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06/12/2006

L’ABBE FRANCOIS-FERDINAND CHATEL

Le premier abbé à dire la messe en français.

Sans le latin, la messe nous emmerde !

Georges Brassens

FONDATEUR DE L’EGLISE CATHOLIQUE FRANCAISE.
Contre le célibat des prêtres
pour le rétablissement du divorce,
Pour l'émancipation des femmes 
Né à Gannat dans l’Allier en 1795, mort en 1857. Il entra au petit séminaire de Montferrand et reçut les ordres en 1818. Vicaire de Notre-Dame de Moulin,, curé de Montenay-sur-Loire, aumônier de la garde royale à cheval du 26° grenadier. Puis, prédicateur à Paris, se fit remarquer en 1823, en écrivant dans le journal « Le Réformateur » des articles peu orthodoxes. L’autorité ecclésiastique, prononça son interdiction. Pas très déboussolé, il ouvrit une chapelle dans sa chambre de la rue des Sept-Voies (aujourd'hui rue Valette) et y dit la messe en français ! Les chaises, l’administration des sacrements étaient gratuits, tout était gratuit, mais les assistants étaient inviter à déposer des offrandes dans un tronc !!! Après la révolution de juillet, que l’abbé Châtel accueillit avec enthousiasme, il transporta  ses pénates et sa chapelle dans un logement plus grand rue de la Sourdière où le bruit courut dans tout Paris de l’installation de la « Nouvelle église Catholique ». En 1830, il loue pour quelques mois à Chabrand le 251 rue Saint Honoré, qui deviendra plus tard "La salle Valentino"
medium_SAINT_GERMAIN_L_AUXERROIS_mise_a_sac_05.jpg

 MISE A SAC DE L'ÉGLISE SAINT GERMAIN L'AUXERROIS

Il eut l'idée saugrenue d'organiser une procession à l'église Saint Germain l'Auxerrois qui se termina par le sac de l'archevêché ! Au numéro 45 de la rue Grenelle Saint-Honoré, il y a une maison sans apparence, reconnaissable par un long corridor. C'est "La Redoute", les lundis, jeudis et dimanches, c'est une salle de danse; les autres jours, elle était louée pour des spectacles d'amateurs, des conférences et plus particulièrement à des sociétés appartenant à la Franc-maçonnerie, occupée aussi par l'Ordre des Templiers. Châtel que les querelles maçonniques ne gênaient pas,  fit des ouvertures au Grand Maître François de Spolette. Les abbés Auzou et Blachère qu'il avait enrôlé dans sa secte le proclamèrent Evêque-Primat de l'Eglise Universelle. Il prit son titre d'évêque très au sérieux, et chercha à le faire consacrer authentiquement. mais les autorités ecclésiastiques consultées lui refusèrent cette ordination. Depuis son arrivée à Paris, il s'était fait recevoir Franc-maçon. Il s'adressa alors au docteur Fabre-Palaprat, François de Spolette

grand maître des Templiers :

Altesse sérénissime

Très excellent seigneur,

Souverain pontife

Prince des apôtres 

Très Saint Père.  

qui prétendait avoir le pouvoir de lui conférer la qualité épiscopale,  que voulait Châtel ? Etre évêque, que voulait le grand maître ? Etre pape ! :Châtel fut sacré Evêque coadjuteur des Gaules, son disciple Auzou nommé vicaire primatial. Il fallait maintenant trouver une église assez vaste pour recevoir le siège de l'archevêché ! Le bazar de la rue de Cléry fit l'affaire et la nouvelle église put s'installer et prospérer. Mais, voilà, Châtel ne tint pas les promesses qu'il avait faite aux Templiers, il fut jugé dégradé, son nom mis au pilori, dépouillé de tous ses ornements sacerdotaux et expulsé du bazar de la rue de Cléry.

