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05/02/2007

le cafe la Régence

Par Bernard Vassor
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EMPLACEMENT DU CAFE AU XVIII° 161 Rue Saint Honoré.
Ce café était à l’emplacement de l’ancienne porte Saint-honoré, où Jeanne d’Arc voulant reprendre Paris aux Anglais, le 8 septembre 1429, eut la cuisse transpercée d’une flèche, alors qu’elle sondait le fossé rempli d’eau pour le faire combler avec des fagots, comme l’indique l’inscription dans un macaron située au dessus de la porte de l’immeuble
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AU PANTHEON JEANNE D'ARC
Les premiers statuts des limonadiers datent du 28 janvier 1676 et furent soumis à des règlements de police assez sévères. Le Café de la Régence s’appela d’abord le Café de la place du Palais Royal et ne prit son autre nom qu’après 1715 évidemment. Le premier propriétaire se nommait Lefèvre, auquel succéda un certain Leclerc.

Diderot nous apprend dans Le Neveu de Rameauque Leclerc avait cédé la place à un sieur Rey.
"Qu’il fasse beau, c’est mon habitude d’aller vers les cinq heures du soir me promener au Palais Royal. C’est moi qu’on voit toujours seul, rêvant sur le banc d’Argenson. Je m’entretiens avec moi-même de politique, d’amour de goût ou de philosophie.
Si le temps est froid ou pluvieux, je me réfugie au café de la Régence, là je m’amuse à voire jouer aux échecs. Paris est l’endroit du monde et le café de la Régence est l’endroit de Paris où l’on joue le mieux à ce jeu ; c’est chez Rey que font assaut le Legal profond, Philidor le subtil, le solide Mayot...". 
Rey, était un ancien cuisinier du Duc d’Orléans, il tenait encore le café de la Régence en 1777. Nous pouvons lire dans l’Almanach Royal [2] de cette année là : "Son établissement est un des plus anciens et des plus renommés, très bien composé et suivi des plus habiles joueurs d’échecs".
Parmi sa clientèle, se croisaient Chamfort, Rousseau, Marmontel, Grimm, Lesage, et Benjamin Franklin.

Lisez la description de Lesage dans La Valise retrouvée : "Dans une vaste salle ornée de lustres et de glaces, une vingtaine de graves personnages, qui jouent aux dames ou aux échecs sur des tables de marbre, et qui sont entourés de spectateurs attentifs à les voire jouer. Les uns et les autres gardent un si profond silence que l’on n’entend dans la salle que le bruit des pièces que les joueurs déplacent."   Jean-Jacques Rousseau de retour à Paris se montra plusieurs fois dans ce café. Sa présence y attira une telle foule que la police finit par lui défendre de se montrer en public. Hélas, les choses se sont bientôt gâtées. L’élargissement de la place du Palais Royal et la proximité de l’Opéra y attirèrent des musiciens et leur cortège d’amateurs, s’opposant d’école à école dans des disputes passionnées. Les entractes du théâtre Français, vidaient les baignoires pour remplir les lavabos... Les auteurs et les journalistes se rejoignaient là, et il n’était pas rare de coudoyer Alfred de Musset buvant de l’absinthe, ou bien Sainte Beuve dégustant un chocolat chaud.

23:55 Publié dans CAFES ET RESTAURANTS | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | Digg! Digg

LA FARCY, MAISON DE TOLERANCE DE LA RUE JOUBERT

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Rue Sainte Anne donnant sur le quai des orfèvres, siège des bureaux de la Police mondaine de la préfecture

Par Bernard Vassor

A Paris, les maisons de prostitution ne pouvaient exister qu'en vertu d'une tolérance du préfet de Police. Dans le langage populaire on les désignait sous le nom de maisons à gros numéros. Leur ouverture nécessitait l'accomplissement de formalités préalables. Une fois ouvertes, elles sont soumises à une règlementation très stricte et protectrice de la morale et de la santé. La maison ne peut être tenue que par une femme, et nécessite l'autorisation écrite du mari de la postulante. L'autorisation du principal locataire était aussi requise. Une fois ces consentements produits, le préfet ordonnait une enquête sur la salubrité de l'immeuble, sur sa situation, et sur les antécédents et la conduite de la demanderesse. Lorsque l'enquête a satisfait à toutes les demandes, l'ouverture de la maison était tolérée et constatée par la délivrance d'un livre. Sur ce livre devaient être inscrites toutes les entrée et les sorties de toutes les filles, qui dans l'avenir, seraient attachées à cette maison, ne fut-ce que pendant une journée. Ces inscriptions seraient faites par le bureau administratif du dispensaire, auquel le livre sera apporté dans les vingt quatre heures qui suivront l'entrée ou la sortie. Pour qu'une fille publique puisse se livrer à la prostitution, dans une maison, il était nécessaire qu'elle soit enregistrée sur ce livre. Cette prescription comportait pourtant de nombreuses exceptions. Certaines filles isolées étaient autorisées à conduire dans des maisons de tolérance spécialement désignées pour cela, les hommes qui les accompagnaient à s'y prostituer. Les maisons auxquelles est laissée cette faculté étaient dites maisons de passe.  Deux est le nombre minimum de fille attachées à une tolérance pour qu'elle puisse règlementairement exister. La règle est qu'une maison peut avoir autant de pensionnaires qu'elle contenaient de lits. Les maisons de prostitution ne devaient avoir aucun autre signe extérieur qu'un gros numéro. Les chiffres qui composent ces numéros peuvent avoir une hauteur de soixante centimètres. (...)Les maîtresses des maisons devaient donner immédiatement avis au préfet de tout fait anormal qui se produisait dans leur établissement. Elles devaient également lui signaler la présence des gens qui se livraient à des dépenses exagérées...

