16.05.2007
LA BASCULE A CHARLOT
PAR BERNARD VASSOR
Un ancien Jésuite, devenu médecin, député du tiers-état à Paris, proposa dans la séance du 1 décembre un article :
"Dans tous les cas où la loi prononcera la peine de mort, le supplice sera le ,même, quelque soit le crime dont il se sera rendu coupable, le criminel sera décapité; il le sera par l'effet d'une simple machine" Avec cette machine, dit-il, je vous fait sauter la tête en un clin d'oeil.. Quoique sa pro^position ne fut pas retenue immédiatement, cette machine fut surnommée par dérision "La Guillotine". Et déjà une chanson fut écrite :
Guillotin
Medecin
Politique
Imagine un beau matin
Que pendre est inhumain
Et pas patriotique
Et sa main
Fait soudain
La machine
Qui simplement nous tuera
Et que l'on nommera
Guillotine
La machine ne fut mise en usage qu'en 1792. C'est le docteur Antoine Louis secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie se chargea de faire construire et de tester ce nouvel outil de mort. Elle fut fabriquée par un facteur de piano de Strasbourg nommé Schmit. Le chirurgien en dirigea la construction d'après des dessins d'un sieur Laquiante , attaché au tribunal de Strasbourg. Le 17 avril 1792, après des essais sur des moutons dans une cour de la rue Saint-André-des-Arts, le chirurgien Louis, accompagné du bourreau Samson après d'ultimes essais sur des cadavres à Bicêtre. A cette époque, on proposa d'appeler cette machine "La Louison".
C'est un certain Pelletier qui eut l'honneur d'inaugurer la machine à couper en deux....C'est sur la place de Grève que fut dressée la machine qui fut le przetexte à des plaisanteries d'un goût douteux.
Un journal pouvait écrire : "On donnera incessament la première représentation de la Guillotine, pièce à tiroir, imaginée jadis en Italie, mais adaptée à notre théâtre par le docteur Diafoirus, et retouchée par un "frater" qui jouit en France d'une grande célébrité. (...)- Nota, si le succèscouronne leur espérance, les entrepreneurs envisagent d'établir des théâtres dans les provinces et notament dans l'Orléanais."
Un rédacteur du même journal, donne quelques jour après un article qui se veut humoristique :"29 avril, on a donné une première représentation de la Guillotine, tragédie en un acte qui a eu le plus grand succès".
Le docteur Antoine Louis satisfait du devoir accompli, put mourir en pais quelques jours plus tard le 20 mai 1792.
Le langage populaire va aussitôt s'emparer du nom de la guillotine, pour l'appeler : La décolleuse, La Louisette, La Louison, la bascule à Charlot (le prénom du bourreau Sanson était Charles), L'escalier du-monte-à-regrêt....
et bien sûr "La Veuve" dont Jules Jouy fit une terrible chanson, en voici un couplet :
Cynique , sous l'oeil du badaud,
Comme en son boudoir une fille,
La Veuve se lave à grande eau, Se dévêt et se démaquille.
Impassible au milieu des cris, Elle retourne dans son bouge;
De ses innombrables maris
Elle porte le deuil en rouge.
Dans sa voiture se hissant,
Goule horrible que l'homme abreuve,
Elle rentre cuver son sang,
LA VEUVE.
09:40 Ecrit par vassor dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : JULES JOUY, BICETRE, ANTOINE LOUIS, GUILLOTIN, SAMSON, LA VEUVE




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