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19/01/2009

Les "claqueurs" du théâtre aux XVIII° et XIX° siècle : "Les Chevaliers du Lustre" deuxième partie

Par Bernard Vassor
Claqueurs Hauteur.jpg
Restons quelques instants encore avec notre chef claqueur Leblond. Les acteurs, actrices chanteurs, chanteuses, et auteurs donnaient convenablement, soit des bijoux, et des pensions. Leblond recevait une pension d'un louis par mois de Dupaty, pour faire applaudir Mme Belmont, il lui a donné dix louis pour soutenir sa pièce Mademoiselle de Guise, deux louis pour son Hussard noir et un louis pour Ninon.
Riboutté a donné cinquante louis à Leblond et quinze à Ledoux, un autre chef de caballe qui avait cinquante hommes sous ses ordres pour assurer le succès de sa pièce l'Assemblée de famille. Les compositeurs de musique étaient plus pingres. Gavaux n'a donné que six francs, Nicolo qu'un seul malheureux louis, Sollierpromettait mais ne donnait rien. Après le départ de Mlle Georges, Leblond consentit à appuyer Mlle Duchesnois. Mlle Emilie Levertsavait elle aussi comme Mlle Georges, donner de sa personne pour remercier Leblond, en plus des six louis, d'une chaîne de montre en or, et remercia quelques gens du chef des claqueurs de la même manière. Mlle Bourgoin offrit une montre en or, Martin et Elleviou faisaient chacun une rente d'un louis par mois à Leblond.
Le tarif des applaudissements à Nourrit à l'OPéra étaient tarifés à quatre francs chaque fois qu'il paraîssait; les apparitions deMlle Bigotini coûtaient entre douze et quinze francs; Mme Mosca a payé quinze francs chaque fois qu"elle a chanté à "l'Opéra-Buffa.
Ledoux, l'autre chef de caballe, ancien comédien,  habitait 4 rue du Coq et employait lui aussi entre quarante et cinquante personnes.
Parmi ceux-ci on trouvait des marchands au Palais-Royal, un monsieur Maurice employé à la trésorerie et marchand de vins. Ledoux recevait en outred es bas, des gilets, des redingotes, et les billets qu'il recevait lui valaient des dîners dans les plus grandes tables, des souliers, des perruques. L'argent que lui remettaient les actrices lui payaient son loyer, en même temps qu'il recevait "ces dames".
Un autre chef de caballe Dominique Darrieuxagé de quarante sept ans demeurait 5 rue Chabanais, arrêté plusieurs fois, avait été puni d'un mois de prison à la Force. Il récidiva et c'est lui qui distribua cent billets à la représentation de Christophe Colomb par Dumaniant
Joseph-Jean-Baptiste Lebrun, natif de Tournay, demeurant 50 rue de Richelieu n'a que douze personnes sous ses ordres, mais cela lui suffit à payer son loyer son tailleur et ses fournisseurs à qui il vend une partie de ses billets à moitié prix. Le maître de ballet Gardelutilisait les services d'un certain Molineuf, employé dans les jeux, et demandait parfois l'appui de Lebrun. Franconi, utilisait les services de tous ces beaux messieurs à tour de rôle, il était ainsi assuré d'avoir la totalité des claqueurs dans son camp. Lebrun avait reçu une gratification de cent écus du Ministre de la Police générale pour services rendus. Debrieux, qui le recevait à sa table, lui avait aussi envoyé sa femme et un gilet en prime. Jean-Emmanuel Chamonin, demeurant rue du faubourg du Temple 12, était attaché au théâtre de la Gaité, par Pixéricourt, Fréderic et Dubois, il disposait de douze hommes pour faire applaudir les acteurs et assurer le succès des pièces qui y étaient jouées.
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Fin de la deuxième partie
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Les chefs de claque du théâtre aux XVIII° et XIX° siècle : "Les Chevaliers du Lustre"

Par Bernard Vassor

Caballe largeur.jpg
La "claque" était à cette époque l'objet de controverses; le public lui reprochait d'être inopportune et de troubler de façon bruyante les spéctacles. Nous connaissons, grâce à un rapport d'un préfet de Police manuscrit, les mystères de la claque, une multitude de détails sur le recrutement des claqueurs sur leur rétribution, et sur ceux et celles qui les utilisaient. 
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Voici un extrait de ce rapport : "Depuis quelques temps les représentations des pièces nouvelles dans les théâtres de la capitale, sont troublés par des sifflets ou soutenus par des applaudissements prolongés presque aussi incommodes que ces marques bruyantes d'improbation. Si la pièce était bonne, et qu'une partie voulut la faire tomber, une lutte s'établissait bientôt entre les caballeurs et le parterre, où ces hommes turbulents avaient soin eux-même de se placer. Si au contraire, ce qui arrivait le plus souvent, la pièce était mauvaise et qu'il fut question de la soutenir, c'est alors le public qui avait à en souffrir. Les spectateurs perdaient toute patience et sifflaient une pièce, qui sans leur approbation et celle des amis de l'auteur serait tombée sans bruit. La surveillance de la police cherchant à maintenir le bon ordre dans les théâtres, mais les excès auxquels on s'est porté, par exemple au théâtre de l'Odéon aux premières de Christophe Colomb, ont forcé d'avoir recours à la force, comme ce que l'on a appelé "La bande noire des Théâtres", comme il y avait "La bande noire des adjudications"
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Une enquête a révélé qu'il n'avait pas été distribué moins de cent billets, donné par le sieur Dumaniaut, attaché à la direction de l'Odéon, billets qui étaient distribués à des chefs de caballeà des hommes que l'on faisait entrer par la porte de derrière. C'est aussi ce qui se pratiquait dans beaucoup d'autres théâtres. L'arrestation d'un certain nombre de ces chefs de caballe, mit momentanément un terme à ces pratiques qui reprirent de plus belle quelques temps après.Parmi ces caballeurs nous trouvons les individus suivants : Pierre-Nicolas-Michel Leblond, le plus recherché comme le plus redouté des caballeurs, 31 ans, natif de Goderville, Seine-Inférieure, demeurant rue Saint-Honoré 278. Il avait sous ses ordres environ quarante personnes parmi lesquels on signale un graveur nommé Féchot, le sieur Hubchecorne apothicaire, Michamou, coiffeur, le domestique de Millon, maître de ballet de l'Académie Impériale de Musique et de la Danse,puis, un nommé Moreau employé aux douanes.

Les auteurs qui avaient recours à Leblond^pour se faire applaudir étaient très nombreux. Les acteurs et actrices avides de succès, parmi les plus grands  distribuaient aussi des billets à Leblond. Par exemple Talma, Desprez, Emilie Levert, Mlle Georges, Mlle Duchesnois (...)"

Les plus grands noms du Théâtre-Français et du Théâtre Feydeau figurent également sur une autre liste. Leblond recevait en outre des bijoux, de l'argent et même des pensions. Les compositeurs de musique étaient moins généreux, mais, passaient à la caisse quand même. Leblond a fait l'aveu à la police que Mlle Georges lui avait fait cadeau d'une épingle en diamant et quelques louis, il à ajouté quelques détails intimes et dégoûtants de parties fines à trois en compagnie du sieur Mariani (?). Il a avoué qu'en reconnaissance des bontés de Mlle Georges avoir, à sa sollicitation dirigé trois caballes contre Mlle Duchesnois aux représentations d'Athalie

Fin de la première partie.

10:40 Publié dans HISTOIRE ANECDOTIQUE | Tags : talma, desprez, emilie levert, mlle georges, mlle duchesnois | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | Digg! Digg