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26/11/2007
QUELQUES ARTISTES ET ECRIVAINS A AUVERS-SUR-OISE
PAR BERNARD VASSOR
« Auvers, c’est gravement beau »
Vincent van Gogh (Lettre à Théo)
On aimerait que les vers suivant de François Villon ne soient pas apocryphes :
Je suis Françoys, ce dont me poyse,
Nommé Corbueil an mon surnom,
Natif d’Auvers emprès Ponthoise,
Et du commun nommé Villon. .
En 1633 un banquier italien du nom de Lioni se fit construire un pavillon qui est à l’origine du château actuel.. A la veille de la révolution, il y avait 1550 habitants. Ceratains historiens mentionnent le séjour de Bernardin de Saint-Pierre à Auvers.....
En 1814 et 1815, Auvers, comme Montmartre, subit l'occupation Russe et Prussienne. L'inauguration du chemin de fer eut lieu en 1846. Le nouveau cimetière recueillit les ossements de celui qui se trouvait près de l'église, et a été inauguré le 8 décembre 1859. et la mairie en 1862. En 1860, Daubigny annonçait à un ami qu’il avait acheté à Auvers : « un terrain de soixante perches, tout couvert de haricots et sur lequel je planterai quelques gigots si vous venez m’y vouir, sur lequel on est en train de bâtir un atelier de 8 mètres sur 6. (…) Le père Corot a trouvé Auvers très beau, et m’a bien engagé à m’y fixer ». C’est le peintre architecte Oudinot qui fut chargé de la construction. Daubigny , qui avait vécu étant en nourrice chez la mère Bazot à Valmondois, connaissait déjà parfaitement la région. Il vint s’y reposer chez elle bien plus tard, dans « le pays le plus varié de lignes que je connaisse des environs de Paris » Lorsqu’il venait passer des vacances d’été, il habitait une petite maison en haut de la ruelle des Callepont, près de l’église* à côté du café de la Station, tenu par un nommé Partois où se réunissaient les Daubigny père et fils, Daumier, Oudinot Léonide Bourges et Penel un graveur. De temps en temps des amis
venaient les visiter, il y avait : Harpignie, Jules Dupré, le très zolien Guillemet et Charles Jacque le graveur. C’est en 1873 qu’il s’établit définitivement à Auvers et sous l’amicale pression de Pissarro, et de Guillaumin C’est cette année là que Cézanne fit ses premières tentatives d’exécution d’estampes chez le docteur Gachet encouragé par Camille Pissarro, Eugène Murer et Guillaumin. Le « pâtissier » Murer s’était fait construire une maison baptisée « le Castel ». Il reçu chez lui Vignon, Renoir et Guillaumin. Parmi les artistes du pays (dont on retrouve pour certains les noms sur les tombes du petit cimetière d’Auvers) nous retrouvons mademoiselle Bourges, Delpy, Martinez, et Felix Buhot. Parmi les artistes étrangers, nous pouvons nommer : le Hollandais Anton Hirshig, (celui qui vint à Paris prévenir Théo de la blessure de Vincent), et qui vivait à l'auberge Ravoux. Walpoole Broocke l’Australien et une colonie d'artistes américains.

Devant l'auberge Ravoux, notre ami le docteur Michael Pakenham**, parlant à une inconnue.
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Dans le bas de la rue Boucher, une dame Lecomte avait aménagé une vieille grange en atelier qui fut ensuite occupé après la mort de celle-ci par Emile Boggio. Tous les deux reposent au cimetière d’Auvers. Norbert et Charles avaient loué la maison du graveur Martinez, ils y imprimèrent de nombreuses gravures..
Germain Bazin, Albert Châtelet, Van gogh et les peintres d’Auvers, éditions des Musées Nationaux 1954.
Michael PAKENHAM, fut le chercheur qui obtint l'amitié de Gachet fils, et grâce à son témoignage et à ses recherches nous en apprit beaucoup sur Van Gogh et le docteur Gachet. Sur la photo à gauche, Michael Pakenham, en compognie de l'épistophile Isabeau de Dover est sur le petit chemin qui conduit au cimetière.
