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12/01/2009
Les petits théâtres du boulevard du Temple, quatrième partie
Par Bernard Vassor
Les théâtres du boulevard, avant la révolution.
Les théâtres du boulevard du crime.
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.....Avant la révolution de 1789, il n'y avait sur le boulevard du Temple que peu de théâtres :
Le spectacle des Associés d'Audinot, dont le directeur était un nommé Salé, qui devint plus tard "L'Ambigu-Comique".
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Les Grands danseurs du Roi, fondé par Nicolet.
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Le Théâtre de Lazzari créé par un sieur Tessieren 1777, en face de la rue Charlot porta d'abord le nom de Théâtre des élèves de Thalie, puis Théâtre des Elèves de l'Opéra. Ce théâtre reçut la visite de l'envoyé spécial des Etats-Unis Paul Jones, héros de la guerre d'indépendance i On joua à cette occasion une pantomime où Parisot tenait le rôle "du comte d'Estaing".Lequel "d'Estaing Parisot", ne payant ni factures ni entrepreneurs, le roi lui fit fermer boutique. Relevé pendant la révolution par un italien nommé Lazzari, lui-même comédien, d'une légèreté incroyable, un des premiers grands transformistes, faisant des tours d'adresse remarquables. il composait lui-même ses pièces qu'il interprétait avec brio. A côté de vaudevilles poissards, il jouait avec courage ce que l'on appelle aujourd'hui un théâtre engagé,
par exemple : "L'ombre de Jean-Jacques Rousseau" et "La Liberté pour les nègres". Ce qui ne fit pas plaisir à tout le monde, son théâtre fut l'objet d'un incendie criminel le 30 mai 1798 à 9 heures le soir.
Ruiné par ce sinistre, Lazzari mit fin à ses jour en se brulant la cervelle.
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Le Manège Astley au faubourg du Temple, repris par Franconi, qui en fit le Cirque olympique, dans les salles du manège on y jouait des pantomimes.
Le Théâtre des Délassements comiques, construit entre l'Hôtel Foulon et le Cirque Olympique, par un pseudo Aristide Valcour, -Philippe-AristideLouis-Pierre Plancher de son nom de baptème. Il est mort à Belleville en 1815. Le théâtre fut dévoré par les flammes en 1789. Reconstruit, c'est un certain Coulon qui en prit la direction. L'anarchie la plus complète y régnait, les spectacles se succédaient sans aucune continuité, aux pantomimes succédaient des numéros de cirque, ou bien des récréations amusantes. C'est ainsi qu'un "physicien" célèbre nommé Perrin, donna un spectacle dont voici l'affiche :
Le Salon des Figures de cire de Curtius, à la place qu'occupera plus tard le Théâtre des Funambules.
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Nicolas-Médard Audinot(1732-1811) est venu très jeune à Paris, où après avoir travaillé chez son frère perruquier faubourg Saint-Honoré, il se produisit comme comédien à la foire Saint-Laurent. Refusé à la Comédie-Française, il ouvrit une baraque à la foire Saint-Germain, pour y donner un spectacle de marionnettes, caricaturant de façon grotesque les acteurs et actrices du théâtre des Italiens. Ces caricatures qui faisaient éclater de rire les spectateurs, fit venir le tout-Paris. Le succès et la fortune, lui permirent de louer boulevard du Temple un terrain sur lequel il fit bâtir le Théâtre de l'Ambigu-Comique qui fut inauguré le 9 juillet 1769. Il abandonna les marionnettes pour les remplacer par des enfants. La liberté alors était totale, et certains spectacles qui devinrent grivois furent fréquentés par les dames de la cour.
Dans les Mémoires de Bachaumont, en 1771, nous lisons ce passage :
"Les amateurs du théâtre sont enchantés de voir la foule de porter à l'Ambigu-Comique, pour y applaudir la troupe d'enfants qui y font fureur; (...) Mais les partisans des moeurs gémissent sincèrement sur cette invention, qui va les corrompre jusque dans leur source, et qui, par la licence introduite sur cette scène, en forme autant une école de libertinage que de talents dramatiques".