Voici les règles qui expliquent pourquoi, les proxénètes femmes sont en si grand nombre par rapport aux hommes qui ne jouent qu'un rôle tout à fait secondaire dans l'organisation officielle de la prostitution. Sans compter les femmes qui en conduisent d'autres à cette activité, par exemple, les modistes, les prêteuse, les mères de famille qui vendaient leur propre fille à de riches "protecteurs".

Dans ce panorama, la Farcy, fut sans doute une des plus célèbres maquerelles de son temps. Même après qu'elle se soit retirée, la maison de la rue Joubert  (29 ?) a gardé son nom, bien qu'une certaine Elisa ait pris la suite. Ce qui a créé une confusion chez les historiens qui ont cru que la Farcy s'appelait Elisa. Il n'en est rien. On signale que des maîtres d'hôtel de restaurant "à cabinet"comme la Maison Dorée, envoyaient des coursiers chez la Farcy chercher des filles à la demande de client fort riches désirant épicer leur repas........

17:25 Publié dans LES COURTISANES LES MODELES ET LES ACTRICES | Tags : Maison Dorée, rue Joubert, Elisa, la Farcy | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

ADELE COURTOIS ET SON SALON

A l'angle du boulevard des Capucines et de la rue Caumartin

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"Adèle Courtois, une vieille fille

quelconque chantée par le Figaro."

Journal des Goncourt 8 juin 1857

Par Bernard Vassor

"C'est la séduction et le charme que cette beauté aux cheveux chatains, un visage régulier et doux, à la taille souple et bien prise,au corps modelé avec de fines et  patriciennes attaches. Elle a infiniment de grâce et d'amabilité, un très bon ton-sans que la diable y perde rien-des manières agréables et comme il faut, des mines câlines et engageantes sans être effrontées. Bref, au premier  abord, elle a plutôt l'air d'une bourgeoise opulente et sentimentale que d'une professionnelle de l'amour. Ce qui la distingue de ses congénères, ce qui lui donne une physionomie particulière et originale, c'est son interminable liaison avec un richissime baron étranger, diplomate connu de tout Paris, dont les chevaux et le phaeton sont légendaires, qui la couvre d'or et de bons procédés et avec lequel elle vécut presque jusqu'à la fin. Une autre particularité, un avantage que lui envient toutes les femmes, c'est sa prodigieuse conversation" Voilà ce qu'écrit un de ses contemporains, tombé entièrement sous le charme et la béatifie en ajoutant : "Aujourd'hui, quoique surprenante de verdeur, elle a définitivement renoncé à Satan, à ses pompes et à ses oeuvres. A la suite d'un profond chagrin, elle s'est retirée sous sa tente et s'est consacrée avec ardeur de néophyte à des oeuvres de charité" Le Paris de la bicherie s'amuse à tire-larigot, chez ces-dames les fêtes, les nuits agitées les soupers endiablés sont quotidiens. C'est à l'angle du boulevard des Capucines et de la rue Caumartin que trone "en souveraine de la mode et de la vie à outance, une superbe créature qui s'est illustrée dans la galanterie : Adèle Courtois"

C'était dans son salon que venaient causer, papoter, parfois même "tenir des conseils de guerre" et aussi tendre leurs filets : Constance Rézuche, Juliette Beau, Anna Délion, Giulia Barucci, Lucile Mangin, Adèle Rémy, Esther Duparc, Catinette, Marguerite Bellangé, Emma Vally, Soubise, et quelques autres....

A SUIVRE.................................

09:45 Publié dans LES COURTISANES LES MODELES ET LES ACTRICES | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

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