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UN PETIT BAL PERDU A MONTMARTRE : LE BAL CHAPTAL DE LA RUE BREDA
PAR BERNARD VASSOR
C'est la première fois que je vois mentionné le "BAL CHAPAL" situé au 15 rue Bréda (aujourd'hui Henri-Monnier). En 1850, une commission de sécurité des Théâtres de la préfecture de Police ( 2è bureau) a trouvé conforme le bâtiment par les pompiers, l'architecte de la préfecture et le commissaire de Police du quartier qui se trouvait au 1 rue Bréda.
Le quartier comme vous le savez était fréquenté par des artistes qui avaient leur atelier dans le secteur, et il était surtout fréquenté par les "Bréda", jeune ou moins jeunes femmes de moeurs légères.
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INAUGURATION D'UN CIRQUE A PARIS, invitation pour le 29 juin 1875
PAR BERNARD VASSOR
Le cirque, bâti sur un terrain vague à l'angle de la rue des Martyrs et du boulevard Rochechouart, fut le sujet de nombreux tableaux peints par Degas, Toulouse-Lautrec, Seurat, Signac. Le succès fut immédiat, de nombreuses personalités s'y précipitèrent.
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PAUL ROBIN, UN APOTRE DE L'ÉCOLE LAÏQUE, ANARCHISTE, NEO-MALTHUSIEN
PAR BERNARD VASSOR

"Le devoir sacré, le premier de tous, est de travailler
sans relâche au perfectionnement des hommes,
et à l'anéantissement des misères qui les écrasent"
Né le 3 avril 1837 à Toulouse dans un mileu bourgeois, à la limite aristocratique, catholique fervente. Il avait un oncle chanoine.(sa mère était née Martin de Roquebrune et son père était haut fonctionnaire dans la marine) Il fit de brillantes études à Bordeaux, et prépara l'Ecole Normale Supérieure et fut reçu, mais son tempérament frondeur, il se fit mal voire de ses supérieur. Nommé en 1861 professeur au lycée Napoléon-Vendée à la Roche-sur-Yon . Ne pouvant supporter l"atmosphère étouffante de l'enseignement sous le second empire, pour se rendre en Belgique, à Liège où il fonda une association et des cours du soir gratuits pour les enfants d'ouvriers où il professe les sciences,, la musique et toutes les matières concernant l'éveil artistique. A Bruxelles où il séjourna, il rencontra la fille du futur dirigeant socialiste libre-penseur Paul Delassalle, qu'il épousa. Il adhéra alors à la section Belge de l'Association Internationale des Travailleurs. Après de vives protestations contre la féroce répresion d'une grève à Seraing (Belgique) il fut expusé du royaume. C'est à Genève qu'il se rendit. Acueilli par Michel Bakounine qui l'hébergea provisoirement, il mis sur pied un mouvement socialiste qu'il baptise l'Organe. Mais après quelques mois son caractère intransigeant le fit se séparer des socialistes Genevois. Même ses amis les plus proches, Ccomme James Guillaume le condamnèrent, l'accusant certains de vouloir livrer la section Suisse aux marxistes. Pour survivre, il se fit peintre sur émail. Il a toujours été affilié à la section Belge, et dans le vote au congrès de Bâle, il vote avec les Bakouniniens. Revenu à Paris, il rejoignit Eugène Varlin et Avrial qui le chargèrent de surveiller l'édition des statuts généraux de l'A.I.T EN 1870. A la suite de la publication dans le journal de Rochefort "La Marseillaise"d'articles contre le plébiscite, auquel il avait apporté sa signature, Après des péripéties, il fut arrêté le 22 juin et figura dans le troisième procès de l'Internationzle où il bénéficia de deux mois de prison, à Sainte-Pélagie d'abord, à Beauvais ensuite. Libéré par le 4 septembre, il fut tout de même expulsé vers la Belgique. Rompant cet arrêté, il revint avec sa falille à Paris. Dénoncé, il fut de nouveau incarcéré. Après sa libération, il se rendit à Londres reçu par des positivistes, qui lui permirent pour survivre de donner des leçons particulière. Il fut nommé à l'unanimité sur proposition de Karl Marx membre du Conseil général de l'Internationale. Mais très rapidement, la lutte entre les deux tendances s'envenimait. Des rivalités mesquines se manifestèrent. Marx cherchant à faire exclure du mouvement la tendance "anti-autoritaire" des partisans de Bakounine. Robin prit parti contre Marx, et fut donc après la condamnation de Marx démis de ses fonctions.