Le voici en quête d'un nouveau toit, c'est sur les écuries des Pompes funèbres de la rue du faubourg Saint-Martin qu'il jeta son dévolu. Mais l'expérience aidant, il fit payer les chaises, les baptêmes, les mariages et les enterrements. De plus, il créa une société en commandite, à charge pour les actionnaires de participer aux charges et de récolter les bénéfices du culte. Par une constitution, il distribua le territoire de la France en évêchés et cures, il fixait les dates des synodes et des conciles. Sans oublier l'habit de l'évêque qui devait être rouge comme celui d'un cardinal.

Un banquet annuel avait lieu tous les ans Chez "Ragache", le cabaretier de la Barrière du Maine, il en coûtait 1 franc 25 par personne. A ,la fin du mauvais repas, Châtel allait vers chaque convive dire un mot agréable, plaisantant avec les hommes, souriant aux dames. Puis il monta à l'orchestre avec son disciple Riboulot, alors, commença un concert d'imprécation où l'Evangile se mêlait au socialisme. Pierre-Joseph Proudon  avait écrit  à Châtel :

"Voilà ce que dit l'esprit, le génie aux ailes de flamme, qui veille aux destinées de la France (...)je t'ai fait prêtre de la canaille, afin que tu serves d'exemple aux ambitieux, aux charlatans. Tu as été la première dupe, dupe de ton orgueil et de ton ignorance (...) Tes mascarades font pitié, tes scandales soulèvent le dégout, . Tu le sais et tu t'obstine(...) plus ton coeur est abîmé, et plus je sens redoubler ma joie"
La biblithèque consultée par Champfleury contenait des ouvrages de Voltaire dépareillés, du Saint Simonnien Buchez, de Cabet, Lamenais etc... Puis il fut contraint d'abandonner à la suite d'une condamnation pour outrage aux bonnes moeurs à l'église du faubourg Saint Martin. Il obtint pour vivre un poste dans l'administration des postes.

La révolution de 1848 lui redonna un peu d'espoir, il fréquenta plusieurs clubs où son éloquence fut applaudie. Au club des femmes d'Eugénie Niboyet il prononça un vibrant discours contre le célibat des prêtres, pour le rétablissement du divorce, et pour l'émancipation des femmes.....Dans ses dernières années, il vécut d'un petit commerce d'épicerie.   

Quelques villes dans lesquelles le schisme de l'abbé Châtel fut reçu : L’église française est établie à Lannecorbin, canton de Galaut arrondissement de Tarbes(Hautes-Pyrénées) ; à la Chapelle St-Sépulcre, près Montargis (Loiret) ; à Roche-sur-Rognon et Bettaincour (Haute-Marne) ; à Villefavart près Limoges (Haute-Vienne), à Paris,  Clichy-la-Garenne et Boulogne (SeineSeine) ; à SaintprixSaintprix et Ermont dans la vallée de Montmorency Elle est demandée à Bourges à Nantes et dans d’autres départements.

Où il est question de l'Abbé Châtel dans les "Mémoires d'Alexandre Dumas" MEMOIRES_Dumas_abbe_Chatel_Casimir_Delavigne_02.pdf

MeMOIREs_d_Alexandre_Dumas_Abbe_Chatel_Chapitre_CLXXXVI.doc

15:30 Publié dans Un abbé pas très orthodoxe ! | Tags : Buchez, Abbé Châtel, Alexandre Dumas, Fanny Loriot, Pierre Carlier, préfet de police, Rossini | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | Digg! Digg

