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01/05/2007
LE CHATEAU ROUGE RUE GALANDE
57 rue Galande*
Certains historiographes prétendent que ce fut la demeure de Gabrielle d'Estrée, la favorite d'Henri IV ????
Sur les gravures du XIX° siècle, nous voyons que le prédécesseur de Pierre Trolliet, était un nommé Cadiou.
Le Château-Rouge était le tapis-franc le plus infâme du quartier de la place Maubert. entre l'allée d'un hôtel louche et la porte d'un "assommoir" s'ouvrait un long couloir étroit. L'entrée du cabaret, était une vaste et close chambrée, de sordides buveurs attablés, hommes en blouses et filles crottées, abrutis par l'alcool. L'arrière -boutique était réservée aux riches souteneurs en vestes de velours et casquettes à pont. Le raide, la verte et le gros-rouge étaient les seules boissons consommées dans ce lieu. C’était un asile de nuit pour vagabonds qui moyennant quelques centimes, étaient admis à « dormir à la corde», c’est-à-dire assis sur un banc, la tête appuyée contre une corde qu’on lâchait à deux heures du matin. Les pauvres bougres étaient alors jetés à la rue par le patron armé d’un nerf de bœuf, aidé dans sa triste besogne par des garçons qu’il a recruté parmi des lutteurs.
"Rue Galande
--"L’on peut se demander vraiment pourquoi les galvaudeux, qui savent très bien que la maison Alexandre et que le Château-Rouge sont des traquenards les fréquentent ; la vérité est qu’ils ne savent où aller ; partout on les épie et on les vend ; les mastroquets et les logeurs dépendent de la^police et la secondent ; puis dans ce quartier Saint-Séverin, la plupart des marchands de vin les rebutent par crainte des ennuis ; ils sont donc bien forcés de se rabattre sur les tapis-francs qui leur concède, seul d’ailleurs, pendant une partie de la nuit un gîte, car l’hiver, il peuvent y dormir au chaud sous une table, jusqu’à deux heures du matin. A ce point de vue, le Château-Rouge, connu aussi sous le nom de Guillotine et situé 57 rue Galande* est le lieu le plus clément aux escarpes et surtout aux purotins. Son rez-de-chaussée se compose de trois pièces. La première, celle qui donne sur la cour, est immense ; elle est à peine éclairée, la seconde est grande et le gaz y brûle furieusement ; la troisième est minuscule et toute noire, des vagabonds somnolent dans la première ; des marlous et des scélerats jouent et boivent dans la seconde ; des gens ivres morts dorment dans la troisième. (…)Une odeur fade à faire vomir, une odeur qui est un mélange d’une sorte de panade, d’eau de javelle et d’ipéca s’évade de ces corps serrés sous leurs guenilles dans des collants de crasse. (…) Le tenancier Pierre Trolliet, un géant habillé d’un tricot de laine, coiffé d’une calotte plantée de travers sur des cheveux qui frisent ; il mâche un cigare d’un sou, crache sec, hérisse une dure moustache sur une bouche piquée de bleu par des points de poudre...........(…)Trolliet marié à une géante au teint couperosé et aux cheveux couleur d’acajou, un type d’ogresse alsacienne. Certains soirs, des crises de joie soulèvent toujours sans que l’on sache pourquoi, ces miséreux ; alors le repaire se mue en un cabanon de fous ; on se range en cortège, l’on s’empare d’un seau vide et joue du tambour dessus ; un autre arbore au bout d’un balai un torchon en guise de drapeau, tout l’établissement défile en poussant des cris d’animaux, et cela finit par un chahut".........
Extrait de La Bièvre à Saint-Séverin.
Atget qui a photographié la maison avant sa démolition la situe au numéro 61
En 1885, l'assassin Gamahut fut arrêté au Château rouge, Jules Jouy lui avait dédié cette chanson au goût douteux Au Chat Noir après son exécution à "L'Abbbaye du-monte-à-regrêt" :
Gamahut, ecoutez-moi donc,
Est-ce qu'on souffre encor quand on a plus d'tête ?
Gamahut, écoutez moi donc,
Est-ce qu'on souffre encor quand on a plus d'tronc ?
Auguste Vitu raconte que c'est dans ce cabaret qu'en 1887 :
"Trois hommes ont proposé, accepté etréalisé le pari de jeter une femme à la seine. La victime était une chiffonnière ivre. L'enjeu était de deux sous, prix d'un petit verre d'eau de vie"
Le propriétaire à la fin du XIX°, s'associa avec une agence de voyage, un contrat lui faisait obligation d'accueillir une clientèle désireuse de découvrir les bas-fonds parisiens. Il avait engagé des comédiens qu'il déguisa en truands, en gigolettes, en bagnards et chiffonnniers. Avec les habitués, des ivrognes qu'il abreuvait gratuitement. L'illusion était parfaite. La maison disparue lors du percement de la rue Dante. L'immeuble qui le remplace aujourd'hui est en briques....rouges !
