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19/08/2008
DES AMAZONES : FLORA TRISTAN ET LES FEMMES DE SON TEMPS
Conception Bernard Vassor, réalisation infographique Pilippe Lefeuvre © B.V. 2003.
PAR BERNARD VASSOR
Flora Tristan et les femmes de son temps
7 avril 1803-14 novembre 1844
L'homme le plus opprimé
peut opprimer un être
qui est sa femme.
Elle est la prolétaire du prolétaire même.
Flora Tristan « L’Union Ouvrière »
Comment résumer en quelques lignes la vie "ardente et trépidante" d'une femme qui a lutté jusqu'à l'épuisement pour établir une justice sociale dans la première moitié du XIX° siècle ?
Le titre de son premier ouvrage en 1836 : "Nécessité de faire un bon accueil aux femmes étrangères" suffit à démontrer la modernité du combat de celle qui fut aussi une grande voyageuse. Ses pétitions adressées aux députés pour obtenir l'abolition de la peine de mort, attendront un siècle et demi pour aboutir en France. La mesure, en revanche n'est toujours pas appliquée dans le nouveau monde.
Le code Napoléon avait réduit la femme à l'état d'infériorité et d'assujettissement. Flora s'engagea avec "ses soeurs" saint-simoniennes dans le combat pour le rétablissement du divorce et le droit des femmes à disposer d'elles-mêmes.
Véritable créatrice du syndicalisme, elle fonda "L'Union Ouvrière » avec un but très clair : organiser les travailleurs, exiger le droit au travail, veiller à l'éducation des enfants et verser une pension aux ouvriers agés.
Avec elle il faut citer et remettre en mémoire celles qui furent les pionnières du mouvement féministe et qui luttèrent parfois jusqu'à la mort pour voire la réalisation de leur combat.
A "La Tribune des femmes" premier journal féminin militant, au 27 rue Laffitte en 1832 on pouvait rencontrer aux réunions du jeudi, Claire Demar et Marie-Reine Guindorf qui ont connu une fin tragique, Suzanne Voilquin "Fille du Peuple", Jeanne Deroin, Claire Bazard, Désirée Véret (Desirée Gay) et Eugénie Niboyet qui organisa à Lyon en 1832 la première organisation féminine "Pour la Paix dans le monde" (l’ancêtre de Simone Landry).
Les principaux journaux dirigés en majorité par des ouvrières s'intitulaient :
La Femme Libre, La Femme Nouvelle, L'Apostolat des Femmes, La Tribune des Femmes, La Voix des Femmes.
Flora Tristan est morte d'épuisement à Bordeaux, seule ville en France qui l'honore chaque année le 14 novembre jour de sa mort, La maison du Pérou et L'institut d'Histoire sociale d'Aquitaine organisent une manifestation commune au cimetière de la Chartreuse.
Aux sources de cet article :
Dominique Desanti, qui fut la première à avoir fait une biographie de Flora et Evelyne Bloch-Dano la dernière en date avec "La femme messie. Evelyne à également produit une superbe biographie de « Madame Zola ».
Nadia Prete a aidé à l’organisation à la mairie du neuvième, d’une magnifique célébration du bicentenaire de la pionnière de la cause des femmes avec des conférences et une exposition en liaison avec l’ambassade du Pérou avec l'Ambassadeur monsieur Javier Perez de Cuellar et l'attachée culturelle madame Carolina Bellaunde, et la bibliothèque Marguerite Durand. avec madame la conservatrice Annie Metz.
Dans le monde entier, des associations Flora Tristan ont été crées pour venir en aide au femmes battues. Célébrée par André Breton qui possédait une partie de sa correspondance qui fut mise en vente lors de la dispersion du « Musée Breton » au 42 rue Fontaine.
Une série de conférences avec
Article paru dans le journal municipal du 9ième arrondissement lors de la célébration du bicentenaire de Flora Tristan que j'avais organisée à Paris et à Bordeaux pour une exposition en liaison avec l'Institut d'Histoire Sociale de la Gironde et mon amie d'enfance Annie Gleroux Ducom.
20:50 Publié dans HISTOIRE DES FEMMES | Tags : Michelle Perrot, Stéphane Michaud, Michelle Riot-Sarcey, Dominique Desanti, Evelyne Bloch-Dano, Annie Gleroux Ducom | Lien permanent | Commentaires (1) | | |
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DES LEGIONS D'AMAZONES SUITE : Pendant le siege de 1870 et la Commune de Paris 1871
PAR BERNARD VASSOR
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"Des Communeuses" au canal Saint-Martin
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Communeuses à la prison Saint-Lazare
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Les sources disponibles pour l'histoire des clubs pendant la Commune, émanent pour la plupart d'anti-communalistes acharnés. Pendant la Commune de Paris, les clubs étaient essentiellement féminins.
