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12/04/2011

TSUNAMI SENDAÏ : Une leçon d'énergie, de vitalité et le mot qui revient toujours, de dignité.

Via notre amie Valya Boulay

Voici des nouvelles d'une japonaise de Sendaï, datées du 17 mars :

 La vie ces jours-ci a Sendai est plutôt surréaliste... Mais j'ai la chance d'être entouré d'amis qui m'aident énormément. J'ai d'ailleurs pris refuge chez eux puisque ma
bicoque délabrée est maintenant totalement digne de ce nom.
Nous partageons tout: eau, aliments, ainsi qu'un chauffage d'appoint au fuel.
La nuit, nous dormons tous dans une seule pièce, nous dinons "aux chandelles", nous partageons nos histoires. C'est très beau, très chaleureux.
Le jour, nous essayons de nettoyer la boue et les débris de nos maisons.
Les gens font la queue pour s'approvisionner dès qu'un point d'eau est ouvert, ou ils restent dans leur voiture, à regarder les infos sur leur GPS.
Quand l'eau est rétablie chez un particulier, il met une pancarte devant chez lui pour que les autres puissent en profiter.
Ce qui est époustouflant, c'est qu'il n'y a ni bousculade, ni pillage ici, même si les gens laissent leur porte d'entrée grande ouverte, comme il est recommande de le faire
lors d'un séisme.
Partout l'on entend: "Oh, c'est comme dans le bon vieux temps, quand tout le monde s'entraidait ! "
Les tremblements de terre continuent: La nuit dernière, nous en avons eu tous les quarts d'heure.
>
Le hurlement des sirènes était incessant, ainsi que le vrombissement des hélicoptères au dessus de nous.
Hier soir, l'eau a été rétablie pendant qq heures, et aujourd'hui pendant la moitie de la journée.
Nous avons aussi eu droit a un peu de courant cet après-midi. Mais pas encore de gaz.
Les améliorations dépendent des quartiers. Certains ont de l'eau mais pas d'électricité, et d'autres le contraire.
Personne ne s'est lave depuis des jours. Nous sommes crasseux mais c'est de peu d'importance.
 J'aime ce sentiment nouveau, cette disparition, desquamation du superflu, de tout ce qui n'est pas essentiel.
 Vivre pleinement intuitivement, instinctivement, chaleureusement, et survivre, non pas en tant qu'individu mais en tant que communauté entière...
 Des univers différents se côtoient étrangement:
Ici, des demeures dévastées, mais la, une maison intacte avec ses futons et sa lessive au soleil !
Ici, des gens font interminablement la queue pour de l'eau et des provisions, alors que d'autres promènent leur chien.
Puis aussi quelques touches de grande beauté: d'abord, la nuit silencieuse. Pas de bruit de voiture. personne dans les rues. Mais un ciel étincelant d'étoiles.
 D'habitude je n'en distingue qu'une ou deux... Les montagnes autour de Sendai se détachent en ombre chinoise, magnifiques dans l'air frais de la nuit,
Les Japonais sont eux-mêmes magnifiques: chaque jour, je passe chez moi, comme en ce moment même ou je profite du
rétablissement de l'électricité pour vous envoyer ce courriel, et chaque jour, je trouve de nouvelles provisions et de l'eau sur le seuil! Qui les a déposées ?
 Je n'en ai pas la moindre idée !
 Des hommes âgés en chapeau vert passent de maison en maison pour vérifier que chacun va bien. Tout le monde vous demande si vous avez besoin d'aide.
Nulle part je ne vois de signe de peur. De résignation, oui. Mais ni peur ni panique!
On nous annonce cependant des répliques sismiques, voire même d'autres séismes majeurs dans les prochains mois. En effet, le sol tremble, roule, gronde.
 J'ai la chance d'habiter un quartier de Sendai qui est en hauteur, un peu plus solide, et jusqu'a présent nous avons été relativement épargnés.
Hier soir, autre bienfait: le mari d'une amie m'apporte de la campagne des provisions et de l'eau.
Je viens de comprendre a travers cette expérience, qu'une étape cosmique est en train d'être franchie partout dans le monde. Et mon cœur s'ouvre de plus en plus.
Mon frère m'a demandé si je me sentais petite et insignifiante par rapport a ce qui vient d'arriver.
  Eh bien non !
 Au lieu de cela, je sens que je fais partie de qq chose de bien plus grand que moi.
Cette "renaissance" mondiale est dure, et pourtant magnifique !
Cordialement,

   


 



 

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C'est la fête à Totor.....

Par Bernard Vassor

Hugo,Zola,naturaliste

A l'occasion du quatre-vingtième anniversaire de la naissance de Victor Hugo, des manifestations eurent lieu dans différents endroits de Paris. Une exception à ce mausolée dressé du vivant de notre grand écrivain : Emile Zola, qui est caricaturé dans cette feuille satirique.

Un beau sujet de conversation dans la crypte du Panthéon ?

Sous le titre "Engeulade naturaliste"

(Air : de Fualdès)

Gens de lettres journalistes,

Tailleurs, zingueurs et pompiers

Mécaniciens et plombiers.

Vidangeurs, bouchers, lampistes,

Sont dans le contentement

De ce grand évènement

 

On va célébrer la fête

Du maître Victor Hugo.

Chacun s'en donne à gogo,

De l'acclamer on s'apprête,

Et de toutes les couleurs,

C'est comme un bouquet de fleurs.


Seul Zola qui ne s'épate

Ordinairement de rien,

Comme le ferait un chien

Sur le char levant la patte

Et pissant trois gouttes d'eau

Croit noyer Victor Hugo.

 

Pauvre Zola ! pauvre bête,

Pourquoi pissser comme ça,

Reserve donc ton pissat

Pour, quand ton oeuvre complète

Doit offrir à nos dégoûts,

Les égouts de nos égouts.

 

Bref, voilà que la foule s'amasse,

Sur  lui chacun crie  : haro,

Zola retourne au Figaro

AUX LIEUX, il reprend sa place,

Puis il écrit c'est certain,

Hugo n'est qu'un vieux crétin. 

........

Un article dans un journal du 14 février nous apprend que la veille, a eu lieu une réunion provoquée par le "Beaumarchais" au Grand-Orient 16 rue Cadet, dans le but d'organiser une grande manifestation en l'honneur du quatre vingtième anniversaire de la naissance de Victor Hugo. Parmi les assistants se trouvaient MM. Louis Blanc, Eugène Mayer (directeur de "la Lanterne), Paul Strauss, Catulle Mendès.

Grand Orient,16 rue Cadet,catulle Mendès, Edmond Bazire

 16 rue Cadet

Les membres du comité exécutif nommés (ou élus) étaient les suivants : Louis Jeannin, président, Catulle Mendès, Eugène Mayer, Edmond Bazire, B. Millenvoye, Gustave Rivet etc...

Il avait été décidé que la fête comporterait deux parties : une grande manifestation populaire devant le domicile du poète; etune grande solennité littéraire dans plusieurs de nos théâtres de Paris.

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