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09/07/2008

UNE LETTRE DE MAUPASSANT A SON AMI "LA TOQUE"

PAR BERNARD VASSOR

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Cette lettre du 2 mars 1877 à son ami de son cousin Le Poitevin et condisciple de lycée Robert Pinchon dit "La Toque"est à en-tête du Ministère de la Marine et des Colonies où travaillait alors Maupassant. Le surnom de "la Toque"venait de ce qu'il portait toujours une petite toque noire. Guy, quand à lui était baptisé "Joseph Prunier". Dans cette lettre avec un dessin érotique à l'encre (au centre) accompagné d'un poème licencieux (euphémisme) de 28 vers, impossible à reproduire sur ce blog, Guy de Maupassant découvre et fait connaître à son ami la maladie qui le ronge.
Tu ne devinera jamais la merveilleuse découverte que mon médecin vient de faire (en 1877) en moi--jamais, non jamais--Comme mes poils tout à fait tombés ne repoussent pas, que mon père pleurait autour de moi et que les lamentations de ma mère venaient d'Etretat jusqu'ici, j'ai pris mon médecin au collet et je lui ai dit : "Bougre tu vas trouver ce que j'ai, ou je te casse-"Il m'a répondu "La Vérole"-J'avoue que je ne m'y attendais pas, j'ai dit "Quel remède" il m'a répondu "Mercure de potassium". J'allais voir un autre Esculape, et lui ayant demandé son avis, il m'a répondu "Vieille syphilis datant de six ou sept ans"(...)- Remède ? -"Iodure de potassium et mercure"
Un article deLouis Thomas, dans le "Mercure de France"reprend toutes les hypothèses de son temps, concernant la maladie de Maupassant.
A suivre....

21:40 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

LE CENACLE DE LA RUE FROCHOT CHEZ "LA PRESIDENTE" Apollonie sabatier

PAR BERNARD VASSOR

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 .Cette plaque avait été posée en 1860, lors de "l'anexion" sur le mur du café "La Nouvelle Athènes" à l'angle de la rue Frochotet de la place Pigalle. Elle est en pierre de lave de 6 centimètres d'épaisseur et mesure 60X80 cm, surmontée de son "chapeau de gendarme". Photographiée sur une banquette du Musée de Montmartre où elle se trouve actuellement dans les réserves. Mais revenons à notre "Présidente, Aglaé Savatier" de son nom véritable. Elle fut mise dans ses meubles au 4 rue Frochot par le banquier d'origine Belge Alfred Mosselman. Cette  rue avait été percée comme je l'ai écrit dans un article précédent en 1826, et s'était appelée succéssivement rue Brédarue de Brach, rue de la Nouvelle Athènes, enfin rue Frochot. Le quartier avait été dénommé Bréda street et était devenu le repaire des dégrafées. Au numéro deux, des photographes, les frères Erwin y avaient leur atelier. Ils avaient une soeur, Léonide Leblanc, (dont vous trouverez une petite biographie sur ce blog) allait faire fortune  dans la haute bicherie
Aglaé Apolloniehabitait le deuxième étage du numéro quatre. Les fenêtres de son salon donnaient sur l'avenue Frochot, qui était surélevée, et son appartement était au niveau du rez-de-chaussée de l'avenue Frochot, sa fenêtre touchant presque celle de l'atelier du peintre Isabey.
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Madame Sabatier d'après Ricard en 1850.
Ancienne élève de la soprano Laure Damoreau-Cinti Montaland, elle aurait pu faire une carrière au théâtre, elle avait une jolie voix et de réels talents musicaux. Si l'on en juge par une vente de sa collection de tableaux en 1849, ses goûts allaient vers les "précurseurs" de l'École de BarbizonThéodore Rousseau, Diaz, Jules Dupré, et Bonington qui bien que ne faisant pas partie de cette école, n'en est pas moins un des précurseurs de l'impressionnisme.
Ses soirées rue Frochot avaient été fixée comme partout le dimanche. A ces réunions où les femmes n'étaient pas volontier conviées, la liste des invités est édifiante : Baudelaire, Théo Gautier, Louis Crnemin Maxime du Camp, Auguste Préault, Jules Turgan, Henri Monnier, Edmond About, Messonnier, Berlioz, Flaubert, Bouilhet,  les frères Goncourt, Ernest Feydeau, Arsène Houssaye, Edmond Richard.
Cependant, exception à la règle, quelques femmes furent invitées, Mlle Virginie Huet, pianiste virtuose, concertiste qui accompagnait Ernesta Grisi, la femme de Théo, venait accompagnée de sa soeur Mlle Honorine Huet qui était peut-être la maîtresse de Gautier.  et l'institutrice de sa fille Judith Gautier qui évoque ce souvenir dans le "Second rang du Collier des jours" Elle l'appelle méchamment "mam'zelle Huai " sans accentuer le T pour accentuer son accent marseillais. Virginie Huet donnait de temps en temps des leçons de piano aux filles de Téophile Gautier. Les vingt premières pages de ses "souvenirs littéraires" sont consacrées aux soeurs Huet.
Les conversations avaient une grande liberté de langage, les propos les plus licencieux immoraux et égrillards émaillés de récits croustillants. Gautier était un maître du langage graveleux rabelaisien et poissard.
Elle quitta la rue Frochot en 1864 après sa rupture avec Mosselman, ruinée, elle mit en vente son mobilier et une partie de ses oeuvres d'art.
A suivre.......

09:50 Publié dans HISTOIRE ANECDOTIQUE | Tags : Baudelaire, Théo Gautier, Maxime du Camp, Virginie Huet, Honorine Huet, Auguste Préault, Jules Turgan | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg