissait déja une grande renommée. Dès cette époque, la marque Delion s'était imposée au goût des hommes élégants. La spécialité de la maison était le chapeau de soie, dont la fabrication dans l'usine d'Yvetot occupait un personnel considérable.
Une des premières activités de l'entreprise fut la fabrication de malles de voyage, comme le montre cette affiche de Benjamin Rabier, bien vite abandonnée pour la fabrication de couvre-chefs.
Les sous-sols de la galerie, portent encore l'empreinte du grand chapelier, des décors de mosaïques rappellent la raison sociale de l'établissement, avec son nom et les numéros occupés par le magasin.
Trois restaurants pour touristes venus visiter Paris, y avaient leur siège la première année de la formation du passage : "Le Dîner de Paris", le "Dîner du Rocher" et le "Dîner Jouffroy" .
Le passage Jouffroy était si couru par la foule, disait Alfred Delveau, était si importante, "qu'il faut sérieusement et résolument jouer des coudes pour arriver à se faire jour à travers les allants et venants, qui vont par banc épais comme les harengs dans le détroit de la Manche. Les gens pressés aiment mieux faire une détour que de s'aventurer dans ce tunnel de verre, où l'on risque à chaque instant d'écraser les pieds de ses voisins ou d'avoir les côtes enfoncées par eux. Et notez je vous prie que je ne parle pas des jours de pluie ! Ces jours-là, le passage est tout à fait impraticable : quand on croit avancer, on recule, et tel qui avait mis une demi-heure pour arriver au milieu de la galerie, et qui s'applaudissait d'avoir fait tant de chemin, se trouve au bout d'une autre demi-heure, refoulé par les flots jusqu'au boulevard, par lequel il était entré"
Dès 1847, ce fut le terrain de chasse privilégié des lorettes, qui y trouvaient là un gibier facile. Pourquoi tant de monde poursuit Delvau ? :
"Je l'ignore, et ceux qui vont se promener là tous les jours l'ignorent aussi comme moi. C'est un lieu de rendez-vous et de promenade; on s'y attend, on s'y promène sans s'inquiéter du reste (..) les boulevardières, du moins une notable partie des boulevardières, ont l'habitude de traverser ce passage en descendant des hauteurs cuthéréennes de Breda-Street*, et, dame ! elles sont si provocantes en leur toilette de combat, ces chercheuses d'inconnus, qu'il n'est pas étonnant qu'on se presse un peu sur leurs traces pour les admirer du plus près possible et échanger avec elles des oeillades qui valent des cartes de visite."
Vue intérieure donnant sur le passage Jouffroy.
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Les magasins étant devenus trop petits, monsieur Delion eut l'excellente idée d'ouvrir une succursale au 24 boulevard des capucines.
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Une partie du magasin, était réservé à une sorte de musée, montrant les merveilles des progrès de conception depuis la création de la maison, grâce à Messieurs Caron et Delion.
Nous apercevons sur la première photographie, en haut, l'entrée du "Petit Casino", l'ancien "Estaminet Lyrique" qui abrita le premier grand théâtre d'ombres en 1850. Avant le percement du passage Jouffroy, l'immeuble fut habité par Rossini, qui payait 900 francs de loyer annuel en 1826. L'immeuble fut démoli en 1835, et se trouvait à l'emplacement de l'Hôtel Ronceray.
*Breda-Street : nom donné au quartier Breda, du nom portée par la rue qui est aujourd'hui la rue Henry Monnier.
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Digg
Paris disparu : Le restaurant Peter's du passage Mirès
Par Bernard Vassor
Le restaurant Peter's, lors de son inauguration
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Le passage Mirès qui s'appelle aujourd'hui passage des Princes, portait le nom du financier qui en avait conçu et fait réaliser le projet. Son nom hélas, fut retiré, après la banqueroute frauduleuse de l'homme d'affaire bordelais Jules Mirès,après d'habiles spéculations en bourse, avec le soutien d'hommes politiques influents sous l'Empire, comme le duc de Morny, qui couvrit une opération, offrant ainsi un "cadeau princier" au financier véreux.
Le luxueux restaurant Péter's, connut une vogue immense, lors de l'exposition universelle de 1867. Tout Paris se précipitait chez Peter's qui avait fait construire un bassin qui contenait des crocodiles vivants, et des tortues gigantesques. Mais, l'imagination du restaurateur était sans borne. Pour satisfaire la curiosité de ses clients, il avait acheté un jeune ours de Sibérie, qui se promenait librement dans le restaurant, mangeant ça et là, au gré de son apétit, dans les assiettes de ses clients. Le directeur du théâtre Dejazet, venu déjeuner au restaurant, s'écria en apercevant l'animal : -"Je le reçois à mon théâtre". L'histoire ne dit pas ce qu'est devenu cet ours devenu plus agé, plus agressif et plus encombrant ?
