13/10/2011

Un personnage "lunaire" : André Gill, conservateur en chef du Musée du Luxembourg durant au moins .....6 jours !

Par Bernard Vassor

André Gill,

Louis-Alexandre Gosset vit le jour le 19 octobre 1840 rue de la Bourbe (à l'emplacement actuel de la maternité de Port-Royal) de père inconnu. Plus tard, on ajouta le nom de son père (comte de Guines) sans pour autant que celui-ci ne se manifesta. Son grand-père le recueillit après la mort de sa mère.

Après de courtes études, il décida de devenir dessinateur. Un concours de circonstance le rendit célèbre du jour au lendemain. Il fonda plusieurs journaux satyriques qui avaient la particularité d'être coloriés à la main. Chaque feuille était passée séparément au pochoir ! La guerre de 1870 le laissa, sans travail sans ressource, fit de lui un presque clochard. Pendant le siège de Paris, il s'engagea dans la Garde natiolnale comme....aide-pharmacien. Le 18 mars 1871, il se promenait rue de Clichy avec Maxime Vuillaume, un des trois rédacteurs du "Père Duchêne" (blanquiste). ,Un garde national glissa quelques mots à l'oreille du journaliste : - "on se bat sur la place Pigalle !" Les deux compères décidèrent de se rendre sur les lieux. Gill avait un ami qui occupait un petit atelier rue Dupéré au quatrième étage. De là, ils furent aux premièrs loges, surplombant la place Pigalle noire de monde, occupée par des gendarmes en costumes bleus, et des "culs rouges" des soldats de ligne qui avaient mis la crosse en l'air.

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place Pigalle,culs rouges,hiver,

Place Pigalle au mois de janvier ou février 1871, nous voyons des "culs rouges" qui avaient cassé en surface la glace de la fontaine pour laver leur linge. Nous voyons aussi autour de la fontaine des traces de verglas. Cette année là, la Seine pouvait être traversée à pied  en raison du gel qui avait figé les eaux du fleuve.

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C'est alors une grande joie, un grand aair de liberté, une sorte de kermesse, une procession populaire en  arme qui s'empara de Montmartre. Pour fêter l'évènement le caricaturiste décida de se faire offrir un repas au Rat Mort par son ami. Après un festin que l'on suppose arrosé les deux amis errèrent sur le boulevard pour assister à la suite des évènements. C'est ainsi qu'ils virent boulevard Ornano (cette partie est aujourd'hui le boulevard Barbès) l'arrestation d'un grand vieillard qui fut identifié comme étant le général Clément Thomas surnommé le boucher de juin 48 en raison de la répression sanglante qu'il conduisit à cette date. La foule suivit les soldats qui le conduisait au sommet de la Butte pour, disaient certains y être fusillé.  Le spectacle n'était pas du goût de notre ami, qui préféra retourner sur la rive gauche. à la "pension Laveur"

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2008/10/...

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Le Comité Central de la Commune décida de rétablir les musées de Paris dans un régime national.

Une autoriisation était donnée à Gustave Courbet de créer une Fédération des artistes constituée de peintres, de sculpteurs et d'artiste plasticiens réunis dans une salle de l'Ecole de médecine. Gill fut élu dans la section de lithographie en compagnie de Braquemont, Huot, Pothey, Flameng....

Une petite précision, parmi les représentants de cette fédération, les historiens citent toujours Manet (qui était absent de Paris) et Millet qui, de sa maison de La Hague, écrivit au Journal officiel pour protester et rectifier cette information. Mais, rien n'y fit, il y a toujours quelqu'un reprenant les informations d'un autre historien qui rabache les mêmes erreurs.

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Le 15 selon certains, ou le 17 mai 1871 selon d'autres, André Gill était nommé conservateur du musée du Luxembourg flanqué de conservateurs adjoints Jean Chapuis pour les sculptures et un certain Gluck.

Le musée, qui depuis uin an servait d'ambulance pour les soins aux blessés et de cantine pour les employés, fut rendu  à sa destination première. La première décisison du nouveau conservateur fut de prier tout ce petit monde d'aller porter ses pénates ailleurs.

En arrivant, il ménagea l'ancien conservateur , Charle-Emile  Vacher de Tournemine. Celui-ci le lui rendit bien quand les carottes furent cuites pour André Gill, au loment de son départ fit la déclaration suivante :

"Monsieur, je garderai quoi qu'il arrive le  souvenir d'avoir vécu en compagnie d'un parfait gentilhomme"

 Complètement novice en la matière, Gill eut comme obssession : l'accrochage, l'accrochage et encore l'accrochage. Il se rendit dans les réserves du musée Louvre dirigé par Jules Dalou, pour en tirer quelques peintres oubliés. Travaillant sans relache, l'arrivée de versaillais le mardi 23 mai mit un terme à cette expérience. Les coups de feu sur le Luxembourg et les bruits de la bataille interrompirent le travail à 4 heures de l'après-midi. Gill pensait retourner chez lui, mais il rencontra un ami, le peintre Ernest Pichio, candidat aux éléctions complémentaires à la mairie du neuvième arrondissement qui refusa de siéger car il n'avait pas obtenu le huième de voix des inscrits votants. Pichio lui propos de se cacher dans les caves du théâtre de Cluny où ils demeurèrent 3 jours dans l'obscurité la plus totale.

Le matin du quatrième jour, André Gill se risqua à sortir. Sur le boulevard Saint-Michel il rencontra Léon Cladel qui fit plus tard le récit de cette rencontre. Des amis le recueillir pour le cacher rue du Four. Les enragés du Figaro, Villemessant en tête s'acharnèrent sur lui, faaisant circuler de fausses informations, comme celle de son arrestation. 

Jugements et exécution,s sommaires

Dans une aile du palais du Luxembourg s'éait installée une cour prévôtale où quatre militaires jugeaint à la louche : coupable grave,: fusillé-sur-le champ, ou bien envoi à Satory en attente d'un jugement des Conseils de Guerre.

Les murs de l'enceintre qui cerne le bassin du Luxembourg portent encore aujourd'hui les traces des balles qui n'avaient pas atteintes les corps des suppliciés.

A suivre

Emile Cohl,andré Gill,Charenton

Les derniers jours d'André Gill à l'hospice Saint-Maurice.

André Gill esr mort "définitivement" le 30 avril 1885. Il fut hinumé au cimetière de Saint-Maurice. Une souscription pour mettre sur sa tombe une statue d'Henri Chapu fut lancée.

Quelques années plus tard, son corps fut transféré au Père Lachaise, où la statuaire Laure Coutan-Montorgueil réalisa un sperbe buste qui  a été posée directement sur la dalle en comblanchien au ras du sol.

Ces informations sont extraites de la belle hagiographie de Jean Valmy-Baysse qui comprend par ailleurs quelques inventions farfelue. De nombreux détails dans cet ouvrage sont empruntés à la publication de "Mes Cahiers rouges, Souvenirs de la Commune"  parus en feuilletons dans les Cahiers de la Quinzaine et réécrits, élagués et enjolivés par Maxime Vuillaume près de trente ans plus tard.

Une édition complète et inédite avec un important appareil critique vient de paraître aux Editions "la Découverte".

Mon ami Marcel Cerf, grand historien de la Commune (toujprs prêt à aider les chercheurs) arrière petit-neveu de Maxime Vuillaume, n'a pas eu l'occasion de le lire, il est mort il y a un an....

18:37 Écrit par vassor | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

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