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29/03/2007

LE CABARET DE LA POMME DE PIN

Par Bernard Vassor

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Ce cabaret, comme tous les autres à l’époque, était le lieu de rencontres des étudiants, des voyageurs et des brigands, qui venaient là partager leur butin et préparer de mauvais coups. C’était aussi bien sur un endroit de perdition et de débauche où les « femmes qui font péché de leur corps »  venaient exercer leur coupable industrie. Si on ne les nommait pas Garces ou putains, c’est que ces noms ne passaient pas à l’époque pour honteux. Le cabaret de la Pomme de Pin célébré par François Rabelais fut fréquenté par les poètes de la Pléïade, Ronsard, Baïf, du Bellay, Dorat, Rémi Belleau,  Jodelle, et Ponthus de Thiard, puis sous Louis XIII et XIV,  Racine, Boileau, La Fontaine, Molière , Lulli, et Chapelle. Boileau prétendait dans le Repas ridicule que son tenancier Crenest, successeur de Pierre Nicholas Gruyn, y vendait du vin frelaté. Une enseigne à la Pomme de pin existait encore au XVII° siècle, et plus bas, près de l’auberge de la Croix de fer, un garni portait toujours le même nom. De l’œil de bœuf au deuxième étage, au nord, on distinguait nettement à gauche, sur la colline de l’hôpital Saint Louis, les fourches du gibet de Montfaucon qui lui ont fait dire que bientôt, la corde à son cou lui fera savoir combien pèse son cul (Le testament). Les rues chaudes étaient baptises autrefois de noms plus évocateurs. Les rue Bordelières Bordel ou Bordeau public et privilégié. La plus ancienne dans la Cité s’appelait la rue du Val d’Amour Glatigny, la rue du Pélican, la rue Poil de con, la rue Tireboudin, la rue Tirevit (rue Marie Stuart), la rue Beauvit est aujourd’hui la rue Beaurepaire. La rue Transnonin se nommait la rue Trousse-Nonain ou  Trousse-putain. La rue Pavée s’appelait rue Pavée d’Andouille.
Nous trouvons dans les archives des quatorzième et quinzième siècle des patronymes évocateurs :  Beau-Vit sera changé en Beauharnais ; Salcon deviendra Falconis, Couillards Marcello, Conpeint, les Vicourts, les Pousse-Mottes les Vits-Secs et les Conbaveurs, figurent sur les actes ordonnances, sentences de l’archevêché. Ce n’est qu’à partir du règne de François Ier que les familles ont commencé à rougir de leurs noms et de les modifier* La rue Troussevache (rue de la Reynie) devait son patronyme au sieur Eudes Troussevache qui figure le 12 mai 1257 dans un cartulaire de la paroisse Saint Magloire établi plus haut rue Saint Denis.

**C’est Saint Louis qui avait demandé l’établissement de ferrailleurs dans la rue qui s’appelait alors la rue de la Charronnerie, près de l’entrée du cimetière des innocents.

Henri II ordonna par ordonnance par édit le 14 mai 1554 un dégagement qui n’était pas réalisé le 14 mai 1610….Le couteau de Ravaillac fit son œuvre sur celui qui avait voulu inscrire au menu la poule au pot pour tous les païsans.  

Sources

Etudes d’Auguste Vitu

M.Schwob

Colloque pour le cinq centième anniversaire de l’impression du testament de Villon,

Par Jean Dérens, J.Dufournet.

***Et les travaux du professeur Gert Pinkernell, de l’université de Wuppertal/Allemagne

23:45 Publié dans AUBERGES ET CABARETS. | Tags : Ronsard, Baïf, du Bellay, Dorat, Rémi Belleau, Jodelle, Racine | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

L'AUBERGE DU CLOU, ZOLA, JULES MOUSSEAU 30 AVENUE TRUDAINE

Par Bernard Vassor

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A la porte de l'Auberge du Clou, la "mère Thomasset"
 C'est en 1881 que l'acteur Jules Mousseau (que son rôle dans l'Assommoir de Zola et Willian Busnach avait rendu célèbre en 1879) s'associa avec Paul Tomaschet* pour ouvrir 30 avenue Trudaine L'Auberge du Clou medium_MOUSSEAU_ASSOMMOIR_texte_07.jpg
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Mousseau dans "l'Assommoir"
L'auberge du Clou, dès son ouverture vit arriver dans la cave ornée par Willette et Steinlein tout ce que Montmarte comptait d'artistes, de poètes, de musiciens et de chansonniers et passaint d'un cabaret à l'autre, du Mirliton du boulevard Rochechouart au Chat noir rue de Laval, à la Nouvelle Athènes, au Rat mort et l'Abbaye de Thélème de la place Pigalle. Emile Goudeau  engagé après sa rupture avec Rodolphe Salis fit bénéficier de la clientèle des Hydropathes. Un pianiste qui se faiait appeler Achile de Bussy ( Claude Debussy) vint s'y produire. C'était la belle-mère de Verlaine, Mathilde Mauthé de Fleurville qui lui
avait donné des cours de solfège d'harmonie et de Piano.medium_grande_pinte_auberge_du_clou_05_SEPIA.jpg
C'est ainsi que l'on put entendre Vincent Hyspa, Albert Tinchant, un autre pianiste étrange : Alfredi-Erikit-Leslie Satie,
Léon Paul Fargue et son ami Alfred Jarry, lui aussi transfuge du Chat noir. Couteline au rez-de chaussée attablé devant une absinthe passait ses journées à jouer aux cartre Il apportait et emportait tous les jours un phonographe à large pavillon qu'il écoutait en jouant.
Jules Mousseau était un ancien marchand d'huitres après la vente de "L'Auberge" allla fonder 16 boulevard Saint Martin, l'Auberge des Apothicaires qui eut en vedette Xavier Privas et Bruyant Alexandre.**Ancien garçon de café, dit Shochnosof.

09:25 Publié dans AUBERGES ET CABARETS. | Lien permanent | Commentaires (4) | | | | Digg! Digg