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08/12/2006
Le cénacle de la Maison de Madame Doublet
Bachaumont , Pidansat de Mairobert et Mouffle d’Angerville, Marie-Anne Legendre Doublet de Persan
Rue Vivienne, dans les dépendances du couvent des Filles-Saint-Thomas
Sur l’emplacement d’une partie du couvent se trouve aujourd’hui le bâtiment qui abrite l’A.F.P.
Article publié en partie sur Terres d'Ecrivains Le mercredi 4 janvier 2006.
Ce centre réunissait des littérateurs, des savants, des journalistes, des académiciens, et échappait ainsi à la censure royale. A l’emplacement aujourd’hui des bâtiments de l’AFP, ce cénacle sera l’inventeur du journalisme de faits-divers, alimentant les ambassades et les milieux artistiques et mondains d’informations anecdotiques, inédites et parfois fantaisistes.
Mme Doublet qui occupait un appartement loué par les dames de Saint-Thomas, tenait ce privilège de son frère l’abbé-Legendre. Elle était la veuve d’un intendant de commerce. L’endroit était connu sous le nom de « La Paroisse ». Dans cette assemblée, les femmes étaient nombreuses : Madame d’Argenson, Madame du Boccage, Madame Rondet de Villeneuve, Madame de Besanval et quelques autres.
Certains participants pourtant étaient parfois poursuivis. Un certain Blanchard fut condamné à être battu et fustigé au milieu du Pont-neuf, ayant pendu au cou deux écriteaux, un devant et un derrière, portant la mention « Gazetier à la main ». L’abbé Prévost, accusé malgré ses protestations, fut exilé à Marseille.
Bachaumont lui-même fit plusieurs séjours à la Bastille. Madame Doublet fut menacée d’ enfermement dans un couvent.
« La Paroisse » se tint tranquille quelques temps. Madame Doublet resta quarante ans sans sortir (Grimm). Pendant quarante ans, « C’est de ce coin que partirent tous les bruits dont les affairés et les friands de bruits s’étaient toujours approvisionnés à grand peine. »
L’ami de toujours de madame Doublet, co-fondateur de cette confrérie, était le principal « rédacteur » de ces nouvelles. <!--[if !vml]-->
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Louis-Petit de Bachaumont (1690-1771) prit sous son aile, avec la complicité de madame Doublet, un jeune homme, Mathieu François Pidansat de Mairobert (1727-1779), dont certains prétendaient qu’il était le fils naturel de madame Doublet et de Bachaumont.
A la mort de celui-ci, Mairobert prendra le relais pour la rédaction des « Nouvelles à la Main ». _Il réunira les articles de Bachaumont en une publication intitulée : « Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des Lettres en France depuis 1762, par feu Monsieur Bachaumont » qui obtiendra un succès phénoménal.
Mairobert fut censeur royal, secrétaire honorifique du roi et des commandements du duc de Chartres, plus tard Philippe-Egalité.
Impliqué dans le scandale de « l’affaire du marquis de Brunoy », dont les débauches homosexuelles scandalisaient le tout Paris, il s’est suicidé le 30 mars 1779.
C’est Mouffle d’Angerville qui complètera les « Mémoires secrets » qui comptent 36 volumes et qui aura l’honneur de bénéficier d’un petit tour à la Bastille.
Les têtes de turc « des Nouvelles », étaient La Harpe et Beaumarchais.
Quelques ouvrages consultés :
Jules et Edmond de Goncourt, Portraits intimes au XVIII° siècle, Dentu 1856 et 1857
Archives de la Bastille
Mémoires Secrets Bachaumont
Edouard Fournier, Paris secret
Pascal Pia, préface à l’édition du Cercle du Livre Précieux
Jean-Pierre Duteil, bibliographe, libraire, éditeur.
Collardot, Les cours et les salons au XVIII° siècle
Feuillet de Conches, Les salons où l’on cause, Paris Charavay 1887
Correspondance des Grimm
Beaumarchais aura la chance d’être enfermé à Saint Lazare après la mort des auteurs des Mémoires<!--[if !supportEmptyParas]--> et d’éviter la publicité de la fessée publique qui lui fut administrée comme punition.
