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11/07/2010

Les tourments d'Auguste Biard, "cornecufié" par Victor Hugo

Par Bernard Vassor

Biard cadre salon 1846.jpg
Cette année là, Auguste Biard, un de peintres préférés de Louis-Philippe, qui arborait au front, les plus beaux bois qui lui avaient été plantés par un pair de France, était la risée du salon de 1846.

A madame Léonie :
On voit en vous, pur rayon,
La grâce à la force unie,
Votre nom, traduction
De votre double génie,
Commence comme lion,
Et finit comme harmonie
.

leonie biard cadre archives.jpg
La très jolie Léonie Biard, née d'Aunet en 1820, issue d'une famille de petite noblesse
La seule femme pour qui Totor avait envisagé de quitter Juju !!!

Après des études, à l'Institution Fauvel, c’est en 1835 que Léonie d’Aunet rencontre Auguste Biard, peintre  qui bénéficie de commandes de Louis-Philippe. De 20 ans plus agé qu’elle, il devient son amant en 1838. Ils se marièrent en juillet 1840, après le retour d’une mission scientifique au Spitzberg dont elle fut la seule femme, et Biard le peintre de l’expédition. Victor la rencontra certainement dans les salons de Fortunée Hamelin 58 d'Hauteville (futur hôtel Bourienne). Le 5 juillet 1845, un commissaire de police accompagné de l'artiste peintre, surprend en flagrant délit d'adultère dans une chambre d'hôtel du passage Saint Roch, la femme Biard et son amant. La femme Biard, en instance de séparation, est immédiatement jetée à la prison Saint-Lazare où elle resta du 5 juillet au 10 septembre, avant d'être transférée, grâce à l'intervention d'Adèle Hugo* (magnanime) dans un couvent. Condamnée par le tribunal de la Seine, elle perdit la garde de ses enfants. Son mari, Auguste Biard, autorisa sa sortie du couvent le 5 décembre  de la même année. Victor Hugo, lui, ami du Roi et pair de France bénéficia de l'inviolabilité pénale...Victor se sentit coupable et se fit un devoir, de continuer ses relations secrète avec elle,  jusqu'au coup d'état du 2 décembre qui vit leur séparation physique, mais n'empêcha pas le poète de correspondre avec elle.

Hugo grâce à ses relations dans la presse, parvint à étouffer le scandale.

...........................................

Un observateur avisé, en 1846, fit paraître un roman "La Cousine Bette" dans lequel, un personnage, le Baron Hulot, est surpris au lit avec Valérie Marneffe, sa maîtresse. Un juge de Paix, un commissaire de police et le mari de Valérie vont constater l'adultère.

....................

. Léonie collabora à la revue Les Modes parisiennes, tenant la chronique de mode comme elle l’avait déjà fait dans l’Événement signant du pseudonyme de "Thérèse de Blaru". Adèle l'aida à faire publier son "Voyage au Spitzberg" chez Hachette, qui obtint un beau succès.

". Léonie d'Aunet mourut à Paris le 21 mars 1879 (elle habitait 66 rue de Bondy, aujourd'hui rue René Boulanger dans le X°) quatre ans avant Juliette Drouet.**

L'histoire de la correspondance en elle même est très compliquée :
Hugo avait imaginé un stratagème pour brouiller les pistes. Il avait chargé une femme Alphonsine Masson*** de la transmission de mots écrits sur de fines pellicules de l'épaisseur de papier à cigarette à une dame dont il donne plusieurs adresses. Cette correspondance dura plus de dix ans.
*Léonie était proche d'Adèle, et fréquentait assidument le salon de la rue de la Tour d'Auvergne

**Qui fut la dernière informée de cette liaison de sept ans, elle mit Hugo en demeure de faire un choix. C'est le coup d'Etat, et son exil, qui tranchèrent pour lui !

***Alphonsine Masson mériterait un article à elle seule. Femme exaltée, membre d'un cercle qui "a retrouvé la sciencee bafouée de Mesmer". Elle perdit tout à coup sa faculté de médium pour se convertir à la religion chrétienne. Elle en profita pour écrire un livre :Ma Conversion paru en 1864

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Lire les mises à jour dans l'article original remanié.

 

15:59 | Tags : thérèse de blaru, alphonsine masson, leonie d'aunet, auguste biard, balzac | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Celui qui dit NON ! à Vincent van Gogh : Charles Angrand

Par Bernard Vassor

Angrand Maison cadre.jpg

Charles Angrand (1854-1926) a vu le jour dans un petit village de Normandie, à Criquetot-en-Caux.  C'est à l'atelier Cormon, puis chez le père Tanguy, que Charles Angrand fit la connaisance de Vincent. Après sa rencontre avec Seurat qu'il accompagnait dans ses déplacements à Asnières et Courbevoie, Charles Angrand( 1854-1926) va porter à la perfection la technique de division des touches et  du mélange optique.

