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13/01/2007

LA GRANDE CHAUMIERE

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Par Bernard Vassor

Le Chahut, le Cancan, la Polka, sont nés là

Aujourd’hui, à l’emplacement du boulevard Raspail et de la rue de Chevreuse.

, n°201 à 209 boulevard Raspail et 112 à 136 boulevard du Montparnasse.


« Pomaré, Maria,
Mogador et Clara,
A mes yeux enchantés,

Paraissez belles divinités.

Messieurs les étudiants,
S’en vont à la Chaumière,

Pour y danser le Cancan,

Et la Robert-Macaire.
Toujours, toujours Triomphant des amours

Et ioup ! ioup ! ioup ! la la... »

(Frédéric Soulié)

Dans un petit hameau du côté de Montparnasse,un anglais nommé Tickson avait fondé le célèbre bal-jardin. Il s’était associé avec un restaurateur Edouard Fillard qui possédait un restaurant sur les lieux. Ils ouvrirent une sorte de parc d’attraction : boutiques, manèges, montagnes russes, baraques de tir, cafés, restaurants et bals, à l’imitation du Prater de Vienne et du Tivoli. C’était un ensemble de cabanes à toits de chaume qui furent remplacées par des maisons à étages.Le gendre de Fillard leur succéda et il vendit en 1837 « la Chaumière » au Père Lahire, un colosse doté d’un force prodigieuse, qui assurait à lui seul le maintien de l’ordre dans son établissement.

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Pour concurrencer le bal Mabille, le nouveau propriétaire fit une nouvelle décoration : au bout d’une allée bordée d’une double rangée de caisses d’orangers, l’emplacement de la danse fut bitumé, macadamisé, sablé et entouré de balustrades peintes en vert pour protéger les petites tables réservées aux consommateurs. Pour le public populaire, le prix d’entrée était de cinquante centimes le samedi et le dimanche, mais le lundi on demandait deux francs pour la clientèle huppée.  Le succès fut tout de suite extraordinaire, on disait à l’époque que le boulevard Montparnasse était « le boulevard conduisant à la  Grande Chaumière ». Il aurait été fréquenté, selon Hilairet, par Girardin, Barbès, Jules Favre et... Thiers dans sa jeunesse…Hélas, la concurrence de Bullier qui avait crée ce qui allait devenir « la Closerie des Lilas », et la spéculation foncière, allaient avoir raison du bal champêtre du Père Lahire.

*Boulevard d’Enfer en 1760, puis Raspail en 1887.


 

 

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20:58 Publié dans BALS ET GUINGUETTES | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

LE LAPIN BLANC DES MYSTERES DE PARIS

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                                                                    La rue Aux Fèves

Par Bernard Vassor,

Le roman «  Les Mystères de Paris » parut en feuilleton dans le « Journal des Débats » du 19 juin 1842 au 15 octobre 1843. Ce fut un succès sans précédent, ce qui provoqua la jalousie de ses confères et « amis », dont Balzac qui ne manqua pas de le dénigrer ouvertement.La rue aux Fèves est située dans l’île de la Cité. Elle commençait rue de la Vieille-Draperie, numéros 5 et 7, et finissait rue de la Calande, n°14 et 16. Sa longueur était de 93 mètres.

C’est en 1260 que Saint-Louis céda ce terrain pour 30 sols de cens. Cette ruelle était habitée par des marchands de drap que l’on nommait des fèbvres, d’où la dénomination de rue aux Fèves. Le ministre Chaptal a fixé la largeur de cette voie à 8 mètres le 13 brumaire an X.Le début des Mystères de Paris, à travers le parcours de « Rodolphe », donne un aperçu des lieux et de l’ambiance de ce quartier :
« (Rodolphe) traversa le pont au change et s’enfonça dans la Cité, dédale de rues obscures, étroites et tortueuses, qui s’étend depuis le Palais de justice jusqu’à Notre Dame. Quoique très circonscrit et très surveillé, ce quartier sort pourtant d’asile et de rendez-vous à un grand nombre de malfaiteurs de Paris qui se réfugient dans les tapis-francs. (...) Les maisons couleur de boue, percées de quelques rares fenêtres aux châssis vermoulus se touchaient presque par le faite tant les rue étaient étroites »Comme nous le voyons sur la gravure, l’enseigne était située au début de la rue aux Fèves. La taverne était au rez-de-chaussée d’une haute maison dont la façade se compose de deux fenêtres à guillotine. Au dessus de la porte, une lanterne dont la vitre fêlée porte ces mots : «  ici on loge la nuit ».