L'archevêque de Paris se plaignit à monsieur de Sartine, le Lieutenant général de Police, de ce que, dans une pièce donnée par Audinot, un grand-prêtre était représenté dans une robe ressemblant à une aube. Sartines ne prit aucune mesure, et la pièce continua à être jouée, et le public d'y assister de plus belle en raison de la publicité donnée par l'archevêque.
Son théâtre fut en butte à la jalousie des grands, mais une opportunité le mit à l'abri de ses détracteurs. La Du Barry, chargée de "tous" les plaisirs du roi , fit venir Audinot et sa troupe à Choisy pour distraire sa majesté et ses enfants. Les pièces jouées "d'une morale peu épurée" étaient dues à une comédie en prose du très libertin Nogaret, intitulée, ironie de la programmation : "Il n'y a plus d'enfants".
Le spectacle se termina par un "Chat Botté" ballet pantomime et une contredanse très polissonne : "La fricassée".
La Du Barry riait à gorge déployé, et le roi souriant ne parut pas offusqué....
Laissons là Audinot, nous le retrouverons après la révolution dans une autre notice !
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Venons-en maintenant à Jean-Baptiste Nicolet
Inscription sur le Théâtre de la Gaité
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Jean-Baptiste Nicolet,est né le 16 avril 1728 à Paris, rue du Coeur-Volant, mort rue des Fossés-du-Temple le 27 décembre 1796.
Son père, Guillaume Nicolet, était avec sa femme Jeanne née Marlon, montreur de marionnettes aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent. Devenu âgé Guillaume céda sa loge à son fils aîné
Jean-Baptiste prit donc la succession de ses parents, mais adjoignit à ses poupées de chiffon, des acteurs naturels qui jouaient des petites pièces, tandis que lui-même tenait après la parade extérieure des rôles d'Arlequin. En 1759, il reprit sur le boulevard du Temple la salle de spéctacle mécanique Fauré, pour y faire jouer des pièces du répertoire de la Comédie-Italienne et des opéras-comiques. Il acheta ensuite un terrain plus grand sur le boulevard, et fit comblerr les fossés construire une salle qu'il appela "le Théâtre Nicolet" en 1867. C'est ce théâtre qui passe pour être le plus ancien du boulevard du Temple. En 1773 il demanda, et obtint l'autorisation de l'appeler le "Théâtre des Grands Danseurs du Roi" qu'il s'empressa de débaptiser au début de la révolution pour lui donner le nom plus neutre de "Théâtre de la Gaité"
Nicolet y fit jouer un acteur qui surpassait tous les autres qui devint la coqueluche des parisiens, mais surtout des parisiennes. C'était un comédien très instruit qui éxécutait avec beaucoup d'intelligence des scènes désopilantes. C'était un singe qui réussit même le tour de force de remplacer le comédien Molé de la Comédie-Française, enrubanné, affublé d'une robe de chambre avec un bonnet de nuit, il joua si bien que des chansonniers s'emparèrent de son personnage :
"Quel est ce gentil animal,
Qui dans ces jours de carnaval
Tourne à Paris toutes les têtes,
Pour qui l'on donne des fêtes ?...
Ce ne peut être que "Molet",
Ou le singe de Nicolet."
L'animal faisait de temps en temps de petits tours dans la salle pour s'asseoir sur les genoux de quelques belles aux yeux doux.
Nicolet après avoir donné des spectacles de marionnettes, d'animaux savants, de pantomimes et de danse de cordes, fit représenter des pièces grivoises et des arlequinades parfois osées....
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Nous avons déjà publié une notice pour le salon de figure de Curtius, et largement évoqué le théâtre des funambules avec Deburau.
