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24/10/2012
Mangin, profession : charlatan, bonimenteur, marchand de crayon.
Par Bernard Vassor

Un des types de personnages parisiens les plus pittoresques des camelots de boulevard avec Duchêne, l’arracheur de dents, sous le second empire. Mangin attirait les foules, dès qu’il s’arrêtait avec son attelage étoilé sur une place publique, le casque empanaché scintillant, carapaçnné comme un soldat moyenâgeux. C’était le plus souvent place de la Bourse, de la Madeleine ou du Château d’eau. Il était parmi les célébrités de la rue la plus incontestable et le plus incontestée. Il est le roi de la place publique et jouit de la foule comme d’une femme publique qui aime à trouver un homme qui l’injurie et qui la batte, comme l'Indiana de George Sand "toujours prête à revenir "plus on la bat, plus elle aime ! Mais que faut-il faire à cette femme pour qu"elle cesse de se traîner aux genoux de son amant !".
Se produisant dans une voiture à deux chevaux, flanqué de son acolyte Vert-de-Gris qui l’accompagne à l’orgue de barbarie, Mangin est devenu l’idole des titis parisiens.
Le public parisien lui pardonne toutes ses insolentes fantaisies. Il faisait mine de refuser de vendre des crayons à certains des badauds qu'il ne trouvait pas digne, pour faire la grâce à d'autres de leur céder ses crayons magiques capables de transpercer des planches de bois. Tout cela accompagné de discours cabalistiques fumeux.
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Le souper de Figaro à l'hôtel du passage des Princes.
Par Bernard Vassor

Le banquet du Figaro est une fête traditionnelle, mais ce jour là (18 avril 1864) Henri de Villemessant avait fait les choses en grand. Le tout Paris littéraire et artistique y avait été convié.
Nestor Roqueplan, Péter’s l'Américain, vétu tout de noir, Charles Monselet, Jules Noriac, Léo Lespès (Timothé Trimm) Etienne Carjat, jules Noriac, Gustave Bourdin, Alphonse Duchesne (auteur avec Alfred Delvau du fameux canular « Lettres de Junius » rédigé à la Brasserie des Martyrs, livre adressé à Villemessant le naïf qui avait tout gobé), Mme Ulgade, artiste lyrique de grand renom à l'époque, Mme Lasseny chanteuse aussi,les frères Lyonnet (anatole et Hippolyte), frères jumaux chanteurs et comédiens d'une ressemblance absolue, et le Figaro en entier s'était transporté dans ces vastes salons. Le dîner organisé par Peters fut gargantuesque, des pièces de boeuf énormes, des montagnes de plats divers tirés par des chariots, et des bouteilles de vin de grands cru étaient mises à la disposition des invités. Lemercier de Neuville à qui l'on avait dressé des castelets dans le fond de la salle, produisit son théâtre de poche de"Pupazzi", caricature de célébrités du moment. La famille Millaud, un temps associés au banquier Mirès.
Pour ma part, je note particulèrement dans l'assembée des invités, Gustave Arosa, industriel de la place Bréda, détenteur d'un brevet photographique permettant des reproductions rapides et à grande échelle. Ce monsieur, mais c'est une autre histoire, avait la tutelle d'un jeune garçon qui était pilotin (moussaillon) sur un navire de guerre "le prince Napoléon". Après la démobilisation de ce jeune homme, en 1870 Gustave Arosa lui procura un logement et un emploi chez un agent de change de la rue Laffitte.
Au fait...je ne vous ai pas dit le nom de ce garçon : il s'appelait Paul Gauguin.
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Gustave Bourdin, gendre d’Henri de Villemessant, le triste sire qui avait provoqué les poursuites contre Baudelaire et les Fleurs du Mal.
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