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12/11/2012
Le Lapin Blanc de Mauras.
Pqar Bernard Vassor

Sorti tout droit de l'imagination d'Eugène Sue, le cabaret du Lapin Blanc prit vie grâce à un cafetier qui eut l'idée de reprendre à son compte le fameux tapis-franc des Mystères de Paris. Situé dans une rue étoite, noire et boueuse de la rue aux Fèves, juste à l'angle de la rue de la Calandre dans l'île de la Cité, il fallait surmonter un certain dégoût causé par les odeurs nauséabondes qui émanaient des maisons avoisinantes sans plomb. Le tout-à-l'égout était surtout tout dans le caniveau central.
Dès le seuil du cabaret franchi, une puissante odeur de tabac vous prenait à la gorge et vous brûlait les yeux. Des quinquets fumeux donnaient une faible clarté, accentuant l'atmosphère assez glauque.
La gravure ci-dessus nous montre la mère Mauras à gauche derrière un comptoir d'étain au milieu de petits bocs de bois cerclés de cuivre. Des petits verres alignés étaient destinés à recevoir le casse-poitrine appelé par euphémisme eau-de-vie ! Quelques tables de bois bancales supportaient les coudes élimés et fatigués d'une clientèle imbibée de boissons frelatées. Au centre, un monumental poele en fonte reposait comme une colonne trajane sur un énorme piédestal en pierre. Ce monument n'était utlisé que lorsque la température descendait en dessous de 7 degrés, l'alcool étant censé réchauffer les abattis.
Sur le tuyau du calorifère était inscrit à la craie le mot relache, ce qui signifiat que la température était idéale. La décoration artistique de l'établissement était entièrement issu de la cervelle du père Mauras, un homme qui se piquait de poésies dont il avait orné les murs. En hauteur, sous un drapeau tricolore, un lapin blanc se tenait en équilibre sur un fil d'archal, comme une madame Saqui, nu, lui aussi dans son manteau de fourrure, un balancier entre chaque patte pour conserver son équilibre devant u_n parterre de personages en plâtre. Au dessus de la tête de la mère Mauras, un autre lapin blanc se tient dans un tonneau éventré. A côté de lui, un père Mauras sculpté, la tête couverte d'un chapeau de quaker. Une multitude pe petits cartons collés au mur recevaient les qutrains du père Mauras en personne. Mais, on n'apercevait aucun Maître d'école, ni Chourineur, ni Fleur de Marie. Seuls, quelques chiffoniers pou bien quelques désoeuvrés formaient le gros de la clientèle du Lapin Blanc.
Fort heureusement, Eugène Sue était mort depuis quelques années, et n'a pas eu le bonheur d'assister à la seconde mort du Lapin Blanc qui disparut sous les coups de pioches du baron destructeur de Paris.
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Le Boulevard du Crime........... suite
Par Bernard Vassor

Nicolas-Médard Audinot venant de la foire Saint-Germain, inaugura le 9 juillet 1769 sur le boulevard du Temple, le Théâtre de l’Ambigu-Comique. Avec une troupe de jeunes enfants, il se produisit devant le roi Louis XV et la comtesse du Barry qui lui apporta son soutien.
Des pièces présentées firent rire à gorge déployée le roi et la comtesse ; la Guiguette, une pièce grivoise et la Fricassée contredanse très polissonne.
Le roi, toujours amateur de petites-filles, complimenta chaleureusement Eulalie Audinot âgée de huit ans. Les adolescents succédèrent aux acteurs nubiles, et furent un vivier pour la Comédie-Française. Les pantomimes historiques et romanesques remplacèrent les pièces enfantines. Tout Paris tomba en adoration sous le charme de Louise Masson dans « La Belle au Bois Dormant » . Frédérick Lemaître, fit, par son interprétation, d’une pièce médiocre « L’Auberge des Adrets » un véritable chef-d’œuvre en immortalisant le personnage de Robert Macaire.
Le 14 juillet 1827 un incendie éclata, le théâtre fut anéanti en moins de deux heures. Il fut reconstruit plusieurs fois, mais jamais à la même place.
Un acteur surnommé « le Grimacier » en raison de la mobilité de son visage, fonda le Théâtre des Associés » , un théâtre de marionnettes, dans un café spectacle qui fut racheté par Madame Saqui que l’on ne présente plus, mais qui profita de la Révolution de Juillet pour faire passer les sauteurs, danseurs de corde pour empiéter sur les pièces dramatiques plus « libres » dans tous les sens ». Elle avait déjà fait scandale en se présentant presque nue, dans un collant couleur chaire.
Le Théâtre des Délassements-Comiques dressa sa tente sur le Boulevard la même année en 1769 . Eclairé à la lanterne, ilbrula comme un fétu de paille et reconstruit aussitôt à la condition qu’ils ne se présentent pas plus de trois acteurs sur scène, et que ceux-ci soient séparés du public par un voile de gaze !!! La prise de la Bastille lui rendit la liberté de parole, de danser, et de chanter . Les Délassements traversèrent tant bien que mal « La Terreur », mais un dictateur , par décret impérial en 1807 fit disparaître 25 établissements dramatiques dans Paris . Les Délassements Comiques mirent trente trois ans poiur se relever en remplacement du Théâtre de Madame Saqui..
A SUIVRE
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