17:35 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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LE SIGNE ET LA CONSIGNE, parution fin janvier, un essai sous la direction de Philippe Hamon, professeur émérite à l'université Paris III Sorbonne Nouvelle
LE SIGNE ET LA CONSIGNE
Essai sur la genèse de l'oeuvre en régime naturaliste, Zola
Sous la direction de Philippe Hamon, professeur émérite à l'université Paris III Sorbonne Nouvelle
Un volume, illustré de 37 planches, Editions Droz, Genève
Parution : fin janvier 2009.
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Le propos de cet essai collectif est de décrire les protocoles de la création zolienne, à travers l'examen des dossiers préparatoires manuscrits des romans de Zola, déposés pour la plupart à la BNF (Paris)
Par rapport aux nombreux travaux de génétique littéraire déjà publiés, et qui portent tous sur des aspects ponctuels de la création (telle partie de tel dossier préparatoire, telle préparation de tel chapitre, tel personnage, telle figure descriptive, tel type de document, tel détail), le présent essai - c'est là son originalité- se veut général et synthétique : ce sont tous les dossiers préparatoires d'un écrivain qui sont analysés (Rougon-Macquart, Trois villes, Evangiles), et c'est l'ensemble des protocoles créatifs d'un écrivain qui sont étudiés, cela à leur stade pré-rédactionnel le plus originel, c'est à dire au stade où l'écrivain prend des notes sur le terrain ou dans des livres, interroge des informateurs, ébauche des scénarios, fait des fiches, dessine des croquis et des plans des lieux où va se dérouler l'action du livre à venir. Avec une double ambition : étudier les processus mêmes de cette création prérédactionnelle en acte chez un écrivain, et étudier le métadiscours d'un écrivain qui (c'est là une particularité des dossiers préparatoires de Zola par rapport à ceux d'autres écrivains ) rédige ses dossiers préparatoires, les accompagne d'un commentaire, et évalue à chaque instant ce qu'il est en train de faire. Le corpus étudié est donc un corpus textuellement hétérogène (des listes de noms, des listes de choses, des notes de terrain, des notes de lecture, des dessins, des lettres d'informateurs, des arbres généalogiques, des photographies, des coupures de presse) et les processus génératifs étudiés sont complexes : une consigne est souvent, chez Zola, non seulement le programme d'un possible romanesque, le résumé d'un texte virtuel, mais aussi le symptôme d'un vouloir-dire et d'un vouloir faire, mais aussi le signe différentiel par lequel l'écrivain polémique implicitement avec la critique de son temps, et se positionne donc, par des notations autobiographiques, par des repoussoirs et des modèles explicites, par des évaluations d'ordre esthétique et par des actes programmatiques qui ont aussi le statut de réponses, dans un champ littéraire contemporain de son acte d'écriture. Les contributeurs de cet essai ont choisi de réunir leurs observations en classant les groupes d'opérations de genèse à l'aide des grilles de l'ancienne rhétorique, sans faire bien sûr des actes de la création étudiée la simple application mécanique des consignes et des présupposés de la rhétorique. D'où le sommaire de l'essai :
Introduction : Les couches de l'oeuvre (Ph.Hamon)
Inventio (A.Pagès)
Dispositio (O.Lumbroso)
Elocutio (Ph.Hamon)
Memoria (Ch.Pierre-Gnassounou)
Actio (Ph.Hamon)
Conclusion : Le modèle et la liberté (Henri Mitterand)
Annexes (Lexique du métalangage de Zola, fragments retranscrits d'Ebauches et de dossiers préparatoires)
10:39 Publié dans ETUDES LITTERAIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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Les petits théâtres du boulevard du Temple; troisième partie
Par Bernard Vassor
Au Théâtre du Lycée dramatique qui devint plus tard le Théâtre des Patagoniens
Mlle Rose et Mlle Malaga.