Ami de Aman-Jean, Camille Pissarro, Armand Séguin, d'Adolphe Albert, Paul Adam, Gustave Kahn, Félix Fénéon, ils se réunissaient chez Signac boulevard de Clichy. Il fut un des principaux peintre du groupe néo-impressionniste. Sa première exposition parisienne date de décembre 1884 au salon des Artistes indépendants 45 boulevard des Batignolles.
Je l'ai classé abusivement dans "les amis de Vincent" pour la simple raison que il avait refusé d'échanger une de ses toiles contre une de Vincent van Gogh !!!
C'est Charles Angrand lui-même qui raconte à Coquiot que Vincent avait vu sa toile "Les poules dans la basse-cour" ou plutôt "Jeune fille aux poules"en dépôt chez le père Tanguy, et qu'il (Vincent) avait été attiré par "sa lourdeur de pâte". Ils  eurent une discussion dans le "café du Théâtre", boulevard des Batignolles, qui n'aboutit pas. Angrand, les néo-impressionnistes Paris 1970
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A l'île de la Grande-Jatte, qu'un certain maire de Neuilly a fait transformer miraculeusement en résidences de luxe !
Lire les mises à jour dans l'article original
Mise à jour le 12/07/2010 :
Cest le 20 octobre 1886, que Charles Angrand rencontra Vincent qui lui demanda d'échanger le tableau intitulé "Jeune fille aux poules" qui était exposé chez Tanguy. Vincent dans une lettre datée du 25 octobre, réitère son offre en ces termes : "Monsieur, j'en ai parlé à  M. Boggs* de l'entrevue que j'ai eue avec vous et si vous aimeriez faire un échange avec lui, allez-y ardemment. Moi-même, je me suis recommandé pour un échange, j'ai justement deux vues du Moulin de la Galette dont je pourrait disposer. Espérant vous voir un de ces jours, je vous serre la main.-Vincent- Allez donc voir mon frère (chez Goupil & C. boulevard Montmartre) il y a en ce moment un très beau Degas. J'ai encore revu chez Tanguy votre  "Jeune fille aux poules", c'et justement cette étude là que j'aimerais vous échanger"
Angrand refusa l'échange. Ses héritiers durent le maudire !!
Angrand l'accident cadre.jpg
*Franck Myers Boggs (1855-1926) peintre américain, il suivit les les cours de Gérome à l'Académie des Beaux-Arts de Paris.

12:49 Publié dans Les amis de Vincent | Tags : aman-jean, camille pissarro, armand séguin, d'adolphe albert, paul adam, gustave kahn, félix fénéon | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | Digg! Digg

Le cabinet de Nicolas Grollier de Servière

Par Bernard Vassor

Grollier de servière livres.jpg
La roue d'étude de Nicolas Grollier de Servière.

Après le plaisir de  posséder des livres et d’en jouir

à la fois comme simple amateur et comme studieux,

je ne connais guère de plaisir plus vif, que celui d’en parler.

Charles Nodier

L'ingénieur Nicolas Grollier de Servière (1596-1689) est l'inventeur de machines fantastiques. Cette "roue, pupitre d'une façon particulière pour les gens d'études" dont on peut voire un exemplaire à la bibliothèque de l'Arsenal, était destinée à permettre de "sans changer de place ni bouger de son bureau, lire successivement plusieurs livres les uns après les autres, sans avoir la peine de les chercher, ou de se les faire apporter".

Deux grandes roues étaient solidement attachées l'une à l'autre par un axe qui les faisait tourner ensemble sur les pieds-droits.

Entre ces deux grandes roues, et autour de leur circonférence, il y avait des tablettes qui y étaient retenues par des espèces d'axes coudés et mouvant dans les grandes roue, en sorte que, lorsque les roues tournaient, le poids des pupitres les tenaient toujours dans la même position, et les empêchait de basculer et de perdre leur équilibre.

Né la même année que René Descartes, il mena une activité similaire à celle du philosophe, après des études brillantes, il s'engage, comme Descartes dans l'armée de Hollande, puis en Allemagne pendant la guerre de trente ans. Comme ingénieur, il inventa diverses machines de guerre, des engins de siège, des ponts flottants etc... Lors de son passage en Allemagne, certains ont prétendu qu'il avait été affilié à une loge rosicrucienne,ce qui n'a jamais été démontré.

L'invention de la roue d'étude, est aussi attribuée à Agostino Ramelli (1531-1600) dans un livre paru en 1588 :

TABLE DES CHAPITRES DE CET OUVRAGE (dans gallica) :
PAGE DE TITRE
nn [Frontispice]
nn AL RE CHRISTIANISSIMO
nn AU ROY TRES CHRETIEN
nn Prefatione
nn PREFACE : DE L'EXCELLENCE DES MATHEMATIQUES
nn ALLI BENINI LETTORI
nn AUX BENINS LECTEURS
1r [ 1-110 : Machines à élever l'eau]
171r [111-112 : Caissons hydrauliques]
174r [113-137 : Moulins, scieries, forges]
213v [138-139 : Machines à lever pour creuser un fossé]
216v [140-153 : Ponts mobiles]
253v [154-177 : Machines pour dégonder une porte, rompre des barreaux, arracher une serrure]
291r [178-183 : Machines pour "tirer et conduire de très grands poids"]
302v [184-187 : Fontaines]
316r [ 188 : Roue à livres]
317v [ 189 : Artifice pour conduire et tirer facilement l'artillerie en lieu haut]
319v [190-193 : Armes de jet, catapultes, arbalètes]
332v [ 194 : "Moyen artificiel pour tirer de nuit avec l'artillerie"]
336r [ 195 : Pont mobile]
nous retrouvons curieusement les mêmes inventions que celle de Grollier de Servière. Ce qui nous conduit à nous demander, qui est des deux le plagiaire ????

Nicolas Grollier descendait du célèbre Jean Grollier de Servière (1479-1565) trésorier des finances, mais surtout bibliophile réputé pour la beauté et la qualité de ses reliures.

11:16 Publié dans L'amour des livres | Tags : bibliothèque de l'arsenal | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

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