AU SOLEIL D'OR

 AU SOLEIL D'OR DE LA PLACE DE Ll'ECOLE

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Par Bernard Vassor
C'est l'enseigne d'un marchand de vin qui porte ce nom "Grande rue de l'Escole Sainct-Germain-l'Aucerrois"depuis environ 1280, en raison de l'établissement d'écoles parmi lesquelles celle de chirurgie. Une partie fut transformée par Monsieur Cognac et Madame Jay pour y installer les magasins de la Samaritaine.
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Les sous-sol étaient percés de plusieurs souterrains antérieurs à la construction du Pont-Neuf dont un souterrain aménagés par HenrI IV pour se ménager une sortie du Louvre vers la Seine et quelques pieds-à-terre de plaisance 
Catherine de Médicis fit construire un établissement de bains à l'angle de la rue des Prêtres Saint-Germain l'Auxerrois qui portèrent le nom de "Bains de la Reine-mère" Un perruquier-baigneur nommé Jean Entier Dubois tint le rez-de-chaussée de la maison d'un sieur Tartarin. Ledru Rollin jeune y eut un appartement. Plusieurs dentistes héritiers du célèbre Bordet se partageaient la clientèle huppée du quartier. Les autres boutiques étaient occupées par des fripiers, des auberges, des cabarets tous plus célèbres les uns que les autres : Le Café du ParnasseDanton avait ses habitudes. Il épousa la fille du limonadier Mlle Charpentier; L'Auberge du Cheval Blanc tenu par  Mme Lequin, le cabaret de la mère Moreau qui faisait un large crédit aux poètes, et aux artistes désargentés. Les jours de fin de mois, la tenancière ajoutait une rallonge à sa table et invitait à dîner les étudiants du quartier latin. Elle avait créé un genre nouveau, un grand nombre de filles de ,comptoirs, coquettes et avenantes, versant l'eau de vie avec le sourire.Dans une cantine très modeste, un estaminet minuscule et anonyme servit une eau de vie de prune tombé d'une cargaison en patance pour l'armée de Sambre-et Meuse.  A côté, le café Manoury, le rendez-vous des joueurs de dames qui avait été ouvert par un chocolatier sous Henri IV. Les gens de lettres lassés du Procope ou du café Laurent se réunissaient là pour une partie de dame. Près de la place, à dix mètres, rue Saint Germain l'Auxerrois, se tenait "le Journal des Débats" et "le Café Momus" immortalisé par Henry Murger._
 

10:20 Publié dans Le marchand de vin de la place de l'Ecole | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