L'entrée était parfois gratuite, mais pouvait aller de un à cinq sous. C'est surtout dans les églises et les salles de spectacle qu'avaient lieu ces réunions. Dresser la liste complète serait difficile. Mais de nombreux récits ou Mémoires d'anciens insurgés, nous donnent une idée du climat qu'il y régnait.
A la fin de l'empire d'ardentes adeptes de l'émancipation des femmes menèrent de grandes campagnes de conférences. Maria Deraismese montrait le plus souvent à la salle des Capucines. Paule Munck fréquentait surtout les quartiers ouvriers des faubourgs. La "Société fraternelle de l'Ouvrière" qu'elle avait fondé publia une feuille intitulée "Les Mouches et les Araignées" en 1868 où elle annonça de façon prophétique le soulèvement de la Commune de Paris en 1871. parmi les oratrices, il y avait Olympe Audouard qui avait créé le journal "Le Papillon", Fanny Maréchal, Mme Demars, André Léo, Noémie Reclus, Louise Michel.
Un ingénieur qui avait étudié des projets de canaux interocéaniques de Panama et du Nicaragua, voulut à l'exemple de demi-fou Borme de 1848 (article précédent), organiser des bataillons d'Amazones armées et organisée comme au Paragay*, composées de huit compagnies de cent cinquante citoyennes chacune. Il prévoyait que trente mille femmes s'enrôleraient car disait-il "elles ont l'instinct de la guerre d'embuscade. Ce seront des soldats modèles puisqu'elles boivent peu et surtout ne fument pas" .
Son obsession rendait le tabac responsable de tous les maux. Son bureau d'enrôlement fut ouvert 36 rue de Turbigo.
L'affiche présentée plus haut fut placardée le 10 octobre. D'après lui 1500 femmes volontaires vinrent s'engager en deux jours ! Une perquisition et son arrestation à la préfecture mirent à bas son beau projet. Il déclara que : "Le projet des Amazones avait été mis à bas par la voyoucratie"
Un autre déboussolé qui venait de sortir de l'asile de Charenton, avait inventé un système de communication télégraphique sans fil au moyen d'escargots, qui élevés ensemble obtenaient un synchronisme de mouvement si parfait qu'il suffisait de placer un de ces gastéropodes dans un damier alphabétique pour qu'aussitôt son congénère situés même à des centaines de lieues allait se poser sur la case correspondante. Ainsi était né l'escargot sympathique.
Emile de Girardin qui ignorait les antécédents de ce farfelu nommé Jules Allix fut parmi d'autres amené à le prendre au sérieux. Féministe comme Borme, il fonda "Le Club de Femmes" où les hommes n'étaient admis que comme spectateurs.
Il se fit néanmoins nommer secrétaire du Comité. En tant que tel, il fit deux propositions, la première, c'est que les femmes seraient armées. La seconde...c'est qu'elles étaient en mesure de protéger leur honneur contre les ennemis.....
Comment ? Au moyen de l'acide prussique ! Parce que l'acide prussique pouvait servir à tuer les prussiens !!!
Il avait inventé un appareil pour tuer tous les prussiens qui oseraient entrer dans Paris. Cet appareil il l’appelait "Le Doigt de Dieu"! Un dé de caoutchouc que les femmes se mettent au doigt, et un petit tube contenant le précieux acide prussique, et une aiguille creuse pour faciliter l'écoulement de l'acide. Dès que le prussien s'approche, vous le piquez, et hop ! il est mort. La femme qui possède le doigt prussique reste donc tranquille et pure au milieu d'une couronne de morts. Jules Allix participa à l'émeute du 22 janvier, fut arrêté et conduit à la préfecture. Ce haut fait d'arme le propulsa lors des élections du 26 mars 1871 à la mairie du huitième arrondissement, avec une majorité écrasante. Le délégué à la Commune transforma le lendemain de son élection la mairie en gymnase de femmes et se proclama chez de légion de femmes. Dans ses fonctions, il prit des arrêtés fantaisistes, qui le firent remarquer par les membres de la Commune qui jugèrent plus prudent de le faire incarcérer le 10 mai. Après la Commune le Conseil de Guerre le jugea fou et le fit interner à Charenton.
Voici une liste incomplète des clubs (mixtes) pendant la Commune de Paris de 1871 :
Le Club des Folies-Bergères.
