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04/11/2012

Une vacation "extra-ordinaire" à l'Hôtel Pourtalès le 27 mars 1865

 Par Bernard Vassor

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 Le retentissement qu’obtint cette vente fut presque universel. L’Europe entière envoya ses représentants les plus riches pour obtenir à prix d’or des œuvres de l’art antique et de la Renaissance amassées par un amateur pendant toute une vie.  Jamais autant d’hommes fortunés de Russie, d’Italie, d’Allemagne de Prusse de Hollande, de Russie et d'Angleterre, de Belgique; s’étaient retrouvés réunis dans un combat titanesque pour la possession de ces chefs-d’œuvre hors de prix.  Comme indiqué sur cette annonce, le correspondant à La Haye était Heindrik Vincent van Gogh, marchand d'estampes, l'oncle Henri de notre Vincent van Gogh préféré.

L’Hötel de Pourtalès, 7 rue Tronchet, avait été choisi de préférence à la salle Sylvestre du 28 de la rue des Bons-Enfants trop petite, et l’Hôtel Drouot estimé moins prestigieux. La salle de la place de la Bourse  fut également écartée. Voici la liste complète des « officiants » : Eugène Escribe (Commissair-priseur.)Ferdinand Laneuville (Expert.)Roussel (Expert.)Rollin (Expert.)Feuardent (Expert.) Roussel (Expert.),Charles Mannheim (Expert.) Assis à gauche de Charles Pillet et Roussel l’expert assistant avec ses rouflaquettes.

Sur notre gravure, c’est maître Charles Pillet*, commissaire-priseur, debout sur l'estrade qui tient le maillet …, pardon le marteau. Les habitués reconnaitront le père Jean, le type même de crieur public, qui ^pointe un doigt vers le public à sa droite. Il avait été débauché de l’Hôtel Drouot pour la circonstance. A côté de lui, une main posée sur le pupitre du crieur, c’est Nieuwerkerke, l'amant de la princesse Mathilde, intendant des Beaux-Arts.

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Au premier plan de face, un (colet rouge confrérie indépendante de savoyards) magasinier, présente des médailles au public. Dans l’assistance, se trouvent le comte de Longperrier, M. Triquetti, M. Lenormand et Adolphe Thiers, collectionneur compulsif et ayant un très mauvais goût si l’on en croit les frères Goncourt. 

Londres,Vienne,francfort sur le main,saint-petersbourg,bruxelles, La HAYE?Van gogh

*Charles Pillet(  qui sera l'objet d'une notice séparée) fut pendant plus de vingt ans l’officier ministériel choisi pour les plus grandes et prestigieuses ventes. Parmi lesquelles la vente après décès du duc de Morny, celle également de l’atelier de Delacroix, la  fameuse vente Sedelmayer. Vooici un dialogue savoureux entre Pillet Mannheim et le père Jean : 

L'Hôtel Drouot charles pillet et son crieur en 1881 Paul Eudel ;.pdf

 

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Le premier championnat du monde de boxe.

Par Bernard Vassor

John Camel Heenan,Tom Sayers

Il y a  quelques-uns des combats mémorables  dans les annales de la boxe. Un de ceux-ci, opposa  dans la banlieue de Londres, le boxeur Américain John Camel  Heenan à l’Anglais Tom Sayers pour la possession de la ceinture de la « champion’s belt ». Le combat fut annoncé six mois à l’avance, et tous les journaux en parlèrent comme l’un des évènements les plus importants de l’année. Les Anglais, petits et grands s’intéressèrent à cette compétition. Des milliers de spectateurs accoururent de tous les coins les plus reculés du pays pour voir ces deux hommes s’assommer avec l’espoir, et même la conviction que l’Anglais  ne ferait qu’une bouchée de l’Américain, et réciproquement les Américains ayant traversé  l’Atlantique dans le seul but de regarder l’Anglais mordre la poussière. Enfin, le combat se livra à Londres devant une foule survoltée. Les pickpockets et les carotteurs avaient aussi répondu présent.

Le jour tant attendu, les deux adversaires se dépouillent de tous leurs vêtements à l’exception d’une culotte courte. Après s’être cordialement serré la main les combattants tombent l’un sur l’autre. On entend le bruit sourd des coups, comme le celui que fait le merlin d’un boucher sur le crâne d’un boeuf. Le combat qui s’engagea fut d’une violence inouïe. Au septième round, on crut que la rencontre allait se terminer, Tom Sayers ayant le bras droit fracturé, mais, l’Anglais poursuivit malgré sa douleur, la conquête du premier titre de champion du monde. Au quatrième round, c’est Heenan qui se casse la main droite, et ne voit plus que d'un oeil, l'autre en oeuf de pigeon étant tuméfié. Les boxeurs, après deux heures de boucherie, les visages ne sont plus que des amas inertes de chairs sanguinolentes, comme de la viande hachée. L’arbitre qui veut arrêter la tuerie est désavoué violemment par le public qui s’introduisit sur le ring. L’arbitre décide alors, de peur d’être lynché, de quitter le ring, laissant deux fauves se massacrer. Heenan tenta alors d'étrangler Tom Sayers en le coinçant entre la deuxième et troisième cordes. Sur l'intervention d'un spactateur (Anglais sans doute ?) les cordes furent coupées. Le combat durerait peut-être encore si la police n’était pas intervenue pour interrompre la rencontre. L’Américain reprit le bateau sans la ceinture, et l’Anglais mourut peu après des suites de ses blessures. 

Il resta en Angleterre jusqu’à la fin de la guerre de sécession en 1865, il retourna chez lui à New-York pour poursuivre une nouvelle carrière dans les paris plus ou moins légaux. Il est mort atteint de la tuberculose en 1873.

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