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12.08.2006
Pierre–Firmin Martin, le marchand de tableaux de la rue Saint Georges, dit : Le Père Martin
Né le 17 février 1817, mort le 30 septembre 1891. Il est le fils d'un ancien cultivateur devenu marchand de vin à Montmartre.
Henri Rouart rappelle qu'il fut acteur, qu'il joua "les traitres" dans des théâtres de quartier. Ancien ouvrier sellier, .
En 1837, il épouse une couturière, Victoire Adèle Davy, son oncle Stanislas Cloche est brocanteur.
Martin ouvre avec lui une boutique au
Il se fait rapidement une clientèle de riches collectionneurs : le comte Armand Doriat qu’il a rencontré en 1858 et qu’il accueille avec un grand nombre de peintres dans son château d’Ourry. En 1899, au cours de la vente après sa mort, on dénombre 36 œuvres de Cals, 69 Corot, 2 Courbet, 10 Daumier, 4 Delacroix, 9 Théodore Rousseau, (…) 22 Vignon, (vues de Jouy-le-Comte, de Vargenville etc…)
Autres clients, Noël Hazard, sa collection comportait 52 Cals, 19 Corot, 6 Jonking…, Henri Rouart, Félix Depeaux, riche amateur normand qui eut jusqu’à 50 Sisley (c’est lui qui incitera Monet à peindre la cathédrale de Rouen).
Corot Dupré, Jean-Baptiste Millet sont les peintres attitrés de sa boutique.
Par l'intermédiare de sa belle-soeur, il rencontre Marie-Joséphine Fesser la compagne de Jonking.
C'est Martin qui conseille à Pissarro de peindre des éventails.
Le père Martin a été nommé gérant de la Société anonyme coopérative des peintres, sculpteurs, graveurs qui abritée chez Nadar boulevard des Capucines, la première exposition impressionniste.
Après sa mort, son héritère Léonie Rose Davy, devenue Rose Charbuy poursuit le commerce de son oncle. Mais un incendie de son appartement en novembre 1893 au 4 rue des Martyrs met fin au négoce de la famille.
Selon Anne Distel, une toile de Vincent van Gogh aurait fait parti de la succession, et que le tableau de Vincent "La Femme près d'un berceau"
Pour la rédaction de l'oeuvre, Zola a rassemblé des notes documentaires d'après des informations qu'il tenait surtout du peintre Antoine Guillemet *(6 rue Clauzel). A la parution en 1886, Guillemet est indigné, il se reconnait peut-être à tort dans le personnage de Fagerolles, mais Zola lui jure que c'est le peintre Gervex qui est ainsi caricaturé. Pour le portrait de "Malgras", aucun doute n'est possible, Zola donne les clés de ce personnage, Naudet, Aubourg** et le père Martin....
Voici quelques extraits du portrait dont les modèle pour Malgras sont Firmin Martin Aubourg :
-Claude Lantier est dans son atelier quand on frappe à la porte :
-"Tiens ! le père Malgras!" Le père Malgras était un gros homme, enveloppé dans une vieille redingote verte, très sale, qui lui donnait l'air d'un cocher de fiacre mal tenu, avec ses cheveux blancs coupés en brosse et sa femme rouge plaquée de violet. (...) Le père Malgras sous l'épaisse couche de sa crasse, était un gaillard très fin, qui avait le goût et le flair de la bonne peinture. Jamais il ne s'égarait chez des barbouilleurs médicres, il allait droit par instnct aux artistes personnels, encore contestés dont son nez flamboyant d'ivrogne sentait de loin le grand avenir(...)"
Journal des Goncourt :
-"Vente à Drouot, à l'instigation du comte Armand Doria (1824-1896), de Cals et du Père Martin ; Cals, Corot, Diaz, E. Isabey, Daubigny, Harpignies, T. Rousseau... ont donné une oeuvre pour aider à l'installation de J B Jongkind. Rencontre chez Firmin . Martin de Joséphine Fesser, peintre et professeur de dessin, - née Marie Joséphine Borrhée (1819-1891) - une « courte femme aux cheveux argentés, aux moustaches drues, un ange de dévouement ayant l'aspect d'une vivandière de la vieille garde impériale » (Goncourt) .../. séparée de son mari, Joséphine vit seule à Paris avec son fils".
Le père Martin a travaillé un temps avec Camentron et acheté l'atelier de Daumier après sa mort ( Le marché de l'art en France, éditions de la Martinelle 1987)
Le Musée Eugène Boudin conserve cinq portraits peints par Cals : ceux de Monsieur et Madame Martin, celui de Claudine sa servante, celui de sa fille, Marie et celui d'une femme de Honfleur. Firmin Martin est évoqué par un portrait en clair obscur
*Les notes de Guillemet sont au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale
**Aubourg, dit le père la crasse,était établi 9 rue Bréda (Henry Monnier)
***Photo Marville 1865, à gauche le présentoir de la boutique du père Martin sur le trottoir; au fond, l'Opéra Garnier en construction.
Sophie Monneret : L'impressionnisme et son époque, éditions Denoel 1979
Anne Distel Les collectionneurs des impressionnistes, 1989 éditions Trio, Franz, Stadelmann 1989
Emile Zola dossiers préparatoires Colette Becker (membre de notre comité scientifique).
Pierre Cabanne Les Grands collectionneurs, éditions de l'Amateur 2003.
Les Cahiers naturalistes
Archives de Paris
11:20 Ecrit par Bernard VASSOR dans Les marchands de tableaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