23:20 Publié dans La Bièvre et Saint Séverin | Tags : chateau rouge, huysmans, cadiou, trolliet, rue galande | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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DATES ANNIVERSAIRES POUR LE MOIS DE MAI
Avec la collaboration d'Arlette Choury, secrétaire des Amis de George Sand, voici quelques dates anniversaire d'habitants du neuvième arrondissement.
Alfred de Vigny, mort il y a tout juste 150 ans le 2 mai 1857 à Paris![]()
Napoléon, successeur de Bonaparte mort en 1804 est mort le 5 mai 1821 comme Balzac à Sainte-Hélène
Alphonse Daudet est né le 13 mai 1840
Eric Satie, né le 17 juin 1868![]()
Pauline-Garcia Viardot est morte le 18 mai 1910
Marie Dorval défunte le 20 mai 1849![]()
Honoré de Balzac né le jour de la Saint-Honoré le 20 mai 1799![]()
Victor Hugo est mort le 22 mai 1885
Gérard de Nerval, est né le 22 mai 1808![]()
Louise Michel est née le 29 mai
1830
J'avais oublié le docteur Antoine Louis, inventeur de la machine qu'il a pu voire fonctionner quelques jours avant sa mort le 20 mai 1792
23:10 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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GAMAHUT ET LES ASSASSINS DE LA RUE GALANDE
Par Bernard Vassor
mise à jour du 1 mai 2007

Gamahut, obéissez donc !
PPPlacez votre cou bien dessous l'mouton (bis).
Non, monsieur, je n'obéirai pas !
J'crains les coupur's j'suis tendre commeun' fève
Non mosieur, je n'obéirai pas !
Bougre d'abrutis ! vous me coupez trop bas.
Jules JOUY
En novembre 1884, la veuve d'un cofficier de Paix, madame Ballerich était assassinée chez elle 145 boulevard de Grenelle par quatre jeunes hommes dont l'aîné avait vingt ans*. L'histoire n'a retenu que le nom de celui qui fut guillotiné le 24 avril 1885, un nommé Gamahut. Deux de ses complices, Errard Emile Eugène né à Paris le 22 août 1867, était garçon maçon.Abbadie furent eux aussi condamnés à la peine capitale et exécutés.Les archives de la préfecture de Police pour cette période ayant été pilonnées en 1920, nous n'avons que très peu d'éléments pour retracer l'histoire de ce crime.Gamahut, Tiburce, Adolphe dit Champion était né à Epinay-sur-Marne le 13 décembre 1861, il avait donc 24 ans au moment de sa mort. le 24 avril 1885 à la prison de la Roquette. Son corps, transporté au cimetière d'Ivry n'ayant pas été réclamé, fut remis à la Faculté" de Médecine. D'après un rapport de police, , des journalistes ont manifesté leur mécontentement de ce que la distance qui les séparait de la guillotine ait été augmentée. On a remarqué que l'aumônier qui accompagnait le condamné l'avait tenu trop longtemps en face de l'échafaud et que l'exécuteur, Monsieur Deibler, avait mis plus de 10 secondes pour faire tomber le couperet.
Huysmans, qui fréquentait le Château Rouge, connaissait la maîtresse d'un de ces hommes surnommée "Tache-de-vin" , Louise Helloin de son véritable nom. Il a fait une description de la rue Galande et du fameux bouge dans "De la Bièvre à Saint Séverin"
extraits : HUYSMANS_Boucher_Gamahut_Château_rouge.pdf
Goncourt : Goncourt_à_propos_de_Gamahut_et_du_Château_Rouge.pdf
Un article du journal "Le Cri du Peuple", provoqua une expédition punitive et sanglante des fils de la veuve Ballerich, policiers eux-même.
Au cabaret du Chat Noir les clients réclamaient tous les soirs une chanson de Jules Jouy : Gamahut, la terreur de Grenelle.
Le musée Grévin exposa la statue de cire de Gamahut vers 1895
*D'après Césaré Lombroso, L'Homme criminel, Etude criminaliste et psychiatrique 1895
19:50 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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Le cabaret du Père Lunette
Un logis de nuit « à la corde ».
Malgré l'épaisse fumée, on pouvait distinguer plusieurs tableaux et fresques humoristiques dont certains ne manquaient pas de qualité.
