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11/02/2013
Une pierreuse* devenue une immense vedette : EUGENIE BUFFET.
Par Bernard Vassor
Eugénie est née à Tlemcen (Algérie) en 1866. Orpheline de père à l’âge de six ans, elle fut placée dans une institution religieuse à Oran. D'après ses "Mémoires*", écrits par un journaliste Maurice Hamel, elle fut violée par un de ses cousins,

ce qui la conduisit à éprouver une certaine aversion pour les hommes. Par cette hagiographie, je suis frappé de la coïncidence avec la fausse biographie de Billie Hollyday,(rédigée elle aussi par un journaliste sur son lit d'hôpital) où tous les mêmes clichés sont usés jusqu'à la corde!!!
Néanmoins reprenons quelques faits avoués et revendiqués par la chanteuse : Très jeune elle prit le bateau pour Marseille, où pour vivre, elle chantait dans les rues, les guinguettes, et dans "des bars louches". Elle eut l'occasion d'aller écouter la chanteuse Amiati, célèbre à l'époque. Son répertoire patriotard et revanchard reçut un
écho favorable dans tout le pays. Elle fit la connaissance de Séverine, l'héritière spirituelle de Jules Vallès, qui la conseilla utilement. Elle avait été enrôlée en 1889 dans la "Ligue des Patriotes" par Edmond Archdéacon, le prédécesseur de Barrès, Drumont, Lemaitre, Gyp, comtesse de Martel de Janville, petite nièce de Mirabeau, suivait, elle aussi, avec frénésie, le mouvement ; elle collait des «A bas les Juifs» partout où elle pouvait... elle était insatiable et très convaincue. Eugénie ajoute :
Parmi les rencontres qui ont marqué sa carrière, Thérésa* fut un modèle pour Eugénie. Thérésa qui venait souvent l'écouter dans ses récitals et réciproquement. Courteline était souvent de la partie dans les réunions qu'organisait Emma Valladon de son nom véritable, de trente ans l'ainée d'Eugénie qui s'était spécialisée dans le tylorianisme.. Ses cachets à ses débuts étaient énormes.
Eugénie Buffet fit la connaissance de Léopold Stevens, (le fils d'Alfred) qui l'aida (financièrement) à décorer le premier cabaret qu'elle mit sur pied : A l'Enseigne de la Pomme de Pin. Elle s'y investit à fond, engageant des chanteurs et donnant elle-même plusieurs tours de chant par jour. Epuisée, elle s'offrit avec Léopold un voyage en Espagne où elle retrouva ses relations mondaines du passé. Revenue à Paris, la Pomme de Pin liquidée, elle fonda au 75 boulevard de Clichy le cabaret "La Purée" :"Je fondai, sur des bases nouvelles, un nouveau cabaret, en plein Montmartre, boulevard de Clichy, sous le nom de Cabaret de La Purée. J'avais, pour mon spectacle d'ouverture, réuni les noms de : Philippe Garnier, Louis Marsolleau, Vincent Hyspa, Delphin, Marcel Legay, Émile Ronn, Léo Daniderff, Victor Tourtal et la grande artiste Louise France".(...). J'engageai de nouveaux artistes et de nouveaux chansonniers, Xavier-Privas, Francine Lorée, Pons-Arlès, Claude de Sivry (Charles le beau-frère de Verlaine sans doute ?), les Ducreux-Giralduc, et j'organisai, en outre, des matinées classiques."
Ce cabaret eut la même existence éphémère que la Pomme de Pin. La porte de la Purée à peine fermée, Eugénie engagea ses économies (et celles de Stevens) dans le cabaret de la Nouvelle Athènes place Pigalle, qui avait vu défiler tant d'artistes peintres, écrivains, musiciens, tous d'avant-garde. Au cabaret, elle avait ajouté un restaurant, faisant revivre cet endroit qui pour de mystérieuses raisons, était passé de mode. Ce fut un véritable gouffre financier qui laissa Léopold exsangue, Eugénie au bord de la faillite, bref, un fiasco complet. ...........................................................................................................................................................................................................................
*Maurice Hamel, «Ma vie, Mes amours, mes aventures» ou «Confidences recueillies par » Eugène Figuière, éditeur, à Paris, 1930.
***Il me faut ajouter avant de terminer cet article, si je ne veux pas m'attirer les foudres de notre ami Jean Darnel, les louanges de Victor Marguerite, de Maurice Donnay, de Georges Cain, et je passe sous silence les marquis, les comtes, les ducs de tous poils.
Vous pouvez LIRE ET écouter sur le superbe site : Du Temps des cerises aux Feuilles mortes
Et aussi la chanson de Bruant : A Saint-Lazare
Après avoir été entretenue et mise dans ses meubles par des comtes, des princes des barons et même des marquis, elle rencontra Aristide Bruant qui fut à l'origine du lancement de la carrière de chanteuse d'Eugénie lorsque il la fit chanter au Mirliton du 84 boulevard de Rochechouart et il la recommanda à Nunès et Flateau les propriétaires de "La Cigalle"qui l'engagèrent sur le champ.
Un passage de ses "Mémoires" signale qu'elle était allée confier ses projets au critique Henri Bauer
(fils naturel d'Alexandre Dumas) Elle lui donna ces qualificatifs parfaitement imbéciles :
"Ce critique adipeux et pachidermique n'était qu'un pontifiant imbécile"
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Le terme de "pierreuse" m'a été révélé la semaine dernière par une éminente universitaire, mais, mon éducation religieuse et ma pudibonderie légendaire m'interdisent d'en donner la signification.....
mise à jour le11/02/2013
14:26 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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VALLADON EUGENIE-EMMA, DITE THERESA, CHANTEUSE POPULAIRE
Par Bernard Vassor
Theresa a vu le jour à la Bazoche-Gouët (Eure-et-Loire).en 1837, morte en 1913.