*Marcheuse <!--[if !vml]--><!--[endif]--><!--[if !supportEmptyParas]-->: rabatteuse, généralement ancienne fille publique chargée de recruter des clients pour les bordels. Les maisons de première ligne ont ordinairement à leur service plusieurs marcheuses dont l'emploi consiste à promener les filles d'amour sur les boulevards et les lieux fréquentés pour appâter le chaland
Maurice Lever Anthologie érotique, le XVIII° siècle, Robert Laffont 2003
19:10 Publié dans LES NOUVELLES A LA MAIN | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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AU CHAT NOIR
17:20 Publié dans A L'ANGLE DE LA RUE TROUSSEVACHE | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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La Maison de la Gourdan
Par Bernard Vassor
Marguerite Stock femme Gourdan dîte "La Petite Comtesse"
Pendant la deuxième moitié du XVIII° siècle elle fut la reine de la prostitution parisienne. Sa maison fut le rendez-vous de la noblesse, du clergé, de la finance et de la magistrature. Une entrée ou sortie secrète était aménagée dans le vestiare, conduisant au numéro 14 dit Hillairet ? C'est sans doute un corridor conduisant rue Saint Sauveur.
D’après le marquis de Rochegude, c’est à l’Hôtel du numéro 12-14 rue Saint-Sauveur que l’entremetteuse Gourdan, venant de la rue Comtesse-d’Artois(d’ou son nom de « la petite comtesse) s’installa en 1774 et mourrut en 1783 ; il ouvrait jusqu’en 1865 sur la rue Dussoubs, ses jolies boiseries du XVIII° siècle ont été vendues. Hillairet qui a copié Rochegude reproduit la même erreur, c'est "l'entrée secrète" qui était à cette adresse. Les habitués demandaient à entrer par la "petite porte" où ils pouvaient se changer dans le vestiaire qui avait une porte dérobée.
Voici une illustration de Paul Emile Bécat pour une édition moderne de "La Correspondance"
ci-contre
En 1783 à la mort de "La Petite Comtesse" un ouvrage anonyme attribué d'abord à Hervez puis à Théveneau de Morande, un écrivain maître Chanteur paru d'abord sous le titre :
Correspondance de Madame Gourdan
dite
Petite Comtesse
SPA
1783
Puis une seconde édition :
La surintendante en titre des plaisirs de la Ville et de la Cour. Elle écrème la fleur des grisettes de Paris, elle les décrasse, elle les style, elle les forme et les fait parvenir en fonction de leurs talents et de leurs attraits.
C'est ainsi qu'elle forma Jeanne Bécu née à Vaucouleur. Elle etait la fille d’Anne Bécu, couturière, et de frère Ange (Jean-Jacques ou Jean-Baptiste de Vaubernier), moine du couvent de Picpus à Paris.
Elle rencontre Jean du Barry, proxénète, elle devint sa maîtresse, elle est alors prostituée de luxe sous le nom de Mademoiselle Lançon. Au cours d'un dîner, le roi Louis XV la remarque, succombe à sa beauté. Quand il apprend son état, il décide de la titrer et lui fait épouser Guillaume du Barry, le frère du maquereau Jean. Elle devient officiellement Madame du Barry en 1768.
Extrait : rue Trousse-Vache, il y avait un parfumeur Monsieur Provence, du temps de "La Gourdan" qui proposait une pommade astringente "qui opère son effet en moins d'un quart d'heure et donne un aiir de nouveauté aux choses qui ont le plus servi. Le pot coûte un louis. On trouve aussi chez moi des eaux pour rendre la peau plus blanche, des bonbons pour corriger l'odeur de la bouche, et généralement tout ce qu'il faut pour rajeunir une femme et lui donner la beauté".
Et aussi un vinaigre astrigent, et la pommade "Provence" propre à refaire une virginité.
Monsieur Provence: A LA FONTAINE DE JOUVENCE.
La rue Dussoubs
Elle portait à l’origine le nom de rue des Deux-Portes-Saint-Jean, puis rue des Deux-Portes, pour la simple raison que ,la nuit, au couvre-feu deux portes fermaient les extrémités de cette voie qui conduisait à la rue Tire-Boudin (Marie-Stuart). L’historien marquis de Rochegude nous indique qu’elle portait un « nom grossier » au XIV° siècle. Ce mot que Rochegude n’ose pas prononcer, c’est : la rue Gratte-Cul . Elle s’ouvrait rue de la Tixanderie avant le percement de la rue de Rivoli, et se terminait rue Thévenot (Réaumur). Le nom de Denis Gaston Dussoubs lui vient d’un député comme Baudin, mort sur une barrcade.Pour Dussoubs, c'était rue Montorgueil lors du coup-d’état de Napoléon III…Dussoubs a eu moins de chance que Baudin, on ne lui a pas élevé un monument, et pas grand monde se souvient des barricades de la rue Montorgueil !
La maison à l'autre angle de la rue Saint Sauveur (au 21), est celle où a vécu est mort le Grand Goldoni.
13:20 Publié dans Histoire des rues de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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