Mademoiselle Malaga et son père, le bonimenteur
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Qui se souvient aujourd'hui des reines de la danse du boulevard du Temple ? Leur gloire s'étendait bien au-delà de Paris. Dans une petite salle en bois, le Théâtre des Patagonniens, Mlle Rose, dont nous ne savons pas grand chose, elle ne figure dans aucune biographie que j'ai pu consulter, mais qui est restée dans la mémoire de certains mémorialistes, à l'égale de Malaga à laquelle la gloire était liée. Certains racontent qu'elle avait un humour et une désinvolture inimitable.Elle portait des habits de soie bariolés, de longues tresses pendantes ornées de pièces d'or et de beaux colliers de verre que l'on voit sur les femmes vénitiennes. On la voyait parfois la tête en bas, et les pieds en l'air, en équilibre sur un chandelier. Elle jouait du tambourin, dans une danse échevelée, et folle du midi, se renversant avec grâce. Mais c'était avant tout une funambule, bravant les lois de la gravité sur une corde tendue et regardant le sol avec un souverain mépris. Mademoiselle Rose fut surnommée "la belle Tourneuse". Voilà en quoi consistaient les exercices : elle s'avançait sur scène et dansait une sarabande échevelée. Puis, elle demandait des épées aux cavaliers, et s'en piquait trois dans le coin de chaque oeil. Alors, elle s'enlevait sur la corde tendue avec une vigueur inouïe et tournait pendant un quart d'heure, avec une rapidité telle que les yeux des spectateurs en étaient tout éblouis. Un témoin raconte, qu'il avait vu à la fin du spectacle la pointe des épées rougies de sang. Non seulement Mlle Rose exécutait le tour des épées, mais elle allait jusqu'à tourner sur elle-même avec des épées posées sur sa poitrine ou dans ses narines.
Un érudit raconte que cette danse tirait ses origines de la danse sacrée des "Saliens" prêtres de Mars, instituée chez les romains.
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Françoise-Catherine Bénéfand dite Mlle Malaga qui était moins brillante que Rose, mais elle avait plus de charme et de beauté. C'était une jeune fille aux cheveux abondants, blonds disaient les uns, bruns profond disaient les autres. à la bouche fraîche et souriante, aux yeux pleins d'expression. Née funambule, elle avait su introduire dans son art cette chasteté de gestes et de poses que l'on admira tant plus tard chez Marie Taglioni. De plus chose étrange pour une danseuse, elle se conduisait bien. C'était son
père qui faisait à la porte du théâtre l'énumération pompeuse des merveilles offertes au public, qu'on nomme le boniment et qui invitait le chaland à venir jouir du spectacle à l'intérieur. Le boniment était un art à part entière, il avait ses règles, son répertoire, ses provocations et ses audaces. On ne peut parler de Malaga sans évoquer le nom du "père Rousseau" qui faisait le pitre entre deux entrechats de la danseuse. Il était le plus âgé des pîtres de Paris, gros, court sur pattes, un visage souriant et spirituel, il possédait un répertoire de parades infini qu'il débitait avec bonhomie devant un autoire toujours plus nombreux. Devenu trop vieux pour continuer son métier, il habitait dans un grenier rue du faubourg du Temple, et vendait des petits gateaux avec son boniment habituel. Devenu infirme, il finit ses jours dans un hospice. Françoise-Catherine avait épousé un petit acteur de province. Econome, elle avait réussi à mettre un petit pécule de côté pour ses vieux jours. Mais hélas, son mari, joueur dissipa toutes ses économies.
Malaga épuisée par la misère est morte dans un taudis de la rue aux Ours le 22 septembre 1852, seule et oublié de tous.
Les deux danseuses tombèrent bientôt dans un oubli total, que cette petite notice va peut-être faire ressortir de l'ombre, la mémoire de celles qui donnèrent tant d'émotions et de plaisirs à nos ancètres.....
a suivre
09:29 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Tags : marie taglioni, mademoiselle malaga, mademoiselle rose | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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