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Si vous voulez connaître Fleur de Marie, le Chourineur, Bras rouge qui tenait une boutique où l’on vendait de tout au numéro 13, le maître d’école, la goualeuse, vous pouvez vous plonger avec délice dans ce feuilleton haletant. (Les gens attendaient la fin de l’épisode pour mourir, disait Alexandre Dumas, le fidèle ami d’Eugène Sue).

et, comme on dit dans le "Journal des Débats", A SUIVRE...Sources : Le bulletin des Amis du Roman populaire N° 28/29, « Le Rocambole » automne hiver 2004
Daniel Compère , Jean-Pierre Galvan, Laurence Kany, Odile Krakovitch, Mathieu Letourneux, Noëlle Benhamou, Claude Aziza, Chantal Chemla<!--[if !supportEmptyParas]--> qui ont participé à la célébration du bicentenaire à Paris III Sorbonne nouvelle le 25 février 2004 et à la manifestation que j’avais organisé avec Nadia Prete à la mairie du IX° arrondissement.

Sources : Archives de Paris.   

(D’après Les cafés artistiques et littéraires de Paris, paru en 1882)

Poivard le propriétaire "des Pieds Humides" s’associa avec Moras qui était le patron du Lapin Blanc.

Cet endroit sorti de l'imagination d'Eugène Sue fut une aubaine pour le propriétaire d'une maison rue Aux Fèves". Tablant sur le succès du feuilleton, il ouvrit un "Tapis-franc" qui n'eut de franc que le nom ! Les quelques chroniqueurs de l'époque n'ont rencontré aucun "Chourineur, Maitre d'école ou Fleur de Marie". C'était un endroit très calme où l'on s'ennuyait ferme... L'endroit ferma ses portes vers 1850..........

17:05 Publié dans CAFES ET RESTAURANTS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Histoire des maisons, "clandés" et "tolérances" dans le 9° arrondissement

« Le Star of Vénus », un café pas tout a fait littéraire.

Dites moi, où n’en quel pays
est Flora la belle romaine ?

François Villon Situé à l’angle de la rue de la Grange Batelière et du passage Jouffroy, ce café et les étages supérieurs étaient un lieu de plaisir que les frères Goncourt ont soigneusement étudié. En 1850, moment de la création, la tenancière de l’établissement qui était surveillée par la police des moeurs, avait installé là une maison de tolérance.  C’était aussi le refuge des petites dames de mauvaise vie  du passage Jouffroy qui venaient s’y réfugier, quand la police venait troubler leur petit commerce.  C’était en général le mari de la sous-maîtresse qui était un littéraire. En effet, il se présentait comme traducteur auprès des touristes racolés à la sortie des théâtres du boulevard ou des «  Folies Bergères » toutes proches. Nous savons le goût des Baudelaire, Delvau, et Aurélien Scholl, pour ces endroits. La proximité du boulevard et l’endroit assez discret permettaient bien des escapades incognito...
L’endroit est fermé en 1946 par une loi initiée - dit Alphonse Boudard - par une ancienne prostituée qui a donné son nom à ladite loi ! Depuis, un magasin d’antiquité qui occupe ce rez-de-chaussée, n’est pas hostile à la conservation de la mémoire de ce lieu. La dernière sous-maîtresse était une certaine Georgette en 1933.

 

Dans cette rue au XIX° siècle, au numéro 1, le « Bar de la Batelière »  tenu par Fitch Auguste avait ses protégées.. Il y avait un hôtel tenu par madame Berbezy au numéro 3. Au numéro 4, un débit de vins-hôtel du Liban, depuis 1872, était une maison de rendez-vous. Au numéro 5, dans un appartement situé à l’entresol, les sœurs Guillaumin recevaient chaleureusement les clients de et du passage. Le restaurant « La Biche » a exercé de 1879 à 1903, dirigé par Pol Alfred, complétait le tableau de la prostitution de la rue Grange Batelière.

Sources :
Archives de la préfecture de police
Alphonse Boudard : La Fermeture Paris 1986
Les Goncourt : La fille Elisa (le premier chapitre est consacré à l’étude des maisons closes)
Laure Adler : la vie quotidienne.......
Archives privées

Le Guide Rose 1933
Et le très documenté, même si il y a quelques petites erreurs d’adresses : Hervé Manéglier, Les artistes au Bordel, Flammarion, 1997.
Le très curieux "Manifeste d’Oréllie-Antoine premier, roi d’araucarie et de Patagonie, a été édité dans l’immeuble mitoyen du passage Jouffroy (52) le 16 décembre 1863, par Thévelin libraire.   

16:40 Publié dans Troisième partie la rue Grange Batelière | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

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