AU SOLEIL D'OR A LA COUR DES MIRACLES

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En plein coeur de la Cour des Miracles, cette partie de la rue est citée dès 1285 sous ce nom, qu'elle devait à l'église Saint Sauveur de la rue Saint Denis à laquelle elle conduisait. La parie ouest était la rue des "Aigoux"(1489), du Bout du monde XVI° siècle, puis du Cadran 'enseigne d'un fabricant d'horloges)  elle a été englobée en 1851 à toutes ces voies.
La belle enseigne du Soleil d'Or,* avec attributs des jeux de Paume du XVI° siècle. C'est un beau travail de menuiserie, à un seul ventail, orné d'un grand oeil de boeuf entouré d'une lourde guirlade sculptée dans le goût du XVIII° siècle. Le centre de ce motif est protégé lui-même parun motif en fer forgé.
Le petit immeuble contiguë à l'auberge du Soleil d'Or possède une corniche en staf ayant le caractère de la décoration du premier Empireet deux plafonds peints qui ne manquent pas d'un arrangement interessant. On y remarque aussi une toile peinte marouflée représentant la fontaine de Nîmes. Nous les signalons sans en demander la conservation (Commission du Vieux Paris) !!!
Le Cabaret dont il s'agit est incontestablement l'un des plus curieux que nous a laissé le XVII° siècle. C'est un long bâtiment qui n'a plus maintenant que le rez-de-chaussée, une grande grille, remontant à la restauration, protège les fenêtres et les portes.
On comptait dans cette rue deux établissements de bains Il y avait là le bureau des changes , le bureau des rentes sur les huissiers priseurs. Un asile hospitalier pour huit femmes veuves avait été fondé ou transféré rue Saint Sauveur.
Le Fermier général Letellier avait un locataire qui tenait un jeu de boules, fréquenté par Guillaume Colletet, un des membres fondateurs de l'Académie française.Il était le père de François Colletet le poète crotté, le chansonnier. Il épousa l'une après l'autre ses trois servantes. Dans une réunion chez Conrart (le premier secrétaire perpétuel de l'Académie) des dames rougirent à une question que leur posait Colletet : "Quand nous nous réveillons la nuit, Claudine et moi, que pensez-vous que nous fassions ?....Comme on se taisait, il répondit lui-même : "Mesdames, nous lisons l'Astrée...."
A quelques pas de là vers la fin du règne de Mme de Pompadour, vivait Julie Berville fille d'un marchand de tableaux de la rue du Bac. Au numéro 59 une maison vivait des jeux de l'amour et du hasard, et faisait concurence à une autre maison au 65 de la même rue. Un poète très peu connu nommé Vigier fut assassiné dans cette rue à l'angle de la rue Montmartre le 18 août 1720. C'est le Chevalier Le Craqueur, lieutenant de Cartouche qui fut reconnu coupable de ce crime. Il a été condamné à être rompu vif le 10 juin 1722. Jacques Vergié inhumé à Saint Sauveur près de Colletet, des fameux Gautier-Garguille, Gros-Guillaume, Turlupin et Raymond Poisson qui avaient probablement habité cette rue.
Un nommé Lebel enleva à l'age de 11 ans la petite Tiercelin pour la fournir au "Parc-aux-Cerfs"  où elle fut préparé et éduquée pour servir à l'honneur que lui faisait le roi LouisXV. Le roi Louis XVI en guise de retraite lui servit une pension de 30 000 livres qui lui servit de retraite.
*Communication à propos de l'enseigne du Soleil d'Or 84 rue Saint Sauveur le 8 février 1914 :
M.le Président donne lecture de la communication ci-après :
En vue de donner satisfaction à un voeu de la Commission du vieux Paris, l'administration au cours des pourparlers engagés avec M.Garnier propriétaire de l'immeuble 82-84 rue Saint Sauveur atteint par le projet d'élargissement de cette voie , a demandé à ce propriétaire qu'il consente à abandonner à la Ville de Paris l'enseigne dite "Au Soleil d'Or"
Or il n'a pas été possible d'obtenir ce consentement de M.Garnier, qui s'est refusé formellement à cet abandon et qui a déclaré vouloir conserver cette enseigne pour sa collection particulière...." 
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Cette photo prise à la même époque porte le nom de Bossant Cce en vin 
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Contrairement à ce qui est écrit en début de cet article, cette partie de la rue ne faisait pas partie de la dernière cour des miracles. C'était  dans le prolongement de la rue Saint Sauveur la rue des Aigoux pour la simple raison qu'un égout à ciel ouvert rejoignait le Grand égout de  la rue Montmartre entre l'actuelle rue des Petits Carreaux et la rue Montmartre.
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En bas à droite, nous voyons sur le plan de Truchet et Hoyau de 1550 à l'emplacement de la porte Montmarte, l'égout dans le prolongement de la rue Saint Sauveur donnant sur le collecteur de la rue Montmartre.
Une borne marque encore aujourd'hui rue Léopold Bellan l'emplacement de la deuxième porte Montmartre.medium_borne_porte_Montmartre.jpg
 Face à l'emplacement approximatif du Soleil d'Or à l'angle de la rue Montmartre.......
Aux archives de Paris une note du cadastre indique en 1854 :
medium_soleil_d_or_observations.jpg
Voici le noms des propriétaires :
de 1844 à 1851, Darentière (Chef d'Hôtel)
de 1851 à 1853, Pinsoneau (marchand de vin)
de 1851 à 1859, Thénadi (marchand de vin)
de 1859 à 1869 Romeuf, (marchand de vin au détail salle de billard)
de 1860 à 1862 Guillemin, Jacob, Maziot, (associés)
 
 
 
Quand l'égout fut couvert en 1815, elle porta le nom de rue du bout du monde, venant d'une enseigne située au numéro 2 actuel de la rue Léopold Bellan, qui représentait le rébus suivant : un os, un bouc un oiseau (un duc) et un globe terrestre. Vérification faite sur place, la Commission qui avait marchandé auprès des promoteurs, la conservation du lieu en échange de l'alignement des numéros 82, 84, et 86 rue Montmartre a eu pour résultat que les spéculateurs ont eu le beurre et l'argent du beurre; l'alignement des immeubles de la rue Montmartre, et le retrait du Soleil d'Or.
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 Et voila !!!!
Ne cherchez pas aujourd'hui le 84 rue Saint Sauveur..... 

00:10 Publié dans AUBERGES ET CABARETS. | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

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