Paul Robin lui fit parvenir la lettre suivante :
"Je suis convaincu que cédant à des haines personnelles, vous avez porté ou appuyé des accusations injustes contre des membres de l'Internationale, objet de ces haines dont le crime était de ne pas partager votre point de vue
Je vous salue". Il continua à donner des leçons et obtint des postes dans plusieurs collèges anglais. Il frquentait à Londres les cercles néo-malthusiens. Il tenta de convaincre ses amis de la fédération jurassienne en vain. Le puritanisme des anarchistes kropotkiniens, des Reclus, Guillaume, leur faisait refuser tout contrôle des naissances, et de la question sexuelle, de la santé phisyque. Il se sent investi d'une mission, il pense qu'il y a une oeuvre pédagogique utile à accomplir. Il revint en France où il collabora "Dictiçonnaire pédagogique" de James Guillaume.
En 1880, un négociant philanthrope, légua au département de la Seine qui devait être affecté à l'accueil d'enfants des deux sexes dans un bâtiment à Cempuis petit village de l'Oise. Pressenti pour le poste de directeur de ce qui allait être un orphelinat, il vit là le moyen de réaliser ses ambitions. C'est alors pour l'époque une révolution sans précédents, ses principes pédagogiques basés sur la liberté, il réunissait sur les bancs garçons et filles. Dans le village, et dans la région, l'orphedevint l'antre de Satan ! On repoussait les murs, un jardin potager avait été créé et confié aux enfant, leur laissant totale liberté pour l'exploiter. On creusa une piscine où filles et garçons se baigaient ensemble. L'accès à tous les lieux étaient libre, la ferme, le parc, le jardin où élèves et professeurs se trouvaient réunis. Les cours se faisaient en plein air quand le temps le permettait. Dans le grand réfectoire, tout le monde mangeait à la même table, le même menu.La pratique du sport jouait un grand rôle dans ce système éducatif. La Marseillaise avait été remplacée par "La Marseillaise de la Paix", "le Chant des Ouvriers" dont Robin en était l'auteur et le compositeur. En 1883, il fut le premier à organiser des colonies de vacances sur un terrain qu'il avait acheté à Mers-les-Bains. Revers de la médaille, le mot eugenisme fut appliqué à sa pensée, et à son action. Là aussi, il fut tristement précurseur, Barrès et Vacher de la Pouge ne publièrent leur idéologie qu'en 1896 !!!
A la suite d'un accident mortel, l'occasion fut trop belle aux opposants de tout poil d'organiser une campagne féroce, énorme nationale. Le directeur de "l'école sans Dieu" que ses ennemis appelaient "la porcherie de Cempuis" fut révoqué en 1884. Sébatien Faure, ouvrit en 1904 une fondation près de la forêt de Rambouillet, où il appliqua les principes de son ami. Paul Robin conacra les 18 dernières années de sa vie à la propagande qui sera condamnée par son ami Elysée Reclus qui le traite de mystificateur. Son caractère entier, sombre, va faire se restreindre le nombre de ses amis. Le 1 septembre 1912, il avala une dose de chloridrate de morphine dissous dans de l'alcool. Il fut incinéré contre ses dernières volonté au cimetière du Père Lachaise.
Sources :
Archives de la préfecture de Police
Archives familiales
Gabriel Giroud (un ancien élève de Cempuis); Cempuis, éditions Schleicher frères Paris 1900
Jeanne Humbert, Une grande figure : Paul Robin, La Ruche ouvrière, sans date
Thèse déposée aux archives de la Police, Aux origines de l'eugénisme en France (DA 218°) que l'auteur me pardonne, n'ai pas retrouvé son nom...
04:10 Publié dans LES PRECURSEURS | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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