Comme au Château Rouge, il faut payer ses consommations à l’avance, et comme chez celui-ci, il fut fermé par décision préfectorale en juillet 1886. Cet établissement avait été fondé à la révolution par un certain Lefèvre. Il avait une énorme paire de lunettes cerclées de cuivre qu’il portait sur le front. C’est en raison de cette manie qu’il avait été surnommé le Père Lunette, fort de ce sobriquet, il a fait peindre sur sa boutique une énorme paire de bésicles, puis, il en avait fait faire une enseigne. En 1856, c'est le père Martin qui en prit la succession.
La complainte du Père Lunette était traditionnelement chantée en coeur :
"A gauche en entrant est un banc
Où le beau sexe en titubant
Souvent s'allonge
Car le beau sexe en cet endroit
Adore la chopine et boit
Comme une éponge.
La salle est au fond. Sur les murs
Attendant les salons...futurs
Plus d'une esquisse
Plus d'un tableau riche en couleurs
Se détache plein de chaleur
Et de malice.
Les pieds posés sur ce dos vert
Une Vénus de la Maubert
Mise en sauvage
Reçoit des mains d'un maquereau
Une cuvette pleine d'eau
« Oui quelques joyeux garnements
battent la dèche par moment
Chose bien faite !
On ne servait que très peu de vin, à peine six ou sept barriques par mois. La consommation principale, était une méchante eau-de-vie « maison » qui méritait bien le surnom de tord boyau à 3 pétards le verre (15 centimes).
Au début du siècle, on venait écouter les tours de chant de Dédé l'Oiseau, Gaston trois pattes, Armand le Geulard et Joseph le maigriot. La salle de bal était au fond, et rien ne la séparait de la salle de consommation à l'entrée, avec un comptoir en zinc, de longues tables, et des bancs....Vers 1930, c'était devenu "le bal des Anglais", dans un décor de coupe-gorge, des couples dansaient la chaloupée devant des fournées de touristes américains.
Sources : La rue ne figure pas dans l'abbé Lebeuf : Histoire du diocèse….. Un des articles du statut des religieuses, ordonnait de prier pour le rétablissement de la religion catholique en Angleterre, la propriété ayant une superficie de 1790 mètres carrés fut vendue au profit de l’Etat en l’an VII.
*Les mêmes que pour « le Château Rouge »
18:40 Publié dans AUBERGES ET CABARETS. | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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LES CONVULSIONNAIRES DE SAINT-MEDARD AU BAS DE LA RUE MOUFFETARD
Par Bernard Vassor
François Pâris, janséniste, qui ayant fait des voeux de pauvreté avait légué sa part d'héritage aux pauvres et s'était retiré dans une petite maison près de la bièvre était diacre dans la paroisse de Saint-Médard, au bas de la rue Mouffetard. Il mourut en 1727. Sa tombe dans le petit cimetière devint l'objet d'un culte par de pauvres gens qui l'avaient admiré. On venait y faire des neuvaines.
Bientôt le bruit courut qu'il y avait là des guérisons miraculeuses. Le tombeau était composé d'une table de marbre. Les pèlerins se glissaient sous la pierre et mangeaient la terre. Des jeunes filles, sur la tombe du Saint homme, furent prises de spasmes.On les désignait sous le nom d'aboyeuses, de sauteuses ou de miauleuses, elles se faisaient piétiner le corps, frapper, se soumettre à l'épreuve du feu et à mille autres tortures. D'abord on en comptait une dizaine, puis, ce furent plus de huit cents femmes atteintes de convulsion que l'on dénombra sur la sépulture.
Les jésuites régnaient alors en maître, vingt trois curés présentèrent une requête pour enquêter sur la réalité de ces miracles. L'archevêque de Paris demanda au lieutenant de Police de faire fermer le cimetière. Des plaisantins affichèrent sur le mur d'entrée :
De par le roi, défense est faite à Dieu
De faire un miracle en ce lieu !
François Pâris fit des adeptes un peu partout.Un apôtre de François Paris, l'abbé Bicheran fut saisi et incarcéré.
A Troyes, Pierre Vaillant, qui publiait des discours où il louait la gloire de Pâris et créa le groupe des vaillantistes. Un "augustinien" forma une secte qui faisait des processions nocturnes, la corde au cou, la torche au poing. Ils se rendaient sur la place de grève où ils espéraient périr sur le bucher. Il y avait aussi les "mélangistes", d'autres, des voyants
appelés"les discernants", puis "les figuristes" qui mettaient en scène pendant les convulsions, la Passion dU Christ..
Un comte nommé Daverne fut enfermé à la Bastille, parce que il avait distribué tous ses biens pour entretenir les convulsionnaires.
14:25 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Tags : FRANCOIS PARIS, abbe BICHERAN, MOUFFETARD, BIEVRE, DAVERNE, PIERRE VAILLANT, CONVULSIONNAIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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