La "Peter's taverne" comme l'appelle Alfred Devau, l'historiographe des plaisirs parisiens, avait pour spécialité "l'ale" et du "porter".
On y va plus pour y déjeuner que pour y dîner. La clientèle est composée de boursiers de gens de lettres de journalistes, et d'une clientèle bourgeoise, venue regarder manger tout ce petit monde. On y déjeune à l'anglaise ou à la française. Le patron, Pierre Fraysse, qui a anglicisé son prénom, ce qui n'est pas au goût de notre anglophobe ami Honoré de Balzac, a inauguré une double tarification. Une pour sa clientèle aisée, l'autre pour "les simples paysans". Le choix étant vite fait pour les dîneurs en galante compagnie ne voulant pas sembler être pingre. La "Turtle-sup" (soupe à la tortue) coûtait un franc cinquante au tarif paysan, et quatre francs pour les gens de bien.
L'autre spécialité était le Fleury,le plus exquis, venu directement de chez le vigneron, à un franc cinquante la bouteille (le salaire journalier d'une petite ouvrière, ou d'un manoeuvre)i
11:35 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Tags : jules mirès | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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Digg
L'écuyer de cuisine de la reine, inventeur du "baba au rhum" Nicolas Stohrer de la rue Montorgueil
Par Bernard Vassor
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C'est dans une rue située à la poterne de l'enceinte de Philippe Auguste, qui s"appelait au XIII° siècle, la rue du Mont Orgueilleux, (qui conduisait au Mons superbus), puis rue Nicolas Arrode,que le premier écuyer de cuisine de la reine de France Marie Lesczinska, Nicolas Stohrer, s'y établit comme boulanger pâtissier sur l'emplacement d'un ancien parc à huîtres. Il inventa une recette, proche de celle du kouglof polonais, un gâteau polonais.
A l'origine, la pâtisserie était arrosée de vin de Malaga, puis plus tard de rhum. On avait appelé ce dessert "l'Ali-Baba" .
Stohrer était né en 1706 en Alsace. En 1730, au moment de son installation, la rue où il s'installa s"était appelée rue Comte d'Artois. Elle changea ensuite pour devenir la rue de la Porte au Comte, de la Porte Comtesse d'Artois, puis simplement Comtesse d'Artois, avant de devenir, depuis 1792, la rue Montorgueil. Cette voie, avait à l'origine une tour qui génait le passage conduisant aux halles, elle fut démolie, à la demande d'un marchand de poissons, Nicolas Janvier. Il faut dire que cette rue très commerçante était le centre à Paris des arrivages de poissons, et surtout des ostréiculteurs réunis aux Bureau des huitres d'Etretat, de Cancale, le Bureau des huîtres de Fécamp quand à lui, se trouvait rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, qui était en ce temps là le prolongement de la rue Tiquetonne.
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L'échoppe de Nicolas Stohrer, était juste à côté du Bureau des chaises à porteur, qui existait encore vers 1910, en témoigne cette photographie
Ancien Bureau Central des Chaises à Porteur
Vue prise de l'ancienne rue Tire-Boudin ou Tire-Putain, devenue aujourd'hui rue Marie Stuart.
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Ce "bureau central des chaises" était devenu une messagerie, et une remise de voitures à bras, quand la chaise à porteur était devenue inutile.
La rue a compté d'innombrables auberges, cabarets, estaminets et coupes-gorges de toutes sortes. Citons-en quelques uns : le Rocher de Cancale ou l'auberge Baleine puis Pécune et Clémendot les différents successeurs, le Rocher d'Etretat, Les dîners du Vaudeville, les Soupers de Momus, le cabaret Beauvais, le restaurant Philippe, le Compas d'Or, une demeure habitée vers 1750 par la célèbre présidente Gourdan, qui avait fait là ses premières armes, avant de recruter la Du Barry dans sa petite maison de la rue Saint-Sauveur.
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La pâtisserie Sthorer fut décorée vers 1860 par Paul Baudry (1828-1886), du sol au plafond. Les ornements réalisés par ce peintre académique et mondain, sont toujours visibles aujourd'hui.
La maison de Mlle Marquis, et l'enseigne du Croissant d'Or.
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Plus bas, vers "la pointe Saint-Eustache", le célèbre cabaret du Croissant d'Or fréquenté par le chevalier Giacomo Casanova de Seingalt, à l'étage au-dessus, Mlle Marquis, qui n'était pas dit-on très jolie, mais qui rencontrait un joli succès dans la galanterie, après s'être fait renvoyer de la Comédie-Française. ....
* Le sommet de ce Mons superbus se trouvait rue Beauregard.
09:44 Publié dans HISTOIRE ANECDOTIQUE | Tags : le rocher de cancale, nicolas stohrer | Lien permanent | Commentaires (3) | | |
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Digg
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