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16/01/2009

Les premiers spectacles nus au théâtre

Par Bernard Vassor

Coucher d'Yvette Hauteur.jpg
Le Coucher d'Yvette
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D'après de nombreux historiens du spectacle, la première représentation "deshabillée" eut lieu au Divan Japonais rue des Martyrs. L'erreur est double, il existait bien avant  la salle de la rue des Martyrs (75) selon des mémorialistes, dans le passage de l'Opéra, le "Théâtre naturaliste de Monsieur Chirac" où des comédiens jouaient des scénetttes dans le plus simple appareil. La deuxième erreur consiste dans le fait que la salle que Maxime Lisbonne, ancien communard, avait repris à Jehan Sarrazin, s'appelait "Les Concerts Lisbonne". Il fut donné une pièce intitulée "Le Coucher d'Yvette", qui avait été refusée par l'Eden-Théâtre. C'était une pantomime musicale, streep-tease bien innocent; en effet, la comédienne Blanche Cavelli, enlevait lentement ses vêtements derrière un paravent à contre-jour, mais conservait, ce que les spectateurs ne pouvaient pas voir, de quoi préserverson intimité. La censure interdit aussitôt le spectacle en public, mais Maxime Lisbonne contourna la difficulté en ne présentant son spectacle que sur invitation. Le spectacle fut repris ensuite à l'Alcazar d'été (aux Champs Elysées). C'est en 1900, que les choses sérieuses apparurent; deux salles : "le Little-Palace" et "les Folies-Pigalle" proposèrent des exhibitions de tableaux lascifs "purement lubriques"selon les censeurs. Bien sûr, la police et les tribunaux mirent fin à un tel scandale! En appel, les contrevenants ayant été acquittés, le ministère public obtint la condamnation sous la présidence de monsieur Landry, sous la qualification d'outrages publics à la pudeur. La chambre avait fait une distinction entre le nu artistique et le nu obscène. D'une part, le fait de faire représenter au théâtre des scènes dans lesquelles figurent des femmes nues ne constituait pas le délit d'outrage public à la pudeur, lorsqu'il résultait des diverses précautions prises, des jeux de lumière combinés, de la disposition de gaze faisant écran avec le public et de l'éloignement des actrices, de leurs poses purement plastique, immobiles, et  dégagées de toute intention lascive !!!
folies pigalle archives largeur.jpg
Les Folies-Pigalle
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Le tribunal acquitta le directeur du théâtre des Folies-Pigalleet trois de ses pensionnaires, mais d'autre part considérant que le délit d'outrage à la pudeur était établi, il condamna monsieur Chatillon directeur du Little-Palaceà trois mois de prison, et deux artistes à quinze jours avec sursis à madame Bouzon, dite "Sergine Charley" et la même peine à mademoiselle Blanche Lepelley dite "Liliane". Il y eut aussi l'affaire des "Folies-Royales" dont le diecteur Gohen, dit "Dikson" écopa de trois mois de prison; Germaine Duhault, dite "Deslys" "bénéficièrent" elles, de quinze jours sans sursis.
Voilà la triste histoire des pionniers de la gaudriole....

17:18 Publié dans HISTOIRE ANECDOTIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg

Un projet de numérotage des rues de Paris par Pierre Ambroise Choderlos de Laclos,

Par Bernard Vassor

Laclos cadre hauteur.jpg
Nous connaissons tous l'agitateur politique, qui eut une part de responsabilité dans la révolution française, l'écrivain pervers, qui, pour se désennuyer un peu avait rédigé quelques pièces légères, et, sous une forme épistolaire, un roman "qui brûle comme de la glace" a dit Baudelaire. Espion à ses heures, militaire de carrière, la parution de son livre en 1782, considéré par sa hiérarchie comme une attaque contre l'aristocratie et la monarchie, le conduisit dans un exil, loin de Paris. Ce que l'on connaît moins de Pierre Ambroise François Choderlos de Laclos (1741-1803) c'est qu'il envisagea un projet de numérotage des maisons des rues de Paris. Au XVIII° siècle, la difficulté de la géographie parisienne ne permettait que difficilement de se rendre dans un lieu donné, faute de repaire autre que les enseignes qui seules pouvaient renseigner surl'adresse d'une maison. En 1779, un journaliste de "l'Almanach de Paris", Martin Kreenfelt de Storks, avait demandé l'apposition à toutes les portes de toutes les rue et non pas sur les façades. Il commanda lui-même à ses frais pour en faire la démonstration d'abord rue de Gramont, puis ensuite toutes les maisons entourant l'Opéra-Comique.
Numerotage choderlos de Laclos largeur.jpg
 Laclos lui, proposa  au "Journal de Paris"un système de découpage par secteurs égaux, désignés par des lettres de l'alphabet, ensuite, à l'intérieur de ses secteurs de numéroter les rue en affectant les numéros impairs aux rue parralèles à la Seine, et les pairs, à celles qui lui sont perpendiculaires. Les adresses seraient donc ainsi libellées : Monsieur Vassaux, quartier R, rue c, numéro 21.
La Révolution et la division administrative en 48 sections mit fin à toute tentative de l'application de ce système.
Voici le texte du projet de Laclos :
"Il me semble que tout le monde dans Paris, souffre plus ou moins de la difficulté d'en connître assez les rues pour être assuré de pouvoir arriver aux lieux où l'on veut se rendre.(...) La prodigieuse quantité de rues nouvelles, qu'on a faites depuis quelques années a beaucoup empiré le mal; car on ne trouve presque plus de cochersà qui quelques unes de ces rues nouvelles ne soient totalement étrangère (...)
Le moyen que j'ai à proposer est simple et peu coûteux; il ne demanderait de la part de l'administration, que de faire ajouter à l'écriteau sur lequel est le nom de chaque rue une lettre et un numéro; et de la part des habitants que de connaître les lettres et les chiffres. (..) Soit Paris considéré comme un carré de 4 mille toises de côté, et divisé en deux parties égales par la rivière qui le traverse; cette rivière deviendrale côté commun de deux parallélogrammes égaux, situés sur ses rives droite et gauche, ayant chacun 4 mille toises de base sur 2 mille toises de hauteur (...) Chacune de ces divisions formera un quartier de Paris. On aura donc 10 quartiers sur la rive droite et dix quartiers sur la rive gauche. (...) Ce léger travail une fois fait, toute personne connaîtra facilement la situation respective de chaque quartier dans la ville, celle de chaque rue, et celle de chaque maison dans la rue. (...) Je le répète, ce projet me paraît utile et le moyen le plus simple peu coûteux, je crois qu'il sauverait d'un grand embarras aux étrangers et quelques fois même à la plus grande partie des habitants"
Signé : Choderlos de Laclos
Capitaine d'artillerie
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L'idée de Choderlos de Laclos, même si elle ressemblait à un casse-tête chinois par certains angles, n'était pas si mauvaise. On a adopté ensuite le principe de numéroter dans le sens du cours de la Seine pour point de départ et curieusement la division de Paris en 20 "quartiers".

10:01 Publié dans HISTOIRE DE PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | Digg! Digg