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05/04/2011

La princesse de Montpensier, La princesse de Clèves et Zayde et l'abbé Gilles Ménage.

Par Bernard Vassor

 

,Marie-Madeleine pioche de la Vergne,comtesse Lafayette, princesse de clèves, abbé gilles Ménage

Le mercedi 13 avril 2011 à Drouot Richelieu (salle 6 à partir de 11 heures) vont être  mises en vente plusieurs lettres manuscrites de Marie-Madeleine Pioche de la Vergne à son ami et mentor, l'abbé Gilles Ménage, dont celle-ci :
(1662 à l'abbé Ménage à Notre Dame)
"Ce samedy au soir. Je nay jamais veu escrire si sèchement aux gens qu'on ne les aime plus et je nay veu une amitié mourir si subitement que la vostre je croy quelle nest quésvanouiye et je ne consentiray pas a son enterrement que je ne me sois bien asseuree de sa mort cest pourquoi je vous prie que je vous voye demain (...)
Dimanche soir : gage gage que vous este en colere contre moy pour la deux centmilliesme fois si vous neussie point eu quelque rancune vous me series venu voir hier croyé moy ne vous amuse pointg a vous fascher je vous assure que cest a tort et sans cause vous devés vous en fier a moy.
 Ce lundy :
Quoy que e vous disies je tiens en colere mais jeespere  que vous ne le seres que jusques a la premiere veue jay esté ches Madame a faire ma court je croyois demain garder le logis et voous prier dy venir mais je viens de trouver ceans un billet qui madvertit quil faut que je solicite demain 
pour des debats que font mes parties sur le compte que nous en vendons et croy que la teste me tournera de tout cela je donne le bonsoir a vostre colere"

Faut-il être ignare ou inculte pour décréter qu'il n'est pas utile de lire, et de dénigrer ces fleurons de la littérature féminine Française, les plus beaux roman du dix-septième siècle ?

...........................

en offre aux yeux toutes les beautés;

c'est une femme qui parle; il est naturel

qu'elle ait bien choisi; d'ailleurs,

elle faisait un roman (..)  Le petit livre

de Mme de La Fayette est un écrin d'or

où luisent les purs diamants dont se paraient l'aristocratie polie

Après avoir ouvert le cabinet, il est à propos d'ouvrir l'écrin"

Taine 1857

 

La fayette princesse de Clèves.jpg

Edition originale, auteur anonyme en 4 volumes avec la mention : Achevé d'imprimer pour la première fois le 8 mars (aujourd'hui journée de la femme) 1678.

Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, Madame de La Fayette (1623-1693) écrivit ce qui est considéré comme le premier roman moderne. Ce livre historique dont l'action se déroule au siècle précédent (le sien) à la cour du roi Henri II, marque un tournant dans la littérature, et donne pour la première fois une place prépondérante  à la littérature féminine.

Elle avait, comme madame de Sévigné reçu les enseignements de l'abbé Gilles Ménage et bénéficié du secours de Jean Regnault de Segrais et de son ami le duc de La Rochefoucault

La fayette princesse de Montpensier.jpg
Ce premier roman écrit en collaboration avec Segrais, fut un prélude à son chef-d'oeuvre paru 16 ans plus tard.
Il est amusant de noter dans l'avertissement du libraire au lecteur :
"En donnant cette histoire au public, je dois dire qu'elle n'a été tirée d'aucun manuscrit qui nous soit demeuré du temps des personnes dont elle parle. L'autheur ayant voulu pour son divertissement escrire des avantures inventées à plaisir, a jugé plus à propos de prendre des noms connus dans nos histoires, que de se servir de ceux que l'on trouve dans des romans"

Ce qui fait penser tout de suite à la formule consacrée utilisée de nos jours : "Toutes ressemblance avec ......"

 

La fayette ZYADE.jpg
madame de la Fayette.jpg
Entre les deux ouvrages cités précédemment, Zaydé n'est signé que du seul nom de Segrais, qui reconnut plus tard que le roman était de la main de madame de La Fayette. Le "Traité de l'origine des romans" qui est de Pierre-Daniel Huet, considére c'est la première histoire de la littérature, bien que le terme "littérature" ne soit pas prononcé.
Mise à jour le 05/04/2011

18:38 | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

La maison de troisième classe de madame Georget, rue Lepelletier, puis rue de Provence

Par Bernard Vassor

rue lepelletier rue de provence 1834.jpg

Quartier de la Chaussée d'Antin en 1834

Il y avait à Paris, sous le règne de Charles X, une centaine de maisons qui n'étaient pas vraiment closes, mais qui n'étaient pas non plus des lieux de prière. Ces maisons bénéficiaient de la protection de la police des moeurs et de son chef.

Une des plus importantes de l'époque, est celle de la dame Georget, qui organisait dans ses salons luxueux du 29 rue Lepelletier, puis du 60 rue de Provence, des matinées et des soirées, où l'on dansait, on conversait sur tous les sujets en vogue, et, dans des petits salons particuliers, les jeunes (et moins jeunes) gens de bonne famille, pouvaient poursuivre un petit peu plus loin des conversations silencieuses. La dame Georget avait recruté pour la circonstance des filles de mauvaise vie qui étaient chargées de jouer des rôles de comtesses, de marquises ou de veuves éplorées. On faisait venir les "pratiques" sous différents prétextes, comme par exemple leur acheter des marchandises. Une fois sur place, il était entraîné à danser avec une "riche baronne" qui en peu de temps lui lessivait toute sa fortune. Curieusement ces nobles dames avaient des noms précédés d'un caractère religieux; madame de Saint-Ange, Sainte Clara, Sainte-Marie Amaranthe du Parc.....Les jeunes filles étaient parfois recrutées sous des prétextes divers, comme par exemple des ouvrages de couture, ou de courses en ville. Les plaintes des parents de ces victimes étaient toutes jetées au panier.La Georget avait un sens inné de la réclamme. Elle louait à la soirée, plusieurs fiacres richement ornés de couronnes ducales ou impériales, avec leurs cochers qui attendaient toute la nuit devant la porte de son immeuble, jusqu'au petit matin pour donner à sa maison un iincontestable cachet.

Comme sous tous les régimes, les préfets étaient les plus ardents défenseurs de la prostitution. Quand ils n'en étaient pas les bénéficiaires directs, ils distribuaient les cartes à condition que ces donzelles donnent chaque mois des informations sur leurs amants d'un jour (ou plus), pouvant servir à la police pour déjouer des vols, escroqueries ou cambriolages, et même manipuler des opposants politiques. Certains inspecteurs avaient même leur couvert à la table de la maison et pouvaient consommer sur place gratuitement les jeunes filles qui lui étaient offertes et qu'ils rançonnaient parfois.

 Mises à jour dans l'article original

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