"Theresa a fait école. Beaucoup de grues ont cherché à l'imiter ;
mais il est arrivé ce qui arrive toujours en pareil cas :
elles n'ont, le plus souvent, réussi qu'à copier ses défauts,
et ont créé l'ère funeste des prima-gueula de la chope..."
Fille d'un musicien de guinguette elle connaissait de ce fait toutes les rengaines de l'époque. Engagée comme figurante au Théâtre de la Porte Saint-Martin,. Puis elle débuta, Café Moka, rue de la Lune. Comme chanteuse
- Elle habitait un magnifique appartement 118 rue du faubourg Poissonnière. Prostituée dès l’âge de quatorze ans, elle contracta une maladie vénérienne. Elle se livra alors à la boisson, chassée de partout, elle revint demander asile à sa mère
Elle fut engagée à la Porte Saint Martin, où elle rencontra un médecin qui lui donna cent francs par mois. Le Chanteur Darcier lui prodigua quelques leçons de chant. La mère de Thérèse qui habitait rue du faubourg Montmartre allait tirer les cartes chez les proxénètes et les prostituées du quartier. En 1867, Theresa déménagea passage Saulnier où elle vécut avec la fille Joséphine qui se fait appeler
« Lucien » elle-même bénéficiaire d’un testament la donnant comme seule héritière de Theresa. Le lieu le plus fréquenté par le couple, était chez Constance, la modiste du 46 rue Lamartine où il y avait là une nombreuse société de tribades, on affirme qu'il s'y passait là des scènes de la plus révoltante immoralité !!!
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Dans les Mémoires de Theresa "écrits par elle-même par Theresa de l'Alcazar", en réalité sous la plume d'Henri Rochefort qui s'auto-qualifiait d'"étincelant chroniqueur du Figaro.", nous découvrons l'existence de cette table d'hôtes de la cité Riverin. Dans ces confessions sélectives, Theresa prétend avoir vu le jour Cité Riverin, c'est bien plus chic que "La Bazoche Gouet" !. Puis elle nous donne la description d'une table d'hôte dans cette cité chez une nommée Clémence à laquelle elle consacre un long chapitre :
"Il y avait alors une table d'hôte qui a changé de local depuis, mais qui est resté célèbre dans le monde des théâtres". Et des autres salles de spectacles du Boulevard du Crime.
"On entrait alors par la cité Riverin, on prenait la seconde porte à gauche, on montait trois étages, et l'on pénétrait dans le restaurant borgne.(...) Quand à la population féminine, elle se composait du fretin dramatique, de ces bonnes filles qui ne se font pas teindre les cheveux et qui n'ont pas les moyens de nourrir un chien vert, de la plupart enfin de celles que le lecteur connait déjà. Les unes ne faisaient qu'un seul repas dans la journée. Les autres étaient de pauvres femmes qui vivaient au jour le jour d'un grog qu'on leur offrait au Café du Cirque, ou d'une double semelle à la sauce piquante qu'elles récoltaient à minuit au Café des Mousquetaires. Clémence tutoyait tous ses habitués" Je ne connais pas l'origine de ces tables d'hôtes. On n’en trouve aucune mention dans l'édition du "Furne corrigé". Peu avant "l'annexion", s'organisèrent aux abords de Paris en 1848 des tables d'hôtes aux prix modérés en raison de l'augmentation du prix des denrées provoquant l'émigration des plus pauvres émigrés. Les tarifs les plus bas étaient en 1848 : 75 centimes pour le déjeuner, 1 franc 25 le dîner allant parfois jusqu'à 1,75 fr . Les organisateurs de ces réunions, peu gastronomiques suivaient un système analogue à celui des quotidiens qui perdent sur les abonnés, mais qui se rattrapaient sur les annonces. Les consommateurs à prix fixe n'apportant que très peu de bénéfices, mais, les suppléments et les extra étaient prohibitifs...
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La cité Riverin ouverte en 1829, se trouvait (et se trouve toujours) entre la rue du Château d'Eau, et la rue de Bondy (aujourd'hui rue René Boulanger, face au théâtre Saint-Martin, elle longeait l'arrière du marché Saint-Martin. parallèle à la rue de la Pompe (rue Bouchardon).
Bien que son repertoire fut le plus inepte, quelques écrivains lui consacrèrent des éloges dithyrambique (dont Barbey d'Aurevilly). Alfred Delvau lui trouvait "un petit chic canaille"
Quelques titres de chansons peuvent vous en donner la profondeur :
"Rien n'est sacré pour un sapeur",
"La femme à barbe"
"C'est dans le nez que ça m'chatouille" ,
"Les canards tyroliens"
"La déesse du Bœuf gras" :
Mes deux biceps sont roug's comm' des carottes
Et mes jarrets, c'est plus dur que du fer
D'mandez-en donc d'pareils à vos cocottes
On n'en vend pas comme ça, ça s'rait trop cher...
A partir de 1880, son répertoire s'améliore avec "La Glu" de Jean Richepin, et des chansons de Paul Burani (anagramme de URBAIN son prénom) et de Déroulède le patriotard
mise à jour le 11/02/2013
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