Club de la Cour des miracles (dans la salle des Folies-Bergères également)
Club Robert, salle Robert, 54 boulevard Rochechouart.
Le Club ambulant de Blanqui.
Club des Montagnards, boulevard de Strasbourg
Club de la Reine-Blanche, à l'emplacement actuel du Moulin-Rouge.
Club Favié à Belleville, salle Favbié.
Club du Collège de France rue d'Arras.
Club de la salle des mille et un jeux, faubourg Saint-Antoine.
Club de la Salle du Pré-au-Clercs, rue du Bac.
Club de la Vengeance boulevard Rochechouart (salle Robert)
Club de la Délivrance, salle Valentino.
Club de l'Ecole de Médecine.
Club démocratique du Casino de la rue Cadet, 18 rue Cadet.
Club démocratique des Batignolles.
Club de la Révolution (à l'Elysée-Montmartre)
Club fermé de la rue de Charonne.
Club de la Salle Valentino 255 rue du faubourg Saint-Honoré.
Clubs en plein vent
Boulevard Montmartre, à l'angle de la rue Drouot.
Dans la cour arrière de l'Opéra Le Pelletier, face à la mairie du neuvième.
Boulevard des Italiens, entre le Café Riche et la Maison dorée.
*Par le dictateur Francia, disciple de Charles Fourier, il avait institué un système phalanstérien avec entre autres, le droit à la licence pour les veuves pendant une période de six mois après le décès de son conjoint....
A SUIVRE........
16:10 Publié dans HISTOIRE DES FEMMES | Tags : fanny maréchal, mmme demars, andré léo, noémie reclus, louise michel. | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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DES LEGIONS D'AMAZONES SUITE : CLAIRE LACOMBE, UNE ENRAGEE DISCIPLE DE JACQUES ROUX "UNE FEMME LIBRE...."
PAR BERNARD VASSOR
Entrée du Club des Jacobins
C'est le 23 février 1793 que quelques femmes révolutionnaires, demandèrent aux Jacobins, d'obtenir le salle des Quatre-Nations pour tenir une réunion de protestation contre les accapareurs et les agioteurs. Les Jacobins refusèrent cette salle, mais leur allouèrent la salle de la "Société fraternelle des deux sexes". Ces amazones se réclamaient indirectement du parti des "Enragés", (nom donné par Marat à un parti d'agitateurs de sections, parmi lesquels Jacques Roux,ancien prêtre de la paroisse Saint-Nicolas avant la révolution, surnommé le "curé rouge", lui-même se disait l"Le Prédicateur des sans-culottes" ) dont elles épousaient le programme de la tendance Jacques Roux
Claire Lacombe,lorsqu'elle arriva à Paris était une petite actrice de province. Elle s'était produite à Marseille et à Toulon.
Après avoir obtenu son paseport pour Paris, elle alla s"installer
43 rue Neuve-des-Petits-Champs (numérotation ancienne)avec une amie
Justine Thibaud. le 25 juillet 1793, elle alla à l'Assemblée législative pour demander un

engagement dans l'armée. Le Président la remercia pour son courage, mais n'a pas donné suite à sa demande. Le "
Moniteur de la République" nota brièvement :
"Une jeune citoyenne vient d'offrir de combattre de sa personne les ennemis de la patrie".
Claire Lacombe naquit à Pamier en 1765, certain historiens la prénomment Rose. Arrivée à Paris, déguisée en amazone, elle vint à l'Assemblée législative où elle demandait la destruction de tous les tyrans. Après sa diatribe, le président de séance Viénot de Vaublanc, sous le charme (Claire était très belle*) lui répondit : "Madame, plus faite pour adoucir les tyrans que pour les combattre, vous offrez de porter les armes de la liberté. L'Assemblée nationale applaudit à votre patriotisme et vous accorde les honneurs de la séance"
Elle était à l'époque la maîtresse d'un certain Jean-Théophile Leclerc, "enragé lui- même" qui peu après la remplaça (et l'épousa,) par une ancienne charcutière Pauline Léon qui fut introduite au club des Cordeliers. En accord avec Claire Lacombe, elles fondèrent le "Club des Citoyennes républicaines".Claire avait alors 28 ans. Pauline Léon fut la première présidente de ce club, lui succédèrent les citoyennes: Rousseau, Champion, Lecointre. Claire Lacombe fut la dernière.
