« 2012-01-06 | Page d'accueil
| 2012-01-09 »
07/01/2012
Pour les amoureux du vieux Paris : rue de la Huchette, A la hure d'or.
PAR BERNARD VASSOR

La rue de la Huchète à Paris,
Première dont pas n'a mesprit,
Ases tost, trouva Sacalie.
XIII° siècle
Au moyen-age, on l'appelait la maison de la Heuse, à la fin du XVIéme siècle, La Petite cuiller , puis La Hure de Sanglier. Sa voisine la plus proche était "Le Petit More" à l'emplacement du numéro 1 actuel. L'auberge "Au Panier fleuri" recevait de nombreux artistes et les chansons et les éclats de voix retentissaient dans tout le quartier.
Au XVII° siècle elle s'appelait la rue des rotisseurs, et pour le Père Bonaventure Catalagirone, elle était la seule véritable merveille de Paris.
Pendant une petite période, le nom de rue Sacalie lui fut attribué en raison d'une maison répugnante, véritable dépot à ordures (sac-à-lie), transformé plus tard par corruption en rue Zacharie
La rue de la Huchette était dejà peuplée de cabarets, et de rotisseries. Elle abritait depuis 1714 (ce qui nous concerne beaucoup) le bureau des apothicaires à l'enseigne de "La Lamproie" qui se partageait le recrutement de commis de magasins, rue de l'Aiguillerie avec le bureau des épiciers. Les deux professions se confondaient, les épiciers étant souvent apothicaires et vice-versa. Leur particularité étant qu'ils étaient aussi marchands de couleurs.
Les nombreuses enseignes qui ornaient cette rue témoignent de l'intense activité qui y régnait. Le nom de cette rue vient peut-être de la "Huchette d'Or" une enseigne qui fut remplacée par "Les Trois-Maillets-Courronés" que l'on voit encore à l'angle de la rue Galande. L'hôtel de Pontigny sous Charles VI, du côté de la Seine, était un lieu de baignade pour femmes, dans les étuves de l'hôtellerie des boeufs qui était mitoyenne. Les rôtisseries au nom évocateur ;La Lamproie-sur-le gril, La Hure, les pigeons et la Huchette embaumaient déjà cette rue étroite (et qui l'est restée)
On dit que l'abbé Prévost composa Manon Lescaut dans une de ces auberges.
Se sont succédés dans cette ruelle : le bureau des Tanneurs, hongroyeurs, peaussiers et parcheminiers . C'est dans un hôtel de cette rue au numéro 10 : Le Cadran bleu, qu'un homme en 1795, mourant de faim, sans emploi, sans solde demeura quelques temps dans ce garni dans une chambre sous les toits, avec vue donnant sur la Seine. Ce petit homme corse avait pour nom Bonaparte. L'hôtel porta sous l'empire une enseigne "Au Petit Caporal" rapidement débaptisé sous la restauration.
Une partie de la rue fut absorbée par le percement par Hausmann du boulevard Sébastopol.
.............
Le musée Carnavalet conserve cette enseigne.
A suivre............
21:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
|
Digg
Gérard de Nerval errant dans Paris : AURELIA OU LE REVE ET LA VIE
PAR BERNARD VASSOR

Je vais totalement manquer d'originalité, c'est presque toujours cette représentation de Dürer que l'on utilise pour illustrer Gérard de Nerval !
AURELIA
OU
LE REVE ET LA VIE
L'abandon d'une femme aimée, va plonger le narrateur dans un profond désarroi. Une nouvelle rencontre, pendant un voyage en Italie lui fit oublier celle qu'il avait perdu en raison d'une faute impardonnable que nous ne connaitrons pas. Certains auteurs pensent que la femme adulée était
Jenny Colon*, d'autres (comme moi) penchent plutôt pour la très jolie Marie Pleyel et aussi à la fois Jenny qui est morte le 5 juin 1842 à Paris.
qui avait rendu fou plus d'un bonhomme, ( y compris Berlioz, qui lorsqu'il apprit le mariage de sa promise se procura un pistolet et rentra à Paris en urgence pour tuer sa fiancée infidèle. Heureusement pour elle, il n'en fit rien) Gérard poursuit son récit par un retour à Paris. Un soir, vers minuit, il rentrait chez lui, lorsque levant les yeux par hasard, il remarqua le numéro d'une maison éclairée par un réverbère :
"Ce nombre* était celui de mon age, aussitôt en baissant les yeux, je vis devant moi une femme aux teint blême, aux yeux caves, qui me semblait avoir les traits d'Aurélia. Je me dis : "C'est sa mort ou la mienne qui m'est annoncée !"
Cette nuit là il fit un rêve étrange, où un ange qui ressemblait à l'Ange de la Mélancolie d'Albrecht Dürer. Cet ange empêtré dans des nuages, tomba d'un seul coup dans une cour, s'accrochant au passage les ailes en passant sur les toits et les balustres....
C'est à partir de ce moment raconte Nerval qu'il eut ce qu'il appelait l'épanchement du songe dans la vie réélle.
Il poursuit son récit : "Mon ami m'ayant quitté, voyant ses efforts inutiles, sans doute en proie à quelque idée fixe je pensais que la marche la calmerait (...) en même temps, je quittais mes habits terrestres et je les dispersais autour de moi (..).
Dans un récit de souvenirs sur Gérard de Nerval, Alexandre Dumas raconte que l'on était venu le réveiller chez lui une nuit pour aller chercher son ami qui se promenait nu sur le boulevard Montmartre et que la police avait conduit au poste du boulevard Poissonnière.
*C'était le 37 rue Notre Dame de Lorette
**Jenny Colon est née le 5 novembre 1808 à Boulogne-sur-Mer,
Elle était la fille d'une comédienne de l'Opéra comique, eut une vie très agitée, mariée à vingt ans avec l'acteur Laffont, elle eut de nombreuses liaisons, notamment avec le banquier néerlandais Hoppe. Gérard la vit certainement pour la première fois au théâtre des variétés en 1833. Elle mourrut des suites de maternités trop rapprochées. Nerval avait écrit en collaboration avec Dumas une pièce qui lui était destinée : Piquillo. Gérard fut effondré quand il apprit le mariage de Jenny avec le flutiste Gabriel Leplus, organisateur de tournées théâtrales..
Mise à jour le 07/01/2012
16:49 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
|
Digg



