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19/11/2007
L'ÉTRANGE ET MACABRE MAURICE ROLLINAT
PAR BERNARD VASSOR
Dans sa retraite de Fresselines
"Elle est, je crois, très nature, cette promenade à travers les ténèbres, d'un poète horriblement triste et que la névrose hallucine jusqu'à la folie :
"Où vais-je ?
Nuit noire comme un drap de morts,
Sois plus épaisse !
Je ris de votre acharnement
Car l'horreur est un aliment
Dont il faut qu'effroyablement,
Je me repaisse."
"Où vais-je ?
Nuit noire comme un drap de morts,
Sois plus épaisse !
Je ris de votre acharnement
Car l'horreur est un aliment
Dont il faut qu'effroyablement,
Je me repaisse."
Poète et musicien, (1842-1903), une fée s"est penchée sur son berceau: George Sand. Une autre sera comme il le dit lui-même : "J'ai beaucoup remercié l'excellente Sarah bernardt, qui a voulu être l'occasionneuse de mon succès prévu par elle , je dois le dire, aussi complet qu'il a été".
Son père François Rollinat, député en 1848, était un ami proche de George Sand. Le jeune Maurice apprit le piano pour lequel il avait de grandes dispositions. Il écrivit des poèmes qu'il présenta à George Sand qui lui apporta son soutien. Il publie son premier recueil "dans les Brandes" en 1877, qu'il dédie à sa "marraine littéraire". Il fréquentait le salon de Nina de Villard rue des Moines, où l'interprétation de ses poèmes, où ceux de Baudelaire qu'il avait mis en musique provoquait sur les auditeurs une forte impression. Edmond de Goncourt lui-même fit état de son passage dans l'atelier de décervelage de la rue des Moines. Après avoir rejoint les "hydropathes" d'Emile Goudeau, il se produisit au Chat Noir de Rodolphe Salis. Il fut très demandé dans les salons parisiens, et anima de façon lugubre les soirées de Paul Eudel rue Victor Massé, en face du Chat Noir, dans la maison sculptée qui avait été décrite avec emerveillement par Théophile Gauthier en 1844. Il reçut et fréquenta chez eux beaucoup d'amis et leur donna à entendre ses nouvelles oeuvres qui produisirent une forte impression qu'il était impossible d'oublier par la suite. L e jeune Oscar Wilde en est témoin. La parution après de nombreux refut d'éditeurs fut obtenue grâce à Sarah Bernhardt qui recut les principaux directeurs de journaux pour leur faire entendre son protégé. Ce fut alors un déferlement de critiques négatives et positives, mais qui lui assurèent une célébrité après la publication du recueil qui atteignit des tirages rares pour de la poésie. En pleine gloire, il se retira dans un village de la Creuse avec sa compagne Cécile Pouettre, une comédienne cultivée et riche. Maurice souffre de céphalées qui accélèrent ses propres névroses, angoisse de la mort, et de la décomposition du corps après celle-ci. En 1903, Cécile Pouettre meurt brutalement. Rollinat fit plusieurs tentatives de suicide. Il se laissa mourrir, refusant tous les soins en 1903.
"Quand on aura fermé ma bière,
Comme ma bouche et ma paupière,
Que l'on inscrive sur ma pierre :
"Ci-gît le roi du mauvais sort.
Ce fou dont le cadavre dort,
L'affreux sommeil de la matière
Frémit pendant sa vie entière
Et ne songea qu'au cimetière.
Jour et nuit, par toute la terre,
I1 traîna son cœur solitaire
Dans l'épouvante et le mystère,
Dans l'angoisse et dans le remord.
Vive la mort ! Vive la mort !""
Comme ma bouche et ma paupière,
Que l'on inscrive sur ma pierre :
"Ci-gît le roi du mauvais sort.
Ce fou dont le cadavre dort,
L'affreux sommeil de la matière
Frémit pendant sa vie entière
Et ne songea qu'au cimetière.
Jour et nuit, par toute la terre,
I1 traîna son cœur solitaire
Dans l'épouvante et le mystère,
Dans l'angoisse et dans le remord.
Vive la mort ! Vive la mort !""
23:25 Publié dans Les originaux, les excentriques, les fous litterra | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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LA PENDULE A AIR COMPRIMÉ, UNE INVENTION SANS LENDEMAIN
PAR BERNARD VASSOR
Le 20 janvier 1882, le Moniteur Officiel de l'Électricité, publiait une nouvelle surprenante : désormait nous pourrions pour cinq centimes par jour recevoir l'heure à domicile par des horloges pneumatiques, découvertes de l'inventeur Victor Popp.
Plus besoin de remontage, de remise à l'heure ou de réglages. la mise à l'heure était automatique. Pour cela, il fallait disposer d'une station centrale, une canalisation et des cadrans publics et particuliers. "Plus besoin de balancier ni organes de remontage, suppression de tout mécanisme compliqué et délicat"
19:25 Publié dans HISTOIRE ANECDOTIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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JULES BASTIEN-LEPAGE, UN AMI D'ÉMILE ZOLA
PAR BERNARD VASSOR
Né à Damvilliers (Lorraine) en 1848, il est mort à Paris en 1884. Enfant d'une famille de culivateurs très pauvres (ou de riches propriétaires terriens selon d'autres sources), il entre à l'age de quatorze ans dans l'administration des Postes. Son goût pour le dessin et ses dispositions artistiques lui font suivre les leçons de Cabanel qui le remarque, et obtint qu'il puisse exposer au salon de 1870, année où il découvrit à la galerie Martinet, des toiles de Manet. Ce sera pour lui une révélation. Rentré chez lui, à Damvilliers, il dit avoir voulu oublier tout ce qu'il avait appris (de Cabanel) pour se consacrer à l'étude de "la nouvelle peinture". Pendant la guerre Franco-prussienne, il s'est engagé dans une compagnie de Francs-tireurs. Une blessure l'immobilise pendant deux ans. Il se remit à peindre et se spécialisa dans le portrait. Il fit ainsi les portraits de Sarah Bernhardt, de Juliette Drouet et de Gambetta. Ami de Zola, cela n'empêcha pas celui-ci de le critiquer sévèrement, l'accusant d'affadir l'impressionnisme et : "que l'on a tort de l'acclamer comme un maître, cela n'est pas sain" (avec un pareil ami, pas besoin d'ennemis !). C'est Huysmans qui fut son plus farouche détracteur le traitant de Grévin de cabaret, et de Siraudin de banlieue,
15:55 Publié dans LES PEINTRES INCLASSABLES | Lien permanent | Commentaires (0) | | |
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