Le club des "Citoyennes révolutionnaires" réclamèrent aux Jacobins l'enfermement des femmes de mauvaise vie ou bien suspectes d'aristocratie. Blessée au poignet pendant la journée du 10 aût; elle reçut un couronne civique. Elle réclama dans une séance aux Jacobins l'arrestation immédiate de tous les aristocrates et de leurs familles, et prit une part active à la destruction des Girondins en demandant la création de tribunaux révolutionnaires dans toutes les sections. Elle demanda également d'armer toutes les femmes patriotes et de les organiser pour combattre "les brigands de la Vendée". Au sein de la "Société des femmes Révolutionnaires" un parti influent de femmes prit le parti d'attaquer les présidentes Léon et Lacombe. La Socité démanagea, et alla s'installer dans une salle de l'ancien charnier Saint-Eustache (entre l'église et la rue du Jour).
Après l'assassint de Marat, Roux et Leclerc prirent la succéssion du journal "L'Ami du Peuple". Cherchant à accaparer la mémoire de leur ancien adversaire, le "Club" décida d'élever à ses frais un obélisque à la mémoire de l'homme à la baignoire historique qui fut transportée dans une processioon, les femmes eurent l'honneur de porter sur un brancard, la table, l'écritoire, la plume et le papier dont Marat se servait..
Attaquée de toutes parts Roux et Claire Lacombe qui avait oser attaquer Robespierre en l'appelant "Monsieur Robespierre", crime qui pouvait conduire au "rasoir national". Le 25 octobre, les plus enragées des révolutionnaires du club, avec à leur tête Claire Lacombe, en pantalons et coiffées de bonnets rouges patirent en expédition pour "sans-culotter" les marchandes de la halle du marché des Innocents. Elles furent accuilies par des quolibets et des injures. Six mille personnes vinrent prêter main-forte aux poissardes qui s'emparèrent des meneuses, Marie Lacombe en particulier, et leur firent subir un traitement humiliant. Le fouet, on ne dit pas sur quelle partie du corps de ces femmes, mais les historiens le laissent entendre, puis on les recouvrit de boue. On peut lire dans "Le Moniteur" :
"Les citoyennes du marché Saint-Innocent déclarent que toutes les violences et les menaces ne les forçaient pas de prendre un costume qu'elles honoraient mais qu'elles croyaient devoir ètre réservé aux hommes (...) On s'est livré envers quelques unes de ces femmes oisives et suspectes soi-disant jacobines, d'une société soi-disant , prétendue révolutionnaire,, à des voie de fait que la décence devrait proscrire (...) PLusieurs de ces femmes ont pu être égarées par excès de patriotisme, mais d'autres, n'ont été conduites que par la malveillance".
Jacques Roux fut mis une première fois en accustation, Claire prit courageusement sa défense. Elle s'attira les foudres de jacobins, des hébertites, de toutes les ligues anti-féminines, du farouche Prudhomme du journal "La Révolution de Paris" pourfendeur de tout ce qui portait jupon, des clubs de femmes concurentes. Le 29 octobre, le club était à l'agonie. Fabre d'Eglantine dans une séance à la Convention, fit dans un dicours la critique de ces sociétés "de ces grenadiers femelles"
Louise Lacombe disparut de la scène politique jusqu"au 2 avril 1794 où elle fut arrêtée à la suite de dénonciations en compagnie de Pauline Léon. Elle avait repris son métier d'actrice et devait se produire au théâtre de Dune-Libre (Dunkerque) et demeurait toujours à la même adresse rue Neuve-des-Petits-Champs. On lui fit grief d'avoir donné des propos contre Robespierre, motif sufisant pour l'envoyer sur la bacule républicaine !
Une ancienne compagne du Club des Femmes Révolutionnaires, la citoyenne Capitaine mit en vain tout en oeuvre pour obtenir sa libération. Pendant sa longue détention, elle adressa de nombreuses demandes de libération qu'elle signait ironiquement "Lacombe, femme libre"
Libérée le 3 fructidore an III, oubliée de tous, elle disparut de la circulation, et tout le monde ignore ce qu'elle est devenue.
* D'après son signalement, elle mesurait cinq pieds deux pouces (comme Balzac) et possédait des yeux et des cheveux bruns et une grande bouche.
Sa beauté est signalée même par ses adversaires les plus féroces, tantôt on la disait imposante, tantôt gracieuse, suivant les penchants de chacun.
10:10 Publié dans HISTOIRE DES FEMMES | Tags : Claire Lacombe, Jacques Roux, Théophile Leclerc, Marat, Fabre d'Eglantine, Pauline Léon | Lien permanent | Commentaires (1) | | |
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